À l’occasion du premier Yortseit de notre époux, père et beau père, Reb Itshak Touaty Zal, nous vous convions le mercredi 24 Mars à 20h30 à une soirée inspirante sur le thème de « l’attachement au Rabbi » à travers différents partages de vécus et d’histoires avec le Rabbi .
Aujourd’hui 10 Nissan marque le premier yortsait de notre cher père Reb Itshak Bokobza.
Dès les chelochim, nous avions créé un fonds en sa mémoire à la demande du Rabbi, que nous partageons afin de continuer à diffuser ses actions.
A l’occasion de ce premier yortsait , nous avons entrepris b »h l’écriture d’un sefer Torah en sa mémoire.
Pour ceux qui veulent participer à cette magnifique mitsva, voici le lien
Le RavMikhael Cohen, un Chalia’h qui a consacré sa vie à rapprocher les Juifs francophones de tous âges au Judaïsme, est décédé vendredi 9 Nissan 5780. Il avait 58 ans.
Né à Créteil et étudiant à la Yeshiva Tomchei Tmimim de Brunoy, en France, il débordait d’énergie, d’amour hassidique et de détermination pour aider les autres.
Vivant à Crown Heights, le Rav Cohen a fondé et dirigé le centre communautaire CCF New York, un centre Habad pour les francophones qui a organisé un éventail d’activités et de cours pour les habitants et les visiteurs.
Organisant régulièrement des visites au 770 Eastern Parkway et au Ohel, il a influencé de nombreux jeunes, hommes et femmes, à approfondir leurs liens avec le Judaïsme.
« Il était un Juif spécial avec un bon cœur », a déclaré le chanteur Yoni Schlomo . « Il n’y a pas un Français qui était chez le Rabbi au cours des 30 dernières années qui n’a pas été accueilli chez lui. »
Yoni Schlomo a comparé sa maison à celle d’Avraham Avinou. «Il y avait des tables et des tables… Tous ceux qui voyageaient là-bas savaient que le Chabbat ils pouvaient être invités chez lui. Il était le Rubashkin des Français.»
Pendant la période où El’hanan était malade, il a du subir un traitement extrêmement douloureux de chimiothérapie. Une de ces séances eu lieu le jour du jeûne de 10 Tevet. Ce jour là , les hommes lisent des Seli’hot particulières. C’est ainsi, qu’en plein traitement, El’hanan se leva, sortit son livre de Seli’hote, et commença à prier.
Sa famille tenta de le résonner, son frère qui était près de lui à ce moment là, lui dit: « El’hanan assis- toi, ce n ‘est pas le moment , il faut te reposer avant tout.. » . Mais El’hanan ne voulait rien savoir, il insistait , et continuait à prier car pour lui c’était ce qu’il fallait faire avant tout. Et dit «aujourd’hui on pleure sur Yerouchalaim , je ne peux le faire allongé »
A ce moment précis, un médecin entra dans la pièce et vit El’hanan debout avec son livre de Seli’hot. Il essaya de le convaincre d’arrêter et de se rallonger pour garder ses forces, car le traitement était assez difficile jusqu’au moment où ils arrivèrent à un compromis: El’hanan continuerait à prier, mais en restant allongé.
Que cette pureté d’âme serve d’exemple pour tout le peuple d’Israel et nous apporte la délivrance immédiatement!! »
Hanna qui nous a quittés le 14 Tevet 5780, durant le Chabbat Vayé’hi (11 janvier 2020).
Membre actif du Beth Louvavitch, professeur de SVT au lycée Haya Mouchka, Hanna Assaraf (bat Mimoune Gabay) était une personne rare, précieuse, d’une élégance raffinée qui se distinguait par sa manière directe et chaleureuse d’aborder les nouvelles venues à la synagogue. Femme de convictions, dotée d’un sens inné du juste et du vrai, elle se conformait à la vision et à la volonté du Rabbi.
