Des centaines d’Iraniens ont rejoint ce dimanche un grand rassemblement de protestation à Londres contre la vague d’antisémitisme qui secoue la capitale britannique. Parmi les manifestants, l’un d’eux brandissait une pancarte représentant le Premier ministre Benyamin Netanyahou coiffé d’une couronne royale et revêtu d’une cape d’apparat. La communauté juive britannique, frappée par une série d’attaques incendiaires ciblant ses institutions, exprime une inquiétude profonde face à ce que certains n’hésitent plus à qualifier d’échec catastrophique de l’État.

 

 

Un rassemblement inédit dans les rues de Londres

Des centaines de manifestants se sont rassemblés ce dimanche à Londres pour protester contre la vague d’incidents antisémites graves survenus au cours du dernier mois. Parmi eux, une présence aussi symbolique que remarquée : des centaines d’Iraniens de la diaspora, pour la plupart opposants au régime des mollahs, ont tenu à se joindre au cortège pour témoigner de leur solidarité avec la communauté juive britannique.

Fuyant eux-mêmes un régime qui fait de la haine d’Israël un pilier de son idéologie, ces Iraniens en exil n’ont pas caché leur attachement à l’État hébreu ni leur estime pour son dirigeant. L’un d’eux brandissait une pancarte représentant le Premier ministre Benyamin Netanyahou paré d’une couronne et d’une cape royale — une image forte, adoptée par une partie de l’opposition iranienne pour exprimer son admiration envers celui qu’elle considère comme un rempart contre le régime de Téhéran. La photographie a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant ce phénomène croissant au sein de la diaspora iranienne : un rapprochement sincère avec Israël, vécu comme un acte de résistance face à la théocratie qui opprime leur pays d’origine.

Une série d’attaques contre des institutions juives

La vague d’antisémitisme en Europe a conduit à l’arrestation de neuf personnes à Londres, soupçonnées d’avoir participé à des tentatives d’incendie et d’attentat contre des cibles juives dans la ville. Quelques jours auparavant, la police avait été alertée après qu’un individu avait déposé un sac contenant des bouteilles de liquide inflammable devant un commerce juif avant d’y mettre le feu. Dans un autre incident, deux suspects au visage masqué avaient lancé des cocktails Molotov et des briques en direction d’une synagogue réformée du quartier de Finchley. Le mois dernier, quatre ambulances de l’organisation Hatzalah avaient été incendiées devant une synagogue du quartier de Golders Green.

L’inquiétude monte au sein de la communauté juive

Face à cette situation alarmante, les représentants de la communauté juive n’ont pas tardé à élever la voix. Le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, Ephraim Mirvis, a déclaré qu’une « campagne soutenue de violence et d’intimidation contre la communauté juive britannique prend de l’ampleur ». L’organisation Campaign Against Antisemitism a, quant à elle, vivement critiqué la gestion de cette vague d’attaques par les autorités, qualifiant la situation d’« échec catastrophique de l’État ». L’organisation a appelé le gouvernement britannique à inscrire les Gardiens de la Révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes, invoquant une radicalisation croissante et une ingérence étrangère manifeste. Le président du conseil des délégués des communautés juives, Phil Rosenberg, a tenu à affirmer haut et fort que la communauté juive « ne se laissera pas intimider par ces actes de haine ».aine ».