En juillet 1977, à la veille d’entretiens décisifs avec le président américain Jimmy Carter, le Premier ministre israélien Mena’hem Begin choisit de faire halte au siège mondial du mouvement Habad, à Brooklyn, pour solliciter les bénédictions du Rabbi Mena’hem M. Schneerson. Pendant plus d’une heure, les deux hommes s’entretinrent en tête-à-tête dans le bureau du Rabbi, avant qu’une conférence de presse improvisée ne révèle au monde entier la profondeur de leur relation. Ce moment historique, empreint de dignité et de conviction juive, allait marquer durablement la mémoire collective du peuple d’Israël.
Un bouleversement politique sans précédent
C’était une période de tourmente politique en Israël. Le Premier ministre Its’hak Rabin, membre du Parti travailliste, avait démissionné, provoquant de nouvelles élections générales. Le scrutin apporta un changement radical à ce petit pays : le 17 mai 1977, le Likoud, parti de droite, accéda au pouvoir, mettant fin à vingt-neuf années de gouvernance de la gauche.
L’Égypte, l’Arabie saoudite et les États-Unis s’affolèrent, cherchant à anticiper les prochains mouvements du nouveau Premier ministre, Mena’hem Begin. Celui-ci appela les nations arabes à venir s’asseoir à la table des négociations pour trouver une résolution pacifique au conflit du Moyen-Orient. Ce qu’il refusait catégoriquement, en revanche, c’était de céder des territoires en échange de la paix. Selon le rapport du magazine Time du 4 juillet de cette année-là, Begin affirmait qu’agir ainsi mettrait « chaque ville et chaque foyer d’Israël » à portée des canons arabes.
Le même rapport précisait : « À Jérusalem, il est désormais de bon ton de désigner la Cisjordanie sous le nom de « Judée et Samarie » ou de « terre libérée », plutôt que de « territoire occupé ». »
Au début du mois de juillet, le président américain Jimmy Carter fit parvenir un message à Israël : « Les négociations doivent commencer sans aucune condition préalable. Cela signifie qu’aucun territoire, y compris la Cisjordanie, n’est automatiquement exclu des points à négocier. »
Dans un article du 11 juillet intitulé « Un coup de semonce contre Begin », le Time concluait que l’administration Carter avait clairement signifié son impatience envers Jérusalem, ainsi que sa conviction qu’en contrepartie de la paix, Israël devait se retirer de la quasi-totalité des territoires conquis et accepter une forme de foyer national pour les Palestiniens.
Une escale pour recevoir conseils et bénédictions
La pression était intense sur le Premier ministre alors qu’il se préparait à se rendre à Washington pour s’entretenir avec le président Carter. Mais avant de rejoindre la capitale américaine, Begin fit un détour par le siège mondial de Habad. Selon les mots de Yehouda Avner, l’un de ses proches collaborateurs, Begin « entretenait depuis longtemps une relation étroite avec le Rabbi. C’est ainsi qu’il vint lui présenter ses respects et recevoir ses bénédictions avant de poursuivre son voyage vers Washington ».
Le 17 juillet 1977, 2 Av 5737 (1977), le Premier ministre arriva pour une audience privée avec le Rabbi Mena’hem M. Schneerson, de mémoire bénie.
Le Rabbi sortit du siège mondial de Habad par une chaleur de quarante degrés, tandis que des milliers de personnes acclamaient le Premier ministre depuis derrière les barrières de police. Le Rabbi et Begin se serrèrent chaleureusement la main et, côte à côte, se dirigèrent ensemble vers l’entrée de l’immeuble. Le Rabbi s’effaça pour laisser le Premier ministre entrer le premier, mais Begin refusa. La même scène se reproduisit aux deux autres portes par lesquelles ils passèrent. Finalement, les deux hommes pénétrèrent ensemble dans le bureau du Rabbi.

Begin s’assit et, évoquant une maxime de nos Sages, dit au Rabbi que les photographes font partie de ces choses « auxquelles il n’y a pas de mesure ».
« Que la presse soit bonne ou mauvaise, c’est cela la démocratie », répondit le Rabbi.
Le Rabbi et le Premier ministre tinrent ensuite une brève conférence de presse pour les médias internationaux présents. Begin prit la parole en premier, en hébreu, puis le Rabbi s’exprima en yiddish. Par la suite, à la demande des journalistes américains, ils traduisirent une partie de leurs propos en anglais. Le Premier ministre Begin déclara :
« Je suis venu ce soir auprès de notre grand maître et enseignant, le Rabbi, pour lui demander sa bénédiction avant de me rendre à Washington rencontrer le président Carter, en vue des entretiens importants que nous allons tenir sur l’avenir du Moyen-Orient.
