Pratique du Seder de Pessa’h selon la coutume Habad par le Rav Avraham Barouh Pevzner
On a la coutume de préparer le plateau du Seder avec le Guartel.
Quelques remarques sur la façon dont le Rabbi préparait le plateau du Seder:
– Le Rabbi se tenait debout pendant la préparation du plateau.
– Le Rabbi enveloppait le raifort des deux côtés avec des feuilles de laitue.
– Le Rabbi versait les 10 gouttes de vin de son verre pendant la lecture des 10 plaies dans un récipient fêlé posé sur une chaise ou sur le sol. (Pendant que l’on verse les 10 gouttes de vin dans un récipient fêlé posé sur le sol, il faut faire attention de ne pas toucher le sol avec son verre de vin).
– Après que tous les participants au Seder aient terminé de verser les 10 gouttes, on jette le vin se trouvant dans le récipient fêlé dans l’évier.
0:00:00 Introduction | 0:04:37 Ingrédients du palteau
0:16:33 Préparation du plateau | 0:27:10 Kadech
0:32:55 Our’hats | 0:34:27 Karpas | 0:36:15 Ya’hats
0:40:02 Maguid | 0:40:48 Hé La’hma Anya
0:41:55 Ma Nichtana | 0:43:26 Avadim Hayinou
0:44:06 découvrir la Matsa | 0:44:50 Véhi Chéamda
0:46:30 Les dix plaies | 0:51:20 Matsa Zo
0:51:50 Maror Zé | 0:53:48 Ro’htsa
0:55:09 Motsi Matsa | 1:00:00 Maror
1:04:00 Tsafoun | 1:04:43 Béra’h
1:05:05 Chéfo’h ‘Hamat’ha | 1:06:49 Hallel Nirtsa
Photo du jour : La Hagada de Pessa’h que le Rav Chmouel Azimov et son épouse ont reçu du Rabbi en 5732-1972



La Matsa Chemoura : L’aliment de la foi, l’aliment de la guérison
Le mot Chemoura signifie surveillée. La Matsa Chemoura de Pessa’h est ainsi appelée car la farine utilisée pour sa fabrication a été attentivement surveillée depuis que le blé a été moissonné. Tout ceci afin d’éviter tout contact avec l’eau qui pourrait rendre la farine ‘hamets. Ces matsot sont rondes, elles ont été façonnées à la main. Elles ressemblent à celles que les enfants d’Israël consommèrent lorsqu’ils quittèrent l’Égypte.
Elles ont été ensuite cuites sous stricte surveillance rabbinique, car le risque existe de les voir lever à ce moment.
D’après le Zohar, la Matsa est l’aliment de la Foi et l’aliment de la Guérison. En effet, elle manifeste la confiance absolue que nos ancêtres ont mise en D.ieu. Elle affirme que nous plaçons tout notre espoir en Lui. La Matsa a le pouvoir de renforcer notre foi. Cela est nécessaire, car c’est le fondement de toutes les Mitsvot, de toute véritable vie juive.
Le Rabbi de Loubavitch demande que la Matsa Chemoura soit au moins consommées pendant les deux nuits du Seder.
Et ainsi que les Sages nous l’enseignent, nous mériterons grâce à cette foi la Délivrance finale que nous amènera le Machia’h.
Midrachim sur Pourim
Traduits et adaptés par le Rav Eliahou DAHAN de Lille
Midrach sur Pourim
Le Nouveau Yom-Tov
Le méchant Haman parut devant le roi Assérus et lui dit : Vous savez, Majesté ces Juifs qui sont sous votre domination, sont un peuple bien bizarre. Ils sont constamment en train de célébrer des fêtes ! Chaque semaine ils célèbrent leur Chabbath. Chaque mois ils ont leur Roche-‘Hodèche. En Nissan, ils ont Pessa’h. En Sivan, ils ont Chavouoth. En Tichri, ils en ont plusieurs : RocheHachanah, Yom-Kippour et Souccoth. Ne trouvez-vous pas qu’ils ont trop de fêtes ?
– Tel que cela m’apparaît, dit Assuérus avec modération, ils accomplissent tout simplement les prescriptions de leur Torah. Cela prouve que c’est un peuple bon, honnête et, de plus, fidèle à sa foi.
