Le 32e anniversaire du décès d’Ari Halberstam HY »D a été marqué par une double commémoration en son honneur à New York. La Yechiva Oholei Torah de Crown Heights, où il avait étudié, a officiellement inauguré la porte principale de son Beth Midrach sous le nom de « Shaar Ari Halberstam ». Famille, responsables communautaires, représentants de la police et élus se sont réunis pour rendre hommage à sa mémoire et célébrer son héritage.

 

 

 

L’attentat du pont de Brooklyn : retour sur une tragédie

Le 1er mars 1994, un van transportant quinze jeunes étudiants hassidiques de Habad-Loubavitch traversait le pont de Brooklyn en direction de leur domicile à Brooklyn. Ils revenaient d’une visite au Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, alors hospitalisé au Manhattan Eye, Ear and Throat Hospital. C’est sur la rampe d’accès au pont que Rachid Baz, un Libanais établi aux États-Unis, ouvrit le feu sur le véhicule. Armé d’un pistolet automatique Cobray MAC-11, d’un Glock 17 9mm et d’un fusil à pompe rangé dans son coffre, il poursuivit le van sur toute la longueur du pont, tirant en trois rafales successives des deux côtés du véhicule, avant de disparaître dans la circulation. Selon des témoins, le tireur aurait crié en arabe « Tuez les Juifs », exprimant ainsi sa vengeance après le massacre de 29 fidèles musulmans commis quelques jours plus tôt par Baruch Goldstein à la grotte des Patriarches, à Hébron.

Quatre étudiants furent atteints. Lors de son arrestation, Baz était porteur de littérature antisémite, d’un pistolet semi-automatique calibre .380, d’un pistolet paralysant, d’un gilet pare-balles et de deux chargeurs de cinquante cartouches. Bien que l’affaire ait été initialement classée comme un cas de violence routière par le FBI, elle fut reclassifiée en novembre 2000 comme attentat terroriste. Le jury rejeta la défense de Baz — qui invoquait l’insanité et le traumatisme lié aux événements du Moyen-Orient — et le condamna le 1er décembre 1994 pour meurtre au second degré et quatorze chefs de tentative de meurtre. Il fut condamné à 141 ans de prison à vie.

Ari Halberstam : portrait d’un jeune homme hors du commun

Ari Halberstam était âgé de 16 ans au moment de l’attentat. Issu d’une famille illustre du mouvement Habad-Loubavitch, il était le fils de Devorah Halberstam et du Rav Chesed Halberstam (1951-2025), qui avait servi comme assistant personnel et intendant auprès du Rabbi. La famille Halberstam descend du Rav ‘Haïm Halberstam, fondateur de la dynastie de Sanz. Ari avait grandi sous la supervision personnelle du septième Rabbi de Loubavitch, et son lien avec la Yechiva Oholei Torah de Crown Heights était profond et sincère.

Grièvement blessé d’une balle à la tête, Ari fut transporté d’urgence au St. Vincent’s Hospital. Malgré les soins prodigués, les lésions cérébrales étaient irréversibles. Il rendit son âme le 6 mars 1994, cinq jours après la fusillade. Ses funérailles, qui se déroulèrent sur Eastern Parkway — devant le 770, synagogue centrale du mouvement Loubavitch —, réunirent quelque 10 000 personnes en deuil, encadrées par plus de 250 policiers. Il fut inhumé au cimetière Montefiore, dans le Queens.

Les autres victimes de l’attentat

Trois autres étudiants furent blessés lors de cette attaque. Na’houm Sossonkin, né en Israël, fut lui aussi atteint à la tête et souffre depuis lors de séquelles permanentes affectant gravement son élocution. Levi Wilhelm survécut à une balle dans l’abdomen. Yaakov Schapiro fut légèrement blessé à une main et à la tête. Ces trois jeunes hommes portent encore aujourd’hui les stigmates physiques ou psychologiques de cet acte de haine.

Une inauguration chargée d’émotion à Oholei Torah

Le 18 mars 2026 — 29 Adar 5786 (2026) — la communauté de Crown Heights s’est rassemblée à l’Institut éducatif Oholei Torah pour une cérémonie solennelle : l’inauguration officielle de la porte principale du Beth Medrach, désormais baptisée « Porte Ari Halberstam », en mémoire de l’étudiant assassiné sur le pont de Brooklyn en 1994 lors d’un attentat terroriste. Ari Halberstam, que ses proches se rappellent comme un élève exceptionnel, un joueur de basket-ball talentueux et un ami précieux, aurait aujourd’hui 32 ans de plus que le jour de sa mort.

La cérémonie était animée par le Rav Nosson Blumes, directeur du développement d’Oholei Torah. Le Rav Mendy Blau, directeur de la Yechiva, a pris la parole au nom de l’établissement pour évoquer le lien profond qu’entretenait Ari avec l’école et souligner la portée symbolique de dédier à sa mémoire l’entrée centrale de la Yechiva.

La famille et les proches témoignent

Le frère d’Ari, Mendy Halberstam, a prononcé quelques mots empreints d’émotion, suivi par sa mère, Devorah Halberstam, Commissaire honoraire de la police de New York pour la sécurité communautaire et présidente du conseil des commissaires de lutte contre l’antisémitisme. Depuis le meurtre de son fils, elle consacre sa vie à défendre la cause des victimes du terrorisme et de l’antisémitisme, poursuivant inlassablement ce combat au nom d’Ari et de tous ceux qui ont souffert. Le Rav Yisroel Hecht, commissaire adjoint du NYPD chargé des technologies de l’information, a également pris la parole lors de cette cérémonie.

Les représentants des forces de l’ordre présents à l’événement ont reçu en cadeau le nouveau livre de Sara Blau, Seven Clues for a Kinder World — un ouvrage destiné à la jeunesse qui enseigne les Cheva Mitsvot Bnei Noa’h à travers une chasse au trésor ludique se déroulant dans un commissariat. L’un des personnages principaux étant un policier, l’attention était particulièrement bien choisie.

Un dîner commémoratif au Musée juif pour enfants

En soirée, un dîner commémoratif a réuni famille et amis au Musée juif pour enfants (JCM), fondé précisément en mémoire d’Ari Halberstam. L’événement était animé par le Rav Shea Hecht du NCFJE. Le Rav Mendy Wineberg, directeur du Habad de Dunwoody, en Géorgie, et cousin d’Ari, a pris la parole et accompli un Siyoum à sa mémoire, clôturant dignement une journée de recueillement et de souvenir, 32 ans après la tragique disparition d’un jeune homme dont la mémoire continue d’inspirer sa communauté.unauté.