Hanna qui nous a quittés le 14 Tevet 5780, durant le Chabbat Vayé’hi (11 janvier 2020).

Membre actif du Beth Louvavitch, professeur de SVT au lycée Haya Mouchka, Hanna Assaraf (bat Mimoune Gabay) était une personne rare, précieuse, d’une élégance raffinée qui se distinguait par sa manière directe et chaleureuse d’aborder les nouvelles venues à la synagogue. Femme de convictions, dotée d’un sens inné du juste et du vrai, elle se conformait à la vision et à la volonté du Rabbi.

Il est des personnes exceptionnelles en ce monde qui transmettent foi et espoir à tout un chacun et mon amie Hanna en était. Au-delà du choc et de la douleur indicibles de ses proches, il faut se souvenir des bons moments passés ensemble aux offices de Chabbat et de ses cours du chabbat après-midi pour les femmes, reçues comme des reines, nombreuses et fidèles au rendez-vous, quel que soit leur niveau de pratique ou leur parcours.

Evoquons également le Talmud Torah du 17ème créé avec ses filles pour répondre aux besoins des familles juives qui commençaient à affluer dans l’ouest parisien. Pionnière, elle avait su prévoir et anticiper les besoins grandissants de la communauté. Cette tsadékèt soulevait des montagnes, avec une bonne humeur et une énergie communicatives. Son époux Yaakov, l’a soutenue de façon inconditionnelle avec discrétion et générosité dans toutes ses actions, tout au long de sa vie.

Passionnée de sciences, elle citait avec fierté les excellents résultats de ses élèves qu’elle préparait au Bac. André Touboul a’h, directeur de Haya Mouchka, , qui nous a malheureusement quitté quelques mois plus tard, l’évoquait avec émotion : «Toute la communauté scolaire de Beth Hanna honore la mémoire vivace et l’œuvre de Madame Hanna Assaraf, professeure de Sciences de la Vie et de la Terre. Elle a marqué ses collègues par sa pédagogie unique, son dévouement et son engagement. Hanna a formé des générations de jeunes filles des classes Terminales à l’effort personnel à la réflexion scientifique et suscité dans le cœur de ces futures femmes juives la fierté de porter les valeurs du Judaïsme et de la Hassidout ».

Avec une fermeté bienveillante, une volonté constante, Hanna rappelait aux principes essentiels du judaïsme : la transmission, l’éducation des filles, la pureté familiale, « une Mitsva accessible à tous ». Soucieuse de démontrer la simplicité de la pratique, Hanna avait consacré une énergie considérable à la rédaction, la composition et la diffusion d’un «précis des lois de pureté familiale» co-écrit avec Mme Bassie Azimov.

Le succès de cet ouvrage traversa l’Atlantique, au point qu’on découvrit une version anglaise à New York, dotée d’une jaquette identique. Son respect exemplaire pour ses parents et son souci permanent de leur santé et de leur bien-être ont marqué bien des esprits. Hanna avait organisé à la mémoire de sa mère une exposition très réussie, visant à expliquer et diffuser de façon interactive les lois de la cacheroute. Elle incarnait avec force le Midrach Toldot (63-2) : « Itshak portait Avraham son père en couronne, et Avraham portait également Ytshak en couronne ».

A l’âge de 62 ans, Hanna est partie si vite, trop vite. Des centaines de personnes se sont manifestées depuis, de France et du monde entier : d’Israël, du Maroc, de Suisse, des Etats-Unis, de Russie… Son rayonnement s’étendait bien au-delà de ses actions.

 

 

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