À la veille de Yom Kippour, alors que le monde entier se préparait à l’entrée du jour le plus saint de l’année, un geste inattendu s’est produit à des dizaines de mètres au-dessus du sol. Un ouvrier suspendu à des cordes d’accès sur la façade d’un immeuble s’est vu promettre de mettre les Tefiline, en plein ciel, entre deux étages. La scène, filmée puis diffusée sur les réseaux, a rapidement bouleversé des milliers d’internautes à travers le monde.

 

 

une intervention de routine

Tout a commencé comme un chantier ordinaire, de ceux qui rythment le quotidien d’une grande ville sans jamais attirer l’attention. À la veille de Yom Kippour, tandis que les rues s’emplissaient déjà de la fébrilité propre à l’approche du jour du Grand Pardon, un ouvrier chargé de travaux de maintenance s’apprêtait à descendre le long de la façade d’un immeuble, suspendu à ses cordes de rappel. Casque vissé sur la tête, harnais bouclé, il entamait sa descente étage après étage, concentré sur son geste technique, loin de se douter que cette journée de travail comme les autres allait, en un instant, prendre une tout autre dimension.

Le vent soufflait entre les tours, les klaxons montaient de la rue, et lui, accroché à quelques centimètres du vide, poursuivait sa tâche avec la précision et la prudence qu’exige ce métier périlleux. Rien, dans cette routine bien huilée, ne laissait présager qu’il allait devenir, malgré lui, le protagoniste d’un moment que beaucoup qualifieraient plus tard de providentiel.

une rencontre providentielle au quatorzième étage

Alors qu’il parvenait à hauteur du quatorzième étage, l’ouvrier fut remarqué depuis l’intérieur du bâtiment par le Chalia’h du Rabbi, le Rav Gloukhovski. Ce dernier, familier de ces rencontres impromptues qui jalonnent le travail d’un émissaire, ne laissa pas passer l’occasion. Il s’approcha de la fenêtre, interpella l’ouvrier suspendu de l’autre côté de la vitre, et engagea avec lui une conversation aussi brève qu’inattendue.

Sans détour ni hésitation, le Rav Gloukhovski lui proposa de mettre les Tefiline, à l’instant même, sans attendre de redescendre au sol ni de trouver un moment plus opportun. Car pour un Chalia’h, il n’existe pas de mauvais moment pour offrir à un juif la possibilité d’accomplir une Mitsva : l’urgence de la veille de Kippour, jour où chaque instant est compté, ne faisait que renforcer cette conviction.

une Mitsva accomplie entre ciel et terre

L’ouvrier, touché par la proposition, accepta sans se faire prier. C’est ainsi que, toujours suspendu à ses cordes, à plusieurs étages au-dessus du sol, le harnais tendu et la ville s’étalant sous ses pieds, un juif eut le mérite de mettre les Tefiline à la veille du jour le plus saint de l’année. Ni tout à fait dans le ciel, ni tout à fait sur terre, il accomplit ce geste millénaire dans un lieu suspendu entre les deux, comme si la Mitsva elle-même avait choisi cet instant hors du commun pour se manifester.

L’image de cet homme, harnaché contre la façade de béton et de verre, les lanières des Tefiline enroulées autour du bras, a quelque chose de profondément saisissant : celle d’un geste ancestral accompli dans un décor résolument moderne, à la croisée du sacré et du quotidien.

une image qui touche la toile

Le moment, filmé sur le vif par un témoin de la scène, fut rapidement partagé sur les réseaux sociaux, où il devint viral en très peu de temps. Les internautes, aux quatre coins du monde, furent nombreux à s’émouvoir de cette scène peu commune : un ouvrier en pleine journée de travail, suspendu à une grande hauteur, et un Chalia’h Habad qui, fidèle à l’enseignement du Rabbi selon lequel aucune occasion de rapprocher un juif d’une Mitsva ne doit être négligée, sut saisir cet instant fugace pour transformer une simple pause de travail en un moment d’éternité.

Au-delà de l’anecdote, c’est peut-être là tout le sens de ce moment viral : la preuve, une fois de plus, qu’il n’est ni lieu ni situation où la lumière d’une Mitsva ne puisse pénétrer, fût-ce entre ciel et terre, à quelques encablures du vide, à la veille du jour le plus solennel du calendrier juif.