– Alors, pourquoi ne célèbrent-ils pas également vos fêtes ?, demanda insidieusement Haman. Ils consacrent bien assez de temps aux leurs !
A ce moment, une voix céleste se fit entendre : « Haman, misérable Haman ! Cela te choques que les Juifs aient tant de fêtes ? Tu verras bientôt comme ta scélératesse te sera funeste. Et cela donnera aux juifs encore une occasion de célébrer une nouvelle fête. »
Le Vieux D-ieu
Le roi Assuérus rassembla tous ses conseillers afin de leur demander leur avis sur le problème des Juifs. « Croyez-vous, leur dit-il, que l’idée de Haman qui conseille l’anéantissement du peuple juif soit bonne ? »
– L’idée est bonne, bien sûr, répondirent-ils. Mais qui oserait porter la main sur le « Peuple Elu » de Dieu ?
– Ne soyez donc pas si lâches, rétorqua Haman. Le D-ieu des juifs ne manifeste pas tellement Son affection à l’égard de Son Peuple Elu comme vous le nommez. Ou peut être Ses forces ont-elles faibli. Après tout, bien des années ont passé depuis le temps où il fit subir à Pharaon les effets de Sa grande puissance. Il faut reconnaître que les choses sont différentes actuellement. Voyez comme Nabuchodonosor a détruit la Terre d’Israël et leur Saint Temple. Leur Dieu ne S’est guère ému quand les Juifs ont été amenés en exil parmi nous. Qu’en déduire sinon qu’Il n’avait aucun moyen d’empêcher tous ces malheurs ! Après tout, c’est un très vieux Dieu !
Il fut alors décidé à l’unanimité que le décret contre les juifs serait appliqué.
La Potence
Pendant que le méchant Haman préparait ses plans en vue de faire pendre Mordekhaï, l’idée ne pouvait effleurer son esprit que ce serait lui, Haman, qu’on pendrait à sa place.
Mais le Tout-Puissant savait quel triste sort était réservé à Haman. Il lança donc un appel aux arbres afin que l’un d’eux se dévouât et jouât son rôle de potence. Un souffle puissant parcourut les forêts et chaque arbre revendiqua la Mitsva de contribuer à la pendaison de Haman le perfide, qui était si pressé d’anéantir le peuple de Dieu.
– De grâce, choisissez-moi, supplia le Figuier. Je suis l’arbre que les juifs ont honoré en prenant mes fruits comme offrande de Biccourime (Premiers Fruits) à Dieu.
– Moi aussi, je suis honoré par les Juifs au service de Dieu, réclama l’arbre produisant l’Etrog. Faites que le méchant Haman soit pendu à l’une de mes branches !
– Pourquoi pas moi ? protesta l’Olivier. Moi aussi j’ai été utilisé au service de Dieu, puisqu’on s,’est servi de la pure huile de mon fruit pour alimenter les candélabres du Beth- Hamikdache.
– S’il est question du Beth-Hamikdach, alors nous pouvons, nous aussi, nous prévaloir d’avoir été utilisés au service de Dieu, lancèrent à l’unisson les Cèdres et les Acacias. C’est avec notre bois que le Beth-Hamikdach a été construit. II nous semble que c’est à nous que revient le privilège de servir Dieu en servant de potence pour le méchant Haman !
– Ecoutez, mes bons amis, intervint le Pin. Il est vrai que je n’ai à me vanter d’aucun mérite spécial. Mais quel mérite a donc Haman ? Cet homme haïssable a bien assez harcelé les juifs de son aiguillon. Je crois être l’arbre qui convient le mieux – avec toutes mes aiguilles – à la pendaison de ce Haman si plein d’épines. Ainsi fut fait. Haman fit dresser la potence à la forte branche d’un pin. Fier du résultat, il appela tous ses amis et serviteurs afin de leur faire admirer le travail terminé. Il était de si bonne humeur à l’idée de voir pendre l’ennemi qu’il haïssait le plus au monde, Mordekhaï, que d’un geste enjoué, il passa sa tête dans le noeud coulant en disant à ceux qui l’entouraient : « Il vaut mieux s’assurer par soi-même que la potence est bien préparée et qu’elle fera ce qu’on attend d’elle ! ».
