Londres, l’une des grandes forteresses de la Torah et de la ‘Hassidout en Europe, abrite l’œuvre d’une vie : la série monumentale du Rav Lévi Its’hak Raskin sur le Siddour de l’Admour Hazaken, l’auteur du Tanya. Dans une interview accordée à ‘Ki Karov’, le Rav Raskin dévoile les secrets d’un Siddour où chaque mot est mesuré, raconte comment la grammaire hassidique fut forgée en réponse à la Haskala, et révèle les défis halakhiques inattendus qui surgissent dans le champ de la Chli’hout. Un voyage fascinant dans les profondeurs du noussa’h hassidique.
L’une des plus grandes forteresses de la Torah et de la ‘Hassidout sur le continent européen se trouve à Londres, capitale de l’Angleterre. Parmi les grands de la Torah qui guident les dizaines de milliers de Juifs de la ville figure le Rav Lévi Its’hak Raskin, Rav de la communauté Habad, dayan et moré tsédek au beth horaa des communautés orthodoxes, et l’un des fondateurs du Centre rabbinique d’Europe. Le Siddour de Rabbeinou Hazaken est une œuvre à la fois halakhique et analytique, qui descend au plus profond de chaque mot et de chaque lettre du noussa’h du Siddour et de ses décisions, et qui en éclaire les sources et les intentions avec une grande rigueur. Dans une interview, le Rav Raskin dévoile l’œuvre de sa vie consacrée à l’étude du noussa’h de la prière hassidique, illustre les découvertes et les éclairages issus de la précision des propos de Rabbeinou Hazaken dans son Siddour, et raconte les défis singuliers auxquels il se trouve souvent confronté en tant qu’adresse centrale pour les questions halakhiques que lui adressent les Chlou’him du Rabbi de Loubavitch à tRavers le monde.
L’ordre dans le Siddour
Comment avez-vous commencé à vous occuper de Halakha et d’enseignement, et qu’est-ce qui vous a amené à élucider le Siddour de l’auteur du Tanya ?
Déjà à l’époque de mes études à la Yéchiva, mon âme était attirée par la partie halakhique de la Torah, et j’étudiais sans relâche le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken, section Ora’h ‘Hayim, entre les sedarim de la Yéchiva. L’un de nos proches parents était le Gaon le Rav Zalman Chimon Dvorkin, le « Rav de la cour » du Rabbi de Loubavitch. Il avait d’ailleurs adopté ma mère dans son enfance, après que la plupart des membres de sa famille périrent dans la terrible famine lors du siège nazi de Léningrad, en 5702 (1942). Naturellement, chaque fois que j’arrivais à la cour du Rabbi à New York, j’allais lui rendre visite et demeurer en sa compagnie ; j’avais alors le sentiment que je disposais désormais de quelqu’un à qui poser toute question halakhique, mais que viendrait un jour où je n’aurais plus personne à interroger, et que pour cette raison je devais étudier en profondeur et clarifier les questions de Halakha par mes propres forces.
Dans ma jeunesse, je vins en Terre Sainte pour étudier à la grande Yéchiva de Kfar Habad. À mon arrivée, je découvris la littérature toranique imprimée ici durant ces années-là, qui n’était guère répandue en Europe. Je vis comment de nombreux ouvrages de nos maîtres Richonim et A’haronim paraissaient enrichis de notes et de références éclairant l’intention des propos et leurs sources. Je ressentais cruellement ce manque dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken que j’étudiais, lequel demeurait comme un livre scellé pour celui qui s’y penche. Certes, le Choul’han Aroukh lui-même comportait au moins des renvois à des sources générales que l’on pouvait consulter, et des ouvrages de marei mekomot avaient déjà paru sur lui. Mais à la fin du Choul’han Aroukh étaient imprimés les Piskei HaSiddour, les décisions halakhiques de Rabbeinou Hazaken intégrées au noussa’h de la prière qu’il avait institué et considérées comme ses décisions ultimes et les plus élaborées ; or sur celles-ci ne figurait aucun renvoi ni aucune source permettant de comprendre son intention et l’origine de ses ‘hidouchim.
