Les États-Unis et Israël ont engrangé des succès militaires éclatants lors des opérations « Chaagat Haari » et « Am Kelavi », qui ont conduit l’Iran à son point le plus bas sur le plan stratégique. Pourtant, en préférant un accord diplomatique fragile à un changement durable sur le terrain, Donald Trump risque de réduire à néant la portée de cette victoire. Sans décision militaire véritable ni pleine liberté d’action, le papier signé ne vaudra rien face à un Iran qui se reconstituera.

 

Chanael 14

 

Il y a un an, Israël lançait l’opération « Am Kelavi », une offensive spectaculaire couronnée de succès militaires éclatants. La victoire sur l’Iran semblait à portée de main, et après le coup d’ouverture de « Chaagat Haari », on aurait pu croire le régime iranien au bord de l’effondrement. Aujourd’hui, alors qu’un accord de cessez-le-feu s’apprête à être signé entre les États-Unis et l’Iran, l’inquiétude domine en Israël. L’arrangement qui se dessine pourrait porter atteinte au pays à deux reprises : à court terme comme à long terme.

À court terme, un marché à sens unique

À court terme, l’accord fige une situation pour soixante jours, alors qu’en réalité l’Iran ne concède rien et reçoit en échange un cessez-le-feu, la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que le dégel de dizaines de milliards de dollars. Cette réalité soulève une question préoccupante : la liberté d’action israélienne au cœur de l’Iran est-elle préservée, et quelles sont les conséquences directes de cette démarche sur le théâtre libanais et sur la capacité de manœuvre militaire de Tsahal dans la région ?

À long terme, la question nucléaire demeure ouverte

À long terme, l’accord n’apporte aucune réponse claire quant à l’avenir du projet nucléaire. La clause portant sur l’uranium enrichi est rédigée de manière trop générale et laisse à l’Iran des capacités enfouies sous terre, dans des zones qu’Israël n’a pas frappées. Selon toute vraisemblance, l’Iran gèlera temporairement son programme, mais pourra y revenir dès qu’il le souhaitera. De surcroît, l’accord n’offre aucune réponse à la menace des missiles balistiques ni au financement continu des relais régionaux : les Houthis, le parti de D.ieu et le Hamas.

Un accord gravé sur le papier seulement

Le principal problème tient à ce que l’accord fige une réalité sur le papier, alors que les deux gardiens du seuil, le président Trump et le Premier ministre Netanyahou, ne resteront pas éternellement en poste — et c’est précisément là-dessus que mise l’Iran. Frappés mais non vaincus, les Iraniens cherchent à gagner du temps et à traverser l’ère Trump-Netanyahou, pour ensuite faire ce qu’ils savent faire de mieux : violer méthodiquement l’accord en tirant parti des changements politiques en Occident afin de se reconstituer et de se renforcer à nouveau.

Le défi de préserver la liberté d’action

Cette situation met en péril la sécurité de l’État, car l’accord laisse Israël seul face à la capacité de reconstitution iranienne. Le grand défi de Netanyahou consiste à préserver l’intérêt sécuritaire et la liberté d’action au Proche-Orient. Il lui faut prendre l’immense acquis militaire de cette guerre et le convertir en un résultat tangible sur le terrain, en gardant à l’esprit que, dans le cas de l’Iran, le papier sur lequel l’accord est signé ne vaut tout simplement rien.