Derrière la polémique autour du patch du Machia’h et les tentatives de bannir les symboles juifs au sein de Tsahal, le fossé entre le commandement supérieur et l’esprit des combattants sur le terrain se creuse dangereusement. L’ordre intimé aux soldats de retirer de leurs uniformes ce signe d’espoir et de foi n’est rien de moins qu’un ordre indigne — et peut-être même illégal. Le commandement, à commencer par le chef d’état-major, doit comprendre une fois pour toutes : Tsahal est, avant tout, une armée juive.

 

Chanel 14

 

L’héritage de Yair Golan au cœur de l’état-major

Dans une interview accordée il y a quelques années, l’ancien chef d’état-major adjoint, aujourd’hui chef de parti, Yair Golan, s’était plaint que des commandants avaient commencé à introduire dans leurs ordres de bataille et leurs lettres officielles des expressions issues du monde juif, telles que Bézrat Hachem (avec l’aide de D.ieu) ou Chema Israël. « Il n’y a pas de place pour de telles expressions à Tsahal », avait-il déclaré. « Il s’agit des Forces de défense d’Israël, non d’une armée divine. » L’esprit de Golan, bien qu’il ait quitté l’armée depuis longtemps, semble encore hanter certains membres du commandement supérieur. En tête de file : les deux derniers chefs d’état-major, Herzi Halevi et Eyal Zamir, qui se sont attaqués, chacun à son tour, au patch du Machia’h arboré sur les épaules de dizaines de milliers de soldats au cours de la récente guerre.

L’âme juive ne se décrète pas

Quiconque a suivi de près ces soldats héroïques — réguliers ou réservistes — qui risquent véritablement leur vie à Gaza, au Liban et ailleurs, n’a pu qu’être saisi par la puissance de l’esprit juif qui souffle dans leurs rangs : la fierté affichée d’appartenir au peuple dont ils font partie, et l’attachement à la Torah, qui constitue en définitive la seule force capable de justifier l’enracinement du peuple d’Israël sur la terre qu’il habite. Avec tout le respect dû aux « valeurs de Tsahal » ou à d’autres considérations secondaires au nom desquelles soldats et peuple puisent leur détermination et leur vigueur face aux ennemis qui cherchent à les anéantir, c’est bien l’identité et la tradition juives qui représentent la force authentique et la valeur fondamentale unissant le peuple à lui-même — jusqu’au sacrifice suprême. Qui ne voit pas cela ne reconnaît pas la réalité.

Des Tsitsit dans l’enfer du combat

Ce n’est pas un hasard si des centaines de milliers de Tsitsit ont été distribuées aux soldats avant les opérations, à des hommes qui ne savaient pas avec certitude s’ils en reviendraient vivants et entiers — et pour la plupart, à des soldats qui ne portent pas habituellement de Tsitsit. Il en va de même pour les kipot, les livres de Psaumes glissés dans les gilets tactiques, et les Téfilines pour les premières heures du matin. Ce n’est pas du folklore ni une façon d’augmenter sa chance. C’est l’âme qui vibre en chacun. Telle est la nature de la Nechama juive, même lorsqu’elle s’est déployée dans un corps qui a grandi dans un environnement ou une éducation où ces réalités n’étaient pas au cœur du quotidien. Car c’est ainsi à la guerre, face au danger de mort : l’âme s’élève à la hauteur de l’heure et s’exprime parfois avec une intensité et une extériorisation particulières. Cela ne change rien au fait que la racine en est profonde et essentielle.

Le patch du Machia’h n’est pas un slogan politique

C’est pourquoi la comparaison entre ce patch — qui exprime l’aspiration juive millénaire à la rédemption et à la reconstruction du Temple — et d’autres slogans politiques ou anecdotiques est déplacée. C’est pourquoi aussi la volonté de le séparer des soldats qui sont prêts à donner leur vie n’est ni réaliste ni viable. Car la vérité est plus forte que tout ordre ou directive militaire.

L’injonction faite aux soldats de Tsahal de retirer de leurs uniformes ce symbole d’espoir et de foi n’est rien de moins qu’un ordre indigne, dérisoire, et peut-être même illégal — ouvertement illégal, même. Elle revient à exiger que l’on arrache le cœur qui bat, ou que l’on retire la kippa de la tête. Pas moins.

La peur du symbole, aveu d’une appartenance

Il est des personnes que cela effraie. L’expression juive extérieure les inquiète, peut-être même les irrite. Mais il s’agit là d’une manifestation d’éducation et d’environnement — rien de plus. À l’inverse, plus la résistance est grande, plus elle témoigne que l’on touche à la racine de l’âme de celui qui s’indigne. Car lui aussi est juif, avec une âme qui frémit en lui. S’il n’en avait pas conscience, il ne s’emporterait pas.

Tsahal est une armée juive

Les commandants de Tsahal, chef d’état-major compris, doivent intégrer — surtout après une période de combat aussi longue et éprouvante, et face à des manifestations aussi éclatantes de judaïsme et de tradition parmi les soldats — que cette armée est, avant tout et par essence, une armée juive. Non une armée qui protège seulement une population. Mais une armée qui défend une terre, un peuple, et aussi la Torah.