Le jeûne du 10 Tévet tombe cette année vendredi 22 décembre 2023

Le jeûne du 10 Tévet tombe cette année vendredi 22 décembre 2023

Le jeûne commence à l’aube, vendredi 22 décembre 2023 (6h57 en Ile-de-France) et se termine à la tombée de la nuit (17h42 en Ile-de-France).
Voir tous les horaires ci-dessous.

 

En ce jour funeste commença le siège de la ville sainte de Jérusalem par l’armée babylonienne, sous les ordres du cruel Nabuchodonosor en 3336 (425 ans avant le début de l’ère commune).

A cause de sa gravité – puisqu’il marque le début de la destruction et de l’exil – il ne peut être repoussé à une date ultérieure (contrairement aux jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av) ou avancé à une date précédente (comme le jeûne d’Esther). C’est le seul jeûne qui puisse tomber un vendredi – donc veille de Chabbat. Du fait de sa gravité, il aura d’ailleurs une place de choix quand les jours de jeûne seront transformés en jours de joie (avec la venue de Machia’h).

Le but du jeûne est que même le corps physique ressente « la diminution de la graisse et du sang ». On ne mange pas et on ne boit pas. On ne se rince pas la bouche. Mais on peut se laver sans restriction.

Les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la Bar ou Bat Mitsva (les filles dès 12 ans et les garçons dès 13 ans) ne jeûnent pas. Les personnes fragiles, les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher ou qui allaitent ne jeûnent pas. Cependant, ceux qui ont la permission de manger s’abstiendront de manger des friandises.

Comme il est le premier, il est aussi le plus important et peut donc tomber un vendredi, comme c’est le cas cette année. Du fait qu’il est suivi du Chabbat, on allumera les bougies de Chabbat pendant le jeûne (avant 16h38, en Ile-de-France) et on coupera le jeûne à partir de 17h42, avec le Kidouch du vendredi soir.

Dans la prière du matin, on récite les Seli’hot spéciales de ce jour après le Ta’hanoun ainsi que « le grand Avinou Malkénou ». Puis on lit dans la Torah le passage Vaye’hal (Chemot – Exode 32 : 11 jusqu’à 34 : 1). Seul celui qui a jeûné peut être appelé à la Torah.

Lois et coutumes

Durant la prière de Min’ha (l’après-midi), on lit dans le rouleau de la Torah le chapitre Vaye’hal. Dans la Amida, on ajoute le passage Anénou (« Réponds-nous, Éternel au jour de notre jeûne car nous sommes dans une grande peine… »).

Comme tous les jours de jeûne, on procédera à un examen de conscience approfondi et on évitera de se mettre en colère. On augmentera les dons à la Tsedaka (charité). Rabbi Chnéor Zalman explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine. Comme ce jeûne du 10 Tévet est particulièrement important, on comprend que la Techouva (retour à D.ieu) procurée par ce jeûne est aussi d’un niveau plus élevé.

Dans de nombreuses communautés, ce jeûne est associé au souvenir des martyrs de la Shoa et est appelé le jour du Kaddich mondial.

entrée et  sortie


  • Paris 6:57 • 17:42
  • Lyon 6:42 • 17:41
  • Marseille 6:35 • 17:46
  • Strasbourg 6:35 • 17:21
  • Jérusalem 5:18 • 17:13
  • Ashdod 5:20 • 17:15
  • Netanya 5:20 • 17:13
  • Tel-Aviv 5:20 • 17:14
  • New York 5:49 • 17:10
  • Bruxelles 6:53 • 17:27
  • Montréal 5:55 • 16:56
  • Genève 6:37 • 17:35
  • Londres 6:12 • 16:43
  • Casablanca 7:11 • 19:00
Le 10 Tévet: endurer, et donner naissance

Le 10 Tévet: endurer, et donner naissance

Par Nechoma Greisman / fr.chabad.org

À notre vision limitée, il semble que les jours commémorés par les jeûnes sont tristes et solitaires. Mais le Rabbi explique que quand Machia’h viendra, les choses seront révélées dans leur vraie réalité. Et alors nous verrons que ces jours n’étaient pas aussi mauvais qu’ils paraissaient. Au contraire, nous verrons comment ces jours recelaient un potentiel gigantesque de proximité et de sainteté. Il en va de même pour le 10 Tévet.

