Partir en Chli’hout aux confins du monde : tel est le rêve de chaque enfant loubavitch. Pourtant, la Providence établit la majorité d’entre nous comme Baalé-Batim dans des communautés déjà constituées. Et si cette réalité, vécue parfois comme un échec, était précisément notre mission essentielle ? Un enseignement du ‘Hozé de Lublin révèle comment transformer nos désirs déçus en lumière, faisant de notre vie «ordinaire» la Chli’hout cruciale de notre génération.
Rav Aharon Lindenblit
Chaque enfant qui grandit à Loubavitch porte en lui le même rêve lumineux : partir en Chli’hout, s’élancer vers des terres lointaines, porter la flamme du judaïsme aux confins du monde. Cette vision façonne l’imaginaire de toute une éducation, nourrit les aspirations les plus profondes, oriente chaque apprentissage. Le Chalia’h incarne l’héroïsme ‘hassidique moderne – celui qui abandonne tout confort, toute sécurité, pour répondre à l’appel du Rabbi et illuminer les ténèbres de l’exil.
Pourtant, la Hachga’ha Pratit, la Providence divine, en décide autrement pour la majorité d’entre nous. Nous voici établis au cœur d’une communauté ‘Habad déjà constituée, Baalé-Batim parmi d’autres, tissant nos existences entre les exigences d’un travail séculier et les responsabilités de l’éducation familiale. Nous habitons Crown Heights, Kfar ‘Habad, ou l’une de ces grandes communautés loubavitch où les institutions fonctionnent déjà, où d’autres ont déjà tracé les chemins.
Et dans le secret de nos cœurs, cette réalité résonne parfois comme un échec cuisant, une destinée manquée, une vocation avortée. Nous n’avons pas été choisis. Nous sommes restés en arrière. Notre vie paraît banale, dépourvue de cette grandeur que confère la mission du Chalia’h. Nous sommes des ‘Hassidim « ordinaires », et cette ordinarité pèse comme un verdict.
Une controverse à Lublin
Pour éclairer cette blessure existentielle, remontons aux temps du ‘Hozé de Lublin, il y a deux siècles. La ville de Lublin, haut lieu d’érudition talmudique, comptait alors un grand rabbin que tous surnommaient l’« « Eizene Kop » » – la Tête de Fer. Ce surnom ne témoignait pas seulement de sa stature intellectuelle prodigieuse, mais aussi de son inflexibilité dans l’opposition au mouvement ‘hassidique. Brillant esprit mitnagued, représentant de cette école lituanienne attachée à l’étude rigoureuse et méfiante envers l’effusion mystique, il incarnait la résistance savante face à ce qui lui apparaissait comme les dérives émotionnelles du ‘Hassidisme.
Néanmoins, malgré ces divergences fondamentales, l' »Eizene Kop » entretenait une relation étonnamment cordiale avec Reb Yaakov Its’hak de Peshischa, le « Yid HaKadoch » – le Juif Saint. Ce dernier, disciple éminent du ‘Hozé de Lublin, ne manquait jamais, lors de ses voyages auprès de son Maître, de rendre visite au grand rabbin de la ville. Ces rencontres, empreintes de respect mutuel malgré les désaccords, témoignaient d’une époque où la controverse intellectuelle n’empêchait pas l’estime réciproque.
