Le 19 août prochain, un nouveau supermarché entièrement cacher, sous l’enseigne Leader Cash, ouvrira ses portes au cœur de Saint-Brice-sous-Forêt. L’inauguration s’est tenue en présence du Rav Mendel Azimov, directeur du Beth Loubavitch, et du Rav Chalom Dov Ber Amram, Chalia’h du Rabbi dans la ville. Au-delà des rayons et des caddies, c’est une vision du Rabbi qui prend corps, celle de rapprocher chaque Juif de sa tradition, une bouteille de vin cacher à la fois.
Une ouverture attendue à Saint-Brice
C’est un événement que la communauté de Saint-Brice-sous-Forêt attendait de longue date. Au 2 rue René Cassin, un nouveau supermarché entièrement cacher, sous l’enseigne Leader Cash, s’apprête à ouvrir ses portes le 19 août prochain. L’inauguration a réuni responsables communautaires, familles et amis autour du directeur de l’enseigne Leader Cash, Mickaël Benharroch, du Rav Mendel Azimov, directeur du Beth Loubavitch, et du Rav Chalom Dov Ber Amram, Chalia’h du Rabbi établi dans la ville. Dans une atmosphère mêlant émotion et bonne humeur, chacun mesurait la portée d’un tel projet pour la vie juive du quartier. Prenant la parole, le Rav Azimov confia qu’il tenait profondément à répéter ce soir-là le message qu’il avait déjà porté à Marseille et ailleurs, tant celui-ci lui semblait essentiel :
« Parmi les dix Mitsvot que le Rabbi avait choisies pour éveiller le peuple juif, les plus connues étant les Téfilines, figurait l’effort constant d’aider chaque foyer à rendre sa cuisine cachère ». Le Rav Azimov rappela « à quel point cette préoccupation tenait à cœur au Rabbi. À une certaine époque, un bienfaiteur proposait même de rembourser la moitié des frais engagés par chaque famille qui cachérisait sa maison. Durant des années, c’est ainsi que l’on encouragea les familles à franchir le pas ».
Le Rav Azimov évoqua ensuite le premier magasin ouvert rue Petit, puis l’enseigne du seizième arrondissement qui en entraîna quatre autres dans le quartier. « Le Rabbi », souligna-t-il, « avait une vision qui portait loin. Lorsqu’on installe le cacher au bas de l’immeuble d’un Juif, celui-ci se réveille et se dit : aujourd’hui, je boirai du vin cacher, aujourd’hui, je mangerai un morceau de viande cachère. Il rappela le mot de son père, le Rav Chmouel Azimov a’h, qui vivait face à un magasin doté d’un simple rayon cacher et d’un petit congélateur où l’on trouvait un poulet. Un Juif, disait-il, ne fera pas dix kilomètres pour rejoindre une boutique cachère ; il souhaite trouver sur place, au pied de chez lui, de quoi honorer sa table. À plus forte raison lorsqu’on lui offre autant de surface et de possibilités, la démarche revêt un mérite considérable ».
Faire travailler autrui, l’une des plus belles Mitsvot
Au-delà de la dimension individuelle, le Rav Azimov insista sur la Parnassa, cette subsistance qu’une telle enseigne procure à des dizaines de familles, une bénédiction en soi. Il cita le Rambam, selon lequel l’une des plus grandes formes de Tsedaka consiste précisément à faire travailler autrui. Maïmonide énumère huit degrés dans l’accomplissement de la charité, et le plus élevé consiste à investir pour que d’autres puissent gagner leur vie grâce à vous. Voilà quelque chose d’extraordinaire, et l’on peut rendre grâce, Baroukh Hachem, de voir le cacher se développer à ce point ».
Du paquet de chips introuvable à l’abondance d’aujourd’hui
Le Rav Azimov se souvint des années soixante-dix, lorsque l’on comptait à Paris une poignée d’adresses seulement : « La boutique de Benchitrit, rue des Écouffes, attirait alors toute la capitale, et chacun garda en mémoire le visage de sa fille, qui y travailla jusqu’à sa disparition l’an dernier. À cette époque, rappela-t-il avec le sourire, il n’existait pas même un paquet de chips cacher, et il fallait le rapporter de Londres. Aujourd’hui, l’offre a grandi de manière spectaculaire et elle encourage les familles. Quelques semaines plus tôt, à la veille du départ des colonies de vacances, il avait vu des enfants dévaliser les rayons de bonbons d’un magasin afin de poursuivre leur été en restant cacher. Les colonies, ajouta-t-il, s’approvisionnent volontiers dans ces enseignes ».
Dans l’attente du dixième magasin
À la veille de Ticha Beav, le Rav Azimov rappela l’enseignement du Rabbi : « après les difficultés des neuf jours vient toujours quelque chose de plus grand, un versant positif porteur de bénédictions. Il fila l’image des vaches rousses, dont la tradition dénombre neuf à travers l’Histoire, la dixième devant marquer l’ère de Machia’h. On espère, dit-il, que bien avant cela, Machia’h sera présent pour ouvrir avec nous tous le dixième magasin ». Il salua enfin les Chlou’him de Saint-Brice, pour qui c’était une première : « la ville dispose désormais d’un Beth Habad, d’un Mikvé et, à présent, d’un lieu cacher. Presque tous les Mivtsaïm du Rabbi se trouvent ainsi réunis à proximité, complétant le visage de la communauté et du peuple juif ».
Le Le’haïm et les bénédictions
Vinrent alors les remerciements, adressés notamment à Eliyahou Chekly, salués d’un chaleureux « Hazak, Hazak ! » Fidèle à l’usage Loubavitch, l’assemblée partagea un moment de Le’haïm autour de quelques gateaux et d’un verre de whisky. Un invité, David, s’approcha pour recevoir la bénédiction. On récita la bénédiction sur les Mézonot, puis celle sur le whisky, l’assemblée répondant « Amen » avant de lever le verre. « Le’haïm, le’haïm ! Que des bonnes choses ! », lança le Rav Azimov, salué en retour par des vœux de réussite et de Brakha.
La vraie sécurité d’un Juif : les Téfilines
Le Rav Amram prit ensuite la parole pour livrer un souvenir marquant. Au lendemain d’un attentat à Paris, alors qu’il dirigeait un tout premier Beth Habad dépourvu de la moindre protection, l’inquiétude l’avait gagné. Ce matin-là, il ouvrit une lettre du Rabbi. Le Rabbi y rapportait un échange avec un soldat, à qui il expliquait que la véritable sécurité d’un Juif réside dans la mise des Téfilines. Il prit aussitôt sa décision : dès le lendemain, il fit l’acquisition de dix paires de Téfilines et déposa dans chaque magasin cacher une paire de Tefilines permettant à tout Juif de les mettre sur place. La même initiative sera reconduite au sein de Leader Cash, afin que chacun sache y trouver des Téfilines à sa disposition.
La pose de la Mezouza
L’inauguration se conclut par le geste symbolique attendu, la fixation de la Mezouza à l’entrée du magasin. Rassemblés autour du Rav Azimov, les participants répondirent « Amen » d’une seule voix. Les félicitations fusèrent alors de toutes parts, « Mazel Tov ! Mazel Tov ! », scellant l’inauguration d’un lieu appelé à devenir, pour la communauté de Saint-Brice, bien davantage qu’un simple supermarché.


