Le nombre dix désigne un certain niveau de sainteté, de plénitude et de perfection dans les choses saintes. Il y a Dix Sefirot (Émanations divines) et Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé. Il y a Dix Commandements, et dix niveaux de sainteté dans la terre d’Israël. Ce n’est pas par hasard que Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, tombe aussi le 10 du mois, le 10 Tichri. « OK, dites-vous, Tichri est Tichri, mais Tévet ? Quelle peut bien être l’importance de Tévet ? » Comme vous le savez, nous comptons les mois à partir de Nissan, que la Torah appelle le premier des mois. Quel mois est Tévet si Nissan est le premier ? Le dixième ! Donc le dixième jour de Tévet est le 10ème du 10ème. C’est l’indication d’un niveau supplémentaire de kedoucha (sainteté) que l’on ne trouve pas même dans les fêtes !

Dans la Torah, la période de galout (exil), et en particulier sa fin, est souvent comparée à la situation d’une femme sur le point d’accoucher. À mesure que la naissance approche, les douleurs sont plus fréquentes et plus difficiles à supporter. Cependant, bientôt, la douleur n’est plus qu’un vague souvenir, appartenant au passé, et le jour où le bébé est né est désormais évoqué comme un jour joyeux. Avec le temps, le souvenir de la douleur est de moins en moins présent, et la joie et le na’hat l’emportent sur le souvenir de la douleur et la difficulté de l’accouchement. Et telle est l’idée de la galout. Nous éprouvons actuellement les douleurs de l’enfantement, les contractions. C’est difficile, mais temporaire. C’est seulement un petit prix qu’il nous faut payer pour la joie et la grande bénédiction qui en résultera. À nouveau, si j’avais le temps, je m’étendrais sur le sujet, mais voilà une façon de considérer une journée de jeûne sous un jour positif, et de l’exploiter pour étudier et s’efforcer d’être meilleur et plus juif, sachant que quand il sera un Yom-Tov et que Machia’h sera là, tout sera oublié.

Par Nechoma Greisman

Les évènements du 10 Tevet dans le calendrier ‘Hassidique

Les évènements du 10 Tevet dans le calendrier ‘Hassidique

10 Tévet 5607 (1847)

En ce jour, le saint Rabbi Chlomo Zalman de Kapust, fils du saint Rabbi Yehouda Leïb, le Maharil, qui était lui-même le fils du Tséma’h Tsédek, épousa la fille du riche ‘Hassid, Rav Yaakov Leïb Lourya, de Lyepli.
Le mariage fut célébré à Loubavitch et le grand-père de Rabbi Chlomo Zalman, le Tséma’h Tsédek fut particulièrement joyeux, à cette occasion. Au cours du mariage et de la semaine des « sept bénédictions » qui le suivit, le Tséma’h Tsédek prononça de nombreux discours ‘hassidiques. (Yemeï ‘Habad, à la page 91)

10 Tévet 5731 (1971)

En ce jour, la Rabbanit Né’hama Dina, épouse du Rabbi Rayats, quitta ce monde. Elle était la fille du saint Rabbi Avraham Schneersohn de Kichinev, fils du saint Rabbi Israël Noa’h, lui-même fils du Tséma’h Tsédek. Elle était âgée de quatre-vingt-neuf ans. Elle est enterrée à New York.
De son vivant, le Rabbi, chef de notre génération, prenait tous les repas des fêtes dans la maison du Rabbi Rayats, en présence d’autres invités. Il le fit jusqu’en 5731, quand la Rabbanit Né’hama Dina quitta ce monde. (Yemeï ‘Habad, à la page 91)

10 Tévet 5738 (1977)

Le Rabbi rétablit la coutume de prononcer des « propos de remontrance », en un jour de jeûne, au moment de la prière de Min’ha. (Biographies, introduction du Hayom Yom, Likouteï Si’hot, tome 20, aux pages 352 et 36)

Le jeûne du 10 Tévet, mardi 3 janvier 2023

Le jeûne du 10 Tévet, mardi 3 janvier 2023

En ce jour funeste commença le siège de la ville sainte de Jérusalem par l’armée babylonienne, sous les ordres du cruel Nabuchodonosor en 3336 (425 ans avant le début de l’ère commune).

