VIDÉO. « Maamar Bati Léguani 5740 », prononcé par le Rabbi Youd Chevat 5740-1980
par Benjamin Netanyahou
Première visite chez le Rabbi
Peu de temps après mon arrivée aux États-Unis en tant qu’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, j’ai reçu la visite d’un ‘Hassid Loubavitch qui avait été l’un de mes soldats lorsque j’étais capitaine de la Sayérèt Matkal, le commando d’élite de Tsahal. Il me dit « Il va y avoir un événement extraordinaire chez le Rabbi, il faut que tu viennes. » J’y suis allé. C’était la première fois que je rencontrais le Rabbi, le soir de Sim’hat Torah, en 1984.
Plus de 5000 ‘Hassidim se serraient dans la synagogue lorsque le Rabbi est entré pour le Farbrenguen lors duquel les discours du Rabbi et les chants des ‘Hassidim se succéderaient jusqu’au démarrage des « Hakafot » à une heure tardive. Les gens qui étaient près de moi m’ont dit : « Approche-toi du Rabbi ! » Je craignais de le déranger, mais ils ont insisté. J’ai dit au Rabbi, « Rabbi, je suis venu te voir. » Le Rabbi m’a regardé et il m’a répondu : « Me voir seulement ? Pas discuter ? » C’est ainsi que débuta une conversation qui devait durer trois quarts d’heure.
Parmi les choses que le Rabbi m’a dites, il a prononcé la phrase suivante : « Tu te rends à la maison de l’obscurité, à l’ONU (à cette époque l’ONU était très hostile à l’égard d’Israël et nous la surnommions beït ha’hochekh, « la maison de l’obscurité ») ; mais tu dois te souvenir que, même dans la plus grande des obscurités, si tu allumes une petite flamme, celle-ci peut éclairer très loin. » Le Rabbi m’a également dit de me souvenir de qui je suis et de ce que je représente : Israël, le peuple juif. « Tu dois avoir une position ferme et fière, » a-t-il ajouté.
D’autres sujets furent abordés, mais je me rappelle de ce qui précède jusqu’à ce jour. Ce fut une rencontre émouvante, exceptionnelle. Le Rabbi n’a pas essayé « d’arrondir les angles » ou d’enjoliver les choses. Il m’a dit ce qu’il pensait, et ses paroles ont pénétré mon âme.
Je me suis efforcé d’agir dans cet esprit pendant mes années à l’ONU.
Affronter 119 membres de la Knesset
Au bout de quatre ans, j’ai décidé de rentrer en Israël et de rentrer dans la vie politique. Je me suis rendu auprès du Rabbi et je lui ai parlé de mes projets. Au début, le Rabbi s’y est opposé. Il disait que je remplissais une fonction importante ici. Lorsque je lui ai dit que je souhaitais rentrer au pays, il m’a dit, « Bon, si tu le veux vraiment… Mais rappelle-toi que tu devras te battre contre 119 membres de la Knesset. »
À cette époque, ces paroles semblaient bien exagérées, ou sonnaient comme une plaisanterie. Aujourd’hui je peux dire que c’est une très bonne définition de la fonction de premier ministre…
Nous sommes toujours restés en relation. Lorsque je venais aux États-Unis, je ne manquais pas de lui rendre visite. Quand mon fils Yaïr est né, j’ai reçu du Rabbi une magnifique lettre de bénédiction. Il y disait que Yaïr vient de Or, la lumière et il me bénissait pour que Yaïr illumine ma vie.
Ses positions en matière de sécurité étaient des plus fermes. Je pense qu’aujourd’hui la plus grande partie de la population d’Israël a compris la véritable teneur de notre conflit avec nos voisins. Mais, au cours des décennies précédentes, une seule voix s’est exprimée avec lucidité : la voix du Rabbi. Le Rabbi avait souligné l’importance de la terre d’Israël, tant du point de vue de l’importance que la tradition et l’histoire lui confèrent, que du point de vue de sa valeur stratégique en matière de sécurité.
