3 chapitres du jour

Lois relatives au Chabbat

Chapitre Trois – Travaux commencés avant Chabbat

  1. Principe fondamental – Il est permis de commencer un travail interdit la veille du Chabbat, même s’il se termine de lui-même le Chabbat, car l’interdiction ne concerne que le travail effectué le jour même. Il est permis de profiter de ce qui s’est fait automatiquement pendant le Chabbat.
  2. Exemples de travaux permis – On peut ouvrir un conduit d’irrigation pour un jardin avant Chabbat, placer de l’encens sous des vêtements, appliquer un onguent ou un pansement sur une plaie, mélanger de l’encre avec des herbes, placer de la laine dans une cuve pour la teindre, étendre des filets pour capturer des animaux, charger des pressoirs, et allumer une lampe ou un bûcher qui continueront à fonctionner pendant le Chabbat.
  3. Cuisson continue – On peut placer une marmite sur le feu ou de la viande dans un four avant Chabbat pour qu’elles continuent à cuire pendant le Chabbat. Cependant, plusieurs restrictions s’appliquent pour éviter qu’on ne remue les braises.
  4. Aliments partiellement cuits – Si un aliment n’est pas complètement cuit ou si sa cuisson peut encore être améliorée, on ne doit pas le laisser sur le feu pendant le Chabbat, même si on l’a posé avant, de crainte qu’on ne remue les braises. On peut le laisser uniquement si les braises ont été retirées ou recouvertes de cendre, ou si le combustible utilisé était de faible intensité comme de la paille ou de la chaume.
  5. Restrictions pour le tanour – Pour un tanour (four très chaud), même si on a retiré les braises ou utilisé de la paille comme combustible, on ne peut pas y laisser de nourriture non complètement cuite ou qui s’améliorerait avec une cuisson supplémentaire. Sa chaleur intense fait craindre qu’on ne remue les braises.
  6. Justification de la règle du tanour – L’interdiction de laisser de la nourriture dans un tanour, même après avoir retiré les braises, s’explique par l’impossibilité d’enlever toutes les braises. Des étincelles restent toujours, et la forte chaleur du tanour pourrait inciter à les attiser.
  7. Distinction entre les types de fours – Un kopa’h est plus chaud qu’une kira mais moins qu’un tanour. Si chauffé au bois ou au goudron, il est traité comme un tanour. Si chauffé à la paille ou à la chaume, il est considéré comme une kira. Une kira a deux ouvertures pour marmites, un kopa’h n’en a qu’une.
  8. Exceptions à la règle – On peut laisser sur tout type de four un plat qui serait détérioré par une cuisson supplémentaire. De même, un plat non complètement cuit peut rester sur le feu si on y ajoute un morceau de viande crue avant Chabbat, car on le considère alors comme entièrement cru et l’attention est détournée.
  9. Sanctions en cas de transgression – Si quelqu’un laisse intentionnellement un plat sur le feu contrairement aux règles, il ne peut le consommer qu’après Chabbat plus le temps nécessaire à sa cuisson. En cas d’oubli, si le plat n’était pas complètement cuit, il reste interdit jusqu’à la fin du Chabbat, mais s’il était déjà cuit et que la cuisson supplémentaire n’est qu’une amélioration, il peut être consommé pendant Chabbat.
  10. Replacement des plats – Un plat retiré du feu ne peut généralement pas y être remis. On ne peut le remettre que sur une kira dont les braises ont été retirées ou recouvertes, ou sur un four chauffé à la paille, et uniquement si le plat n’a pas été posé par terre entre-temps. On ne peut jamais le remettre sur un tanour ou un kopa’h chauffé au bois ou au goudron.
  11. Interdiction de remuer – Il est interdit d’utiliser une louche dans une marmite sur le feu car cela implique un acte de cuisson. On peut déplacer une marmite d’une kira à une autre, mais on ne peut pas prendre un plat de la kira pour le recouvrir ou vice-versa.
  12. Aliments à cuisson rapide – On ne doit pas laisser des légumes comme des pois ou des fèves, ou un tonneau d’eau, dans un tanour avant Chabbat s’ils ne sont pas cuits, car ils ne nécessitent qu’une courte cuisson et on risque d’y prêter attention pour les manger rapidement. S’ils y sont laissés par transgression, ils sont interdits jusqu’après Chabbat.
  13. Viandes différentes – Pour la viande laissée dans un tanour avant Chabbat: la viande de chevreau ou autre viande tendre est permise car elle se carboniserait si on remuait les braises. La viande de chèvre ou de bœuf est interdite sauf si l’ouverture du tanour a été scellée avec de l’argile, car l’ouverture laisserait entrer de l’air qui détériorerait la viande.
  14. Aliments sensibles au vent – Pour tout aliment que le vent détériore, on ne craint pas qu’on ouvre le tanour pour remuer les braises. On peut donc y placer des brins de lin pour les blanchir avant Chabbat.
  15. Règle pour le chevreau entier – Un chevreau entier dans un tanour suit la règle de la viande de chèvre ou de bœuf et est interdit, sauf si le tanour est scellé. L’agneau pascal peut être pendu dans un tanour même non scellé car l’assemblée réunie pour le consommer est particulièrement attentive.
  16. Cuisson par grillade – On ne peut griller de la viande, des oignons ou des œufs sur le feu que s’ils sont déjà propres à être consommés avant Chabbat. Dans ce cas, ils peuvent continuer à griller pendant Chabbat car une chaleur excessive détériorerait leur goût.
  17. Raison des décrets – Les interdictions ne visent pas la cuisson elle-même mais le risque de remuer les braises. C’est pourquoi la laine dans une cuve à teindre doit être retirée du feu et la cuve doit être enduite d’argile pour éviter qu’on ne remue les braises.
  18. Pain et galettes – On ne doit pas mettre du pain dans un tanour après la tombée de la nuit ni de galette sur les braises, à moins que leur surface n’ait eu le temps de former une croûte. Si cette règle est transgressée volontairement, le pain est interdit jusqu’après Chabbat, mais si c’est par inadvertance, on peut en prendre pour les trois repas de Chabbat.
  19. Allumage d’un bûcher – On peut faire brûler un bûcher avant Chabbat pour s’éclairer ou se réchauffer pendant Chabbat, mais la majorité doit être allumée avant la tombée de la nuit pour que la flamme s’élève d’elle-même. Pour un seul morceau de bois, la majorité de son épaisseur et de sa circonférence doit être allumée.
  20. Exception pour le Temple – Les restrictions d’allumage s’appliquent hors du Temple. Dans le Temple, on peut allumer une lumière dans la Chambre du Foyer avant Chabbat sans craindre qu’on remue les braises car les cohanim sont méticuleux.
  21. Matériaux à combustion rapide – Pour un feu de roseaux ou de graines, il n’est pas nécessaire d’allumer la majorité avant Chabbat car ils prennent feu rapidement. Toutefois, s’ils sont attachés ou dans des paniers, ils sont considérés comme du bois et les flammes doivent s’élever d’elles-mêmes avant Chabbat.
  22. Matériaux spéciaux – Pour un feu de goudron, soufre, substances huilées, cire, paille ou chaume, il n’est pas nécessaire que la majorité soit allumée avant Chabbat car ces matériaux prennent feu rapidement.

