Le jour de la hilloula du saint Ari, la ville de Tsfat a inauguré un nouveau Mikvé baptisé « Or Atias », dédié à l’élévation de l’âme de Raphi et Yehoudit Atias ainsi que de leurs six enfants, disparus voici quatorze ans dans un tragique accident de la route. Longtemps demeuré inachevé, l’édifice se dresse désormais comme un lieu de pureté d’un raffinement remarquable, au service de toute une région. Fruit de l’engagement de leur fille survivante, Ra’hel Atias, de Rabbanim Habad et du Chalia’h Chnéor Lipsker, adjoint au maire de la ville, ce Mikvé incarne le passage bouleversant de la douleur à la sainteté.
Un cercle qui se referme après vingt-cinq ans
Inauguré dans le quartier de Kna’an, ce nouveau Mikvé symbolise une émouvante fermeture de boucle. Durant près de vingt-cinq années, le bâtiment n’avait été qu’une structure abandonnée, un squelette de béton laissé inachevé. Aujourd’hui, sa construction est enfin menée à son terme : il s’élève comme un Mikvé somptueux, conçu selon des standards modernes dignes d’un espace de bien-être, destiné à servir les habitants de la ville et de toute la région environnante. Au-delà de sa vocation rituelle, il perpétue, dans une voie de sainteté et de continuité, la mémoire de la famille Atias.
Une tragédie qui bouleversa tout le pays
Le drame remonte à la nuit du 22 mai 2012 (5772). Cette nuit-là, la famille Atias regagnait son domicile du village de Bar Yo’haï, en Haute-Galilée, après avoir pris part à une cérémonie d’inauguration d’un Sefer Torah à Migdal HaEmek. Sur la route en descente menant vers Tibériade, la voiture perdit ses freins et échappa à tout contrôle : avant un virage abrupt, elle franchit la glissière de sécurité, bascula dans un ravin et s’embrasa. Le père, Raphi Atias, âgé de quarante-deux ans et directeur de l’école « Miftan » de Tsfat, son épouse Yehoudit, du même âge, ainsi que six de leurs enfants trouvèrent la mort sur les lieux : Aviya, dix-sept ans, élève d’Oulpana à Méron, les jumelles Neria et Elichiv, seize ans, Chira, Taïr et la petite Noa, benjamine de la fratrie.
Près de deux mille personnes accompagnèrent les défunts lors de leurs obsèques à Tsfat, dans une émotion qui étreignit le pays tout entier.

Raphi et Yehoudit Atias ainsi que de leurs six enfants, disparus dans un tragique accident de la route
Ra’hel, l’unique rescapée
De cette famille de huit âmes, seule Ra’hel Atias, alors âgée de sept ans, survécut à l’accident. N’étant pas attachée, elle parvint à ouvrir une portière et à s’extraire du véhicule en flammes, avant d’être évacuée vers le centre hospitalier Rambam de ‘Haïfa. C’est à son réveil, entourée de ses proches et de son éducatrice, qu’elle apprit l’ampleur de la catastrophe qui venait de la priver de ses parents, de ses frères et de ses sœurs. Devenue le dernier maillon vivant des siens, c’est elle qui, des années plus tard, fit un don considérable pour engager la construction du Mikvé aujourd’hui érigé à leur mémoire.
Une œuvre collective portée par le Chalia’h Chnéour Lipsker
L’achèvement du projet a été rendu possible grâce à l’action considérable de l’adjoint au maire et représentant de Habad au sein de la municipalité, le Chalia’h Chnéour Lipsker, qui s’est dévoué sans relâche pour faire aboutir ce chantier prestigieux. Ce succès est également le fruit d’une étroite collaboration avec le ministère des Services religieux, le Conseil religieux de Tsfat, la municipalité de la ville et plusieurs autres partenaires.
Une cérémonie en présence des grandes figures du judaïsme
L’inauguration s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités du monde rabbinique. Y prenaient part le Grand Rabbin d’Israël, le Gaon Rav Kalman Meïr Bar, ainsi que l’Admour Sidna, Rav Baroukh Abou’hatséra. Étaient également présents le Rav de la ville de Tsfat, le Gaon Rav Chemouel Eliyahou, le maire Yossi Kakon, le président du Conseil religieux Rav Nehorai La’hiani, le directeur du centre de pureté Rav Moti Krimlovsky, le Mara Déatra de la communauté Habad Rav Mordekhaï Bistritsky, ainsi que le Mara Déatra de la communauté Habad de Rehovot et secrétaire adjoint du tribunal rabbinique de Habad, Rav Mena’hem Mendel Gloukhovsky, et le Rav Dov Kaplan. À leurs côtés se pressaient de nombreux Rabbanim, personnalités publiques, membres de la famille Atias et fidèles venus en grand nombre.

La plus belle des perpétuations
Dans les allocutions de bénédiction, il fut souligné que la plus digne des perpétuations réside dans l’édification d’un lieu où l’on pourra accomplir la Mitsva de la pureté familiale, ajoutant ainsi vie, sainteté et bénédiction au sein du peuple d’Israël. La cérémonie s’est achevée par la pose des Mezouzot, la coupure du ruban et une visite du nouveau Mikvé.
