Un jour, lors de l’une de ces visites, l' »Eizene Kop » lança son défi avec la vigueur qu’on lui connaissait : « Vous autres, ‘Hassidim, vous délirez dans vos interprétations, et votre Rabbi tient des propos qui défient toute logique ! Tenez, prenez cette explication sur le verset ‘Vaekah et Avi’hem Meever Hanahar’ – littéralement ‘Et je prendrai vos pères de l’autre côté du fleuve’. Le ‘Hozé prétend qu’Hachem déclare : ‘Je prendrai Avi’hem – vos désirs, Meever – de l’autre côté, au-delà des transgressions, Hanahar – le fleuve, pour les métamorphoser en lumière !’ Quelle herméneutique fantaisiste ! Quel jeu de mots arbitraire ! C’est là votre méthode d’étude des textes sacrés ? »
La réaction du « Yid HaKadoch » fut immédiate et passionnée. Loin de se sentir acculé par la critique, il s’enflamma d’enthousiasme : « C’est vraiment ce qu’il a enseigné ? Mais c’est absolument magnifique ! Quelle profondeur ! » Et de développer, avec cette ardeur qui caractérisait les maîtres ‘hassidiques :
« Nos Sages nous enseignent un principe fondamental : Hachem comptabilise la Mahchava Tova keIlou Assa – la bonne pensée comme si elle avait été accomplie. Lorsqu’un Juif conçoit l’intention sincère d’accomplir une Mitsva mais en est empêché par des circonstances indépendantes de sa volonté, le Ciel lui en attribue le mérite intégral, comme s’il l’avait effectivement réalisée. En revanche, pour la transgression, Hachem manifeste une miséricorde infinie : la mauvaise pensée n’est pas comptabilisée tant qu’elle n’a pas été traduite en acte. Le désir mauvais, s’il demeure à l’état de tentation non concrétisée, ne constitue pas une faute.
« De même, nous enseignent nos Maîtres, lorsqu’un Juif accomplit une Techouva par amour – non par crainte du châtiment, mais par amour ardent d’Hachem et désir de se rapprocher de Lui – ses Zedounot, ses fautes délibérées du passé, se transmutent miraculeusement en Zekhoutot, en mérites. L’énergie spirituelle investie dans la transgression se retourne, s’inverse, devient source de lumière. Mais attention : cette transmutation ne concerne que les actes eux-mêmes. Les désirs qui animaient ces actes, les pulsions qui les motivaient, l’énergie passionnelle qui les alimentait – tout cela demeure du côté de l’impureté, non racheté.
« Or, voici que le ‘Hozé de Lublin dévoile une promesse divine d’une profondeur vertigineuse, une dimension supplémentaire de la Techouva que nos Sages n’avaient pas explicitement formulée. Hachem déclare : ‘Vaekah – et Je prendrai, et Avi’hem – vos pères’, c’est-à-dire vos désirs profonds, vos aspirations premières, Meever – de l’autre côté, au-delà même des transgressions, Hanahar – du fleuve, pour les transformer en source jaillissante de sainteté.
« Comprenez la portée révolutionnaire de cet enseignement ! Hachem promet non seulement de convertir l’acte de transgression en mérite, mais d’élever jusqu’à la passion fourvoyée elle-même, l’énergie vitale qui fut jadis dévoyée, la force du désir qui s’était fourvoyée dans les chemins de l’impureté – pour en faire jaillir la Kedoucha, la sainteté ! Rien ne se perd dans le processus de Techouva accomplie dans l’amour. Même l’intensité du désir coupable, même la fougue de la passion égarée, tout peut être récupéré, élevé, sublimé, transformé en combustible pour l’ardeur de la sainteté. »
La leçon du Meever Hanahar
La portée de cet enseignement ‘hassidique bouleverse radicalement nos certitudes les plus ancrées. Ce que nous percevons avec amertume comme notre insuffisance, notre échec, notre limitation – notre « Meever », notre relégation de l’autre côté, loin du centre de l’action – peut devenir précisément la source d’une lumière spirituelle plus intense encore – « Hanahar », le fleuve de sainteté qui jaillit.
Le principe s’avère d’une application universelle : dans le service divin, rien n’est jamais perdu. Aucune expérience, aussi douloureuse ou décevante soit-elle, n’est dépourvue de potentiel de sanctification. Tout peut être racheté, élevé, investi de sens sacré – à condition que nous acceptions de transformer notre regard, de cesser de mesurer notre valeur à l’aune de critères extérieurs de réussite.
Nous portons tous, gravé au plus profond de notre âme loubavitch, ce songe lumineux de Chli’hout lointaine. Nous nous imaginons dans quelque ville reculée, seul émissaire de lumière dans les ténèbres, bâtissant pierre par pierre un centre de vie juive là où régnait l’oubli. Cette vision nourrit notre formation, structure notre identité, définit notre horizon d’excellence.