Chapitre Quatre – Envelopper les aliments

  1. Types de matériaux d’enveloppement – Certaines substances réchauffent et contribuent à la cuisson (goudron, engrais, sel, chaux, sable, et certains matériaux humides). D’autres conservent simplement la chaleur sans augmenter la température (matériaux secs, vêtements, fruits, plumes, éclats de lin, sciure, peaux).
  2. Restriction d’enveloppement avant Chabbat – Bien que la Torah permettrait d’envelopper avec des matériaux qui accroissent la chaleur avant Chabbat, les Sages l’ont interdit de crainte que la marmite boue et qu’on la découvre puis la recouvre pendant Chabbat. On peut cependant envelopper avec de tels matériaux durant bein hachemachot (crépuscule) car à ce moment les marmites ont généralement déjà cessé de bouillir.
  3. Restriction d’enveloppement pendant Chabbat – Les Sages ont également interdit d’envelopper avec des matériaux qui ne réchauffent pas pendant Chabbat même, de crainte qu’on utilise un mélange de cendre et de braises et qu’on remue ces braises.
  4. Cas particuliers autorisés – En cas de doute sur la tombée de la nuit, on peut envelopper des aliments chauds. On peut aussi couvrir des aliments froids avec des matériaux qui ne réchauffent pas pour les empêcher de trop refroidir. Si des aliments chauds se sont découverts pendant Chabbat, on peut les recouvrir. On peut également changer la couverture d’un aliment pendant Chabbat.
  5. Transvasement d’aliments – Si on a transvasé un aliment chaud d’un récipient à un autre, on peut recouvrir le second récipient avec une substance qui accroît la chaleur. L’interdiction ne s’applique qu’au récipient original de cuisson.
  6. Empilement de récipients – On peut empiler des marmites chaudes les unes sur les autres et même les sceller avec de la pâte pour maintenir leur chaleur. Cependant, on ne peut pas poser un récipient froid sur un récipient chaud pendant Chabbat, car cela introduirait de la chaleur. Cela est permis la veille du Chabbat.