Le peuple d’Israël prie pour le succès de ces réunions d’une très grande importance. Je ne les qualifie pas de réunions « fatidiques », car le peuple d’Israël, le peuple juif, est un peuple éternel, et son sort et son avenir ne dépendent pas d’une rencontre politique avec le dirigeant du monde libre.
Toutefois, une telle réunion revêt une grande importance pour notre avenir, et c’est pourquoi j’ai sollicité la bénédiction du Rabbi, de notre grand maître.
Le Rav Schneerson est un homme illustre en Israël. Nous le respectons tous, nous nous en remettons tous à son jugement. Il aime profondément la maison d’Israël. Il a témoigné de son attachement et de son amour profonds pour nos enfants. Ses bénédictions me sont précieuses. J’espère qu’elles me fortifieront dans cette mission très importante que je vais accomplir lors des entretiens avec le président Carter, le président des États-Unis.
Espérons que de ces réunions naîtra une avancée vers la sécurité et la paix, une paix véritable entre Israël et les nations arabes, cette paix que nous appelons de nos vœux et de nos prières, et qui finira par régner au Moyen-Orient. »
Le Rabbi prit ensuite la parole :
« Mon intervention principale était dans la langue des Juifs de Russie, d’où je viens, mais j’ajoute quelques mots pour résumer mes bénédictions pour le grand succès de cette mission très importante du Premier ministre, et pour souligner une seconde fois que j’accepte l’honneur de cette visite non pas en mon nom personnel, mais au nom du mouvement de Loubavitch, qui s’est consacré depuis des siècles à imprégner les Juifs du monde entier d’une foi totale en D.ieu Tout-Puissant, et de la certitude que leurs vœux de bien seront exaucés, en s’attachant à notre tradition de Torah et de Mitsvot, pour aller de force en force en répandant la bonté et la bienfaisance autour de nous. Cela constituera également un vase propice à recevoir les bénédictions de D.ieu Tout-Puissant pour tous leurs besoins, en exil et en Terre Sainte, et pour obtenir une paix véritable, en préparation de la venue du Machia’h, promptement en notre temps.
Et bien entendu, un remerciement tout particulier au Premier ministre, et à travers lui, à tous les Juifs d’Eretz Israël, en notre Terre Sainte, dans son ensemble. »
Un journaliste demanda au Rabbi s’il accordait sa bénédiction au Premier ministre pour son voyage à Washington. « Oui, à plus de cent pour cent », répondit-il.
Le Rabbi se tourna alors vers un journaliste et lui dit : « Ne soyez pas offensé par mon accent. » « C’était très clair, aucun problème », répondit le journaliste. Le Rabbi enchaîna : « Il en va de même pour la Terre Sainte — aucun problème. »
Quand un reporter lui demanda de préciser sa pensée, le Rabbi expliqua : « Qu’il n’y ait aucun problème pour la Terre Sainte. Et pour le Premier ministre aussi, que sa vie soit allégée. » Comme le journaliste indiqua ne pas saisir à quoi le Rabbi faisait allusion, ce dernier lui dit : « Vous pourriez faire quelque chose du côté des médias ? »
« Tout ce que je peux faire, je le ferai. »
« Les médias aux États-Unis ont une très grande importance », conclut le Rabbi.
« Mais vous avez plus d’influence que nous ! » dit le journaliste. Le Rabbi répondit : « Faites de votre mieux, quand même. »
Ce qui se dit dans le bureau du Rabbi
Après les déclarations publiques, le Rabbi et Begin se retirèrent seuls pendant une bonne heure.
Pendant ce temps, les membres de la délégation du Premier ministre eurent droit à un cours accéléré sur la philosophie Habad et les mélodies ‘hassidiques.
« La réunion s’est prolongée jusqu’après minuit à Brooklyn », rapporta Bill Seamans sur ABC Nightly News, « point d’orgue d’une longue journée de rencontres avec des dirigeants juifs américains qui ont apporté au Premier ministre Mena’hem Begin un témoignage de soutien de dernière minute avant sa réunion avec le président Carter. Plusieurs milliers de membres du mouvement Habad de Juifs ‘hassidiques ont accueilli Begin lorsqu’il est arrivé pour rencontrer leur chef, le Rav Mena’hem Schneerson, tard hier soir. Begin a été très ému par cet accueil. »
En attendant que le Rabbi et le Premier ministre sortent de leur entretien privé, le journaliste fut surpris de découvrir que les membres de Habad utilisaient des équipements de haute technologie : les bénédictions du Rabbi pour la réunion de Begin étaient « immédiatement diffusées à des Juifs du monde entier par la salle de communications du mouvement ».
