Lors du grand banquet du Kinous Hachlouhim 5786, un moment d’une intensité rare a captivé les milliers de Chlou’him présents. Zalmi Feldman, jeune garçon ayant perdu ses deux jambes suite à une infection foudroyante alors qu’il n’était qu’un nourrisson, est monté sur scène pour délivrer un message de foi et de détermination. Son témoignage, empreint de maturité et de conviction, a arraché des larmes et des applaudissements à l’ensemble de l’assistance.

 

 

 

 

« Je ne me souviens pas du jour où j’ai perdu mes jambes »

Zalmi Feldman a ouvert son discours par ces mots simples mais puissants : « Je ne me souviens pas vraiment du jour où j’ai perdu mes jambes. J’étais un bébé. Mais je me souviens du moment où j’ai compris que ce n’était pas la fin de quoi que ce soit. C’était simplement le début de quelque chose d’autre. »

Cette introduction a immédiatement installé le ton de son intervention : celui d’un jeune homme qui refuse de se définir par ce qui lui manque, mais plutôt par ce qu’il possède et ce qu’il peut accomplir.

Une éducation tournée vers l’action

Décrivant l’atmosphère qui règne dans son foyer, Zalmi a expliqué : « Dans notre maison, personne ne parle de ce qui manque. Ça n’intéresse personne. On parle de ce qu’on a et de ce qu’on peut faire avec. »

Cette philosophie de vie, transmise par ses parents le Rav Mena’hem Feldman et son épouse, Chlou’him à Ness Tsiona en Israël, constitue le socle sur lequel Zalmi a bâti sa force intérieure. « Mon père me dit toujours : Zalmi, tu es un soldat du Rabbi, un soldat dans l’armée de D.ieu. Et un soldat n’attend pas qu’on lui donne de la force. Il avance, tout simplement. »

« Alors j’avance »

Avec une simplicité désarmante, Zalmi a poursuivi : « Alors j’avance. Parfois c’est difficile. Parfois je tombe. Parfois ça fait mal. Mais je sais que je suis un Chalia’h du Rabbi, et c’est ça qui me donne la force de me relever et de continuer à marcher. »

Cette déclaration a été accueillie par une salve d’applaudissements nourris, l’assemblée reconnaissant dans ces paroles l’essence même de la Chli’hout : persévérer malgré les obstacles, avancer avec joie et foi.

« Et chaque pas que je fais, même sur mes prothèses, c’est un pas avec le Rabbi », a-t-il ajouté, provoquant une nouvelle vague d’émotion dans la salle.

Un regard des autres transformé en force

Abordant la perception que les gens peuvent avoir de lui, Zalmi a confié : « Les gens me regardent parfois et me disent : Zalmi, tu es tellement fort ! C’est vrai qu’il y a quelque chose de vrai là-dedans, mais c’est seulement parce que j’essaie simplement de faire ce qu’il faut faire. Marcher avec joie, marcher avec foi, marcher comme un Chalia’h du Rabbi doit marcher. »

Un hommage vibrant à ses parents

Le moment le plus émouvant de son discours fut sans doute lorsque Zalmi s’est tourné vers son père : « Merci Papa. Merci à toi et à Maman de nous élever dans une maison de don, une maison de ‘Hessed, de fraternité, une maison de Chli’hout. Papa, tu ne nous racontes pas seulement le Rabbi. Tu nous montres comment vivre avec le Rabbi, comment donner, comment aider, comment croire, et surtout comment toujours, toujours avancer. »

« Grâce à toi, Papa, je ne ressens jamais qu’il me manque quelque chose. Au contraire, je sens que je fais partie de quelque chose de grand et que j’ai un rôle. Un rôle que moi seul peux accomplir. Et merci Papa de m’avoir appris comment continuer à marcher, même quand ce n’est pas facile. »

Vers la Guéoula

Zalmi a conclu son intervention par une prière collective : « Et ensemble, nous mériterons tous de marcher ensemble pour accueillir le Machia’h Tsidkénou ! »

Un hommage au Rav Liraz Zeira

Avant de quitter la scène, Zalmi a tenu à rendre hommage à une autre figure inspirante : le Rav Liraz Zeira, Chalia’h auprès des étudiants à Jérusalem, qui a perdu ses deux jambes après avoir marché sur une grenade lors de son service militaire en Tichri dernier.

« Je veux parler de quelqu’un de très spécial. Quelqu’un qui a déjà touché beaucoup de gens, et même s’il ne me connaît pas du tout, nous avons beaucoup en commun. Je parle du Rav Liraz Zeira, qui œuvre auprès des étudiants sur le campus de Jérusalem et qui, par sa manière unique, rapproche les jeunes du Rabbi. »

Zalmi a raconté comment, quelques heures seulement après son opération, le Rav Zeira avait demandé à se lever pour danser, illustrant ainsi « ce qu’est la volonté d’un véritable ‘Hassid ».

« Rav Liraz, au nom de tous les Chlou’him et de tout le peuple d’Israël, je te souhaite une Réfoua Chléma et je t’encourage à continuer ton travail sacré pour répandre la lumière, la foi et la joie partout et auprès de chaque Juif que tu rencontres. »