Chapitre Cinq – Lampes du Chabbat

  1. Obligation d’allumer – L’allumage de la lampe du Chabbat n’est pas facultatif mais une obligation pour tous, hommes et femmes. Même sans moyens pour manger, on doit mendier pour acheter de l’huile car cela fait partie du plaisir du Chabbat. On récite une bénédiction avant l’allumage.
  2. Utilisation de la lampe – On peut utiliser la lumière de la lampe du Chabbat sauf pour examiner minutieusement des objets, de crainte qu’on n’incline la lampe pour améliorer l’éclairage.
  3. Moment et responsabilité de l’allumage – On doit allumer quand il fait encore jour, avant le coucher du soleil. Les femmes ont une plus grande obligation que les hommes car elles sont souvent à la maison. Cependant, l’homme doit s’assurer que cette tâche est accomplie.
  4. Bein hachemachot (crépuscule) – La période entre le coucher du soleil et l’apparition de trois étoiles moyennes est considérée comme douteuse (jour ou nuit) et traitée avec rigueur. On ne doit pas allumer pendant cette période, et celui qui travaille alors doit une offrande expiatoire.
  5. Mèches appropriées – La mèche de la lampe du Chabbat ne doit pas être faite de matériaux qui font vaciller la flamme (laine, poil, soie, fibres végétales non traitées) mais de matériaux qui brûlent uniformément (lin peigné, coton). La flamme doit prendre sur la majeure partie de la mèche.
  6. Mélanges de matériaux pour mèches – Si on entoure une substance inappropriée pour l’allumage avec une substance appropriée, c’est interdit si l’intention est d’épaissir la mèche pour augmenter la lumière, mais permis si c’est pour consolider la mèche.
  7. Amélioration de la combustion – On peut placer du sel ou une fève sur l’ouverture d’une lampe pour améliorer la combustion. Les matériaux interdits pour les mèches de lampes peuvent servir pour un grand feu de chauffage.
  8. Huiles appropriées – L’huile utilisée doit être attirée par la mèche. On n’utilise pas de substances comme le goudron, la cire ou les graisses animales qui ne sont pas bien attirées par la mèche, de crainte que la lumière ne faiblisse et qu’on incline la lampe.
  9. Mélanges d’huiles – On peut utiliser du suif ou des entrailles de poisson bouillies mélangés avec un peu d’huile, mais pas des huiles interdites mélangées à des huiles permises car elles ne sont pas attirées par la mèche.
  10. Interdictions spécifiques – On n’utilise pas de goudron (mauvaise odeur), d’huile parfumée (risque d’en prélever pour se parfumer), ni de naphta (danger d’inflammation), même en semaine pour ce dernier.
  11. Huiles permises – Il est permis d’utiliser d’autres huiles comme l’huile de radis, de sésame ou de navet. Seules les huiles explicitement mentionnées par les Sages sont interdites.
  12. Dispositifs d’alimentation en huile – On ne doit pas placer un récipient troué d’huile au-dessus de la lampe ni mettre un bol d’huile à côté avec la mèche trempant dedans, de crainte qu’on ne prélève de l’huile. Si le récipient est fixé à la lampe avec du ciment ou de l’argile, c’est permis.
  13. Récipients sous les lampes – On ne met pas de récipient sous une lampe pour recueillir l’huile pendant Chabbat, car cela rendrait le récipient inutilisable. On peut mettre un récipient pour recueillir les étincelles mais sans eau, car cela accélérerait leur extinction.
  14. Lectures à la lumière d’une lampe – On ne vérifie pas les vêtements et on ne lit pas à la lumière d’une lampe, même éloignée, de crainte d’incliner la lampe par oubli. Deux personnes peuvent lire un même sujet car elles se surveillent mutuellement, mais pas deux sujets différents.
  15. Exception pour les enfants – Les enfants peuvent lire devant leur maître à la lumière d’une lampe car il les surveille, mais le maître lui-même ne doit pas lire. Il peut juste regarder un parchemin pour trouver le passage à enseigner.
  16. Inspection d’objets – On ne doit pas examiner des objets similaires à la lumière d’une lampe s’ils nécessitent une inspection minutieuse. Un domestique temporaire ne peut vérifier la vaisselle à la lumière d’une lampe, mais un domestique permanent le peut car il connaît bien les objets.
  17. Précautions avec les portes – Quand une lampe brûle derrière une porte, on doit ouvrir et fermer la porte avec précaution pour ne pas l’éteindre. On ne doit pas ouvrir une porte devant un feu pour que le vent l’avive.
  18. Sonneries annonçant le Chabbat – On sonne six fois du choffar dans chaque ville juive la veille du Chabbat, depuis un lieu élevé pour être entendu de tous.
  19. Séquence des sonneries – À la première sonnerie, les travailleurs des champs s’arrêtent; à la deuxième, les commerces ferment; à la troisième, on retire les marmites du feu, on enveloppe les aliments et on allume les lampes. Après un court délai, une séquence finale marque le début du Chabbat.
  20. Horaires des sonneries – La première sonnerie a lieu à l’heure de Min’ha, la troisième proche du coucher du soleil. On sonne également à la sortie du Chabbat après l’apparition des trois étoiles.
  21. Exceptions aux sonneries – Quand Yom Kippour tombe la veille ou à la sortie du Chabbat, on ne sonne pas. Pour un jour de fête veille de Chabbat, on sonne et on récite la havdala; pour un jour de fête après Chabbat, on récite la havdala mais on ne sonne pas.