Dans une opération militaire nocturne sans précédent ce Chabbat, les forces spéciales américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse à Caracas, mettant fin à 13 années de régime autoritaire. Le dictateur, transféré à New York, doit comparaître devant la justice américaine pour des charges de narcoterrorisme. La communauté juive du Venezuela, réveillée par les explosions, oscille entre soulagement et inquiétude face à l’instabilité qui s’annonce.
Origines : Ancien chauffeur de bus et leader syndical à Caracas, il rejoint le mouvement d’Hugo Chávez (MVR) et gravit les échelons comme député, président de l’Assemblée nationale, puis ministre des Affaires étrangères.
Accession au pouvoir : Désigné successeur par Chávez avant sa mort, il devient président par intérim en mars 2013, puis est élu de justesse la même année (50,6 %).
Dérive autoritaire : Son mandat est caractérisé par une profonde crise économique (hyperinflation, pénuries) et une répression violente des contestations (notamment en 2014 et 2017), menant à la mise en place d’un régime jugé autoritaire par la communauté internationale.
Isolement diplomatique : Après une réélection contestée en 2018, il fait face à la concurrence de Juan Guaidó (reconnu par 50 pays) et à de lourdes sanctions américaines, dont un embargo pétrolier.
En juillet 2024, il est proclamé vainqueur pour un troisième mandat avec 51,2 % des voix. Ce résultat est massivement rejeté par l’opposition (qui publie des preuves de fraude) ainsi que par l’Union européenne et les États-Unis, provoquant une nouvelle période de troubles et d’incertitude institutionnelle.
Une opération chirurgicale mobilisant 150 aéronefs
Le président Donald Trump a annoncé samedi matin sur Truth Social que les États-Unis avaient « mené avec succès une frappe de grande envergure contre le Venezuela » et capturé Nicolás Maduro ainsi que son épouse Cilia Flores. L’opération, qualifiée de « brillante » par le président américain, rappelle par son audace la capture d’Oussama ben Laden au Pakistan en 2011.
Selon le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, plus de 150 aéronefs ont participé à cette mission lancée depuis 20 bases différentes à travers l’hémisphère occidental. Des F-22, F-35, F-18, des bombardiers B-1 et de nombreux drones ont assuré la couverture aérienne tandis que les hélicoptères transportant la force d’extraction s’approchaient de Caracas à seulement 30 mètres d’altitude.
« Nous sommes arrivés au complexe de Maduro à 1h01 du matin. La force a réussi l’exfiltration et était au-dessus de l’eau à 3h29 avec les personnes inculpées à bord », a détaillé le général Caine lors de la conférence de presse à Mar-a-Lago. L’unité Delta Force de l’armée américaine a mené l’assaut sur la résidence du dictateur au sein du complexe militaire de Fort Tiuna.
Maduro face à la justice américaine pour narcoterrorisme
Le couple présidentiel a été transporté à bord de l’USS Iwo Jima avant d’atterrir samedi soir à la base aérienne de Stewart dans l’État de New York. Des images diffusées par la Maison Blanche montrent Maduro menotté, lançant en anglais : « Bonne nuit, bonne année et joyeuses fêtes. »
La procureure générale Pam Bondi a promis que le couple « fera bientôt face à toute la fureur de la justice américaine sur le sol américain, dans les tribunaux américains ». Maduro, inculpé depuis 2020 pour narcoterrorisme et importation de cocaïne, devrait comparaître dès lundi devant un tribunal de Manhattan. La prime pour sa capture avait été progressivement augmentée de 15 à 50 millions de dollars.
En novembre dernier, l’administration Trump avait désigné Maduro comme chef d’une organisation terroriste étrangère, le plaçant sur la même liste qu’Al-Qaïda et les Houthis du Yémen. Cette désignation a ouvert la voie légale à l’opération militaire de ce week-end.
La communauté juive entre euphorie et crainte
Au cœur de la capitale vénézuélienne, les familles juives ont été brutalement réveillées par les explosions. « Nous avons entendu des détonations extrêmement puissantes et nous nous sommes réveillés en pleine nuit », ont témoigné des résidents juifs de Caracas auprès du site Ynet. Certaines frappes ont touché des zones dangereusement proches des quartiers où réside la majorité des quelque 4 000 Juifs du Venezuela.
Marcelo Roitman, ancien émissaire du Keren Hayesod au Venezuela, décrit une communauté « en arrêt sur image total ». « Un mélange de paralysie et d’euphorie contenue, très différente de ce qu’on observe dans le reste du monde. Sortir dans la rue est terrifiant en ce moment », confie-t-il. Le régime a mobilisé des milliers de partisans qui défilent en scandant « Ramenez Maduro ! » tandis que les opposants restent cloîtrés chez eux.
