Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Sept
- Préséance de rang – Par politesse, le plus grand en sagesse se lave les mains en premier puis entre et s’étend en premier. Pour trois personnes, le plus grand s’accoude en premier, le second au-dessus de sa tête, le troisième au pied de son lit.
- Rôles pendant le repas – Le maître de maison récite la bénédiction sur le pain et coupe. L’invité récite les Actions de Grâce pour bénir l’hôte. Entre maîtres de maison, c’est le plus grand qui coupe et récite les Actions de Grâce.
- Manière de couper le pain – On ne coupe pas avant que du sel ou un accompagnement soit servi, sauf si l’on mange le pain seul. La portion ne doit être ni trop petite (avarice) ni plus grosse qu’un œuf (gourmandise), sauf le Chabbat. On coupe à l’endroit bien cuit.
- Pain pour la bénédiction – Il est préférable d’utiliser un pain entier. Entre un pain entier d’orge et un morceau de pain de blé, on place le morceau dans le pain entier et coupe des deux. Le Chabbat et les jours de fête, on utilise deux pains.
- Distribution et ordre – Le découpeur place un morceau devant chaque convive, qui le prend à la main (sauf pour un endeuillé). Il mange en premier, et les convives ne peuvent goûter avant lui, ni lui avant la fin des « Amen ». Il peut honorer son maître en le laissant commencer.
- Repas commun – Deux personnes mangeant de la même assiette s’attendent. Trois ne s’attendent pas, sauf si deux s’interrompent. On ne parle pas pendant le repas pour éviter l’étouffement. Pour le vin servi pendant le repas, chacun récite sa propre bénédiction.
- Règles pour le serviteur – Le serviteur ne mange pas avec les convives mais peut goûter à chaque plat. Il doit réciter une bénédiction pour chaque verre de vin qu’on lui donne, car sa consommation dépend des convives.
- Retour aux toilettes – Si un convive sort uriner, il se lave une main au retour. S’il s’attarde à parler, il doit se laver les deux mains. Pendant une réunion pour boire, il se lave à sa place et tourne la tête, pour qu’on ne pense pas qu’il a négligé l’ablution.
- Respect des aliments – On ne met pas de viande crue sur du pain, ne passe pas une coupe pleine au-dessus, n’utilise pas le pain comme support d’assiette et ne jette pas le pain ou les aliments sans écorce. On peut jeter des grains en été aux mariés mais pas en hiver.
- Prévention de l’embarras – Les invités ne doivent pas donner d’aliments aux enfants de l’hôte par crainte d’embarrasser celui-ci. On n’envoie pas de jarre de vin avec de l’huile à la surface sans avertissement, car cela pourrait causer un embarras social.
- Fin du repas – Après le repas, on retire la table, balaie le sol et se lave les mains, car il est interdit de marcher sur des miettes de la taille d’une olive. Les miettes plus petites peuvent être détruites.
- Ordre pour les ablutions finales – Celui qui récite les Actions de Grâce se lave les mains en premier pour ne pas rester avec les mains sales. Les autres suivent sans protocole de préséance, car on ne fait pas honneur pour des mains sales.
- Encens après le repas – Après les ablutions, l’essuyage des mains et les Actions de Grâce, on apporte des encens. Celui qui a récité les Actions de Grâce récite la bénédiction sur l’encens.
- Coupe de vin et parfums – S’il y a du vin, on apporte une coupe d’au moins un réviit et des parfums. On tient le vin dans la main droite, les parfums dans la gauche, récite les Actions de Grâce puis les bénédictions sur le vin et les parfums.
- Préparation de la coupe – Même si le vin n’est pas indispensable pour les Actions de Grâce, si on l’utilise, il faut rincer la coupe à l’intérieur et à l’extérieur, la remplir de vin pur et ajouter un peu d’eau pendant la deuxième bénédiction. On reste silencieux jusqu’à la fin.
Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Huit
- Bénédictions avant et après les aliments – Pour les fruits de l’arbre, on récite « Qui crées le fruit de l’arbre » et après « Qui crées de nombreuses âmes », sauf pour les cinq espèces (raisins, figues, grenades, olives, dattes) qui nécessitent une bénédiction résumant trois. Pour les légumes: « Qui crées le fruit de la terre » puis « Qui crées de nombreuses âmes ». Pour les autres aliments: « chéhakol » puis « Qui crées de nombreuses âmes ».
- Jus de fruits – Pour les jus de fruits, on récite « chéhakol », sauf pour le vin (« Qui crées le fruit de la vigne ») et l’huile d’olive (si consommée pour soulager un mal de gorge: « Qui crées le fruit de l’arbre »). L’huile pure prend la bénédiction « chéhakol ».
- Aliments cuits – Pour les fruits et légumes normalement consommés crus mais cuits, on récite « chéhakol ». Pour ceux normalement consommés cuits mais mangés crus, également « chéhakol ». Pour ceux consommés indifféremment crus ou cuits, on récite leur bénédiction habituelle.
- Eau de cuisson et dérivés – Sur l’eau de cuisson des légumes habituellement bouillis, si l’intention était de la boire, on récite « Qui crées le fruit de la terre ». Pour le miel de dattes: « chéhakol ». Sur des dattes écrasées en pâte: « Qui crées le fruit de l’arbre ».
- Canne à sucre – Sur le sucre cristallisé de canne, certains disent de réciter « Qui crées le fruit de la terre », d’autres « Qui crées le fruit de l’arbre ». L’auteur considère que la bénédiction appropriée est « chéhakol », considérant que ce n’est pas un fruit.
