Lois relatives aux bénédictions et à la circoncision
Chapitre Un – Bénédictions particulières (26 lois)
- Préparation aux bénédictions – Les Sages ont institué des bénédictions spéciales sans la formule d’introduction ou de conclusion « Baroukh » pour exprimer louange et remerciement au Saint Béni soit-Il, comme les bénédictions de la prière déjà exposées ailleurs.
- Nouvelles acquisitions – Pour une maison neuve ou de nouveaux effets, qu’on en possède déjà de semblables ou non, on dit : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, Qui nous as faits vivre, nous as maintenus et nous as faits parvenir à cette occasion ».
- Retrouvailles après 30 jours – Pour revoir un ami après un intervalle de 30 jours, on récite : « Qui nous as fait vivre », reconnaissant ainsi la joie de cette réunion.
- Retrouvailles après un an – Pour revoir un ami après un intervalle de 12 mois, on récite : « Qui fais revivre les morts », symbolisant la renaissance de la relation.
- Fruits saisonniers – À la vue d’un fruit qui pousse annuellement à une saison particulière, dès qu’on le voit, on dit : « Qui nous as fait vivre », célébrant le renouvellement cyclique de la nature.
- Bonnes nouvelles – Pour une bonne nouvelle bénéfique pour soi et autrui, on récite : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui es bon et fais le bien », reconnaissant la bonté divine partagée.
- Mauvaises nouvelles – Pour une mauvaise nouvelle, on récite : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le vrai juge », acceptant le jugement divin.
- Acceptation du malheur – Il incombe à chacun de bénir un événement malheureux avec le même enthousiasme qu’une bonne nouvelle, car il est dit : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir », ce qui implique d’être reconnaissant même dans les difficultés.
- Événement présent – On bénit selon l’événement immédiat, même si ses conséquences futures seront différentes. Si un bien cause finalement un mal, on dit néanmoins « Qui es bon », car la bénédiction concerne le présent, non l’avenir.
- Pluie sur son champ – Pour la pluie abondante sur son propre champ, on dit : « Qui nous as fait vivre », reconnaissant le bienfait personnel.
- Pluie sur champ partagé – Pour la pluie sur un champ partagé avec autrui, on dit : « Qui es bon et fais le bien », reconnaissant le bienfait collectif.
- Pluie sans terrain – Sans posséder de champ, on récite une longue bénédiction spéciale de gratitude commençant par « Nous sommes reconnaissants envers toi » et concluant par « Béni sois-Tu, Eternel, Qui est digne de nombreux remerciements ».
- Moment de bénir la pluie – On récite la bénédiction quand il y a suffisamment d’eau sur la terre pour que des bulles se forment à la surface et que ces bulles se rencontrent, signe d’abondance.
- Héritage avec fratrie – Si l’on apprend le décès de son père et qu’on va hériter avec des frères cohéritiers, on dit d’abord « le vrai Juge » pour le deuil, puis « Qui es bon et fais le bien » pour l’héritage partagé.
- Héritage sans fratrie – Sans frères cohéritiers, on dit uniquement « Qui nous as fait vivre », reconnaissant le bénéfice personnel sans dimension collective.
- Bénéfice collectif – Pour tout événement bénéfique pour soi et pour autrui, on dit : « Qui es bon et fais le bien ». Pour un bien exclusivement personnel, on dit : « Qui nous as fait vivre ».
- Quatre reconnaissants – Quatre personnes doivent publiquement exprimer leur gratitude : un malade guéri, un prisonnier libéré, celui qui a traversé la mer sain et sauf, et un voyageur arrivé à destination.
- Modalité du remerciement – Ces personnes doivent remercier en présence de dix juifs dont deux sages, comme il est dit : « Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, proclament Ses louanges dans le conseil des anciens ».
- Sites miraculeux – Pour un lieu où des miracles ont eu lieu pour le peuple juif, comme la Mer Rouge ou le Jourdain, on dit : « Qui as fait des miracles pour nos pères à cet endroit ».
- Miracle personnel – Pour un lieu où un miracle personnel s’est produit, la personne concernée et ses descendants jusqu’à la troisième génération disent : « Qui m’as fait un miracle à cet endroit » ou « Qui as fait un miracle à mes pères ».
- Sites bibliques – En voyant la fosse aux lions où fut jeté Daniel ou la fournaise d’Hanania, Michael et Azaria, on dit : « Qui as fait un miracle pour les justes à cet endroit ».