En ces jours-là, en 5739 (1979), j’écrivis un article sur un ‘hidouch de Rabbeinou Hazaken dans le Siddour : lorsque le vêtement des tsitsit se plie et se froisse, il perd la mesure requise, et il faut donc y prendre garde. Mes propos furent publiés dans le recueil ‘Yagdil Torah’, qui constituait alors une tribune centrale pour les ‘hidouchim de Torah. J’avais alors dix-huit ans, mais en raison du respect dû à la revue où écrivaient de grands talmidei ‘hakhamim, on inscrivit auprès de mon nom le titre de « Rav ». Lorsque je rédigeai cet article, je cherchai en vain un endroit où les propos de Rabbeinou seraient expliqués ; je photographiai donc pour moi-même les Piskei HaSiddour et entrepris d’y inscrire diverses notes et références. Au fil des années suivantes, j’imprimai mes notes sur les lois de tsitsit et de téfilines du Siddour, car ces lois recèlent des ‘hidouchim et des dispositions particulières qu’il fallait bien élucider. Ainsi, il existe une loi dans le Choul’han Aroukh selon laquelle on doit veiller à ce que « le tsitsit retombe sur le coin », mais beaucoup ne sont pas vigilants dans l’accomplissement de cette Halakha ; Rabbeinou s’employa longuement à y remédier et institua que l’on perce un trou supplémentaire au bord du talith afin de respecter cette précision. De même, dans les lois de téfilines, il innova que les téfilines de la tête doivent se trouver exactement au milieu de la tête, et il existe encore de nombreux autres ‘hidouchim de ce genre.
Des années plus tard, en 5753 (1993), nous reçûmes la visite à Londres du Rav Nissan Mangel, Rav de la synagogue ‘Ktav Sofer’ à Brooklyn, qui fut le premier à composer un ouvrage de marei mekomot sur le Choul’han Aroukh HaRav. Il raconta que le Rabbi lui avait confié cette mission alors qu’il était encore jeune homme. Il étudiait au Canada, et lorsqu’il se rendait à New York de temps à autre, il apportait au Rabbi les parties qu’il avait déjà achevées. Dans ce cadre, il prépara aussi les sources des lois de netilat yadayim du Siddour HaRav ; lorsqu’il les remit au Rabbi, celui-ci lui répondit : « Pour cela, comme pour le seder des birkot hanéhénin, tu n’avais pas besoin de préparer, car il existe un petit-fils du Tséma’h Tsédek qui l’a déjà fait ; mais puisque tu l’as déjà préparé, il faut l’insérer dans l’ouvrage de marei mekomot. » En ces jours-là circulait une rumeur répandue selon laquelle le Rabbi détenait des notes manuscrites sacrées comportant des remarques sur tout le Siddour ; ceux qui entendirent l’histoire pensèrent donc que le Rabbi se désignait lui-même, étant le « petit-fils du Tséma’h Tsédek » qui avait préparé des notes sur ces lois du Siddour.
À cette même époque, un élève de la Yéchiva de Londres s’adressa à moi au sujet des propos de Rabbeinou Hazaken dans le Siddour, selon lesquels il faut arrondir l’un des coins d’une couverture afin de la dispenser des tsitsit, et il me demanda pourquoi l’on n’y veillait pas. Pour lui répondre, je relus ce que j’avais écrit plus d’une décennie aupaRavant sur ces lois, et je m’aperçus que mes propos ne correspondaient pas à l’intention de Rabbeinou telle que je la comprends aujourd’hui. Je me demandai si quelqu’un avait déjà rédigé un commentaire sur les propos de Rabbeinou à ce sujet, et je me souvins aussitôt du récit du Rav Mangel concernant les notes du « petit-fils du Tséma’h Tsédek ». Je m’assis et rédigeai une lettre détaillée au Rabbi, lui demandant l’autorisation de publier ses notes sur le Siddour. En ces jours-là, en raison de l’état de santé du Rabbi, les gabaïm avaient coutume de lui lire les lettres, et le Rabbi inclinait la tête en signe d’acquiescement ou de refus. Le secrétaire, Rav Leibel Groner de mémoire bénie, lut ma demande devant le Rabbi, qui fit signe que non. Rav Leibel ajouta : « Raskin poursuivra-t-il ses propres notes sur le Siddour ? » et le Rabbi acquiesça. Je n’avais nullement formulé une telle demande et ne songeais pas à poursuivre l’écriture de notes sur l’ensemble du Siddour, mais le secrétaire posa cette question de sa propre initiative. C’est ainsi que je commençai à écrire sur le Siddour de Rabbeinou Hazaken.