– Insensé Haman, dit une voix céleste qu’il fut seul à entendre, tu viens de montrer de façon irréfutable que la potence est prête à t’accueillir afin que tu y sois pendu. Elle est à ta mesure comme cette fin est à ta mesure ; triste sort qui a été prévu pour toi depuis les premiers jours de la Création.
Le Cri des Enfants
Quand le terrible décret contre les juifs fut connu de Mordekhai, ce dernier parcourut toutes les rues de Chouchane et rassembla tous les enfants Juifs. Ils étaient vingt-deux mille. Il leur parla du plan du méchant Haman et leur demanda de se joindre à lui pour les prières. Suivant l’exemple de Mordekhaï, les enfants se vêtirent de toile de sac et couvrirent de cendres leurs têtes juvéniles. Dans cet état ils se mirent à étudier la Torah et à prier Dieu de toute la pureté et la sincérité de leurs jeunes coeurs.
Sitôt que le perfide Haman apprit ce que Mordekhaï avait fait, il dépêcha ses gardes armés afin que tous les enfants juifs fussent immédiatement enchaînés et jetés en prison. « Demain, je les ferais tous égorger », décida ce bourreau sans coeur.
La clameur des lamentations s’éleva parmi les Juifs de Chouchane. Toutes les mères juives se précipitèrent en larmes vers les prisons où étaient enfermés leurs enfants à qui elles apportèrent à boire et à manger, afin qu’ils eussent la force de supporter leur sort tragique.
Mais le morale des enfants était intact. Ils étaient résolus à poursuivre leur jeûne et leurs prières à Dieu. Ils espéraient ainsi aider à provoquer la miséricorde de Dieu en faveur du peuple infortuné.
La douleur des mères et des enfants fut si accablante, leurs larmes amères si abondantes, que les portes du ciel ne purent tenir sous cette poussée irrésistible. Elles s’ouvrirent toutes grandes et les pleurs et les prières atteignirent jusqu’au Siège de Miséricorde du Ciel. Le Tout-Puissant se saisit alors du rouleau sur lequel était écrit l’affreux décret et le déchira. Bientôt le miracle de Pourim était célébré par les Juifs dans une atmosphère de joie et de gratitude sans bornes envers Dieu.
Selon la Volonté de
Chacun
« Le roi fit pour tout le peuple qui se trouvait à Chouchan… festin de sept jours… On buvait à volonté… le roi avait ordonné à tous les officiers de sa maison de se conformer au désir de chacun. »
(Esther 1 – 1,5,8)
Lorsque A’hachvéroch donna l’ordre de se conformer au désir de chacun de ses invités, D-ieu l’interpella et lui demanda : « Comment oses-tu affirmer que tu sauras remplir le désir de chacun, alors que Moi, le Créateur, je ne peux pas satisfaire tout individu ? ! Comment satisfaire deux marins qui prennent le large à partir du même port et qui souhaitent se diriger dans des directions opposées ? Le vent soufflera-t-il du nord ou du sud ! Comment feras-tu pour satisfaire les deux hommes qui se présenteront devant toi : l’un d’eux – Mordé’haï – sera Juif, tandis que l’autre – Haman – le haïra ? ! Tu seras obligé d’honorer l’un d’eux et de pendre l’autre. »
Rav Houna ajoute : Aujourd’hui, il est impossible de combiner les vents venant de directions opposées ; mais, à l’époque du Machia’h, D-ieu fera souffler tous les vents pour sauver Son peuple, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 43 – 6) : « Je dirai au Nord : ’Donne !’ – au Sud : ‘ Ne les retiens pas ! Ramène des pays lointains mes fils, et des confins de la terre mes filles !’ »
Il n’existe qu’Un seul Roi qui fasse la volonté de Ses sujets ; c’est Hachem, ainsi qu’il est dit dans les psaumes à propos de la Guéoulah : « Il accomplit les désirs de Ses fidèles ; Il entend leurs supplications et Il les délivre. »
Lecture de Parachat Ha’Hodech
Ce Chabbat étant celui qui précède ou qui tombe le premier Nissan, nous lisons aussi la section de Ha’hodech (Exode 12,1-20) qui relate les paroles de D.ieu à Moïse en Égypte deux semaines avant l’Exode, nous demandant d’aligner le calendrier juif sur la nouvelle lune mensuelle, et de considérer Nissan comme la « tête des mois ». D.ieu ordonne également de faire le sacrifice de Pessa’h, de le consommer avec de la matsa et des herbes amères, et de s’abstenir de tout levain pendant sept jours.