Il est des personnes exceptionnelles en ce monde qui transmettent foi et espoir à tout un chacun et mon amie Hanna en était. Au-delà du choc et de la douleur indicibles de ses proches, il faut se souvenir des bons moments passés ensemble aux offices de Chabbat et de ses cours du chabbat après-midi pour les femmes, reçues comme des reines, nombreuses et fidèles au rendez-vous, quel que soit leur niveau de pratique ou leur parcours.
Evoquons également le Talmud Torah du 17ème créé avec ses filles pour répondre aux besoins des familles juives qui commençaient à affluer dans l’ouest parisien. Pionnière, elle avait su prévoir et anticiper les besoins grandissants de la communauté. Cette tsadékèt soulevait des montagnes, avec une bonne humeur et une énergie communicatives. Son époux Yaakov, l’a soutenue de façon inconditionnelle avec discrétion et générosité dans toutes ses actions, tout au long de sa vie.
Passionnée de sciences, elle citait avec fierté les excellents résultats de ses élèves qu’elle préparait au Bac. André Touboul a’h, directeur de Haya Mouchka, , qui nous a malheureusement quitté quelques mois plus tard, l’évoquait avec émotion : «Toute la communauté scolaire de Beth Hanna honore la mémoire vivace et l’œuvre de Madame Hanna Assaraf, professeure de Sciences de la Vie et de la Terre. Elle a marqué ses collègues par sa pédagogie unique, son dévouement et son engagement. Hanna a formé des générations de jeunes filles des classes Terminales à l’effort personnel à la réflexion scientifique et suscité dans le cœur de ces futures femmes juives la fierté de porter les valeurs du Judaïsme et de la Hassidout ».
Avec une fermeté bienveillante, une volonté constante, Hanna rappelait aux principes essentiels du judaïsme : la transmission, l’éducation des filles, la pureté familiale, « une Mitsva accessible à tous ». Soucieuse de démontrer la simplicité de la pratique, Hanna avait consacré une énergie considérable à la rédaction, la composition et la diffusion d’un «précis des lois de pureté familiale» co-écrit avec Mme Bassie Azimov.
Le succès de cet ouvrage traversa l’Atlantique, au point qu’on découvrit une version anglaise à New York, dotée d’une jaquette identique. Son respect exemplaire pour ses parents et son souci permanent de leur santé et de leur bien-être ont marqué bien des esprits. Hanna avait organisé à la mémoire de sa mère une exposition très réussie, visant à expliquer et diffuser de façon interactive les lois de la cacheroute. Elle incarnait avec force le Midrach Toldot (63-2) : « Itshak portait Avraham son père en couronne, et Avraham portait également Ytshak en couronne ».
A l’âge de 62 ans, Hanna est partie si vite, trop vite. Des centaines de personnes se sont manifestées depuis, de France et du monde entier : d’Israël, du Maroc, de Suisse, des Etats-Unis, de Russie… Son rayonnement s’étendait bien au-delà de ses actions.
Une histoire qui s’est passée avec Rav Chalom Mendel Kalmenson, de mémoire bénie, qui nous a quittés le 23 Kislev 5772, 2011.
Au tout début des années 90, alors que le communisme vacillait déjà, mais n’était pas encore tombé complètement en Union Soviétique, l’organisation ‘Hama organisa une colonie de vacances dans la ville de Gorki. Sachant que nombre d’enfants n’étaient pas circoncis, nous avions invité Rav Chalom Mendel Kalmenson de Paris, dont la longue expérience dans ce domaine était connue de tous, afin qu’il effectue cette opération sur une cinquantaine d’enfants ainsi que sur quelques adultes. Tout se passa de la meilleure façon possible, à la grande satisfaction des enfants et de leurs parents.
Sur le chemin du retour, Rav Kalmenson passa par Moscou et se rendit au quartier général de l’organisation ‘Hama qui venait d’être inauguré. Il transmit son rapport puis se prépara à reprendre l’avion.