« Le Rabbi s’adresse au public à certaines occasions dans l’année », expliqua le journaliste. Il interviewa l’un des responsables des retransmissions, qui déclara : « Nous diffusons sa parole dans le monde entier, dans tous les pays qui ne sont pas communistes. Il y a Israël, Londres, l’Australie, Chicago, Los Angeles… Nous avons 26 centres répartis en 12 pôles, et à partir de là, les diffusions s’étendent aux autres nations et aux autres pays de leurs continents. Voici la structure de base : de ce téléphone vers 26 endroits dans le monde. De Londres, cela rayonne dans toute l’Europe… »
À 0 h 40, le Rabbi et le Premier ministre firent leur apparition. Begin s’excusa auprès de ses collaborateurs pour le temps qu’il avait passé avec le Rabbi, et le Rabbi dit : « C’est de ma faute. »
Les collaborateurs répondirent qu’il n’y avait aucun problème : « Entre-temps, nous avons appris de la Torah. »
À l’extérieur, la presse demanda au Premier ministre de révéler le sujet de sa conversation avec le Rabbi.
« Tout ce que je dis au Rabbi et ce qu’il me dit reste entre nous », répondit-il. « C’est une vieille coutume entre nous depuis de nombreuses, nombreuses années — ce n’est pas ma première rencontre avec le Rav Schneerson, nous nous sommes rencontrés de nombreuses fois, alors que je servais encore mon peuple dans l’opposition — et davantage encore depuis que je suis Premier ministre.
« Chaque conversation avec le Rabbi est entièrement confidentielle. Vous ne me demanderez donc pas à la télévision ou à la radio de vous dire ce dont nous avons parlé. »
Le Rabbi raccompagna ensuite le Premier ministre jusqu’à sa limousine. En retournant vers sa propre voiture, le Rabbi salua d’un signe de la main tous les policiers qui étaient restés là si tard dans la nuit.
Begin à Washington : la fierté juive en étendard
À Washington, le Premier ministre ne céda pas aux exigences humiliantes de l’administration Carter. Il tint ferme, avec une fierté juive inébranlable.
Le 19 juillet, lors d’un dîner officiel, il fit savoir à tous les convives que la nourriture dans son assiette était cashère. Il coiffa alors une kippa et récita à voix haute la bénédiction traditionnelle remerciant D.ieu pour les aliments. « Parfois, comme je l’ai encore entendu aujourd’hui », déclara Begin, « des journalistes sous-entendent quelque chose lorsqu’ils m’interrogent sur la Bible. Je n’ai pas honte de dire que je crois de tout mon cœur à la Providence divine. Sans la Providence divine, où serions-nous aujourd’hui ou ce soir ? Nous avons tous été condamnés à mort, et la vie de chacun d’entre nous est un cadeau. Nous aurions pu nous trouver là-bas, dans les trains et dans les camps, comme la femme de mon ami et secrétaire, une jeune femme qui a passé trois ans à Auschwitz, regardant chaque jour la fumée s’échapper des cheminées et sachant ce qui s’y passait. »
Cette posture ne suscita aucune hostilité — bien au contraire. Le Premier ministre fut loué pour son courage et ses convictions. Le président déclara aux convives : « Nous avons eu l’occasion de nous connaître personnellement, et il m’est apparu clairement que notre hôte est un dirigeant fort. C’est un homme de profondes convictions et de principes inébranlables. C’est un homme de vérité et de dignité tranquille. C’est un homme courtois et très modeste. »
Begin exprima sans hésiter sa conviction profonde que le gouvernement israélien ne pouvait pas empêcher les Juifs de s’établir dans toutes les parties de la terre d’Israël. « Pourquoi est-il permis à un Juif de s’installer et de vivre à Bethel ou à Shiloh aux États-Unis, des villes portant des noms de lieux en Judée et Samarie, mais lui est-il interdit de construire sa maison à Shiloh ou Beth El, les originaux ? » aurait-il demandé au président lors de leurs entretiens. « Je ne prêterai pas la main à la discrimination contre les Juifs en Terre d’Israël. »