Pourtant, la Hachga’ha Pratit – et ce n’est jamais un hasard – nous établit ailleurs : dans l’ordinaire parfois pesant d’une communauté ‘Habad déjà constituée, au rythme prosaïque et répétitif du travail séculier et des responsabilités familiales. Nous ne fondons pas de nouvelles institutions ; nous utilisons celles qui existent. Nous ne conquérons pas de nouveaux territoires spirituels ; nous occupons des positions déjà tenues. Notre quotidien se déploie entre les réunions professionnelles, les devoirs des enfants, les courses du Chabbat, les factures à payer.
Cette existence de Baal-Bayit, de père ou mère de famille intégré(e) dans les structures communautaires établies, peut sembler – et semble souvent – un renoncement amer, une résignation forcée, un compromis douloureux avec nos aspirations les plus nobles. La routine émousse l’enthousiasme initial. L’absence de reconnaissance extérieure pèse sur le moral. Le sentiment de ne pas avoir été « choisi » pour une mission spéciale ronge l’estime de soi.
Et si c’était précisément l’inverse ? Et si cette assignation apparemment décevante constituait en réalité notre Chli’hout véritable, notre mission la plus profonde, celle pour laquelle nous avons été spécifiquement choisis ? Et si le défi de vivre en Baal-Bayit ‘Hassid authentique au sein d’une communauté établie représentait une contribution spirituelle aussi essentielle – peut-être même plus essentielle – que celle du Chalia’h dans sa ville lointaine ?
À la croisée de l’histoire
Pour saisir l’enjeu vital de notre génération, nous devons nous situer dans la perspective historique. Nous nous tenons aujourd’hui à un carrefour vertigineux, à un moment charnière de l’histoire juive. Parcourons du regard ces deux derniers siècles, depuis l’émancipation et l’ouverture des portes des ghettos : face à la modernité déferlante, face aux bouleversements sociaux, intellectuels et technologiques sans précédent, le monde religieux juif a trop souvent réagi dans une posture principalement défensive.
Nous avons érigé des remparts toujours plus hauts entre nous et le monde extérieur. Nous avons durci les normes de séparation. Nous avons renforcé les interdits. Nous avons résisté, préservé, protégé – et c’était nécessaire, vital même. Sans cette résistance acharnée, rien n’aurait subsisté. Mais dans ce combat pour la survie, avons-nous su également inspirer ? Avons-nous offert une vision positive, enthousiasmante, de ce que signifie être juif dans le monde moderne ? Avons-nous démontré que la Torah n’est pas seulement une forteresse où se réfugier, mais une source de vitalité, de joie, de sens, capable d’illuminer l’existence contemporaine ?
Le bilan historique s’avère cruel dans sa brutalité statistique : lorsque les vents du changement ont soufflé sur l’Europe du XIXe et du début du XXe siècle, quatre-vingt-dix pour cent des nôtres se sont envolés. La Haskalah, l’émancipation, le socialisme, le sionisme, l’assimilation pure et simple – autant de voies par lesquelles des millions de Juifs ont abandonné l’observance traditionnelle. Et ceux qui sont restés fidèles l’ont souvent fait au prix d’un repli sur soi toujours plus prononcé.
Nous aimons idéaliser le Shtetl d’antan, imaginer rétrospectivement une existence entièrement baignée de chaleur ‘hassidique, de Dvekout et de joie simple dans le service divin. Cette nostalgie, pour touchante qu’elle soit, déforme la réalité historique. La vérité plus complexe et plus douloureuse ? Tant de jeunes Juifs se sentaient déjà profondément déracinés dans ces communautés traditionnelles, étouffés par la pauvreté écrasante, asphyxiés par l’horizon fermé, privés de tout espoir d’amélioration matérielle ou intellectuelle. Le Shtetl ne brillait pas de mille feux spirituels pour tous ; pour beaucoup, il représentait avant tout la stagnation, l’obscurantisme, l’absence de perspectives.