‘Hama ne possédait pas encore de voiture. La directrice d’alors s’appelait Greta Alinson. C’était une femme remarquable, issue d’une famille de savants qui avait mis au point le carburant liquide pour les fusées. D’ailleurs, ces chercheurs avaient été proches du pouvoir à l’époque et avaient même côtoyé Staline et Béria, de sinistre mémoire. Le fils de Greta, Alexandre, était lui aussi un savant réputé, doté d’une mémoire phénoménale et d’un cerveau brillant. Comme il possédait une voiture, on lui demanda d’accompagner Rav Kalmenson à l’aéroport. Comme on le sait, Rav Kalmenson était né en Russie et parlait parfaitement le russe. Il était en outre doté d’un caractère agréable et savait établir des relations de confiance. Dans la voiture, ils firent connaissance et Alexandre, comprenant que Rav Kalmenson était un homme droit, un homme de principes et vraisemblablement un homme de bon conseil, se confia à lui : il était marié depuis six ans et n’avait toujours pas d’enfant. Rav Kalmenson lui demanda avec toutes les précautions d’usage si son épouse était juive et il répondit : « Bien sûr ! Ses deux parents sont juifs ! »
Rassuré, Rav Kalmenson lui dit alors : « Écoutez, le Rabbi de Loubavitch conseille à chaque fois de mettre les Téfilines. »
Intrigué, Alexandre demanda de quoi il s’agissait et Rav Chalom Mendel lui expliqua et ajouta : « Quand nous arriverons à l’aéroport, je vous montrerai des Téfilines et je vous aiderai à les mettre. »
Effectivement, quand ils arrivèrent à l’aéroport, Rav Kalmenson sortit ses Téfilines de son porte-documents et Alexandre put ainsi mettre les Téfilines pour la première fois de sa vie et devenir… Bar-Mitsva. « Parlez-en à Rav Karpov, continua Rav Kalmenson, le Rav de l’organisation ‘Hama à Moscou, afin qu’il vous procure des Téfilines que vous pourrez ainsi mettre chaque jour. »
Alexandre qui était un homme d’action remercia chaleureusement Rav Kalmenson, lui souhaita bon voyage et se mit immédiatement à la recherche de Rav David Karpov, très étonné, mais évidemment heureux de voir combien Alexandre tenait déjà à cette Mitsva si importante.
C’est ainsi qu’Alexandre tint sa promesse et mit tous les jours les Téfilines. Peu après, sa femme tomba enceinte.
Bien que lui-même et toute sa famille fussent des gens « éclairés » et absolument athées, Alexandre déclara à sa mère : « Maman, tu peux raconter ce que tu veux, mais moi je suis sûr d’une chose : c’est grâce au fait que je mets les Téfilines chaque jour que ma femme attend enfin un enfant. Et j’ai pris l’engagement de continuer à le faire chaque jour de ma vie ! »
H. Zaltz, Traduit par Feiga Lubecki – La Sidra de la Semaine
Mme Bassie Azimov, fille du célèbre ‘Hassid Rav Bentzione Chemtov et l’une des forces motrices de la renaissance juive à Paris dans la seconde moitié du 20ème siècle. Elle a quitté ce monde le 17 ‘Hechevan 5772 – 14 novembre 2011 à l’âge de 67 ans.
Dévouée corps et âme au Rabbi, Madame Azimov était issue d’une famille juive russe distinguée. Ses parents s’étaient mariés en Sibérie : en effet, peu après ses fiançailles, Reb Bentsione Chemtov avait été arrêté puis envoyé en exil en Sibérie. Pourquoi ? Il avait été pris en flagrant délit d’activités contre révolutionnaires,
c’est-à-dire que, sous l’impulsion de Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, le précédent Rabbi de Loubavitch, il avait organisé des écoles juives clandestines et encourageait les Juifs à rester fidèles à la Torah et à pratiquer les Mitsvot, quel que soit le danger. Sa fiancée l’avait alors rejoint malgré le froid et les dangers de cette démarche et ils s’étaient mariés dans la plus grande simplicité. Bassie était la dernière de leurs cinq enfants.