– La lecture publique de Parachat Ha’Hodech se fait toujours le Chabbat qui précède Roch ‘Hodech Nissan, ou Roch ‘Hodech Nissan même, lorsque celui-ci tombe un Chabbat.
– Cette lecture tirée de la paracha Bo, traite de la mitsva du Korbane Pessa’h (Sacrifice Pascal), et de la mitsva de fixer Nissan comme le premier des mois hébraïques. Cette lecture annonce la venue de Nissan – mois de la délivrance, et celle de Pessa’h – fête de la délivrance, faisant suite à la délivrance de Pourim au mois d’Adar.
– Lorsque « Chabbat Ha’Hodech » tombe Roch ‘Hodech Nissan, sept personnes sont appelées à la lecture de la section hebdomadaire.
Le septième appelé lira, dans un deuxième Sefer Torah, la section de Roch ‘Hodech.
Le Maftir (8ème appelé) fera, dans un troisième Sefer Torah, la lecture de « Parachat Ha’Hodech », suivie de la Haftarah de Ha’Hodech. Chez ‘Habad, on a coutume de rajouter à la fin de cette Haftarah, le premier et le dernier verset de la Haftarah de Roch ‘Hodech (qui est repoussée).
– Lorsque « Chabbat Ha’Hodech » précède Roch ‘Hodech Nissan, sept personnes sont appelées à la lecture de la section hebdomadaire.
Le Maftir (8ème appelé) fera, dans un deuxième Sefer Torah, la lecture de Parachat Ha’Hodech, suivie de la Haftarah de « Ha’Hodech ».
Lorsque ce Chabbat tombe la veille de Roch ‘Hodech, on a coutume chez ‘Habad, de rajouter à la fin de cette Haftarah, le premier et le dernier verset de la Haftarah de « Ma’har-‘Hodech » (qui est repoussée).
Pessa’h : où est le sens dans le nettoyage ?
Question :
J’adore Pessa’h. Je déteste le nettoyage de Pessa’h. J’ai entendu dire que Pessa’h concerne la liberté spirituelle et le dépassement des limites personnelles, mais qu’est-ce que le ménage a à voir avec cela ?
Réponse :
Ma femme trouve une nouvelle leçon spirituelle dans le nettoyage de Pessa’h chaque année. Voici sa dernière idée :
Savez-vous quelles parties de la maison sont les plus difficiles à nettoyer ? Quelles sont les zones qui accumulent le plus de déchets ? On pourrait penser que ce sont les zones les plus fréquentées, les pièces où il y a le plus de circulation et les parties de la maison qui sont les plus utilisées.
Mais ce n’est pas le cas. En fait, c’est tout le contraire. Les pièces les plus désordonnées de la maison sont celles où vous n’habitez pas. Une pièce en plus, une armoire inutilisée, un garage négligé – voilà les coins les plus encombrés, les plus poussiéreux et les plus désordonnés de la maison. Plus une zone est désertée et vide, plus elle accumule de désordre. Si vous ne remplissez pas une pièce de choses utiles, elle deviendra la décharge de toutes les bricoles qui n’ont de place nulle part. L’espace vide ne reste pas vide longtemps. Il amasse de la poussière, et beaucoup plus.
Votre vie fonctionne exactement de la même manière. Un esprit qui reste inactif est un terrain fertile pour les soucis et les peurs inutiles. C’est quand nous n’avons pas sur quoi penser que nous commençons à nous sentir déprimés et malheureux de notre sort. Les personnes les plus dangereuses sont celles qui s’ennuient. Quand on n’a rien de mieux à faire, on file du mauvais coton.
En revanche, quand on est occupé, on est moins susceptible d’avoir des ennuis. Comme l’a dit un grand maître ‘hassidique : « Je ne m’attends pas à ce que mes disciples ne pèchent pas parce qu’ils sont trop vertueux pour pécher. Je m’attends à ce qu’ils ne pèchent pas parce qu’ils sont trop occupés. »
Alors pendant que vous nettoyez la maison pour Pessa’h, méditez sur la pagaille des coins vides, et étonnez-vous de combien le vide peut être si plein de bêtises. Laissez cela vous inspirer à remplir votre esprit de sagesse et votre emploi du temps de bonnes actions.
