Bien souvent, un homme a des difficultés à mettre en pratique ce qui lui semble pourtant être une évidence intellectuelle. Il n’est pas toujours aisé d’avoir un comportement en accord avec ses idéaux. Les ‘Hassidim illustrent cette idée en relatant le récit suivant.

 

Par le Rav Haim Mellul

Le recteur d’une Yechiva était, par ailleurs, un commerçant important, qui pratiquait le négoce du bois. Il faisait couper des arbres dans les forêts et il les conduisait, à travers le fleuve, sur des radeaux, jusqu’à leur point de destination.

Un jour, alors que ses radeaux étaient particulièrement chargés de bois, il y eut une tempête. Les radeaux coulèrent et toute la marchandise fut perdue. L’homme perdit tout ce qu’il possédait et il fut même fortement endetté.

Lorsque les membres de sa famille apprirent le malheur qui les frappait, ils ne surent comment le lui annoncer et l’un de ses disciples les plus proches leur affirma qu’il pourrait s’en charger. Il se rendit donc chez le recteur de la Yechiva et lui dit qu’il se posait une question sur la Guemara, dans le traité Bera’hot. Nos Sages enseignent, en effet, que : “tout comme l’homme doit bénir D.ieu pour le bonheur, il doit en faire de même pour le malheur”. Il lui demanda :
“Comment peut-on demander à l’homme de se réjouir d’un malheur, comme il le ferait d’un bonheur ?”.

Le recteur de la Yechiva multiplia les explications, à ce propos, mais son élève reformulait sans cesse sa question :
“Comment peut-on accepter le malheur comme s’il était un bonheur”.
Son maître ajouta donc que le malheur est lui-même un bonheur, qu’un homme doit l’accepter joyeusement et remercier D.ieu. Le disciple demanda encore :
“Si l’on vous annonçait maintenant que tous vos radeaux ont coulé, vous mettriez-vous à danser dans une grande joie ?”
Le recteur de la Yechiva s’exclama :
“Bien entendu !”.
L’élève lui dit alors :
“S’il en est ainsi, vous pouvez commencer à danser !”.
Aussitôt le recteur de la Yechiva s’évanouit.

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