Après la guerre, ses parents réussirent à quitter le « paradis soviétique » lors d’un long voyage qui dura plus d’un an, à travers l’Europe, pour finalement s’installer à Londres où ils reprirent leurs activités de propagation du judaïsme. Mme Chemtov entreprit même de rédiger des livres pour enfants en anglais, langue qu’elle maîtrisa bien vite. Très tôt, leurs enfants les secondèrent et Bassie passait ses Chabbat après midi, non pas à sortir avec ses amies mais à s’occuper de Messibot Chabbat pour les petites filles de son quartier qui ne fréquentaient pas l’école juive.
Ce fut pendant ses études au célèbre séminaire de Gateshead que Bassie apprit le décès de sa mère.
Elle s’installa alors aux États-Unis pour enseigner dans une école juive de Philadelphie. On peut dire que, depuis, elle n’a jamais abandonné le domaine de l’éducation, aussi bien pour les enfants que pour les adultes à qui elle savait transmettre ses exigences de perfection dans tout ce qui touche à la pratique de la Torah et l’attachement au Rabbi de Loubavitch qui était sa raison de vivre.
Son mariage avec le Rav Chmouel Azimov
Dès son mariage avec Rav Chmouël Azimov en 1968, elle s’installa à Paris à l’initiative du Rabbi. Avant de partir, elle fut reçue par la Rabbanit ‘Haya Mouchka – de mémoire bénie – qui lui annonça prophétiquement : « Nous avons semé (dans les années 30, le Rabbi et son épouse avaient habité à Paris), vous allez récolter ! ».
Et il est vrai que la récolte dépassa toutes les espérances ! Il suffit pour cela de consulter les chiffres du Beth Loubavitch (100 émissaires, des écoles, des synagogues, des Mikvés, des publications, des allumages publics de ‘Hanoucca, des distributions de matériel religieux avant les fêtes, des grands rassemblements …) pour constater que les résultats ont été prodigieux.
Il est absolument certain que cette réussite de Rav Azimov doit énormément à l’encouragement et l’initiative de sa défunte épouse qui sut exiger le meilleur : non pas matériellement pour elle-même mais spirituellement pour tous. Elle n’admettait aucun compromis dès lors qu’il s’agissait de la pratique des Mitsvot, en particulier les lois de la Tsniout et de la Cacherout.
C’est elle qui fixa les règles qui président encore aujourd’hui aux destinées des écoles Loubavitch : l’uniforme, l’interdiction de toute mixité, le programme conforme aux meilleures écoles Loubavitch de par le monde…
Elle enseigna à d’innombrables jeunes filles les lois de la Taharat Hamichpa’ha avant leurs mariages et donnait de précieux conseils pour établir ou rétablir le Chalom Bayit, l’harmonie dans le foyer.
Le cours qu’elle animait le mardi soir était devenu une institution mais elle enseignait aussi à l’école ‘Haya Mouchka où elle suivait les progrès de chaque élève, où elle encourageait chaque professeur, où elle surveillait minutieusement chaque détail pour assurer que cette école ferait honneur au Rabbi et à la Rabbanit. Ses élèves étaient devenues comme ses filles et elle savait comment obtenir le meilleur d’elles.
Un courage exemplaire
Malgré sa santé précaire, elle faisait preuve d’un courage exemplaire et restait focalisée vers un seul but : ramener tous les Juifs de France à une vie de Torah grâce à la bénédiction du Rabbi de Loubavitch : alors que de nombreux Rabbanim avaient décrété qu’il était impossible de rester un bon Juif à Paris, la ville des lumières, la ville du mauvais penchant, elle lutta de toutes ses forces et parvint à prouver que « Paris n’est pas différente », qu’on peut vivre une vie de Torah même dans la capitale du pays de la révolution française si mal vue par les Rébbéim ‘hassidiques des générations précédentes.