Au dîner, il expliqua : « S’il s’agissait d’un conflit territorial, il n’y aurait aucune raison de ne pas faire la paix avec Israël. C’est un conflit historique. Nous sommes venus là-bas. Nous sommes venus par droit sur la terre de nos ancêtres. Mais cela n’a pas été reconnu, et à maintes reprises des tentatives ont été faites pour nous détruire. Parfois, un agresseur vaincu se présente comme la victime lésée. Mais nous savons ce qui s’est passé. Nous n’avons fait que nous défendre contre des tentatives répétées de détruire notre peuple, notre rêve, notre indépendance et, en fin de compte, nos vies. »
À tel point impressionné par la posture du Premier ministre que le président prit ses distances par rapport à ses déclarations antérieures et à celles de son administration : « Nous avons également exploré aujourd’hui des questions très sensibles, certaines pouvant se révéler embarrassantes en raison de déclarations faites dans la fièvre de la colère, du défi, du désespoir ou des profondeurs de l’insécurité. Avec un nouvel espoir qui se fait jour, nous voyons la nécessité d’une discussion franche de toutes les questions qui, par le passé, semblaient constituer des obstacles insurmontables à la paix. »
Le Premier ministre informa le président qu’il n’était pas venu seul à la Maison-Blanche : les saintes prières et les bénédictions des sages et du peuple juif du monde entier l’accompagnaient. « Permettez-moi de vous informer, monsieur, que notre direction spirituelle, le rabbinat, a demandé avant-hier au peuple de prier chaque jour pour le succès de ma mission. Et il a été décidé qu’il y a un chant particulier à réciter chaque jour, un peuple qui prie pour le succès d’une mission. »
Le président conclut : « Nous estimons tous deux que cette année est un moment propice pour progresser vers une paix véritable et permanente au Moyen-Orient, une reconnaissance par toutes les nations qu’Israël a le droit d’exister, d’exister en tant que nation fière et indépendante, d’exister de façon permanente et dans la paix. »
Le Time résuma la rencontre dans son numéro du 1er août : « Begin a impressionné les conseillers de la Maison-Blanche et du département d’État : spirituel, brillant, fin — et dur comme l’acier. » De fait, selon le même magazine, Washington accepta de fournir 106 millions de dollars pour la production d’un nouveau char israélien, le Merkava, et de livrer à Israël 18 hélicoptères d’attaque ainsi qu’un nombre indéterminé de chasseurs F-16.

La lettre du Rabbi : une fierté juive exemplaire
Dans une lettre datée du 1er août 1977, le Rabbi évoqua la manière dont le Premier ministre s’était conduit à Washington :
« En parlant de l’importance des communautés juives en diaspora, l’accent n’est pas mis seulement sur les chiffres tels qu’ils apparaissent dans un recensement national, mais aussi et surtout sur la qualité de la population et du leadership juifs, c’est-à-dire la mesure dans laquelle les Juifs s’identifient au judaïsme et aux causes juives.
Là encore, comme je l’ai souligné lors de notre discussion, il ne suffit pas de signer un chèque — si indispensable que soit l’aide financière —, mais une identification plus profonde et un engagement personnel s’imposent, touchant chaque Juif au plus intime de lui-même et se reflétant dans sa vie quotidienne en tant que Juif. Cette identification ne se limite pas au foyer, à la synagogue ou lorsqu’on est en société avec d’autres Juifs ; elle doit être manifeste partout, même parmi les non-Juifs, et même à la Maison-Blanche, avec une véritable dignité juive et une confiance déclarée en D.ieu, le Gardien d’Israël, et une fierté dans notre héritage et nos traditions juives — comme l’a si magistralement exprimé en paroles et en actes le Premier ministre Begin. Il est généralement admis que cette conduite digne du représentant juif lors de sa première rencontre avec le président des États-Unis a eu un impact immensément favorable et a établi des liens personnels entre les deux dirigeants, ce qui, espérons-le, aura des retombées bénéfiques considérables, notamment en termes de soutien américain.
