Alors que les frappes américaines s’intensifient sur l’Iran, le président Donald Trump a confirmé dimanche que ce qui reste du régime des ayatollahs a sollicité l’ouverture d’un dialogue — et qu’il a accepté. Dans un entretien exclusif au magazine « The Atlantic », Trump a levé le voile sur des tractations en coulisses d’une nature pour le moins singulière : certains des négociateurs iraniens impliqués dans ces échanges ont depuis été éliminés par les frappes de la coalition. Un aveu glaçant qui illustre la brutalité inédite du contexte diplomatique.
L’Iran demande à parler — Trump dit oui
Le président américain Donald Trump a secoué dimanche la scène internationale en révélant l’existence de contacts discrets entre Washington et les restes du pouvoir iranien. Interrogé depuis sa résidence de Floride par le journaliste Michael Scherer du magazine « The Atlantic », Trump a été catégorique : « L’Iran veut parler — et j’ai accepté. Je leur parlerai. »
Toutefois, le président s’est bien gardé de préciser si ces discussions entraîneraient une suspension des opérations militaires en cours. À la question de savoir si la rencontre aurait lieu « aujourd’hui ou demain », il a répondu avec une sobriété déconcertante : « Je ne peux pas vous dire cela. »
Des négociateurs éliminés par les frappes
L’un des moments les plus saisissants de l’entretien fut sans doute la façon dont Trump a évoqué le sort des interlocuteurs iraniens. Sans détour, il a confirmé que plusieurs des personnalités impliquées dans les négociations préliminaires avec les États-Unis ne sont plus en vie, victimes des frappes massives sur les centres du pouvoir à Téhéran.
« La plupart de ces gens ne sont plus là », a déclaré Trump. « Certains de ceux avec qui nous travaillions n’existent plus — parce que ce fut un coup très sévère. Ils auraient dû agir plus tôt. Ils auraient pu conclure un accord. Ils ont joué à des jeux trop sophistiqués. »
Une occasion manquée, un rapport de force inversé
Trump a martelé qu’avant le déclenchement des opérations militaires, l’Iran disposait d’une porte de sortie — des conditions qu’il a qualifiées de « très pratiques et faciles à appliquer ». Téhéran a choisi l’intransigeance. Jeudi dernier, les négociations préliminaires avaient définitivement échoué après que l’Iran eut rejeté en bloc toutes les exigences américaines, notamment sur le programme nucléaire et le soutien au terrorisme régional.
Ce refus a directement ouvert la voie aux opérations conjointes « Wrath of the Eagle » et « Lion’s Roar ». Selon Trump, l’entêtement iranien a fait perdre à Téhéran un temps précieux : « Ils ont attendu trop longtemps. Ils auraient dû agir bien plus tôt. »
Désormais, si l’Iran revient à la table des négociations, c’est depuis une position d’infériorité totale : son leadership décimé — y compris le Guide suprême Khamenei — ses infrastructures stratégiques détruites, et sa capitale exposée et paralysée sur le plan opérationnel après la destruction du quartier général « Tharallah », responsable de la défense de Téhéran.
L’insurrection populaire : Trump y croit, mais ne s’engage pas
La veille, Trump avait appelé le peuple iranien à saisir cette « occasion rare » pour renverser le régime lorsque le moment se présenterait. Interrogé sur la question de savoir si les États-Unis étendraient leurs frappes pour soutenir un éventuel soulèvement populaire, le président s’est voulu prudent sans se dérober : « Il faudra que j’évalue la situation le moment venu. On ne peut pas répondre à cette question maintenant. »
Malgré cette réserve, Trump a exprimé une confiance manifeste dans la probabilité d’un tel soulèvement. Il a évoqué les célébrations déjà observées dans les rues d’Iran, ainsi que les rassemblements de soutien de la diaspora iranienne à New York et Los Angeles. « Ça va arriver. Vous le voyez. Beaucoup de gens sont très mécontents là-bas, à Los Angeles et dans de nombreux endroits. »
Il a néanmoins reconnu la réalité du terrain : « C’est un endroit très dangereux en ce moment. Des gens crient de joie dans les rues, mais en même temps, des bombes tombent en grand nombre. »
Premières pertes américaines et démenti sur le porte-avions
Dans la soirée de dimanche, l’armée américaine a annoncé la mort de trois soldats et la blessure de cinq autres dans le cadre des opérations en Iran — les premières pertes confirmées parmi les forces américaines depuis le début du conflit. Les circonstances et le lieu exacts n’ont pas été précisés. Selon le communiqué officiel, les blessés ont été atteints par des éclats ou ont subi des commotions cérébrales ; ils devraient reprendre du service ultérieurement.
Par ailleurs, le Commandement central américain (CENTCOM) a formellement démenti les affirmations des Gardiens de la Révolution iraniens, qui prétendaient avoir touché le porte-avions USS Lincoln avec quatre missiles balistiques tirés dans la matinée.
L’impact sur le marché du pétrole
Interrogé sur les répercussions économiques des frappes, Trump s’est montré relativement optimiste quant à l’effet sur les prix du pétrole, dont les marchés rouvraient dans la nuit. Il a estimé que le succès précoce de l’opération limiterait la hausse : « Il aurait pu y avoir une augmentation massive du prix du pétrole si les choses avaient mal tourné », a-t-il expliqué, laissant entendre que le scénario actuel était bien plus favorable que ce que certains analystes avaient anticipé.
