Ses deux fils et sa fille sont tous trois des émissaires du Rabbi et, avec leurs familles respectives, maintiennent le flambeau. Ses nombreuses élèves sont elles aussi devenues des émissaires du Rabbi, un peu partout en France et dans le monde.
« De même que sa descendance est en vie, elle aussi est en vie ! », une vie entièrement tendue vers la perfection, vers un attachement inconditionnel au Rabbi.
Le Rav Morde’hai Tsema’h Elyahou était un grand Rav et Posek. Il a été le grand Rav séfarade d’Israël de 1983 à 1993. Il a été l’un des chefs Rabbiniques les plus populaires et charismatiques d’Israël pendant des décennies.
Le Rav Morde’hai Elyahou est né dans la vieille ville de Jérusalem en 1929. La famille était originaire de Bagdad, en Irak. Le Rav Elias Elyahou, le grand-père du Rav Morde’hai Elyahou, s’était installé à Jérusalem, mais en raison de son implication dans la résistance nationale arabe contre l’Empire ottoman, il fut exilé par les dirigeants ottomans. Le Rav Elias Elyahou et sa famille ont ensuite déménagé à Bagdad.
Le père du Rav Morde’hai Elyahou, le Rav Salman Elyahou (1878-1940) était un érudit et kabbaliste renommé et étudiant du Ben Ish Hai. La mère du Rav Morde’hai Elyahou, Mazal, était la petite-fille de la sœur du célèbre Ben Ish Hai de Bagdad (1835-1909). Le Rav Salman Elyahou a quitté l’Irak pour le Royaume-Uni et a étudié la théologie et la philosophie. En raison de l’éducation occidentale qu’il a reçue en Angleterre, le Rav Salman Elyahou a été le secrétaire personnel de Lord Herbert L. Samuel, le haut-commissaire du mandat britannique pour la Palestine. Sur les conseils de son Maitre le Ben Ish Hai, le Rav Salman Elyahou est retourné à Jérusalem.
Le Rav Morde’hai Tsema’h Elyahou a été reconnu comme un prodige dès son jeune âge. Il a étudié avec son père et, sous son influence, il a développé un amour passionné pour la Torah à un âge précoce. Le Rav Morde’hai Elyahou n’avait que 11 ans lorsque son père est décédé. Il a continué à étudier avec diligence auprès de grands érudits, tels que le Rav Ezra Attiah (1885-1970), le chef de la Yeshiva Porat Yosef dans la vieille ville de Jérusalem; Le Rav Tsadka ‘Hutzin (1876-1961), l’un des grands Rabbanim de Jérusalem; et le Rav Avraham Yeshaya Karelitz (1878-1953), le célèbre luminaire de Bnei Brak et auteur du classique talmudique Chazon Ish. Chacun de ces enseignants lui a inspiré une foi et une confiance fortes dans le Tout-Puissant et l’amour de la Torah.
Le Rav Morde’hai Elyahou est diplômé avec distinction de l’Institut des Rabbanim et des juges religieux, sous la direction du Rav Yitshak Nissim (1896-1981), le grand Rav séfarade d’Israël. Son dévouement à ses études l’a conduit à être le plus jeune élu au poste de juge religieux (Dayan) en Israël. Il a continué à exceller en tant que Dayan pendant quatre ans au tribunal religieux de Beer Sheva avant d’être transféré au tribunal religieux de Jérusalem. Ici, il a été élu à la Cour suprême religieuse. Le grand public a appris à le connaître comme une source fiable pour résoudre des problèmes et répondre à des questions difficiles. Ses manières et sa grâce chaleureuses, associées à sa vaste connaissance de la Torah, l’ont aidé à être élu au poste de grand Rav séfarade d’Israël (Rishon L’Tzion).