- Habitat juif – Pour des établissements d’habitations juives, on dit : « Qui établis les frontières de la veuve », reconnaissant la stabilité communautaire.
- Ruines juives – Pour des habitations juives en ruine, on dit : « le vrai Juge », exprimant la douleur de la destruction.
- Cimetières – Pour des tombes juives, on récite une longue bénédiction reconnaissant la justice divine dans la vie et la mort, concluant par « Qui fais revivre les morts ».
- Phénomènes naturels – Pour les vents violents, le tonnerre, les éclairs et autres phénomènes puissants, on dit : « Dont la force et la puissance emplissent le monde » ou alternativement « Qui accomplis l’œuvre de la création ».
- Principe général – L’homme doit toujours implorer D.ieu pour l’avenir en demandant pitié, et remercier pour le passé selon ses capacités. Qui loue et remercie D.ieu abondamment est digne de louanges.
Chapitre Deux – Structure des bénédictions (16 lois)
- Format standard – Toutes les bénédictions sont normalement introduites et conclues par « Baroukh » (Béni sois-Tu), sauf exceptions comme la dernière bénédiction du Chema, les bénédictions qui suivent d’autres, celles sur les fruits, et celles avant l’accomplissement des commandements.
- Commandements obligatoires – Il existe des commandements positifs que l’homme doit s’efforcer d’accomplir, comme les téfilines, la soucca, le loulav et le choffar. Ces obligations incombent à l’homme en toutes circonstances.
- Commandements facultatifs – D’autres commandements ne sont pas des obligations absolues mais plutôt facultatifs, comme la mezouza et le parapet, car l’homme n’est pas obligé d’habiter une maison nécessitant ces éléments.
- Préceptes rabbiniques – Pour tous les commandements d’ordre rabbinique, qu’ils soient obligatoires (comme la lecture de la méguila ou l’allumage des bougies de ‘hanoucca) ou facultatifs (comme le érouv), on récite : « Qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné… ».
- Exception pour le danger – On ne récite pas de bénédiction pour les mesures instituées en raison d’un danger, comme l’ablution des mains après le repas, de même qu’on ne bénit pas le filtrage de l’eau pour éviter les sangsues.
- Bénédiction tardive – Celui qui accomplit un commandement continu sans avoir récité de bénédiction peut la réciter après coup, comme pour mettre des tsitsit, des téfilines ou s’asseoir dans une soucca.
- Acte ponctuel – Pour un acte ponctuel déjà accompli, comme l’abattage rituel ou le recouvrement du sang, on ne peut plus réciter de bénédiction après coup.
- Cas du converti – L’immersion du converti est la seule mitsva dont la bénédiction est récitée après l’accomplissement, car avant de s’immerger, il ne peut pas dire « Qui nous as sanctifié » puisqu’il n’est pas encore sanctifié.
- Séquence d’actions – Pour un commandement dont la réalisation est suivie d’une autre obligation, on ne récite la bénédiction qu’au moment de la dernière étape.
- Fabrication d’objets rituels – On ne bénit pas la fabrication d’une soucca, d’un loulav, d’un choffar ou des téfilines, mais seulement leur utilisation, car c’est là l’accomplissement final du commandement.
- Commandements annuels – Pour tout commandement annuel (choffar, soucca, loulav), pour ceux nécessitant une acquisition (tsitsit, téfilines), ou les commandements rares (circoncision, rachat du premier-né), on ajoute la bénédiction « Qui nous as fait vivre ».
- Formulation pour soi – Pour un commandement accompli pour soi-même, on utilise la formulation directe : « de mettre les téfilines », « de nous envelopper des tsitsit », « de nous asseoir dans la soucca ».
- Formulation pour autrui – Pour un commandement accompli pour autrui, on dit : « au sujet de la fixation de la mezouza », « au sujet de la construction du parapet », exprimant l’action faite pour le bénéfice d’un autre.
- Obligation mixte – Pour un commandement accompli simultanément pour soi et pour autrui, on adapte la formulation selon que l’obligation est absolue ou facultative.
- Cas du loulav – Après avoir pris le loulav, on dit « concernant le fait de prendre le loulav », car dès qu’on le soulève, on est quitte de l’obligation, contrairement à « s’asseoir dans la soucca » qui est une action continue.
- Prudence et coutume – On ne récite pas de bénédiction pour une coutume, même si elle provient des prophètes comme prendre une branche de saule à Souccot. En cas de doute, on évite de mentionner le Nom divin, préférant la prudence aux bénédictions superflues.
