Cinquante enfants juifs âgés de 13 à 15 ans ont été expulsés mercredi d’un vol Vueling à Valence après avoir entonné un chant hébreu. Leur directrice de 21 ans a été menottée sous les yeux des mineurs, déclenchant l’indignation des familles. La compagnie aérienne rejette toute accusation d’antisémitisme et invoque des raisons sécuritaires.

 

 

 

 

Le groupe d’enfants rentrait de colonie de vacances à Calella quand l’incident a éclaté à l’aéroport de Valence. Les témoignages des parents font état de violences policières et de confiscation de téléphones, tandis que Vueling dénonce un « comportement conflictuel » mettant en péril la sécurité du vol.

Un chant hébreu qui tourne au drame

La scène s’est déroulée mercredi 23 juillet à l’aéroport de Valence, alors que les cinquante enfants de la colonie s’apprêtaient à embarquer pour Paris après plusieurs jours passés à Calella, en Espagne. Selon les témoignages recueillis, le groupe avait simplement entonné un chant hébreu lorsque la situation a dégénéré.

« Ce sont des enfants juifs qui sont en communauté juive. Ils ont chanté une chanson, ils n’ont rien fait de criminel », témoigne Karine L., mère d’un enfant inscrit à la colonie, auprès des médias. Son indignation résume le sentiment général des familles, qui dénoncent une réaction disproportionnée du personnel de bord.

Le personnel de cabine a immédiatement fait appel aux forces de l’ordre, déclenchant une escalade qui allait marquer durablement les esprits.

Images choquantes et intervention musclée

L’intervention des autorités espagnoles a pris une tournure particulièrement violente. La directrice du groupe, une jeune femme de 21 ans, a été « menottée et mise à terre » selon les témoignages, après avoir protesté contre la saisie des téléphones portables des enfants.

« Il y aurait des coups qui auraient été donnés, quelques enfants auraient filmé, et les portables ont été confisqués. Ils sont restés tout l’après-midi à attendre dans une pièce sans le droit de bouger », déplore Michael Frojman, père d’un enfant inscrit à la colonie.

Cette confiscation des téléphones visait manifestement à empêcher la diffusion d’images compromettantes de l’intervention, alimentant encore davantage la colère des familles qui y voient une tentative de dissimulation.

« On a l’impression de revenir dans les années 40 »

L’émotion des parents est palpable dans leurs témoignages. « On a vraiment l’impression de revenir dans les années 40 », confie Karine L., établissant un parallèle historique saisissant qui illustre l’ampleur du traumatisme vécu par les familles.

Cette référence aux heures les plus sombres de l’histoire européenne témoigne de la gravité perçue de l’incident par la communauté juive. Les enfants, âgés de seulement 13 à 15 ans, se sont retrouvés au cœur d’une situation qui dépasse largement leur compréhension.

Parmi les cinquante enfants présents, certains ont finalement pu emprunter d’autres vols pour rentrer en France. D’autres, moins chanceux, ont été contraints de passer la nuit en Espagne, pris en charge par une association locale dans l’attente d’une solution de rapatriement.

Vueling contre-attaque et nie l’antisémitisme

Face à la polémique grandissante, la compagnie aérienne Vueling a publié jeudi 24 juillet un communiqué détaillé sur le réseau social X pour défendre sa position. La compagnie affirme que « l’intervention de l’équipage à bord a été motivée exclusivement par un comportement compromettant l’intégrité du vol, ainsi que la sécurité des passagers et de l’opération dans son ensemble ».

Vueling dénonce un comportement « conflictuel » du groupe, accusant les enfants d’avoir manipulé « de manière inappropriée du matériel de sécurité » et d’avoir interrompu « la démonstration obligatoire des consignes en ignorant à plusieurs reprises les instructions du personnel de cabine ».

La compagnie va plus loin en décrivant un « comportement agressif du groupe qui s’est poursuivi » dans le terminal, les accusant d’avoir adopté une « attitude violente envers les autorités ».

Surtout, Vueling « nie fermement toute affirmation liant la décision de l’équipage à l’expression religieuse des passagers concernés », rejetant catégoriquement les accusations d’antisémitisme qui pèsent sur elle.

Cette version des faits tranche radicalement avec les témoignages des familles, laissant planer un doute sur la réalité des événements qui se sont déroulés à bord de l’appareil et dans le terminal de l’aéroport valencien.