Le Rav Elyahou a été le grand Rav séfarade d’Israël de 1983 à 1993, avec feu le Rav Avraham Shapira (1914-2007). Ces deux géants de la Torah, qui étaient des amis proches, ont continué à diriger le public national-religieux en matière de loi et de philosophie juives pendant de nombreuses années, même après la fin de leur mandat officiel.
En tant que grand Rav, l’un de ses objectifs était de tendre la main aux juifs israéliens laïques, en leur donnant une meilleure compréhension des coutumes juives et de l’importance de la Torah. Il a donné des conférences dans des moshavim et des kibboutzim laïques, ainsi que dans des écoles publiques non religieuses. Il a également beaucoup voyagé à travers le monde, enseignant aux communautés juives l’importance d’éliminer l’assimilation, d’accroître l’observance du Chabbat, de dispenser une éducation religieuse aux enfants et de respecter les lois de la pureté familiale.
Le Rav Elyahou a aidé les communautés juives du monde entier à travers ses enseignements, ses livres et sa populaire conférence hebdomadaire télévisée dans sa synagogue. Ses livres comprennent: Path to Purity, qui est disponible en plus de cinq langues, Halachot Moed, qui répertorie les différentes lois pour chaque jour férié, et il a édité les livres de prières quotidiennes et de prières des jours fériés, donnant les lois pertinentes avant chaque prière ou section. L’une de ses œuvres les plus importantes a été ses annotations au Kitsour Choul’han Arou’h du Rav Shlomo Gantzfreid. Ce livre est loué pour sa clarté et sa concision. Il est utilisé dans des classes d’étudiants d’horizons divers, unissant ainsi le peuple juif.
Le Rav Elyahou était très recherché en raison de son expertise dans la Torah et la Halacha et pour sa formidable piété. Pendant des années, le Rav Elyahou s’asseyait chaque jour dans sa synagogue Kiryat Moshe pour répondre à des centaines de questions juridiques et dispenser des conseils aux flux interminables de personnes de tous horizons qui cherchaient à profiter de sa sagesse. Le Rav Elyahou et son épouse le Rabbanit Tzvia Elyahou étaient dévoués à aider le peuple juif partout dans le monde, à la fois spirituellement et émotionnellement. Ils étaient également très actifs dans des organisations caritatives telles que le Rav Meir Baal Haneis Salant. Le Rav Elyahou dirigeait le réseau Keren Moreshet des groupes de la Torah qui se sont installés dans diverses villes du pays. Il a travaillé pour la préservation des rites et coutumes juifs irakiens et des opinions du Ben Ish Hai. Il a publié un livre de prières appelé Kol Elyahou basé sur cette position.
Le Rav Elyahou et son épouse Rabbanit Tzvia Elyahou ont eu quatre enfants, dont l’un, Shmouel Elyahou, est le grand Rav de Safed.
Le Rav Elyahou souffrait d’une maladie cardiaque. Le 24 août 2009, il s’est effondré chez lui et a été transporté d’urgence à l’hôpital. Le sage souffrait pendant plusieurs mois. Sa femme, le Rabbanit Tzvia Elyahou, a récemment raconté que son mari lui avait dit qu’il était prêt à souffrir personnellement si seulement il pouvait seulement sauver le peuple juif de la souffrance. Le Rav Elyahou est décédé près d’un an plus tard, le 7 juin 2010, au centre médical de Shaare Zedek, des complications liées à sa maladie cardiaque. Environ 100 000 personnes ont assisté à ses funérailles à Jérusalem. Il est enterré à Har Menou’hot près de la tombe du sage Rav Haim Yossef David Azoulay (1724-1806) connu sous le nom de ‘Hida.
Que la mémoire du grand sage Rav Morde’hai Tsema’h Elyahou soit une bénédiction pour tout le peuple juif.