Quelques années plus tard furent découvertes et publiées les notes du Gaon Rabbi Mordekhaï Chnéour Zalman Chnéersohn de Jitomir, petit-fils du Tséma’h Tsédek, dans un livre intitulé ‘Chem HaGdolim’, portant sur le seder des birkot hanéhénin et le seder de netilat yadayim pour le repas ; l’on comprit alors que telle était l’intention du Rabbi. Parallèlement furent publiées les notes du Rabbi lui-même, comportant de nombreuses remarques sur le noussa’h de la prière dans le Siddour, et j’eus moi aussi le mérite de m’en occuper dans mon ouvrage.
L’alliance Achkenaz et Sefarad
Qu’est-ce que le Siddour de Rabbeinou Hazaken ? Quel besoin a-t-il comblé, et qu’a-t-il de si particulier ?
Ce Siddour est en réalité le tout premier Siddour hassidique jamais imprimé. À l’époque du grand Maguid de Mézéritch, il y avait chez les grands de la ‘Hassidout une aspiration et un éveil à prier selon le noussa’h Sefarad, en raison de sa conformité aux kavanot de l’Arizal et aux commentaires de la prière selon la voie de la Kabbale. On raconte qu’à la fin de la vie du Maguid, le Maguid de Kozhnitz vint à lui ; on témoigna de ce dernier qu’avant son arrivée à la cour du Maguid il maîtrisait déjà huit cents ouvrages de Kabbale, et que lorsqu’il parvint auprès du Maguid, il constata qu’il « n’avait encore rien commencé à apprendre ». Lorsque le Maguid de Kozhnitz entra pour la première fois auprès de son maître, son élève Rabbeinou, l’auteur du Tanya, se tenait là et le servait ; le Maguid lui dit alors : « Grâce à D.ieu qui m’a envoyé un jeune homme pour corriger le Siddour de l’Ari Zal que je possède en manuscrit. » Le Maguid de Kozhnitz demeura ensuite à la cour du Maguid et en corrigea le Siddour durant plusieurs mois.
Nous avons eu le mérite que ce Siddour lui-même soit conservé et transmis de génération en génération parmi les Admourim de Rouzhin, descendants du Maguid, jusqu’à notre époque. Sur ce Siddour apparaissent de nombreuses gloses de la main sacrée du Maguid de Kozhnitz, mais aussi d’une autre main que beaucoup supposent être celle de Rabbeinou Hazaken. Autrement dit, déjà dans sa jeunesse, en tant qu’élève du Maguid, Rabbeinou s’occupait de la correction et de l’établissement du noussa’h de la prière hassidique ; il se trouve effectivement dans ce Siddour certains détails que l’on ne retrouve que dans le Siddour de Rabbeinou Hazaken. On peut en donner pour exemple les versets que l’on récite avant la sonnerie du chofar : dans tous les Siddourim figure le verset « Koli chamaata al ta’lem oznekha », tandis que dans le Siddour du Maguid et dans celui de Rabbeinou Hazaken figure un autre verset, « Koli chim’a ke’hasdekha Hachem ».
Ainsi, Rabbeinou commença à s’occuper du Siddour dès sa jeunesse. Comme l’a écrit l’Admour HaRachab de Loubavitch, il établit le noussa’h de la prière pendant vingt années, en rédigeant chaque année un noussa’h différent, jusqu’à ce que, la vingtième fois, en sortît un noussa’h épuré ; et ce n’est qu’après de longues années que le Siddour fut imprimé. Cela appelle en soi une explication : quel était ce grand défi qui exigea de lui tant d’années ? Il semble que l’une des principales raisons fut la nécessité de concilier et d’harmoniser le noussa’h de la prière achkenaze, en usage dans les générations passées, avant l’époque de la ‘Hassidout, avec les modifications requises pour adapter la prière au noussa’h Sefarad selon la Kabbale de l’Arizal.