La communauté juive vénézuélienne, autrefois florissante avec près de 30 000 membres, n’a cessé de décliner depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999. Ze’ev Kirtchuk, ancien représentant du Keren Hayesod et liaison de la communauté en Israël, souligne néanmoins sa remarquable organisation : « Il y a 18 synagogues, des écoles juives, des conseils communautaires ashkénazes et séfarades séparés ainsi qu’un conseil conjoint. La communauté est bien structurée et maintient des liens étroits avec Israël, même sans ambassade dans le pays. »
Réactions internationales contrastées
Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a salué la capture : « Félicitations, président Donald Trump, pour votre leadership audacieux et historique en faveur de la liberté et de la justice. Je salue votre détermination décisive et l’action brillante de vos courageux soldats. »
Le président Isaac Herzog a également exprimé sa gratitude : « Merci, président Donald Trump, pour votre leadership décisif qui rend le monde plus sûr. Merci de mener la bataille mondiale cruciale contre les régimes brutaux, voyous et déstabilisateurs. »
À l’inverse, Cuba, la Russie, la Chine et l’Iran ont vivement condamné l’opération. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a dénoncé une « attaque criminelle » tandis que Pékin a qualifié l’action de « violation flagrante du droit international ». Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré vouloir « établir les faits » tout en rappelant que le Royaume-Uni « n’était impliqué en aucune façon ».
Trump annonce que les États-Unis « dirigeront » le Venezuela
Lors de sa conférence de presse, le président Trump a déclaré que les États-Unis « dirigeront le pays » jusqu’à ce qu’« une transition sûre, appropriée et judicieuse » puisse avoir lieu. Il n’a pas exclu le déploiement de troupes au sol et a évoqué le rôle central que joueront les compagnies pétrolières américaines dans la reconstruction de l’infrastructure vénézuélienne.
« Les compagnies pétrolières américaines vont entrer, dépenser des milliards de dollars, réparer l’infrastructure pétrolière gravement endommagée et commencer à générer des revenus pour le pays », a-t-il précisé, soulignant que les pipelines n’ont pas été modernisés depuis 50 ans et nécessitent un investissement estimé à 58 milliards de dollars.
Cette annonce a provoqué un tollé parmi les démocrates au Congrès. Le sénateur Tim Kaine a qualifié l’opération de « retour écœurant à une époque où les États-Unis s’arrogeaient le droit de dominer les affaires internes de toutes les nations de l’hémisphère occidental ». Le Congressional Black Caucus a dénoncé « un abus de pouvoir grave et illégal ».
L’opposition vénézuélienne appelle à la reconnaissance de González
María Corina Machado, figure de l’opposition récemment couronnée du Prix Nobel de la Paix 2025, a lancé un appel vibrant : « Vénézuéliens, l’HEURE DE LA LIBERTÉ est arrivée ! » Elle demande que Edmundo González Urrutia, considéré comme le véritable vainqueur de l’élection présidentielle de juillet 2024, soit reconnu comme président légitime. González, actuellement en exil en Espagne, avait dû fuir sous la menace d’arrestation après des résultats électoraux massivement frauduleux selon les observateurs internationaux.
Cependant, Trump a tempéré les espoirs placés en Machado, estimant qu’elle « n’a pas le soutien ni le respect nécessaires à l’intérieur du pays » pour diriger le Venezuela. La vice-présidente Delcy Rodríguez, dont la localisation reste incertaine – possiblement en Russie selon certaines sources –, a exigé la « libération immédiate » de Maduro tout en affirmant que le Venezuela était « prêt à défendre ses ressources naturelles ».
Les enjeux pétroliers au cœur de l’équation
Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, soit environ 303 milliards de barils représentant 20 % des réserves mondiales. Sous le régime de Maduro, la production s’est effondrée à environ un million de barils par jour en raison de décennies de mauvaise gestion, de corruption et de sanctions américaines.
Reuters rapporte que les exportations pétrolières vénézuéliennes sont actuellement paralysées, les tankers chargés ne pouvant obtenir l’autorisation de quitter les ports. Les analystes estiment qu’il faudra cinq à dix ans pour restaurer la production pétrolière aux niveaux antérieurs, bien que les raffineries américaines du Golfe du Mexique soient particulièrement adaptées au traitement du brut lourd vénézuélien.
Cette opération militaire marque l’aboutissement d’une campagne de pression de plusieurs mois menée par l’administration Trump, incluant le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford et de nombreux navires de guerre dans les Caraïbes, ainsi que plus de 35 frappes contre des embarcations suspectées de transporter de la drogue depuis septembre dernier.
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L’avenir du Venezuela reste incertain. Entre les aspirations démocratiques d’une population exsangue après des années de dictature et les ambitions géostratégiques américaines, le pays s’engage dans une période de transition dont personne ne peut prédire l’issue. Pour la communauté juive locale, l’heure est à la prudence : « Personne ne fait la fête. Nous avons très peur », résume un membre de la communauté de Caracas.
