Né en 1939 à ain temouchen (algerie) , Yossef Schoukroun fut un de ceux qui prirent part à ce grand mouvement de Techouva, à cet élan de retour à D.ieu, qui allait modifier profondément le visage de la communauté juive, notamment à Paris. Ayant découvert le mouvement Loubavitch, il eut le mérite d’aller chez le Rabbi en 1970 et d’être reçu en audience privée. C’est ainsi que, venu avec des questions fortes, il obtint des réponses qui l’accompagnèrent toute sa vie et que le Rabbi lui demanda de diffuser autour de lui.
Yossef Schoukroun nous a quittés le 7 teveth 5771 (13/12/2010). Sa vie fut bien remplie. S’il fallait dire ce qui en exprima la grandeur particulière, peut-être faudrait-il souligner son humilité constante et son souci intensément présent de pratiquer les Mitsvot avec à la fois la plus grande attention et de la meilleure manière possible. Ce qui suit est le compte-rendu, largement rédigé par lui-même, de sa rencontre avec le Rabbi : une partie de l’héritage qu’il nous laisse.
Compte-rendu de la rencontre avec le Rabbi
Les questions
Dans ces années-là, la coutume était, lorsqu’on entrait dans le bureau du Rabbi pour une audience privée, de préparer une lettre où l’on posait les questions souhaitées. Celui qui venait pour la première fois commençait par se présenter, toujours par écrit. Cette partie de la lettre n’est rapportée ici que dans ses grandes lignes pour permettre au lecteur de comprendre le chemin parcouru et l’urgence des questions posées.
Yossef Schoukroun commence sa lettre en se présentant puis apporte des précisions qui lui semblent utiles : « Je me suis inscrit dans une faculté en auditeur libre. En cours, le professeur a entrepris de prouver la non-existence de D.ieu par le fait que tout est lié ensemble : les membres du corps entre eux, le corps à la terre, la terre au cosmos. Cette démonstration m’a fait pour la première fois penser à l’existence de D.ieu.
Puis je suis entré au fameux « Cours Simon », ce cours de théâtre où il était demandé à l’étudiant de lire au préalable Spinoza, Pascal, Freud etc., d’étudier l’astrologie et les religions.
Je me suis aperçu alors que tous les grands auteurs faisaient référence au judaïsme et que toutes les grandes religions avaient aussi leur source dans le judaïsme.
Après avoir parcouru tout cela, j’ai eu envie de connaître ce que dit le judaïsme. J’ai rencontré divers professeurs et rabbins connus de la communauté qui m’ont fait découvrir le judaïsme et j’ai abouti à la Yéchiva de Brunoy où j’ai rencontré Rav Azimov. »
Après toutes ces expériences, Yossef Schoukroun s’interroge. Il souligne qu’il ne sait pas encore où se diriger mais qu’il souhaiterait obtenir une réponse à certaines questions qui le préoccupent :
« 1. Lorsque j’entre dans une maison Loubavitch, je constate que la photo du Rabbi (parfois en grand format) s’y trouve. Cela fait-il partie de la pratique Loubavitch ?
2. Dans chaque communauté, j’observe qu’il y a quelques Mitsvot très importantes qu’il ne faut pas transgresser et d’autres moins importantes. Mais ce qui est important dans l’une l’est moins dans l’autre et inversement. Lesquelles sont-elles très importantes et lesquelles moins ?
3. Entre les diverses communautés, je vois que certains critiquent farouchement la façon d’être et de pratiquer le judaïsme de l’autre. Cela me dérange énormément. Comment faut-il réagir ?
4. Est-il normal que les Loubavitch aiment le Rabbi d’une façon qui me paraît exagérée ? »
Les réponses
1. Si une grande photo vous dérange vous pouvez prendre une petite. Et si même une petite vous dérange, vous n’êtes pas obligé d’en mettre.