Vous voulez trouver un sens à la vie ? Remplissez-la.
Qu’est-ce que Chouchane Pourim ?
Les Juifs de Chouchane combattirent leurs ennemis le 13 et le 14 Adar, et n’eurent de répit que le 15 Adar, pendant lequel ils festoyèrent, alors que les Juifs du restant du royaume prirent revanche sur leurs ennemis le 13 Adar, et festoyèrent le 14 Adar.
Pour marquer cette distinction, les Sages fixèrent la fête de Pourim au 15 Adar pour les Juifs vivant dans des villes entourées de murailles, à l’instar de Chouchane, qui était alors une ville fortifiée, et au 14 Adar pour les Juifs vivant à la campagne ou dans des villes dépourvues de murailles.
Les Sages décidèrent que le critère d’existence de murailles ne devait pas tenir compte de l’époque où le miracle s’était passé, par égard à la terre d’Israël qui était alors détruite. Ceux-ci fixèrent que les villes qui possédaient des murailles à l’époque de Josué (au moment de l’entrée du peuple juif en Terre Sainte) fêteraient Pourim le 15 Adar, même si ces murailles ont été détruites par la suite. Par contre, les villes qui ne possédaient pas de murailles à l’époque de Josué fêteraient Pourim le 14 Adar, même si des murailles ont été érigées par la suite.
Ce jour du 15 Adar, pendant lequel Pourim est célébré dans les villes à remparts, porte le nom de « Chouchane Pourim ».
L’histoire complète de Pourim
Par Nissan Mindel / fr.chabad.org
Chabbat Za’hor : combattre le doute et la froideur
Loubavitch.fr
Le Chabbat qui précède Pourim, nous lisons la Paracha du nom de Za’hor où il nous est enjoint de ne pas oublier Amalek.
Le peuple d’Israël voyagea… et ils campèrent à Rephidim… (suite…)
Le guide de Pourim 5778 édité par Beth Loubavitch
Cliquez ici pour consulter le guide
Récapitulatif des Mitsvot de Pourim – Rav Yaacov Zerbib
Êtes-vous heureux? – conseils pour le mois d’Adar
David : Tu veux entendre une blague à l’envers ?
Diego : OK, vas-y.
David : Commence à rire…
Cette blague peut paraître idiote, mais comme nous le verrons, elle contient une précieuse leçon.
La joie est l’un des objectifs les plus recherchés et les plus insaisissables. Tout le monde la veut, mais pas tout le monde ne sait comment l’atteindre facilement.
Pourquoi est-elle si difficile à atteindre ?
Peut-être parce que nous la recherchons au mauvais endroit…
Puisque nous sommes au mois d’Adar, c’est un moment opportun pour analyser le sujet de la joie, comme nos sages nous l’ont appris : Michenikhnas Adar marbine bessim’ha, « Quand entre le mois d’Adar, nous augmentons la joie. »
C’est un commandement explicite dans la Bible que de se réjouir pendant les fêtes.
Le roi David dans ses Psaumes dit : Ivdou eth Hachem bessim’ha, « Servez D.ieu avec joie ».
Maïmonide souligne que la joie est un élément fondamental de notre service de D.ieu, et que le manque de joie est une grande faute.
Selon le Baal Chem Tov, il n’y a rien qui cause autant de dommages spirituels que le manque de joie, car la dépression ouvre les portes à toutes les sortes de décadence.
Mais comment peut-on ordonner à quelqu’un d’être heureux ? Et comment peut-on décider d’accomplir cet ordre si l’on n’est pas naturellement heureux ?
Selon les enseignements ‘hassidiques, la joie est l’état naturel de l’être. Un bébé en bonne santé est naturellement en bonne santé. L’état naturel de l’être humain est d’être heureux. À mesure que l’on grandit et que l’on mûrit, la perception de la réalité peut saboter cet état naturel. La joie et son absence ne sont donc pas tant les résultats de la réalité que de notre perception de celle-ci. Si l’on reconfigure la perception négative, l’état naturel de joie se rétablit.
Prenons un exemple.
L’une des principales causes de tristesse est le sentiment d’échec. Comment surmonter la tristesse que celui-ci engendre ?