 

A cause de sa gravité – puisqu’il marque le début de la destruction et de l’exil – il ne peut être repoussé à une date ultérieure (comme les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av) ou avancé à une date précédente (comme le jeûne d’Esther).
C’est le seul jeûne qui peut tomber un vendredi – donc veille de Chabbat.
Du fait de sa gravité, il aura d’ailleurs une place de choix quand les jours de jeûne seront transformés en jours de joie (avec la venue de Machia’h).

Le but du jeûne est que même le corps physique ressente « la diminution de la graisse et du sang ». On ne mange pas et on ne boit pas. On ne se rince pas la bouche. Mais on peut se laver sans restriction.

Les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la Bar ou Bat Mitsva (les filles dès 12 ans et les garçons dès 13 ans) ne jeûnent pas.
Les personnes fragiles, les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher ou qui allaitent ne jeûnent pas.
Même ceux qui ont la permission de manger s’abstiendront de manger des friandises.

Dans la prière du matin, on récite les Seli’hot spéciales de ce jour après le Ta’hanoun ainsi que « le grand Avinou Malkénou ». Puis on lit dans la Torah le passage Vayi’hal (Chemot – Exode 32 : 11 jusqu’à 34 : 1). Seul celui qui a jeûné peut être appelé à la Torah.

Durant la prière de Min’ha (l’après-midi), on lit dans le rouleau de la Torah le chapitre Vayi’hal. Dans la Amida, on ajoute le passage Anénou (« Réponds-nous, Éternel au jour de notre jeûne car nous sommes dans une grande peine… »).

On récite le Ta’hanoun et « le grand Avinou Malkénou ».

Comme tous les jours de jeûne, on procédera à un examen de conscience approfondi et on évitera de se mettre en colère.
On augmentera les dons à la Tsedaka (charité).
Rabbi Chnéour Zalman explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine.
Comme ce jeûne du 10 Tévet est particulièrement important, on comprend que la Techouva (retour à D.ieu) procurée par ce jeûne est aussi d’un niveau plus élevé.

Dans de nombreuses communautés, ce jeûne est associé au souvenir des martyrs de la Shoah.

הלכות לצום עשרה בטבת – Lois du jeûne du 10 Tevet (en hébreu)

הלכות לצום עשרה בטבת – Lois du jeûne du 10 Tevet (en hébreu)

תענית ציבור.

מי שלא ישן, מותר לו לאכול עד שיעלה עמוד השחר. השוכב לישון ובדעתו להשכים לאכול או לשתות, יתנה בפירוש לפני השינה שיוכל לאכול או לשתות. ואם רגיל לשתות בקומו, אין צריך להתנות לשתייה.

קטנים שיש בהם דעת להתאבל על ירושלים, מאכילים אותם מאכלים פשוטים, ולא יאכלו מעדנים.

שחרית: הציבור אומר ‘עננו’ רק במנחה, אבל הש »ץ אומר ‘עננו’ גם בשחרית (בחזרת הש »ץ) בברכה בפני עצמה בין ברכת ‘גואל ישראל’ לברכת ‘רפאנו’, « אם יש בבית-הכנסת אף רק שלושה מתענים ». ואם אין, אומרו ב’שומע תפילה’.

סליחות:

אומרים אותן בעמידה, ובמיוחד: אשמנו, י »ג מידות, שמע קולנו, וכן אבינו מלכנו.

