Un nouvel échec cuisant à la Knesset : la proposition de loi «Qui est juif», portée par le député Avi Maoz, visant à réserver l’enregistrement comme juif aux seuls tribunaux rabbiniques, a été rejetée en séance plénière. Alors que les déclarations publiques se multipliaient en faveur de cette réforme, notamment lors des célébrations du 19 Kislev à Kfar Habad, les partis de droite ont brillé par leur absence au moment du vote décisif.

 

 

Une proposition visant à contourner la décision de la Haute Cour

La Knesset réunie en séance plénière a rejeté aujourd’hui la proposition de loi «Qui est juif» portée par le député Avi Maoz. Ce texte visait à établir que l’enregistrement comme juif au registre de la population ne pourrait s’effectuer que sur la base d’une conversion reconnue par les tribunaux rabbiniques, et non selon les directives de la Haute Cour de Justice qui avait statué en faveur de la reconnaissance des conversions réformées.

En 2021, la Haute Cour avait en effet ordonné la reconnaissance des conversions réformées et conservatrices en Israël, aux fins d’immigration en vertu de la Loi du Retour. L’article 4a de cette loi stipule qu’est juif « celui qui est né d’une mère juive ou qui s’est converti, et qui n’appartient pas à une autre religion ». La Haute Cour avait alors décrété que les conversions effectuées en dehors du Grand Rabbinat, notamment les conversions réformées, devaient également être reconnues.

La proposition de Maoz cherchait à contourner cette décision judiciaire par le biais de la loi sur le registre de la population, en stipulant que seuls ceux convertis par les tribunaux rabbiniques pourraient être enregistrés comme juifs.

Qui est Avi Maoz ?

Avigdor « Avi » Maoz, né le 6 juillet 1956 à Haïfa, est une figure marquante de la droite religieuse israélienne. Ancien parachutiste de Tsahal, il s’est fait remarquer dans les années 1980 par son combat pour les Juifs soviétiques, notamment en militant pour la libération de Natan Sharansky auprès du président Reagan. Sharansky le nommera ensuite directeur de cabinet dans plusieurs ministères entre 1999 et 2001.

En juillet 2019, Maoz fonde le parti Noam, formation sioniste religieuse inspirée des enseignements du Rav Tsvi Taou de la Yechiva Har Hamor, visant à renforcer l’identité juive d’Israël et l’autorité du Grand Rabbinat. Élu à la Knesset en 2021 puis réélu en 2022, il devient vice-ministre chargé de l’« Autorité de l’identité nationale juive ». Après avoir démissionné de ce poste en février 2023, il quitte définitivement la coalition en juillet 2025 et siège désormais dans l’opposition.

Un vote sans appel : 60 contre 15

Lors du vote en séance plénière, 60 députés se sont prononcés contre la proposition, tandis que seulement 15 l’ont soutenue, parmi lesquels les membres de Yahadout HaTorah et du Shass. La proposition a ainsi été rejetée dès la lecture préliminaire.

Dans l’entourage du député Maoz, on affirme que « le vote d’aujourd’hui a mis en lumière les déclarations du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Il y a tout juste un mois, lors des célébrations du 19 Kislev à Kfar Habad, le ministre s’était adressé publiquement au président de la coalition en déclarant : « Nous devons faire passer la loi Qui est juif ». Le résultat en séance plénière démontre que malgré ces déclarations fermes à Kfar Habad, Otsmah Yehoudit ne s’est pas mobilisée derrière cette initiative. »

L’appel du Rav Yeruslavski resté sans réponse

Le Rav Its'hak Yehouda Yeruslavsky : "Au cours des dernières 24 heures, quatre Hassidim Habad qui n'étaient pas été vaccinés n'ont pas survécu au Coronavirus" - hassidout.org« Malgré un appel personnel et direct du président du tribunal rabbinique Habad, le Rav Its’hak Yeruslavski, au ministre Betsalel Smotrich et au président d’Otsmah Yehoudit, le ministre Itamar Ben Gvir, les exhortant à soutenir cette proposition de loi, tous deux ont choisi, avec les membres de leurs partis respectifs, de disparaître et de faire échouer le texte », déplore-t-on au sein du parti Noam à la Knesset.

