Lois relatives à la prière : Chapitre Onze
- Construction de la synagogue – Dans tout lieu où résident dix Juifs, il faut aménager une maison de prière. Les habitants peuvent s’obliger mutuellement à construire une synagogue et à acquérir un rouleau de la Torah, ainsi que les livres des Prophètes et des Hagiographes.
- Emplacement et orientation – La synagogue doit être bâtie à l’endroit le plus élevé de la ville et surpasser en hauteur les édifices environnants. Ses entrées sont orientées vers l’Est, et l’arche contenant la Torah est placée dans la direction de la prière.
- Aménagement intérieur – Une tribune est érigée au centre pour la lecture de la Torah. La petite arche est placée au centre, dos à l’arche principale et face à la communauté.
- Disposition des fidèles – Les anciens font face à la communauté et tournent le dos à l’arche. Les fidèles sont disposés en rangées, tous dirigés vers l’arche. L’officiant se tient devant la petite arche, face à l’arche principale.
- Respect dû aux lieux saints – Les synagogues doivent être entretenues proprement. Selon les régions, on y allume des lanternes et on y dispose des nattes ou des sièges.
- Comportements interdits – Toute légèreté est interdite dans les lieux saints. On ne doit pas y manger, boire, se parer ou s’y promener pour se protéger des intempéries. Seuls les sages peuvent y manger pour ne pas interrompre leur étude.
- Activités permises – Les comptes relatifs à une mitsva sont autorisés. Les oraisons funèbres sont interdites, sauf pour les grands sages attirant une foule importante.
- Passages interdits – Si une synagogue a deux entrées, il est interdit de l’utiliser comme raccourci. On ne peut y entrer que pour accomplir une mitsva.
- Entrée à but personnel – Celui qui doit appeler quelqu’un dans la synagogue doit d’abord y lire un verset ou partager un enseignement, puis appeler la personne, afin de ne pas y entrer uniquement pour des motifs personnels.
- Exceptions aux interdictions – Celui qui entre pour prier ou étudier peut sortir par l’autre porte pour raccourcir son chemin. On peut y entrer avec un bâton, des chaussures, ou de la poussière sur les pieds.
- Sainteté perpétuelle – Même détruites, les synagogues conservent leur caractère sacré. Les herbes qui y poussent doivent être arrachées mais laissées sur place pour inciter à la reconstruction.
- Reconstruction et démolition – On ne démolit pas une synagogue avant d’en avoir construit une autre, de crainte qu’elle ne soit jamais reconstruite. Cela s’applique même à un seul mur.
- Exceptions pour danger – Si les fondations sont détruites ou les murs menacent de s’écrouler, on peut démolir immédiatement et reconstruire sans délai.
- Hiérarchie de sainteté – Une synagogue peut être transformée en maison d’étude, mais pas l’inverse. L’argent de la vente d’objets sacrés ne peut être utilisé que pour acheter des objets de sainteté égale ou supérieure.
- Utilisation des fonds – L’argent collecté pour un objet sacré ne peut être utilisé que pour un objet de sainteté supérieure. Les surplus peuvent être utilisés librement.
- Vente d’une synagogue – Une synagogue villageoise peut être vendue si tous les habitants y consentent. Celle d’une grande ville, destinée à tous les visiteurs, appartient à tout le peuple juif et ne peut jamais être vendue.
- Conditions de vente – La vente d’une synagogue doit inclure des restrictions sur son usage futur. L’acheteur ne peut la transformer en établissement de bains, tannerie, bain rituel ou buanderie, sauf accord spécial.
- Gestion des fonds – Si les notables de la ville en conviennent, le surplus des fonds peut être utilisé à des fins profanes.
- Administrateur désigné – Si la majorité des habitants accepte l’autorité d’une personne pour gérer la synagogue, ses décisions sont valides, y compris pour la vente ou le don.
- Règles de transaction – Une synagogue peut être vendue ou donnée, mais pas louée ou mise en gage. Ses matériaux peuvent être vendus, échangés ou donnés lors de sa reconstruction.
- Lieux temporaires de prière – La place publique où l’on prie les jours de jeûne n’acquiert pas de sainteté, car elle n’est pas dédiée exclusivement à la prière. Il en va de même pour les maisons privées où l’on prie occasionnellement.