מנהגנו לאומרן אחרי אמירת תחנון, ‘והוא רחום’ ו’שומר ישראל’, בסדר דלהלן:

אשמנו / א-ל ארך אפים / נפילת אפים / כי עם ה’ / כרחם / אלוקינו ואלוקי אבותינו, אזכרה מצוק/ א-ל מלך / אלקים באו גויים / כרחם / אלוקינו ואלוקי אבותינו, אבן הראשה / א-ל מלך / אבותי כי בטחו / א-ל מלך / זכור רחמיך / זכור לנו ברית אבות / זכור לנו ברית ראשונים / שמע קולנו / הרשענו ופשענו / משיח צדקך / א-ל רחום שמך / עננו ה’ עננו / מי שענה לאברהם / רחמנא דעני / ‘אבינו מלכנו’ הארוך, ובו: ‘ברך עלינו שנה טובה’; ‘זכרנו ל…’ [ולא ‘זכרנו בספר’] / ואנחנו לא נדע / חצי קדיש.

קריאת התורה:

קוראים ‘ויחל’ בשחרית ובמנחה גם אם יש רק שלושה מתענים.

מי שאינו מתענה, לא יקראוהו לעלות לתורה. קראו לתורה מי שאינו מתענה, וצר לו להודיע מפני חילול השם – יעלה.

את הפסוקים: « שוב מחרון אפך… », « ה’ ה’ א-ל רחום… ונקה », « וסלחת לעווננו » – אומר הציבור בקול רם ורק אחר שסיימו, אומרם הקורא בתורה. הרבי, כשעלה לתורה, התחיל לאומרם יחד עם הציבור.

בקריאת הפסוק « ויקרא בשם ה' », יש להפסיק מעט בין ‘בשם’ ל »ה' » כי בפסוק מופיע תחת המלה « בשם » טעם מפסיק, הטעם ‘טיפחא’.

שיעורי תורה: לכאורה יש מקום (לנוהגים בכיו »ב) ללמוד היום מעניינא דיומא בתנ »ך (מלכים-ב כה,א-ג. ירמיה לט,א. נב,ד-ה. יחזקאל כד).

צדקה: בימי התעניות נוהגים לתת לצדקה לפני תפילת מנחה ‘אגרא דתעניתא’, ויש נותנים לפי עלות הסעודות שהיו אוכלים היום.

תפילת מנחה:

« בשעה מאוחרת ». סדרה: וידבר וקטורת, אנא בכוח, אשרי, חצי קדיש, קריאת ‘ויחל’ כבשחרית לשלושה עולים, והשלישי הוא המפטיר, ואין אומרים לאחריה חצי קדיש. מפטירים « דרשו ה’ בהמצאו » (ישעיהו נה,ו – נו,ח), ומברך אחר-כך שלוש ברכות עד ‘מגן דוד’. יהללו, חצי קדיש, תפילת שמונה-עשרה.

במנחה אומר גם היחיד ‘עננו’ בשומע תפילה, ללא חתימה, ומסיים « כי אתה שומע ». אם שכח (וכבר אמר שם ה’ דסיום הברכה), אומרו בלא חתימה אחרי ‘אלוקי נצור’, קודם ‘יהיו לרצון’ האחרון. הש »ץ אומרו כבשחרית בין ‘גואל ישראל’ ל’רפאנו’.

הנוהגים נשיאת-כפיים בכל יום, נושאים כפיהם גם בתפילה זו, רק באם התפילה היא לאחר פלג המנחה. וכשאין נושאים כפיים, אומר הש »ץ ברכת כוהנים.

תחנון, ‘אבינו מלכנו’, קדיש תתקבל, עלינו, קדיש יתום, אל תירא, אך צדיקים.

תפילת ערבית:

אם קשה לציבור להמתין, יש להתחיל ערבית כך שיגיעו בשעת צאת הכוכבים לקריאת-שמע, ולפחות – שיסיימו בשעה זו תפילת ערבית, ויקראו אז קריאת-שמע בזמנה

10 Tevet : « Donner son sens à l’Histoire » par le Rav Haim Nisenbaum

10 Tevet : « Donner son sens à l’Histoire » par le Rav Haim Nisenbaum

 

Cette semaine se termine par un de ces jours difficiles que compte le calendrier juif : 10 Tévèt, le jour où l’envahisseur venu de Babylone commença le siège de Jérusalem.

D’année en année, cet anniversaire est commémoré par un jour de jeûne, il est tombé la veille du Chabbat. Ce jour présente, cependant, une ambivalence étonnante. Il est, certes, celui du début du siège, pourtant le terme qui désigne cette opération en hébreu peut se traduire également par «il a soutenu».