J’ai confiance que vous avez suivi de près les temps forts et les détails de cette visite et les avez comparés à ceux de ses prédécesseurs. Voici que, pour la première fois, est venu un Premier ministre juif qui a déclaré à voix haute et claire qu’il arrive fortifié par les prières de ses coreligionnaires du pays et de l’étranger, et qu’il fait confiance en D.ieu et en l’éternité de son peuple pour que sa mission soit couronnée de succès. Et, comme vous le savez certainement, lorsqu’il s’est assis pour rompre le pain avec le président Carter, il a veillé à ce que le repas soit casher, il a coiffé une kippa, a prononcé une bénédiction et en a expliqué la signification au président. Tout cela lui a valu le respect et l’admiration du président et de tous ceux qui l’ont côtoyé. Même d’un point de vue purement pragmatique et diplomatique, cette approche ne peut que porter ses fruits, même si, malheureusement, ses prédécesseurs ne l’avaient pas reconnue. »
L’aide de camp revient rendre compte de Washington
Yehouda Avner rapporte :
« À la fin de l’audience, il fut décidé que je retournerais à New York après les entretiens à la Maison-Blanche pour informer le Rabbi de la façon dont ils s’étaient déroulés.
Lorsque je me présentai chez le Rabbi, comme convenu, nous nous retrouvâmes seuls dans son bureau lambrissé, dont le mobilier si usé par le temps en avait quelque chose d’ascétique. Nous nous exprimâmes en hébreu — le Rabbi dans un hébreu classique, le mien étant moderne. Et tandis qu’il disséquait mon rapport sur Washington, son autorité naturelle sembla s’approfondir. Elle tenait à quelque chose qui dépassait la connaissance. C’était dans son être même, quelque chose qu’il possédait dans son âme et que je serais bien incapable de définir.
Mon exposé et son questionnement durèrent près de quatre heures. »
Les nouvelles de New York : Begin à Kfar Habad
Le journaliste israélien chevronné Michael Sheshar relata un Farbrenguen à Kfar Habad auquel le Premier ministre assista plusieurs mois après son retour de Washington :
L’anticipation électrisée de l’assistance monte d’un cran quand le maître de cérémonie annonce que l’invité de la soirée est quelqu’un qui vient de rentrer d’une visite chez le Rabbi, et qu’il va « révéler quelques fragments de ce que le Rabbi lui a dit ».
Mena’hem Begin prend alors la parole. « J’étais en présence du Rabbi de dix heures moins le quart à minuit moins le quart. Le Rabbi travaille toute la nuit et ne dort pas. Aussi lui ai-je demandé pourquoi. Et il m’a répondu : « La pensée est plus concentrée la nuit. » Mais même le jour, il dort peu, et c’est ainsi qu’il double sa productivité. Ce faisant, il suit les voies de nos grands sages et déploie une force de volonté et une énergie considérables. C’est pourquoi le Rabbi n’a pas besoin de dormir comme une personne ordinaire.
« Ce qu’il a dit ? cela, le Rabbi ne m’a pas permis de le révéler… Cependant, vous laisser sans rien n’est pas possible non plus, alors je vous livrerai mes impressions de la rencontre.
« Ce n’est pas notre première rencontre sur les complots de nos ennemis et les faiblesses internes ; nous avons parlé des sujets les plus importants concernant notre patrie et la diaspora. Je suis sorti de cette réunion avec une grande impression de la familiarité et de la connaissance experte que le Rabbi a manifestées.
« « L’ennemi », a-t-il dit, « veut que nous lui cédions des parties de la Terre d’Israël pour pouvoir nous attaquer ; or notre sécurité repose sur le fait que nous devons assurer notre droit à la Terre d’Israël. » Le Rabbi dit à chaque individu que nous devons défendre notre droit à la terre de nos ancêtres, afin qu’elle soit l’héritage de nos enfants pour de nombreuses générations à venir.
« Nous devons renouveler la foi des Macchabées. Tel est le message de cet homme éminent et illustre »,
déclare le Premier ministre, avant d’ajouter quelques réflexions personnelles : « Je propose que nous montions tous à Jérusalem pour ‘Hanouka, la fête de la liberté, jusqu’au Mur occidental, d’un seul cœur, pour y dire une prière pour le droit permanent à la Terre d’Israël. Que ces prières soient exaucées, et que nous méritions tous des jours meilleurs et plus grands de sécurité et de paix. »
Ses paroles sont accueillies par des applaudissements mesurés, comme si la foule appelait à une suite — mais le temps du Premier ministre est compté. Il doit partir en hâte, tandis que l’orchestre l’accompagne jusqu’à la sortie sur l’air du psaume : « Ils trameront un complot, il sera déjoué, ils conspireront, cela ne se réalisera pas, car D.ieu est avec nous. »
La foule lui crie en partant : « Sois fort et merci ! », et certains vont jusqu’à lui donner une accolade chaleureuse.
