Guerre contre l’assimilation
‘Habad-Loubavitch est aujourd’hui l’adresse pour les Juifs qui ont perdu leur chemin. À mon sens, la plus grande perte pour le peuple juif depuis la Shoah est le résultat de l’assimilation : après la guerre, nous étions 12 millions et selon les prévisions – même avec une croissance mesurée – nous aurions dû être aujourd’hui 24 millions. Où sont-ils tous ? Ils ont disparu. Non par une attaque matérielle, non par des fours crématoires, mais par la perte de l’identité juive et par les mariages mixtes. Le Rabbi avait souhaité que ‘Habad soit un pôle d’attraction qui attire les Juifs qui ont perdu leur identité. Je pense que ce sujet était capital pour lui, tout autant que le sujet de la sécurité d’Israël.
Le travail de ‘Habad en Israël est également extraordinaire. Bien qu’ici l’assimilation ne constitue pas le même danger, ‘Habad agit pour rapprocher les Juifs de leur héritage et de leurs origines. Les racines spirituelles sont aussi essentielles à la pérennité d’Israël que de pourvoir à ses besoins matériels.
Le message du Rabbi
Le message du Rabbi est vivant. Les valeurs qu’il a incarnées – l’amour du prochain, l’amour de la Torah et l’amour de la terre d’Israël – se sont avérées bien plus vitales que ce qui avait été supposé. Nous vivons à une époque des plus cyniques, dans laquelle les hommes pensent que tout dépend de la matérialité. Ils oublient parfois que ce qui nous unit ce sont les valeurs éternelles du Judaïsme, notre lien avec cette terre, notre foi en D.ieu, notre tradition. Ce sont ces valeurs qui nous ont permis de revenir sur notre terre, et ce sont elles qui guideront notre avenir. Et c’est dans cet esprit qu’a agi le Rabbi.

Le Centre de vérification des Tefilines et des Mezouzot du Beth Loubavitch : 01 45 26 87 60
Le Rabbi s’entretient avec Rabbi Pin’has Mena’hem Alter, le Rabbi de Gour, de ses préoccupations concernant l’arrivée de Machia’h.
4 Iyar 5743 – 17 Avril 1983
Rabbi Pin’has Mena’hem Alter de Gour, le Penei Menahem
Dernier fils de Rabbi Avraham Mordé’hai Alter, il est né en 1926 en Pologne. Frère des deux précédents Rabbi de Gour, il fut le directeur de la Yéchiva Sefat Emet avant de devenir Rabbi. Il fut nommé à ce poste à la suite du décès de son frère Rabbi Sim’ha Bounem Alter, en 1992.
Il meurt brutalement à la sortie de Pourim 1996. Un cortège de plus de 200 000 personnes l’accompagna à sa dernière demeure.
Son ouvrage est le Penei Mena’hem.
Son fils, Rabbi Yaacov Arieh Alter de Gour
Né en Pologne en 1939 et fils de Rabbi Sim’ah Bounem Alter, cinquième Rabbi de la dynastie, il est l’actuel Rabbi depuis le décès de son oncle Rabbi Pin’has Menahem Alter en 1996.
La dynastie hassidique de Gour (Gur, c’est-à-dire Góra Kalwaria) est aujourd’hui la plus importante en nombre d’adhérents, avec celle de Habad. Elle compte plus de cent vingt institutions et 23 000 élèves. Elle a fondé des Yeshivot Ktanot et Guedolot du nom Sfat Emet ainsi que bien d’autres institutions.
La dynastie de Gour est souvent considérée comme la colonne vertébrale du parti haredi (religieux ultra-orthodoxe) Agoudat Israël, un parti créé en Europe orientale en 1912, entre autres pour s’opposer au sionisme, et aujourd’hui surtout présent en Israël.
Le ministre de la Santé israélien Yaacov Litsman est le représentant de la dynastie à la Knesset.
Rabbi Yaacov Arieh Alter de Gour visite le Rabbi en 1989 (Il n’avait pas encore pris la succession de son père)

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Je suis né en Lettonie, mais j’ai grandi aux États-Unis, où ma famille a immigré en 1930. Très jeune, j’ai rejoint « Young Israel » et, à l’âge adulte, j’ai commencé à faire du bénévolat.