L’histoire prend alors un sens profondément différent, l’envahisseur babylonien devenant celui qui « soutient » au lieu de celui qui «assiège». Comment faut-il donc voir le 10 Tévèt ? Est-ce une journée de drame ou, au contraire, d’espoir ?

Lorsqu’un jour présente deux caractères en apparence si dissemblables, il ne fait guère de doute qu’il y a, entre eux, comme un lien profond et que celui-ci est porteur des leçons les plus précieuses.

De fait, indiquent les commentateurs, l’avancée des Babyloniens n’étaient pas, en son temps, obligatoirement annonciatrice de la terrible chute finale. Elle pouvait être, à niveau égal, un signe de renaissance et de renforcement.

C’est de cette paradoxale éventualité que naît l’ambivalence des mots employés pour décrire l’événement : «siège» destructeur ou «soutien» prometteur, l’histoire pouvait potentiellement s’écrire des deux manières.

Une question émerge ici d’elle-même : qui a fait le choix ? Et la réponse monte, bouleversante : les Juifs du temps en ont décidé. Leurs actions ont entraîné que l’événement prenne une tournure dramatique. Si elles avaient été meilleures, elles auraient donné à l’histoire une autre direction ! Il n’est, bien sûr, pas question ici d’exonérer l’envahisseur de sa responsabilité ou de justifier ses crimes – il les a totalement assumés – mais d’aller jusqu’aux ressorts profonds des choses.

De fait, «D.ieu a mis le monde dans leur cœur» disent nos Textes, signifiant ainsi que l’homme est bien l’être qui décide du devenir des choses et des avancées de l’Histoire.

Le 10 Tévèt aurait pu être un jour de grandeur, il devint jour de deuil. En notre temps, malgré les douloureuses expériences du passé, les voix de la barbarie ne se sont pas tues. Elles entreprennent de se faire entendre et certains leur tendent une oreille bien trop complaisante pour être honnête.

Ne font-elles pas le «siège» de nos consciences ? L’ambivalence du 10 Tévèt a, pour nous, un sens immédiat. Le monde est « en notre cœur » a-t-on dit. Si nous en décidons ainsi par nos actes de lumière, l’obscurité, aussi profonde qu’elle paraisse, en deviendra le ferme «soutien».

La première chute de Jérusalem : aux mains des Babyloniens

La première chute de Jérusalem : aux mains des Babyloniens

par Nissan Mindel / fr.chabad.org

Une année après l’autre, le roi Néboukhadnetzar (Nabuchodonosor) de Babylone entendait une voix céleste qui lui disait : « Va et détruis Jérusalem. » Mais il avait peur d’attaquer la ville sainte ; il se souvenait de la calamité qui s’était abattue sur Sennachérib, le roi d’Assyrie, aux portes de Jérusalem, quand il avait essayé de s’emparer de la ville au temps de ‘Hizkiyah, roi de Judah.

Finalement, Néboukhadnetzar s’y décida. Mais il n’osait s’attaquer lui-même à Jérusalem. Il demeura à Antioche et envoya son général en chef, Nébouzaradan mettre le siège devant la ville sainte.

Ce n’était plus, hélas ! le temps des miracles favorables aux Juifs, mais bien celui des miracles favorables à leurs ennemis. Le siège de Jérusalem par Nébouzaradan dura trois ans et demi, et il n’avait pas encore réussi à s’en emparer. Il était sur le point d’y renoncer et de rentrer dans son pays. C’est ce qui serait arrivé si les Juifs avaient compris l’avertissement et étaient revenus à Dieu. Il n’en fut rien. Pleins d’orgueil, ils ne comptaient que sur leur force et sur la solidité des murs qui protégeaient la ville.

Alors se produisit un fait étrange. Nébouzaradan eut l’idée de mesurer la hauteur de ces murs. Chaque jour, les mensurations furent prises ; et à sa grande surprise, le général découvrit que, par un phénomène inexplicable, les murs s’enfonçaient régulièrement sous terre à raison de deux pouces et demi par jour ! Il n’y avait qu’à attendre que les murs devinssent suffisamment bas pour que ses soldats pussent les escalader sans difficulté et s’emparer de la ville. Ce qu’il fit. Et Jérusalem tomba entre ses mains.