Chapitre Trois – Lois de la circoncision (18 lois)
- Obligation fondamentale – La circoncision est un commandement positif dont l’inobservance est punie de karet (retranchement spirituel), comme il est écrit : « Et un mâle incirconcis… cette âme sera retranchée de son peuple ».
- Responsabilité paternelle – Le père a l’obligation de circoncire son fils, et le maître ses esclaves, qu’ils soient nés dans sa propriété ou acquis. S’ils ne le font pas, ils rejettent un commandement positif.
- Intervention du tribunal – On ne peut circoncire le fils d’une personne sans son consentement, sauf si elle a transgressé la mitsva. Dans ce cas, le Bet Din (tribunal rabbinique) doit circoncire l’enfant contre la volonté du père.
- Majorité religieuse – Si le Bet Din n’était pas au courant et n’a pas circoncis l’enfant, celui-ci devra se circoncire lui-même à sa majorité religieuse (13 ans et un jour). Il n’est puni de karet que s’il meurt intentionnellement incirconcis.
- Esclaves et timing – Le maître doit circoncire un esclave né dans sa propriété et un esclave acquis. L’esclave né chez un juif est circoncis au 8ème jour, tandis qu’un esclave acheté est circoncis le jour même de son acquisition.
- Cas particulier d’esclave – Un esclave peut être circoncis au 8ème jour dans certaines circonstances, comme lorsqu’un juif achète une esclave enceinte : bien que le fœtus soit considéré comme une acquisition, l’enfant est circoncis au 8ème jour car sa mère appartient déjà à un juif.
- Refus de l’esclave – Si un esclave adulte acquis refuse la circoncision, on patiente douze mois. Passé ce délai, il est interdit de le garder incirconcis et il faut le revendre à un non-juif.
- Converti et prépuce – Un converti qui intègre la communauté juive doit être circoncis. S’il était déjà circoncis comme non-juif, il faut symboliquement faire couler le sang de l’alliance le huitième jour après sa conversion.
- Moment propice – La circoncision doit être effectuée uniquement le jour, après le lever du soleil, comme il est écrit : « le huitième jour », et non la nuit. Si elle est faite à l’aube, elle reste valable, mais les personnes enthousiastes la font tôt le matin.
- Circoncision le Chabbat – Une circoncision qui a lieu à temps (le 8ème jour) annule les interdictions du Chabbat. Quand elle est reportée, elle n’annule ni les interdits de Chabbat ni ceux des jours de fête.
- Priorité sur la lèpre – Que la circoncision ait lieu à temps ou non, elle annule l’interdit concernant l’extirpation des signes de lèpre. Si le prépuce présente un signe de lèpre, on l’enlève quand même pour accomplir le commandement.
- Cas particuliers – Les circoncisions suivantes n’annulent pas les interdits du Chabbat : enfant né sans prépuce, né au 8ème mois prématurément, né par césarienne, androgyne, ou né avec deux prépuces. Tous sont circoncis le dimanche.
- Naissance au crépuscule – Un enfant né beïn hashmachot (entre le jour et la nuit), moment incertain, est compté à partir de la nuit et circoncis le 9ème jour. Une telle naissance le vendredi soir n’annule pas les interdits du Chabbat.
- Viabilité de l’enfant – Un enfant né au 8ème mois avec cheveux et ongles complètement formés est considéré comme viable et peut être circoncis Chabbat. Sans ces signes, il est considéré comme un avorton potentiel et n’est pas circoncis Chabbat.
- Naissance partielle – Si la tête de l’enfant est sortie au crépuscule mais que le corps n’est sorti que la nuit de Chabbat, il n’est pas circoncis Chabbat, car une circoncision reportée n’annule pas les interdits du jour saint.
- Report pour maladie – Un enfant n’est circoncis que lorsqu’il est en bonne santé. Après une maladie, on compte sept jours complets de convalescence avant de procéder à la circoncision, garantissant sa sécurité.
- Jaunisse et rougeur – Un enfant dont la peau est anormalement jaune ou rouge à huit jours ne doit être circoncis qu’après normalisation de sa couleur, témoignant d’un sang redevenu sain.
- Risque familial – Une femme dont les deux premiers fils sont morts suite à la circoncision ne doit pas circoncire son troisième enfant à temps. Elle doit attendre qu’il grandisse et se renforce, car le danger de mort repousse tout autre considération.