Aujourd’hui, en cette année 2025, l’épreuve revêt des habits entièrement différents, mais elle n’en demeure pas moins mortelle pour l’âme juive. Nous ne faisons plus face aux Lumières qui promettaient l’émancipation en échange de l’abandon de nos particularismes. Nous ne subissons plus les persécutions qui forçaient les Juifs à choisir entre leur identité et leur sécurité physique. Le défi contemporain porte un autre nom : le confort. L’engourdissement spirituel. L’abondance matérielle qui émousse la recherche de sens. Une technologie omniprésente qui sature nos esprits d’informations et de distractions, fragmentant notre attention, desséchant nos âmes, nous coupant de toute profondeur contemplative.
L’attrait insidieux d’un mode de vie embourgeoisé nous guette à chaque instant : la respectabilité sociale comme valeur suprême, le confort matériel comme horizon ultime, la réussite professionnelle et financière comme mesure de toute chose. Dans ce contexte, même les communautés les plus observantes risquent de se voir vidées de leur substance spirituelle, réduites à un ensemble de pratiques mécaniques dépourvues de feu intérieur, à un folklore identitaire privé de son âme mystique.
Le défi a changé de visage, s’est fait plus subtil, plus séduisant ; le péril n’en demeure pas moins existentiel : perdre le feu sacré qui anime le judaïsme authentique, perdre le sens de la mission divine qui transcende notre existence individuelle, perdre cette ‘Hayout – cette vitalité spirituelle brûlante – qui fait notre essence de ‘Hassidim. Le danger ne vient plus du dehors, des pogroms ou de la persécution. Il vient du dedans, de l’anesthésie progressive de nos aspirations les plus élevées sous les couches successives du confort, de la routine, de la normalisation bourgeoise.
Notre Chli’hout en 2025
En cette année 2025, notre Chli’hout collective, la mission historique de notre génération de ‘Hassidim loubavitch, consiste précisément à démontrer par nos vies concrètes qu’« America iz nisht anderch » – l’Amérique n’est pas différente. Cette formule célèbre du Rabbi Rayats, qui paraissait si audacieuse lors de son arrivée aux États-Unis dans les années 1940, revêt aujourd’hui une urgence renouvelée et élargie à l’ensemble du monde occidental prospère.
Notre mission : prouver qu’un ‘Hassid peut vivre pleinement immergé dans les affaires, la technologie, la modernité, la culture contemporaine – et irradier néanmoins de ‘Hayout, de Hitoreyrout (éveil spirituel), de Hitkachrout (attachement au divin). Qu’il peut travailler dans la haute technologie ou la finance, utiliser tous les outils du monde moderne, participer pleinement à la société contemporaine, et demeurer un ‘Hassid authentique, vivant, vibrant, pour qui le Rabbi reste le centre de l’existence et la ‘Hassidout la source de toute vitalité.
Le Chalia’h dans sa ville lointaine puise naturellement sa force spirituelle dans sa mission explicite d’éveiller les autres Juifs. Chaque interaction avec un Juif éloigné, chaque Mitsva accomplie grâce à son intervention, chaque étincelle rallumée, vient alimenter son propre feu intérieur. Sa raison d’être est claire, visible, mesurable. Les succès – et les échecs – scandent son parcours. Son identité de Chalia’h structure chaque journée, donne sens à chaque effort.
Nous, Baalé-Batim établis dans nos communautés, nous sommes confrontés à un défi d’une tout autre nature, infiniment plus subtil et peut-être plus exigeant : incarner le Yiddichkeit – l’essence du judaïsme authentique – avec ferveur et joie, avec ‘Hayout et Hitlahavout (enthousiasme ardent), au sein même des ténèbres de l’exil, sans le soutien d’une mission extérieure clairement définie, sans la reconnaissance qui accompagne le statut de Chalia’h.