« Young Israel » est une organisation du judaïsme orthodoxe aux États-Unis et dotée d’un réseau de synagogues. « Young Israel » . Son objectif était de rendre le judaïsme orthodoxe plus pertinent pour les jeunes juifs américanisés, à une époque où une éducation juive importante était rare.
Après un certain temps, je suis devenu délégué au Conseil national de « Young Israel », l’organe qui a gouverné toutes les sections de la « Young Israel ». plus tard, je suis devenu officier et, en 1961, je suis devenu président national.
Mon objectif était de comprendre ce qui serait la meilleure chose que « Young Israel » pourrait faire pour le peuple juif, non seulement en Amérique, mais aussi en Union soviétique. En essayant de résoudre ce problème, j’ai décidé de demander conseil au Rabbi .
Quand je suis entré dans le bureau du Rabbi – je me souviens que c’était une simple pièce remplie de livres – je me suis assis en face du Rabbi et il s’est assis derrière son bureau, ne me quittant jamais des yeux. Quand il a parlé, il était très direct. Pour commencer, il a demandé: «Dans quelle langue voulez-vous parler?» J’ai dit: «Si cela ne vous dérange pas, yiddish .» Il semblait surpris. «Le président américain de Young Israel préfère le yiddish? » J’ai dit : »Parce que c’est ma langue maternelle. » Puis je lui ai demandé: «Selon vous, quel devrait être l’objectif principal du « Young Israel » pour les dix prochaines années?».
Le Rabbi semblait savoir tout ce qui se passait avec le « Young Israel ». Par exemple, il savait que nous n’avions qu’une seule cuisine casher à l’Université Cornell. Il m’a dit: «Au cours des dix prochaines années, votre principal objectif devrait être les étudiants juifs d’université. Et vous devez leur donner un lieu de rassemblement – un lieu qui ne dispose pas seulement de nourriture casher, mais qui les éduque également dans la Torah. Vous devriez organiser de tels centres sur au moins dix campus.»
J’ai dit: « Excusez-moi, Rabbi, mais où vais-je trouver l’argent pour cela? »
Avec un grand sourire, le Rabbi répondit: «Lorsque je demande à un Hassidim de collecter de l’argent pour l’une de mes activités, il le font. Vous n’avez pas ce genre de Hassidim?
Son autre conseil était de trouver un dénominateur commun auquel réformistes, conservateurs et orthodoxes pourraient se rallier – une question sur laquelle tout le monde serait d’accord. Un des problèmes évoqués par le Rabbi était l’opposition à une activité missionnaire visant les Juifs. Un autre, qui, a-t-il dit, devrait figurer en tête de liste, était de soutenir Israël.
Notre conversation a porté sur de nombreux sujets, puis je lui ai demandé: «Que puis-je faire pour les Juifs de la Russie soviétique?». Je lui ai dit que j’avais posé cette question à cause des racines russes de ma famille. J’ai ajouté: «Je me souviens que ma mère m’avait dit qu’un des membres de notre famille était Mordehai Dubin, qui avait déployé des efforts héroïques pour sauver le Rabbi précédent lorsqu’il avait été arrêté à Leningrad. »
Dès qu’il a entendu cela, le Rabbi a dit qu’il voulait me parler davantage de la communauté juive russe.
La fois suivante que nous nous sommes vus, le Rabbi a déclaré: «Je ne divulgue pas d’informations à propos de la manière dont nous aidons les Juifs en Russie, à cause du danger que cela les causerait à l’intérieur. Mais je vous donnerai quelques noms et adresses et je vous ouvrirai d’autres portes. Cependant, j’ai deux conditions. Le première – si vous leur envoyez des rabbins, envoyez-les avec la barbe. Pourquoi? Parce que le juif russe moyen qui se souvient d’un rabbin, se souvient d’un rabbin avec une barbe. Si vous envoyez des gens rasés de près, les Juifs russes ne les accepteront pas. La seconde, vous avez affaire à la vie et à la mort, vous ne pouvez donc donner aucune interview à la presse, car vous mettrez des personnes en danger. Ce doit être fait – sans publicité. »
Je lui ai donné ma parole. Et puis il m’a donné entre quarante et cinquante noms de personnes à travers l’Union soviétique. Il m’a également aidé avec nos volontaires, qui ont tous passés pas plus de deux semaines.