Lois relatives à la prière : Chapitre Douze
- Institution de la lecture publique – Moïse a institué la lecture les jours de Chabbat, lundi et jeudi. Ezra a ajouté la lecture l’après-midi du Chabbat et fixé le nombre minimal de lecteurs et de versets.
- Jours de lecture – La Torah est lue les Chabbat, jours de fête, Roch Hodech, jours de jeûne, Hannouca, Pourim, et les lundi et jeudi. Une haftara est ajoutée les Chabbat, jours de fête et le 9 Av.
- Règles de lecture – La lecture publique requiert dix hommes et au moins dix versets. Trois personnes minimum doivent lire, chacune au moins trois versets.
- Distribution des versets – Quand trois personnes lisent dix versets, deux en lisent trois et une en lit quatre. Celui qui lit quatre versets est digne de louanges.
- Déroulement des bénédictions – Chaque lecteur récite les bénédictions avant et après sa lecture. La communauté répond « Amen » après chaque bénédiction.
- Règles pour le lecteur – Le lecteur ne doit pas commencer avant la fin des réponses. En cas d’erreur, il doit être corrigé. Un seul lecteur lit à la fois.
- Autorisation de lecture – Personne ne peut lire sans y être invité par la personne la plus importante de la communauté. Même le bedeau ne peut lire de sa propre initiative.
- Passages et interruptions – Le lecteur peut passer d’un endroit à un autre si cela concerne le même sujet, mais ne doit rien réciter par cœur.
- Attention requise – Pendant la lecture, il est interdit de parler ou de quitter la synagogue. Seuls ceux qui étudient constamment la Torah peuvent continuer leur étude pendant la lecture.
- Traduction et interprétation – Un interprète traduit chaque verset en araméen. Le lecteur et l’interprète doivent respecter certaines règles de coordination.
- Règles pour l’interprète – L’interprète ne doit pas s’appuyer sur un support et doit traduire par cœur. Le lecteur ne doit pas l’aider pour éviter de laisser croire que la traduction fait partie du texte sacré.
- Passages non traduits – Certains passages ne sont pas traduits en public pour des raisons de pudeur ou de respect, comme l’histoire de Reuben ou le récit du veau d’or.
- Règles pour la haftara – Celui qui lit la haftara doit d’abord lire dans la Torah. Il ne doit pas lire moins de 21 versets des Prophètes, sauf si le sujet se conclut avant.
- Lecture de la haftara – Pour la haftara, le lecteur peut lire trois versets à la fois à l’interprète, sauf s’il s’agit de passages distincts.
- Bénédictions de la haftara – Le lecteur de la haftara récite une bénédiction avant et quatre après, dont la dernière mentionne la sainteté du jour.
- Nombre de lecteurs selon les jours – Le nombre de personnes appelées à lire varie selon les jours: sept le Chabbat, six à Kippour, cinq les jours de fête, quatre à Roch Hodech, trois les autres jours de lecture.
- Participants à la lecture – Une femme ne peut lire en public par respect pour la communauté. Un mineur qui sait lire peut être compté parmi les lecteurs.
- Ordre de préséance – Un cohen lit en premier, puis un lévite, puis un israélite. Le dernier lecteur, qui enroule le rouleau, reçoit une récompense égale à celle de tous les autres.
- Absence de cohen ou lévite – S’il n’y a pas de cohen, un israélite monte en premier mais ne doit pas être suivi par un lévite. S’il n’y a pas de lévite, le même cohen lit une seconde fois.
- Ordre du service – Les jours de Moussaf, après la prière du matin, on récite le kaddish, on lit la Torah, puis on récite le kaddish avant la prière de Moussaf.
- Lecture de l’après-midi – Au Chabbat et à Kippour après-midi, on récite « Louange de David », puis le kaddish, on lit la Torah, on récite le kaddish, puis on prie Min’ha.
- Jours sans Moussaf – Les jours sans Moussaf, après la prière du matin, on récite le kaddish, on lit la Torah, on récite le kaddish, puis « Louange de David » avant de se retirer.
- Respect du rouleau – On n’enroule pas le rouleau en public pour ne pas faire attendre la communauté. Pour des lectures différentes, on utilise plusieurs rouleaux.
- Manipulation du rouleau – Le rouleau est enroulé de l’extérieur mais attaché de l’intérieur. La couture doit être au centre pour éviter toute déchirure du texte.