- Parties particulières des plantes – Sur le cœur de palmier: « chéhakol ». Sur les tiges de câprier: « Qui crées le fruit de la terre ». Sur le fruit du câprier: « Qui crées le fruit de l’arbre ».
- Épices et produits non comestibles – Sur le poivre et le gingembre frais: « Qui crées le fruit de la terre ». Secs, aucune bénédiction n’est nécessaire car ce sont des épices, non de la nourriture. Les produits impropres à la consommation ne nécessitent aucune bénédiction.
- Aliments de qualité inférieure – Sur le pain moisi, le vin tourné, les mets gâtés, les fruits verts tombés, la bière, le vinaigre, les criquets, le sel, les truffes et champignons, on récite « chéhakol ». Tout aliment avec « chéhakol » a pour bénédiction finale « Qui crées des âmes ».
- Vin dilué – Si l’on verse trois mesures d’eau sur de la lie et obtient quatre mesures, on récite « Qui crées le fruit de la vigne ». Si le volume obtenu est moindre, malgré le goût de vin, on récite « chéhakol ».
- Bénédictions incorrectes – Si l’on récite « Qui crées le fruit de la terre » sur des fruits de l’arbre, on est quitte. L’inverse n’est pas valable. La bénédiction « chéhakol » acquitte n’importe quel aliment, même le pain ou le vin.
- Erreurs de formulation – Si l’on commence avec l’intention de dire la bénédiction appropriée mais se trompe dans la formulation, on est quitte car l’essentiel (mention du Nom divin) a été fait correctement.
- Doutes et oublis – En cas de doute sur une bénédiction, on ne la répète pas car toutes sont d’ordre rabbinique. Si l’on oublie la bénédiction et met l’aliment en bouche, pour les liquides on avale puis récite la bénédiction finale; pour les aliments, on recrache si possible ou met de côté pour réciter la bénédiction.
- Priorités entre aliments – Avec plusieurs aliments de même bénédiction, on récite pour l’un et acquitte les autres. Avec des bénédictions différentes, on privilégie l’aliment préféré ou, à défaut, celui des sept espèces mentionnées en premier dans le verset de Deutéronome.
- Bénédiction abrégée – La bénédiction qui inclut trois pour les fruits et le vin est similaire à celle des céréales, adaptée pour mentionner l’arbre et ses fruits ou la vigne et son fruit, concluant par « pour la terre et les fruits » (ou « ses fruits » en Israël).
- Combinaison de bénédictions – Si l’on consomme vin, dattes et céréales, on récite une seule bénédiction finale mentionnant tous ces éléments. Pour viande et vin, on récite des bénédictions distinctes. Pour différents fruits, une seule bénédiction suffit.
- Bénédiction distincte ou combinée – Si l’on mange de la viande et boit du vin, on récite une bénédiction distincte pour chacun. Si l’on mange des fruits des sept espèces avec d’autres fruits, la bénédiction abrégée les inclut tous, car ce sont tous des fruits de l’arbre.
Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Neuf
- Bénédictions pour les odeurs – Comme pour les aliments, on ne doit pas profiter d’une bonne odeur sans bénédiction. Pour l’odeur d’un arbre ou de son produit: « Qui crées des arbres odorants ». Pour une herbe: « Qui crées des herbes odorantes ». Pour d’autres sources comme le musc: « Qui crées différentes sortes d’épices ». Pour un fruit odorant: « Qui as donné une bonne odeur aux fruits ».
- Encens – On ne récite pas de bénédiction sur l’encens avant que la fumée ne s’élève. La bénédiction dépend de l’origine: arbre, herbe ou autre substance.
- Huiles parfumées – Sur l’huile balsamique: « Qui crées une huile agréable ». Sur l’huile d’olives aromatisées: « Qui crées des arbres odorants ». Sur l’huile mélangée d’épices: « Qui crées différentes sortes d’épices ». Entre huile et myrte, on bénit le myrte qui acquitte l’huile.
- Épices différentes et vin – Pour des épices d’arbre et d’herbe, on récite une bénédiction pour chacune. Pour vin et huile parfumée, on tient le vin dans la main droite, l’huile dans la gauche, bénit et boit le vin, puis bénit et sent l’huile.
- Doutes sur l’origine – En cas de doute sur l’origine (arbre ou terre), ou pour un mélange d’épices, on récite « Qui crées différentes sortes d’épices ». Dans une parfumerie, on récite cette bénédiction une fois, puis à chaque entrée/sortie.
- Plantes spécifiques – Pour les anémones, la lavande et le narcisse cultivé: « Qui crées des arbres odorants ». Pour le narcisse sauvage: « Qui crées des herbes odorantes ». Pour la rose, l’eau de rose, l’oliban et le mastic: « Qui crées des arbres odorants ».
- Odeurs sans bénédiction – Trois types de parfums ne nécessitent pas de bénédiction: ceux qu’il est interdit de sentir, ceux destinés à chasser une mauvaise odeur, et ceux qui ne sont pas faits pour être sentis.
- Applications pratiques – On ne récite pas de bénédiction sur le parfum idolâtre ou d’une femme interdite, sur les parfums près d’un défunt ou dans les toilettes, ni sur l’encens destiné à parfumer des objets ou des vêtements.
- Situations particulières – On ne récite pas de bénédiction sur les épices utilisées dans un festin non-juif, présumé idolâtre. En sentant une bonne odeur près d’une ville, on suit la majorité (juive ou non) pour déterminer si une bénédiction est requise. Pour un mélange d’odeurs avec et sans bénédiction, on suit également la majorité.