Pour définir l’« échec », il d’abord nécessaire de déterminer les paramètres du « succès ». Si l’on décide, par exemple, de courir un marathon de 40 kilomètres et que l’on termine bon dernier, est-ce un succès ou un échec ? Cela dépend évidemment de ce qu’était l’objectif : gagner la course, ou bien la terminer.
Il arrive que le sentiment d’échec soit simplement le fait de l’orgueil : on se considère comme étant plus capable qu’on ne l’est réellement et l’on se fixe des objectifs inatteignables. Au lieu de se sentir accompli par ce que l’on a été en mesure de faire, on se considère comme un raté à cause de ce que l’on n’a pas été capable de faire.
Ben Zoma, le sage de la Michna, l’exprime très succinctement : Ezéhou ashir? Hassaméa’h be’helko. « Qui est riche ? Celui qui est heureux de sa part. » Ce dicton semble contre-intuitif ; on pourrait penser que c’est le contraire qui est vrai : que c’est la richesse qui fait le bonheur, plutôt que le bonheur qui crée la richesse. Ici nous avons une profonde leçon pour la vie. La richesse n’est pas le produit de la situation de votre compte bancaire ; c’est le résultat de la situation de votre esprit.
Comment atteindre une telle attitude « enrichissante » ? N’est-il pas quelque peu conformiste de se satisfaire de ce que l’on a ? Comment cela concorde-t-il avec l’ambition naturelle que l’on a – et que l’on doit avoir – de dépasser ses accomplissements ? Y a-t-il même un quelconque avantage à se conformer à sa réalité sans essayer d’améliorer sa situation ?
Nous arrivons ici au cœur du problème. Être heureux ne signifie pas nécessairement être satisfait, et être insatisfait n’est pas nécessairement synonyme de malheur. Vous pouvez être à la fois heureux et insatisfait, au même moment et du fait de la même situation.
On peut comprendre cela en analysant l’histoire que la Torah nous relate sur la rencontre entre Jacob et Ésaü. Quelque trente ans après que Jacob ait dû fuir la colère de son frère Ésaü à cause des bénédictions de son père Isaac, le moment de rentrer à la maison arriva. Quand Jacob découvrit que son frère venait à sa rencontre avec 400 hommes armés, il se prépara de diverses manières, dont l’une était un somptueux présent composé de serviteurs, de bétail et de bêtes de somme, afin de l’apaiser. Quand ils se rencontrèrent enfin et s’embrassèrent, Ésaü demanda à son frère : quel est le but de tout ce que tu as envoyé ? Ce à quoi Jacob répondit que c’était « un cadeau envoyé pour trouver grâce à tes yeux ».
Ésaü répondit : « J’ai beaucoup, mon frère ; que ce qui est à toi reste à toi. » Jacob répondit : « Accepte de grâce mon cadeau qui t’a été présenté, car D.ieu m’a honoré et j’ai tout… »
Lequel des deux était le plus riche, Ésaü qui proclamait qu’il avait « beaucoup » ou Jacob qui prétendait avoir « tout » ?
Nous ne savons pas vraiment qui avait le plus de zéros dans son compte en banque – et ce n’est pas vraiment la question, car la vraie richesse dépend de l’attitude. Ésaü dit qu’il avait « beaucoup », parce qu’il en voulait encore plus ; il ne sentait pas qu’il avait tout ce qu’il désirait. Jacob, d’un autre côté, dit qu’il avait « tout », parce qu’il comprenait qu’il possédait tout ce dont il avait besoin.
Pourquoi avaient-ils des perspectives si différentes ?
Ésaü attribuait sa richesse à ses efforts personnels, et en évaluait la valeur en fonction de ses besoins et de ses désirs. Jacob, d’un autre côté, comprenait que tout ce qu’il avait n’était pas seulement pour son propre plaisir, mais pour accomplir la mission de sa vie impartie par D.ieu. Tout ce qu’il possédait n’était pas seulement le fruit de ses efforts, mais parce que D.ieu l’avait ainsi planifié. Si ce qu’il avait venait de D.ieu, cela voulait dire qu’il avait absolument tout ce qui lui était nécessaire, car s’il avait besoin d’autre chose pour accomplir sa mission, D.ieu le lui aurait fourni. « J’ai tout », dit-il.
