Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s’est exprimé lors de l’assemblée centrale marquant les 58 ans de la libération et réunification de Jérusalem à la Yéchiva Merkaz HaRav. En présence du Rav Yaakov Shapira, directeur de l’établissement, du maire Moshe Lion et de nombreuses personnalités, il a qualifié le conflit actuel de « guerre de renaissance sur sept fronts ». Cette soirée exceptionnelle a surtout été marquée par la révélation d’un témoignage intime du Premier ministre concernant sa rencontre transformative avec le Rabbi lors de Sim’hat Torah, moment qui continue d’inspirer sa vision du leadership politique.
Un rassemblement traditionnel aux dimensions historiques
L’événement annuel organisé à la yeshiva Merkaz HaRav pour commémorer la libération de Jérusalem lors de la guerre des Six Jours a rassemblé des milliers de participants venus de tout le pays. Cette institution emblématique, fondée par le Rav Kook, constitue depuis des décennies l’un des centres névralgiques des célébrations du Jour de Jérusalem, incarnant le lien profond entre les dimensions spirituelle et historique de la ville sainte.
La présence simultanée du Premier ministre, de Rabbanim, de juges rabbiniques et de personnalités publiques a conféré une solennité particulière à cette assemblée traditionnelle. L’événement s’inscrit dans la continuité des célébrations annuelles qui honorent le retour du peuple juif dans la Ville sainte, moment historique gravé dans la mémoire collective nationale.
Le témoignage révélateur d’une rencontre spirituelle exceptionnelle
Le moment le plus saisissant de la soirée est survenu lorsque le Rav Yaakov Shapira a partagé avec l’assemblée un récit personnel que lui avait confié Netanyahou concernant sa rencontre avec le Rabbi. Cette révélation inattendue a captivé l’audience par son caractère intime et la profondeur spirituelle qu’elle révélait chez le dirigeant politique.
Cette autorité particulière du Rav Shapira pour témoigner de telles rencontres spirituelles s’explique par ses propres relations privilégiées avec le Rabbi de Loubavitch. Le directeur de Merkaz HaRav s’est en effet rendu deux fois chez le Rabbi accompagné de son père et du Rav Mordechai Eliyahu. Lors d’une audience privée (yehidout) en 1989, son père est ressorti impressionné par la connaissance approfondie du Rabbi concernant la situation en Israël : « Il est tellement imprégné de ce qui se passe dans le pays et sait exactement où manque un mikvé, où il faut une synagogue et quelle est la situation des immigrants. »
Dans une interview le Rav Shapira avait révélé : « Il y avait entre le Rabbi et moi une relation qui n’a jamais été révélée. Je la garde dans mes quatre coudées et préfère ne pas la publier pour l’instant. » Cette confidence personnelle éclaire d’un jour nouveau la profondeur du témoignage qu’il a partagé concernant Netanyahou.
Selon le témoignage rapporté, la rencontre mémorable de Netanyahou s’est déroulée lors de la fête de Sim’hat Torah, moment culminant du calendrier juif célébrant la joie de la Torah. Tandis que la communauté se livrait aux traditionnelles Hakafot – ces danses joyeuses autour des rouleaux sacrés – le Rabbi s’est distingué par un geste qui a profondément marqué l’esprit du futur Premier ministre.
Dans cette atmosphère d’effervescence spirituelle collective, le leader hassidique s’est saisi d’un petit rouleau de Torah et s’est joint à la danse avec un enthousiasme remarquable. Cette image du Rabbi, figure vénérable tenant délicatement le texte sacré tout en participant aux mouvements chorégraphiques traditionnels, a créé un moment d’intensité spirituelle particulière que Netanyahou n’a jamais oublié.
« Voici la source de la force du peuple d’Israël – la Torah est notre vie », aurait déclaré le Premier ministre à un témoin présent lors de cette soirée exceptionnelle, dont l’identité reste volontairement préservée. Cette phrase, rapportée par le Rav Shapira devant l’assemblée de Merkaz HaRav, illustre la prise de conscience profonde qu’a vécue Netanyahou face au spectacle de cette dévotion authentique.
La bénédiction personnelle du Rabbi et sa résonance contemporaine
L’expérience personnelle du Rav Shapira avec le Rabbi de Loubavitch renforce la crédibilité de son témoignage. Lors de sa propre visite, le Rabbi l’avait béni avec ces mots prophétiques : « Que le Cohen voie Sion, puissiez-vous mériter de bénir les enfants d’Israël dans notre Terre sainte jusqu’à la venue du Messie notre juste, et a fortiori après la venue du Machia’h notre juste. » Le Rabbi avait ensuite expliqué la signification de son nom : « Le nom ‘Yaakov’ est lié à l’étude de la Torah (comme on sait qu’Avraham, Its’hak et Yaakov correspondent aux actes de bonté, à la prière et à la Torah), et ‘Elazar’ signifie ‘le D.ieu de mon père est mon aide’. »
Cette relation privilégiée avec le Rabbi éclaire sous un jour nouveau le témoignage que le Rav Shapira a partagé concernant Netanyahou et sa propre rencontre avec le Rabbi. Elle explique également pourquoi il était particulièrement qualifié pour comprendre et transmettre l’impact spirituel de telles rencontres sur les dirigeants politiques.
Prolongeant cette réflexion, le Rav Shapira s’est adressé directement au Premier ministre présent dans l’assemblée avec des paroles chargées de symbolisme : « De cette soirée aussi, tu puiseras des forces. Tu construiras les murailles de Jérusalem – je suis un rempart, c’est la Torah. » Cette métaphore évoque l’union nécessaire entre la dimension spirituelle incarnée par la yeshiva et l’action politique concrète pour la défense de la capitale.
Les objectifs stratégiques éclairés par l’inspiration spirituelle
Fort de cette source d’inspiration spirituelle, Netanyahou a exposé avec fermeté les objectifs de l’État d’Israël dans le conflit en cours : « Notre but est d’obtenir la victoire absolue sur nos ennemis ; de ramener nos frères et sœurs, les otages ; de renverser le régime du Hamas ; et de garantir que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël. » Cette détermination semble puiser ses racines dans la conviction forgée lors de sa rencontre avec le Rabbi que la force du peuple réside dans ses fondements spirituels.
Le dirigeant politique semble avoir saisi dans cet instant la dimension transcendante qui unit le peuple juif au-delà des clivages politiques ou sociaux. La vision du Rabbi incarnant physiquement la connexion entre tradition millénaire et joie contemporaine a révélé à Netanyahou une source d’inspiration qui continue d’alimenter sa conception du leadership national, particulièrement dans les moments de crise que traverse actuellement le pays.
Netanyahou a conclu son discours par une réflexion symbolique sur les chiffres, reliant directement son message à l’héritage du Rav Kook et à l’esprit de Merkaz HaRav : « Continuez donc à ajouter sagesse, grâce et beauté à Jérusalem. Continuez à répandre la Torah partout. » Cette exhortation fait écho à l’enseignement du Rabbi observé en mouvement avec le rouleau sacré, incarnation vivante de la diffusion joyeuse de la sagesse traditionnelle.





