Lois relatives à la prière : Chapitre Treize
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- Cycle annuel de lecture – La Torah est lue en un an, commençant après Souccot avec Berechit et terminant à Sim’hat Torah.
- Sections spéciales – Les malédictions du Lévitique sont lues avant Chavouot, celles du Deutéronome avant Roch Hachana. Certaines sections sont lues à des moments spécifiques du calendrier.
- Continuité de lecture – La lecture se poursuit d’un Chabbat à l’autre, avec des portions lues l’après-midi, puis les lundi et jeudi suivants.
- Lecture à Roch Hodech – À Roch Hodech, on lit le passage sur les sacrifices de la néoménie. Si Roch Hodech tombe un Chabbat, on lit la section hebdomadaire et le passage de Roch Hodech.
- Lecture de la section Haazinou – Cette section est divisée en six parties selon un découpage spécifique, même si certaines parties se terminent par des sujets négatifs.
- Versets finaux de la Torah – Les huit derniers versets peuvent être lus sans minyan, car bien qu’ils soient partie de la Torah, ils évoquent des événements après la mort de Moïse.
- Lecture des malédictions – Les malédictions du Lévitique doivent être lues par une seule personne sans interruption. Pour celles du Deutéronome, on peut s’interrompre, mais la coutume est de ne pas le faire.
- Lectures des jours de fête – À chaque fête, on lit les passages correspondants. À Pessa’h, Chavouot, Souccot, des lectures spécifiques sont assignées pour chaque jour.
- Lecture à Chavouot – À Chavouot, on lit « Sept semaines », mais la coutume est de lire « Au troisième mois » le premier jour et « Tous les premiers-nés » le second.
- Lecture à Roch Hachana – À Roch Hachana, on lit « Au septième mois », mais la coutume est de lire « L’Éternel s’était souvenu de Sarah » le premier jour et « L’Éternel mit à l’épreuve Abraham » le second.
- Lecture à Kippour – À Kippour, on lit « Après la mort » le matin et les relations interdites l’après-midi, pour encourager le repentir de ceux qui auraient fauté.
- Lecture à Souccot – À Souccot, on lit les passages sur les fêtes les deux premiers jours, puis les sacrifices de la fête les jours suivants. À Sim’hat Torah, on lit « Vezot haberakha ».
- Lecture pendant les demi-fêtes – Durant les demi-fêtes, on lit les sacrifices des jours correspondants selon un ordre précis.
- Usage de deux rouleaux – Les jours de fête, on utilise deux rouleaux: un pour la lecture principale et un pour les sacrifices du jour.
- Récitation du kaddish – Quand on utilise plusieurs rouleaux, on récite le kaddish après avoir rangé chaque rouleau.
- Lectures spéciales durant les fêtes – Quand le Chabbat tombe pendant les demi-fêtes, on lit « Voici Tu me dis » avec des haftarot spécifiques.
- Lecture à Hannouca – À Hannouca, on lit les sacrifices de l’inauguration de l’autel, avec une haftara sur la Ménora les Chabbat.
- Lecture les jours de jeûne – Le 9 Av, on lit « Quand vous aurez engendré des enfants » le matin et « Et Moïse implora » l’après-midi, comme les autres jours de jeûne.
- Haftarot spéciales – Les trois Chabbat précédant le 9 Av, on lit des haftarot de remontrance. Après le 9 Av, on lit des haftarot de consolation jusqu’à Roch Hachana.
- Quatre Chabbat spéciaux – Les quatre Chabbat précédant Pessa’h ont des lectures et haftarot spéciales: Chekalim, Zakhor, Para et Hahodech.
- Intervalles entre les lectures spéciales – Il peut y avoir des intervalles entre les quatre Chabbat spéciaux, sauf entre le troisième et le quatrième.
- Lecture des passages spéciaux – Ces passages sont lus dans un second rouleau après la section hebdomadaire.
- Usage de trois rouleaux – Certains jours, comme Roch Hodech Adar tombant un Chabbat, on utilise trois rouleaux pour différentes lectures.
- Roch Hodech Tevet – Quand Roch Hodech Tevet tombe un Chabbat, on utilise trois rouleaux pour la section hebdomadaire, Roch Hodech et Hannouca.
- Obligation personnelle – Même après avoir entendu la lecture publique, chacun doit lire personnellement la section hebdomadaire deux fois en hébreu et une fois en traduction.