Notre mission se joue dans l’ordinaire : comment maintenir la flamme de la ‘Hassidout vivante dans la grisaille du quotidien ? Comment préserver l’émerveillement face au divin quand la routine menace de tout mécaniser ? Comment transmettre à nos enfants non seulement l’observance des Mitsvot, mais le feu qui doit les animer ? Comment démontrer que la ‘Hassidout n’est pas une belle théorie pour les moments d’inspiration, mais une force vitale capable de transfigurer l’existence la plus prosaïque ?
Notre tension même – cette apparente absence de Chli’hout au sens conventionnel, ce sentiment d’être « simplement » un membre de la communauté plutôt qu’un envoyé en mission – devient paradoxalement notre mission la plus profonde et la plus nécessaire. Nous sommes appelés à illuminer notre coin du monde d’un ‘Hassidout authentique, incarné, vivant, qui ne dépend pas des circonstances extérieures exceptionnelles mais jaillit de l’intériorité transformée.
Plus encore : nous devons transmuter jusqu’au « désir » même qui nous habite – cette aspiration déçue à la Chli’hout lointaine, cette frustration de ne pas avoir été choisis pour une mission héroïque – en source de lumière spirituelle. Comme l’enseignait le ‘Hozé de Lublin, Hachem peut prendre nos désirs mêmes, fussent-ils « Meever », de l’autre côté, apparemment perdus ou fourvoyés, et les transformer en « Hanahar », en fleuve de sainteté.
Notre désir ardent de Chli’hout, loin d’être un échec ou une vocation manquée, peut devenir le combustible de notre service divin quotidien. L’intensité même de cette aspiration non comblée, si nous acceptons de la canaliser correctement, peut alimenter une ‘Hayout encore plus profonde dans notre vie de Baalé-Batim. La passion que nous aurions investie dans une Chli’hout lointaine, nous pouvons la déverser dans notre Chli’hout proximale : être des modèles de ‘Hassidim authentiques pour nos enfants, nos voisins, notre communauté.
Meever Hanahar : la vraie traversée
Meever Hanahar : de l’autre côté du fleuve. Là où nous pensions être relégués, exclus du centre de l’action. Là où commence en réalité la vraie traversée, le véritable voyage spirituel.
Le fleuve symbolise la séparation, la frontière entre deux mondes, entre le rêve et la réalité, entre l’idéal imaginé et l’existence concrète. Nous rêvions de traverser des océans pour porter la flamme au bout du monde. La Providence nous établit « de l’autre côté » – pas là où nous imaginions notre grandeur, mais là où s’accomplit notre mission véritable.
Cette mission : transformer le Meever lui-même en Hanahar, l’exclusion apparente en source jaillissante. Faire de notre vie « ordinaire » un témoignage extraordinaire de ce que signifie vivre en ‘Hassid dans le monde contemporain. Démontrer que la ‘Hassidout n’est pas une option réservée aux élites spirituelles en Chli’hout, mais une voie accessible et nécessaire pour chaque Juif, dans quelque circonstance qu’il se trouve.
Les enjeux dépassent largement nos vies individuelles. Si nous échouons – si les Baalé-Batim de nos communautés s’enlisent dans une observance mécanique, dépourvue de ‘Hayout, si nous ne parvenons pas à démontrer qu’on peut vivre pleinement dans le monde moderne tout en restant des ‘Hassidim authentiques – alors nous perdrons nos enfants et les générations futures, exactement comme nos ancêtres ont perdu quatre-vingt-dix pour cent de leurs enfants face aux défis de la modernité.
Mais si nous réussissons – si nous parvenons à incarner une ‘Hassidout vivante, joyeuse, profonde, au cœur même de nos vies apparemment ordinaires – alors nous aurons accompli la mission la plus essentielle de notre génération : prouver qu’America iz nisht anderch, que le monde entier peut devenir réceptacle de Kedoucha, que rien n’est jamais perdu dans le service divin, que même le Meever devient Hanahar.
Tel est notre Chli’hout à nous, Baalé-Batim du XXIe siècle : transformer notre existence même en lumière, et par là, illuminer le chemin pour tous ceux qui viendront après nous.
