Ma tâche était de former ces volontaires. Pour leur apprendre à passer les douanes, quoi emporter avec eux, ce qu’ils pourraient ou ne pourraient pas écrire, ce qu’ils devaient mémoriser, comment passer un appel téléphonique depuis une cabine téléphonique, comment héler un taxi. Par exemple, je leur ai enseigné: «Ne prenez jamais un taxi devant votre hôtel et, lorsque vous leur indiquez la destination, ne donnez jamais le numéro de rue correct.»
En cours de route, on m’a demandé de former des volontaires de l’Agudah, une organisation qui s’opposait au gouvernement laïc en Israël et ne voulait donc pas encourager les Juifs russes à immigrer en Israël. Puisque cette organisation était controversée par les Israéliens, je ne savais pas si je devais former leurs volontaires ou non. J’ai donc demandé conseil au Rabbi. Sa réponse est revenue: «Si ils vont enseigner la Torah, alors absolument. Plus le nombre de personnes pouvant enseigner la Torah sera grand, plus le nombre de Juifs retournant au judaïsme sera grand ».
À Souccot en 1968, je devais entrer en Russie, avec des Etroguim nécessaires à la mitsva du Loulav, la palme. Ces fruits tropicaux n’étaient pas disponibles en Russie et il fallait les importer, mais comment?
Le Dr Maurice Sage, qui était d’ailleurs à la Sorbonne en même temps que le Rabbi, a déclaré qu’il pourrait trouver un moyen de faire passer les Etroguim en contrebande dans des valises diplomatiques. Un ancien étudiant africain à la Sorbonne était désormais ambassadeur de son pays à Moscou et était disposé à le faire. Quand j’ai consulté le Rabbi, il m’a dit: «Profitez au maximum de cette opportunité. Choisisez de petits lulavim et esrogim et remplissez les de valises.» Et cela a fonctionné à merveille.
Mais le fait est que toute l’opération n’aurait jamais eu un tel succès sans les précieux conseils et l’aide du Rabbi. Et je le dis publiquement partout où je vais.
Il nous a ouvert la porte à un moment où seul Loubavitch était impliqué dans le judaïsme russe. À partir de la période de la révolution russe de 1917, lorsque les Yevsektzia ont fermé les synagogues et les Yechivot et que tous les rabbins sont entrés dans la clandestinité, Loubavitch a maintenu la flamme en vie. Je crois que cela avait à voir avec la direction du Rabbi – en commençant par le Rabbi précédent et en s’élargissant avec le Rabbi.
Les émissaires de Habad, soumis à l’autorité centrale du Rabbi, suivaient ses directives et tiraient leur force de ses conseils, même s’ils risquaient parfois leur vie. C’est d’où vient la force du Hassid – sa foi en le Rabbi – en sachant que le Rabbi sait mieux quel chemin il doit suivre. chabad.org
Le Rabbi distribue le vin de la coupe de la Havdala à la fin de Chavouot. Tzvi Hirsh Tzatzkis chante une chanson qu’il a composée en l’honneur de l’appel du Rabbi en 1987 pour construire des logements à Jérusalem en prévision d’un grand exode des Juifs de l’Union soviétique.
Les Dix Commandements sont composés en grande partie de lois déjà ordonnées au monde non juif. Alors, qu’y avait-il de si important dans le don de la Torah au Sinaï?
4 Sivan 5744 – 4 Juin 1984
Alors que Saddam Hussein menaçait Israël pendant la guerre du Golfe, le Rabbi a exhorté tous les Juifs en Israël à rester sur place et à ne pas avoir peur.
Les femmes sont exemptées d’accomplir certaines Mitsvot mais celà ne veut pas dire qu’elles n’ont pas de lien avec elles. Lorsque le mari les acomplit il agit aussi au nom de sa femme.
Le Rav Moché Wolfson, doyen spirituel de Mesivta Torah Vadaat et Rav du Beth Midrach Emounat Israël à Brooklyn rend visite au Rabbi.