2. On ne doit pas essayer de trouver quelles sont les Mitsvot les plus importantes. On doit faire sans exception toutes les Mitsvot le mieux possible avec « Hidour – embellissement de la Mitsva ».
Avant de répondre à la question suivante, le Rabbi s’est levé de son fauteuil. Avec un regard très sévère, soulignant ses paroles de la main, il a dit :
3. Le fait qu’une communauté s’intéresse à une autre communauté n’est pas un mal en soi mais la comparaison doit toujours se faire dans un but positif pour connaître les différences, voir le bien qu’il y a chez l’autre et décider de s’améliorer dans ce but. De toute façon, critiquer une communauté quelle qu’elle soit est une chose qui est mal, plus que mal, et encore plus que cela.
4. Le fait que les Loubavitch aiment le Rabbi d’une façon qui paraît exagérée… Qu’est-ce que je peux faire ? Moi-même, j’aime chacun des Juifs d’une façon exagérée qui déborde.
Puis l’entrevue s’est terminée , le Rabbi la concluant par : « Chabbat Chalom et Chalom tout court ».
La conclusion
Le Chabbat suivant, qui était Chabbat Para, après la fête de Pourim, le Rabbi fit un Farbrenguen – une réunion des ‘Hassidim dans laquelle il commentait la Torah. Ce jour-là, Yossef Schoukroun se tenait au fond de la grande synagogue du 770 et, tout à coup, il crut entendre le Rabbi appeler son nom. Voici son récit :
« Les personnes qui étaient autour de moi me dirent « ce n’est pas toi que le Rabbi appelle. » Mais j’ai alors entendu mon nom distinctement et tous se sont écartés. Le Rabbi avec un grand sourire me demandait de venir jusqu’à lui. Tout à coup, je me suis senti porté jusqu’à sa table. Là, il m’a dit : « Quand vous serez à Paris vous ferez un Farbrenguen et vous raconterez toutes les questions que vous avez posées et mes réponses. Voici un gâteau, vous en donnerez un petit bout à chacun. »
Le Rav Yochoua Haddad est né au Maroc. À l’âge de 10 ans, il fut envoyé à Meknès pour étudier à l’école Habad créée par le Rav Michael Lipskar a »h.
Deux ans plus tard, en 1952, il rejoignit un groupe de 8 étudiants qui se rendirent en France à Brunoy pour étudier à la légendaire Yeshiva Tom’hei Tmimim Loubavitch, sous la direction du Rav Nissan Nemanov a »h.
Lorsque le kabbaliste Rabbi Israel Abouhatzeira , connu sous le nom de Baba Sali, passa le mois d’Eloul et une partie de Tichri à Brunoy, le Rav Haddad fut choisi pour être sa Havrouta. Les deux sont restés en étroite amitié pendant des années.
En 1952, le Rav Haddad a écrit au Rabbi qu’il aimerait venir à New York et étudier à la Yeshiva centrale. Le Rabbi a accepté.
Après ses études là-bas, le Rav Hadad s’est vu proposer de diriger la communauté juive séfarade de Milan, en Italie. Le Rabbi a estimé que le Rav Hadad était digne de cette tâche.
Pendant les 50 années suivantes, le Rav Hadad servit comme Chalia’h et le rabbin de la synagogue de la Via Guastalla à la Grande Synagogue de Milan, fournissant une certification de cacheroute et ouvrant un réseau de Talmud Torah opérant sur 5 sites avec plus de 200 enfants.
Ces dernières années, il a vécu en Israël où il est resté en contact avec l’actuel rabbin en chef de Tel Aviv, Shlomo Amar , également diplômé des écoles Habad au Maroc.
Le Rav Yochoua Hadda quitta ce monde à 81 ans le 12 Hechevan 5778:
LEVAYA DU RAV YOCHOUA HADDAD A JERUSALEM
FARBRENGUEN AVEC LE RAV YOCHOUA HADDAD A LA YECHIVA DE MONTROUGE