Nous pouvons maintenant mieux comprendre ce que Ben Zoma dit du fait qu’un homme riche est celui qui est heureux de ce qu’il a : pas seulement satisfait, mais heureux. Savoir que ce que nous possédons vient de D.ieu et nous est donné pour accomplir le but pour lequel nous avons été créés nous rend heureux. Nous sommes vraiment riches, parce que nous n’avons pas seulement « beaucoup » ; nous avons absolument tout ce dont nous avons besoin à ce moment précis.
Ceci est en contraste frappant avec celui qui travaille principalement dans le but d’atteindre des objectifs personnels basés sur des intérêts personnels, et qui n’est donc jamais vraiment satisfait.
Il y a d’autres perceptions négatives que l’on peut avoir qui vont provoquer la tristesse. En les identifiant, en les comprenant et en les reconfigurant, on peut restaurer sa joie. Ces différentes attitudes sont analysées en détail dans le Tanya (chapitres 26-33).
Oh, et quelle est la leçon que nous apprenons de la blague à l’envers au début de cet article ? L’un des moyens les plus efficaces d’atteindre la joie est de se comporter avec joie. Riez, et la joie suivra.
Chabbat Chekalim : Comment et pourquoi ?
Loubavitch.fr
Le Chabbat des sicles : c’est la première des quatre sections (les Arba parachiyot) qui s’échelonnent de la fin du mois de Chevat à la fin du mois d’Adar ou, pour les années qui en comportent deux, de la fin du premier à la fin du second mois d’Adar.
Ce Chabbat donc, deux rouleaux de la Torah seront sortis. Dans le premier sera lue pour les sept appelés la paracha de la semaine. Dans le second on lira pour le maftir le texte se trouvant dans Chemot (Exode) 30-11 à 16.
Pourquoi ? Au temps du Temple, une contribution d’un demi-sicle (ma’hatsit hachékel) était demandée à chaque homme en Israël comme participation au culte dans le Sanctuaire. Chaque année, c’est avant le premier Nissan que cette contribution devait être remise au trésorier du Temple. Ainsi dès Roch ‘Hodeche Adar on annonçait le paiement prochain à effectuer. Et nos Sages ont ordonné que, de surcroît, la lecture soit faite le Chabbat précédant Roch Hodèche (ou lors du Chabbat qui coïncide avec le Roche ‘Hodèche) du texte de l’Exode ordonnant le « prélèvement pour l’Eternel d’un demi-sicle » pour chaque homme à partir de l’âge de vingt ans. Malgré la destruction du Temple, l’usage de cette lecture est demeuré.
Etrange commandement pourtant que celui-ci dont le texte même de l’Exode (30-15) nous dit que : « Le riche n’augmentera rien et le pauvre ne diminuera rien de la moitié du sicle pour donner le prélèvement de l’Eternel, pour obtenir expiation pour vos âmes ».
De quelle expiation s’agit-il à ce moment du récit biblique ? De rien moins que du péché de l’adoration du veau d’or ! Comment le simple don d’une pièce pouvait-il permettre d’atteindre pareil résultat ? Comment, alors qu’une faute aussi grave avait, par nature, affecté l’essence même de l’âme de ceux qui y avaient succombé ? Et pourquoi un demi-chekel, la moitié seulement d’une unité monétaire, quand on nous enseigne traditionnellement qu’il faut réserver le meilleur pour D.ieu ? Moïse notre Maître en fut si surpris que, nous dit le Talmud, il lui fut montré « comme une sorte de pièce de monnaie de feu » pour illustrer le commandement.
Mais l’incomplétude de cette moitié de sicle est à l’image de notre propre incomplétude. Notre union avec D.ieu ne peut pas être l’union de deux entités d’abord séparées et autonomes. Hors de cette union un juif est incomplet, inaccompli. Hors d’elle, nous ne sommes pour ainsi dire que la « moitié » d’un tout. C’est seulement en étant réuni à Lui, dans l’unité parfaite qui ne peut pas résulter de la simple addition de deux entités distinctes, en retrouvant l’unité fondamentale qui nous lie à notre Créateur, que nous parvenons à la plénitude véritable d’êtres entiers. Pareille recherche est menée à travers l’accomplissement des mitsvot et l’étude de la Torah animés par l’incandescent amour évoqué par la flamme dont brulait le demi-chekel montré à Moïse.
Chacun