L’initiateur de la loi, le député Avi Maoz, a déclaré après le vote qu’il s’agissait d’un « échec historique », soulignant que le combat pour l’identité juive de l’État d’Israël se poursuivrait tant sur la scène publique que parlementaire. Selon lui, « aujourd’hui, on a vu clairement qui est prêt à assumer ses déclarations sur le caractère juif de l’État et qui choisit de fuir au moment de vérité. »

Des accusations de « manœuvre politique cynique »

Du côté d’Otsmah Yehoudit et de la coalition, on réplique aux accusations en affirmant que « le député Maoz ne souhaite pas réellement faire passer la loi Qui est juif, mais plutôt effectuer une manœuvre politique cynique. »

« La proposition de loi du député Avi Maoz, issu de l’opposition, compromet les chances de faire adopter la loi Qui est juif, car la majorité requise n’existe pas actuellement. Lorsqu’une loi est soumise au vote et qu’elle échoue, le prochain vote est automatiquement reporté de six mois. C’est précisément ce que fait Maoz en ce moment : il tente d’engranger un bénéfice politique, mais en réalité, il nuit aux chances d’adoption de la loi. »

La coalition ajoute que « la méthode employée par Maoz est totalement contraire à la position des Rabbanim de Habad, qui ont ordonné de ne promouvoir cette loi que lorsque la majorité nécessaire à son adoption serait réunie. »

« Il semble malheureusement que l’objectif d’Avi Maoz soit de tenter de déstabiliser la coalition et de porter atteinte à la stabilité du gouvernement de droite. » Ils précisent également qu’« après le retrait de la proposition de l’ordre du jour de la plénière, il faudra attendre six mois avant de pouvoir la représenter. Il n’y a désormais aucune chance que cette loi soit de nouveau soumise avant les prochaines élections, prévues pour le 16 Hechvan 5787. »

Les partis ‘Harédim votent selon leur conscience

Les partis ‘Harédim, actuellement dans l’opposition en raison de la loi sur l’enrôlement militaire, ne sont pas soumis à la discipline de coalition et ont voté en faveur de la proposition du député Maoz. En revanche, il est très décevant de constater que les députés de droite se sont pliés à la discipline de coalition, les membres d’Otsmah et de la Tsionout Hadatit s’étant abstenus en s’absentant de la séance plénière lors du vote.

Quoi qu’il en soit, avec ces luttes intestines au sein des partis de droite, il apparaît que l’amendement tant attendu à la loi «Qui est juif», pour lequel le Rabbi a tant plaidé, tarde encore à se concrétiser. L’assimilation dramatique résultant de l’absence de correction de cette loi continue de faire des ravages au sein du peuple juif, en Israël comme en diaspora.aspora.

 

Voici la traduction de cette lettre du Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski :


Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski
Rav et Président du tribunal rabbinique de Na’halat Har Habad Kiryat Malakhi

Avec l’aide de D.ieu

Jeudi 14 Kislev 5785

Aux honorables dirigeants Présidents des partis religieux et ‘Harédim

Le Rav Arieh Chlit »a Deri, le Rav Its’hak Chlit »a Goldknopf, le Rav Betsalel Chlit »a Smotrich, le Rav Itamar Chlit »a Ben Gvir

Paix et bénédiction !

Je viens par la présente avec une demande particulière et personnelle à tous ceux qui portent le nom d’Israël, concernant l’amendement de la loi « Qui est juif ».

Ce sujet tenait profondément à cœur au Rabbi de Loubavitch, et pendant de nombreuses années, il n’a cessé de plaider pour cet amendement à la loi, afin qu’il soit inscrit conformément à la Halakha selon laquelle est juif celui qui est né d’une mère juive ou qui s’est converti selon la Halakha.

Il est certain que l’amendement de cette question apportera le renforcement des affaires spirituelles dans notre Terre Sainte et ajoutera la continuité de la bénédiction divine et une grande réussite dans toutes les affaires du judaïsme qui sont à l’ordre du jour en ces temps.

Je vous demande de soutenir la proposition de loi sur le registre de la population qui sera présentée par le député Avi Maoz, et de contribuer à l’amendement de cette question qui concerne chacun des fils et filles d’Israël résidant en Terre d’Israël et en diaspora.

Avec bénédiction de réussite en tout.

Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski
Kiryat Malakhi Terre Sainte,
Tamouz 5781