Néboukhadnetzar donna à son général carte blanche. Il ferait ce que bon lui semblerait de la ville, du Beth Hamikdache et des habitants. Avec une réserve toutefois : contrairement au reste, le prophète Jérémie devrait être traité avec beaucoup d’égards. Trois points furent précisés par le roi à son sujet : Nébouzaradan pourvoirait à tous les besoins du prophète, il veillerait à ce qu’il ne lui fût fait aucun mal, enfin, Jérémie serait laissé libre d’agir à sa guise.

Alors que le général emmenait à Babylone les captifs juifs dont beaucoup étaient dans les chaînes, le prophète Jérémie les accompagna, pleurant avec eux la destruction de leur patrie. Il se joignait tantôt aux jeunes, leur prodiguant des encouragements et les incitant à supporter bravement leur triste sort, tantôt aux vieux, les aidant à porter les chaînes trop pesantes pour eux, et les engageant à affronter leur malheur avec dignité.

La « Chekhinah » en Exil
Nébouzaradan aperçut Jérémie marchant parmi les captifs, et il en fut surpris. Il lui dit : « Jérémie, que fais-tu parmi les captifs ? Des années durant, tu as annoncé le sort funeste où le peuple précipiterait Jérusalem. Maintenant que ta prophétie s’est réalisée, tu ne peux qu’être fier d’avoir vu juste. Ou alors tu ne croyais pas réellement qu’elle se réaliserait. Peut-être es-tu si accablé que tu te soucies peu que les événements t’aient donné raison. Ou encore, chercherais-tu à me créer des ennuis avec Néboukhadnetzar ? Car le puissant monarque de Babylone m’a ordonné de t’épargner tout mal et toute souffrance. S’il apprenait que tu partageais le sort des captifs et portais comme eux les chaînes, je ne donnerais pas cher de ma peau ! »

Jérémie posa un regard plein de tristesse sur le général babylonien qui ne pouvait comprendre ce que la destruction de Jérusalem signifiait pour les Juifs ; et moins encore que lui, l’homme de guerre victorieux, n’était qu’un instrument dans la main de Dieu. Le prophète ne répondit pas à Nébouzaradan et continua à prendre sa part des peines de ses frères. Il y eut un temps où il fallait qu’il fît de dures remontrances à ces derniers, dans l’espoir qu’ils s’amenderaient. Mais maintenant, c’étaient de paroles de réconfort et d’encouragement qu’ils avaient besoin.

Alors Dieu dit à Jérémie : « Si tu désires accompagner tes frères dans l’exil, Je resterai avec ceux qui ne seront pas partis. Mais si tu veux rester, Je partirai, Moi, avec les exilés. »

Et Jérémie répondit : « Alors je resterai, car mon aide ne peut se comparer à la Tienne. Tu peux faire bien plus que moi pour les exilés. »

Le prophète demeura avec ceux des Juifs que Nébouzaradan avait autorisés à rester dans cette Terre Sainte qu’il avait dévastée. Mais la Gloire de Dieu partit en « exil » avec Ses enfants.

La communauté du peuple juif prie Dieu en ces termes : « Ramène-nous à Toi, ô Éternel, et nous reviendrons. » Et Dieu répond : « Revenez, vous, à Moi, et Je reviendrai à vous – comme Je vous l’ai dit par la bouche de Mon prophète Malachie : Faites, vous, le premier pas. Si vous pratiquez une ouverture aussi petite que la pointe d’une aiguille, J’ouvrirai toutes grandes les portes de Mon palais pour vous. »

Et la réponse des Juifs : « Tu as détourné Ta face de nous – aussi, manifeste-nous maintenant Ta grâce ; car Ta colère a été trop grande pour nous tous. [C’est pourquoi nous prions :] « Fais-nous revenir vers Toi, ô Éternel, et nous reviendrons ; donne-nous encore des jours comme ceux d’autrefois ». (Ces versets concluent le Livre des Lamentations – Meguilat Eikhah)