Un jeune Loubavitch, dont le frère est tombé au combat l’an dernier, a été arrêté à Haïfa alors qu’il tenait un stand de Tefillines en sa mémoire. L’incident, marqué par un déploiement policier disproportionné, a provoqué une vague d’indignation dans tout le pays. Les images de cette interpellation musclée continuent de susciter l’émoi au sein de la communauté juive.
Qui était le sergent Chneour Zalman Cohen ?
Le sergent Chneour Zalman Cohen, que son souvenir soit béni, est tombé au combat dans le nord de la bande de Gaza le Chabbat de la Paracha Noa’h, Roch ‘Hodech ‘Hechvan 5785, en novembre 2024. Il n’avait que vingt ans.
Issu d’une famille Loubavitch parmi les plus anciennes de l’implantation de Yitzhar, en Samarie, Chneour Zalman était le fils de Zeev et Dina Cohen. Il laisse derrière lui ses parents et huit frères et sœurs. Après avoir étudié à la Yechiva de Mitspe Yitzhar, puis à la Yechiva Tomkhei Temimim en Erets Israël, il avait participé au programme Kevoutsa en 5783. Il servait dans le bataillon ‘Haredi Tomer de la brigade Guivati.
Avant même son incorporation dans Tsahal, le jeune homme s’était porté volontaire au sein de l’équipe de défense régionale, démontrant un dévouement exemplaire envers la protection de sa communauté. Lors d’une interview télévisée devenue célèbre après sa mort, il avait déclaré avec conviction : « Oui, ‘Haredi ou non ‘Haredi, peu importe, je suis un ‘Hassid de Habad ! Je suis ici en mission du Rabbi ! »
Yossi Dagan, chef du Conseil régional de Samarie, lui a rendu un vibrant hommage : « Chneour était un être d’une grâce intérieure qui rayonnait vers l’extérieur. Il étudiait la Torah et était également un combattant talentueux. Il a été élevé par une famille de véritables pionniers, Dina et Zeev Cohen, qui ont déménagé au plus fort de la guerre d’Oslo, pendant la Deuxième Intifada, pour renforcer les localités du nord de la Samarie. »
Il fut le vingt-cinquième habitant du Conseil régional de Samarie à tomber dans la guerre des Épées de Fer. En avril 2025, après une longue bataille menée par sa famille, Tsahal a officiellement reconnu sa mort comme une perte de guerre, portant le nombre officiel de victimes de Tsahal depuis le début du conflit à 847 soldats.

Un stand de Tefillines transformé en hommage fraternel
Mena’hem Cohen, originaire de Yitzhar, a été arrêté vendredi dernier à Haïfa, en Erets Israël, dans des circonstances qui ont choqué l’opinion publique. Ce jeune Loubavitch, frère endeuillé d’un soldat de Tsahal tombé au combat, avait installé un stand de Tefillines en mémoire de son frère, le sergent Chneour Zalman Cohen, que son souvenir soit béni.
Accompagné de quelques amis, Mena’hem avait disposé son stand dans une rue de Haïfa, arborant une pancarte ornée de la photo de son frère. Cette initiative personnelle visait à élever l’âme du défunt tout en aidant le jeune homme à surmonter son deuil. L’activité se déroulait dans le calme le plus total, de nombreux passants s’arrêtant pour accomplir la Mitsva des Tefillines.
Un déploiement policier démesuré
La situation a basculé lorsqu’un véhicule des services municipaux s’est présenté sur les lieux. Rapidement, des renforts considérables sont arrivés : pas moins de six voitures de police, donnant l’impression d’une intervention destinée à répondre à un crime grave.
Mena’hem Cohen a été interpellé, le stand de Tefillines et la pancarte commémorative ont été confisqués. Selon les témoignages, le jeune homme aurait même été malmené lors de son arrestation. Ce n’est qu’après une mobilisation massive sur les réseaux sociaux et une pression publique intense qu’il a finalement été relâché.
Une indignation généralisée
L’incident a déclenché une vague de protestations sur les réseaux sociaux. Le fait qu’un frère endeuillé, dont la seule intention était d’honorer la mémoire d’un soldat de Tsahal tombé au combat en aidant ses frères juifs à mettre les Tefillines, soit traité de la sorte a profondément choqué la communauté.
Le Rav Yehouda Ginzburg, émissaire du Rabbi à Haïfa, a réagi avec fermeté : « Depuis plus de cinquante ans, les ‘Hassidim de Habad sillonnent la ville de Haïfa pour aider les Juifs à mettre les Tefillines. Cette activité s’est toujours déroulée dans une atmosphère positive. Malheureusement, certains cherchent à attiser les tensions. »
Et d’ajouter : « Nous sommes profondément peinés par ce qui s’est passé. Nous attendons de la municipalité de Haïfa qu’elle présente ses excuses et qu’elle travaille en coordination avec cette activité si importante. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une erreur ponctuelle de la ville et non d’une politique délibérée. »
La version de la police
La police israélienne a publié un communiqué contestant une partie du récit relayé dans les médias. « Contrairement à ce qui a été allégué dans des publications susceptibles d’induire le public en erreur, il s’agissait d’une brève interpellation d’un individu suite à une altercation avec des inspecteurs municipaux sur place », précise le communiqué.
« Pour clarifier les choses : la police n’a aucun intérêt à nuire aux stands de Tefillines, et cet incident n’avait aucun lien avec le stand lui-même. Il était question d’une infraction pour nuisance sonore et d’un comportement véhément envers les inspecteurs, qui ont fait appel à la police municipale. L’individu a été libéré après quelques minutes d’enquête policière, et l’affaire sera examinée avec la municipalité. »
Des questions qui demeurent
Malgré les clarifications de la police, les images et les témoignages montrant un frère endeuillé interpellé alors qu’il rendait hommage à un soldat tombé au combat ont profondément marqué les esprits. Cet incident soulève des interrogations plus larges sur l’attitude de la ville envers ceux qui s’engagent dans les Mivtsaïm du Rabbi, ces campagnes de diffusion du judaïsme qui constituent l’essence même de la mission Loubavitch.






















