L’agence iranienne Fars rapporte une seconde attaque des forces israéliennes contre les installations de Natanz, épicentre du programme d’enrichissement d’uranium iranien depuis 2002. Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne confirme la destruction du réacteur principal, infrastructure souterraine fortifiée abritant des milliers de centrifugeuses sophistiquées. Cette frappe s’inscrit dans l’opération « Am Kelavia » qui cible méthodiquement les capacités nucléaires de la République islamique.
Destruction confirmée du cœur nucléaire iranien
L’agence de presse iranienne Fars a rapporté aujourd’hui (vendredi) une nouvelle attaque des forces israéliennes contre le complexe nucléaire de Natanz, principal site d’enrichissement d’uranium du pays. Le réacteur de Natanz constituait un objectif central des frappes intensives nocturnes menées dans le cadre de l’opération « Am Kelavia ».
Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne a officiellement confirmé la destruction du réacteur, l’une des installations nucléaires les plus importantes du pays. Cette confirmation fait suite aux déclarations de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) précisant que le site nucléaire figurait parmi les cibles frappées par Israël.
L’AIEA mobilisée face aux risques radiologiques
Dans un communiqué publié sur X, l’AIEA a déclaré suivre « de très près la situation extrêmement préoccupante en Iran ». L’agence peut confirmer que le site de Natanz figure parmi les cibles touchées. L’organisation maintient des contacts avec les autorités iraniennes concernant les niveaux de radiation et reste en communication avec ses inspecteurs présents dans le pays.
Cette surveillance rapprochée témoigne des préoccupations internationales quant aux conséquences radiologiques potentielles des frappes sur cette infrastructure nucléaire majeure. La présence d’inspecteurs de l’AIEA sur place permet un suivi en temps réel de la situation sécuritaire.
Une forteresse souterraine aux capacités stratégiques
L’installation nucléaire de Natanz couvre 100 000 m² construits à 8 mètres sous terre, protégés par un mur de béton de 2,5 m d’épaisseur, lui-même protégé par un autre mur de béton. Cette architecture défensive témoigne de l’importance stratégique accordée par l’Iran à ce site depuis sa création en 2002 comme installation secrète d’enrichissement.
En 2004, le toit a été renforcé de béton armé puis recouvert de 22 mètres de terre. Le complexe consiste en deux halls de 25 000 m² et d’un certain nombre de bâtiments administratifs. Cette infrastructure souterraine abritait selon les derniers rapports de l’AIEA plusieurs milliers de centrifugeuses sophistiquées.
Escalade technologique et enrichissement à haut niveau
Le 16 avril 2021, l’Iran avait annoncé avoir commencé à produire sur ce site de l’uranium enrichi à 60 %, un seuil bien supérieur aux 3,67 % fixés par l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe atomique.
Cette montée en puissance technologique faisait de Natanz le symbole des ambitions nucléaires iraniennes. En 2007, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad affirmait que le site abriterait environ 3 000 centrifugeuses, un chiffre qui n’a cessé de croître au fil des années.
Historique des attaques contre Natanz
Le site de Natanz avait déjà fait l’objet de plusieurs attaques sophistiquées. Vers juin 2009, les centrifugeuses avaient été infectées par le virus informatique Stuxnet, développé selon le New York Times par les États-Unis et Israël, provoquant une importante dégradation dans la qualité du produit fini.
Plus récemment, le 2 juillet 2020, un incident avait détruit un bâtiment en surface destiné au réglage des centrifugeuses, attribué par le New York Times aux services secrets israéliens. Un nouvel incident en avril 2021, qualifié de « terrorisme antinucléaire » par les autorités iraniennes, avait également visé le système électrique de l’installation.
La destruction confirmée du réacteur principal marque une escalade sans précédent dans cette guerre de l’ombre, portant un coup potentiellement fatal aux capacités d’enrichissement iraniennes les plus avancées.
