En pratique, une part importante de mon tRavail dans l’élucidation du Siddour fut de mettre en évidence les modifications et les ‘hidouchim de Rabbeinou dans ce domaine, lui qui sut assembler les noussa’ot de manière complète et limpide. Ainsi, dans le noussa’h Achkenaz, on ne dit pas le ‘Pitoum HaKetoret’ le matin, mais selon la coutume des ‘hassidim on le récite ; toutefois, après la récitation de tous les korbanot, lorsqu’on dit « Ribon HaOlamim, ata tsivitanou lehakriv korban hatamid bemo’ado », la récitation du ketoret n’est mentionnée ni dans la plupart des Siddourim hassidiques ni dans les Siddourim de l’Arizal, et cela parce que cette prière est tirée du noussa’h Achkenaz. Rabbeinou Hazaken innova en ajoutant dans cette prière « ata tsivitanou… lehaktir haketoret bizmana ». À chaque pas, ce sont ainsi de nombreuses décisions qu’il dut prendre : que fallait-il modifier, et où pouvait-on conserver le noussa’h en usage dans les pays d’Achkenaz.
La grammaire hassidique
Outre l’assemblage du noussa’h, le Siddour se distingue aussi par sa grande rigueur dans le choix des mots et dans la vocalisation.
Pour comprendre les objectifs de Rabbeinou dans la grammaire du Siddour, il convient de rappeler brièvement l’histoire de la question. Il y a environ quatre cents ans vivait en Pologne un élève du ‘Levouch’, nommé Rabbi Chabtaï Sofer de Przemysl. Il imprima un Siddour d’une grammaire remarquable à la demande des Rabbanim du Conseil des Quatre Pays, chargé de la direction des communautés de Pologne, parmi lesquels le Ba’h et le Maharcha. Ceux-ci décrétèrent même que chaque communauté devait acquérir au moins un tel Siddour, que quiconque en possédait un devait corriger le sien d’après lui, et ils interdirent de publier tout autre Siddour qui ne fût pas conforme à sa grammaire. Après lui se levèrent d’autres grammairiens qui poursuivirent la clarification du noussa’h de la prière et des règles de vocalisation. Dans la génération qui précéda Rabbeinou, deux adversaires s’occupèrent abondamment de la grammaire de la prière et polémiquèrent entre eux : Rabbi Zalman Hena, qui innova grandement dans cette discipline, et Rabbi Yaakov Emden, le Yaavetz, qui s’opposa vivement à ses ‘hidouchim. Tous deux publièrent des Siddourim selon leur méthode.
On raconte de Rabbeinou Hazaken qu’il avait devant lui « soixante Siddourim », ou « trente-deux Siddourim », parmi lesquels il choisit et établit le noussa’h de la prière. Cela ne signifie évidemment pas qu’il rassembla de simples Siddourim quelconques, mais qu’il s’agissait de Siddourim de ce type : des Siddourim porteurs d’une méthode propre dans le noussa’h ou dans la grammaire, qui se trouvaient sous ses yeux lorsqu’il composa le sien. J’ai tenté pendant de nombreuses années de retracer le chemin emprunté par Rabbeinou et de comprendre comment, concrètement, il tranchait les questions de grammaire ; aussi ai-je rassemblé les Siddourim que je me représentais avoir été devant lui et j’en ai comparé les divers détails. Il est passionnant de constater que, de manière constante, Rabbeinou s’efforce que le noussa’h final convienne et corresponde à l’ensemble des avis, autant que faire se peut.
C’est là, en somme, une tendance caractéristique de sa voie halakhique en général, comme dans la forme du nœud des téfilines de la main qu’il institua, où la lanière passe à l’intérieur du nœud du youd, de sorte que, chaque fois que l’on met les téfilines, on noue en un certain sens à nouveau le nœud. Nous ne pourrons évidemment pas développer ici comme nous l’avons fait dans le livre, mais par cela Rabbeinou résolut une grande controverse entre les Baalei HaTossefot dans le traité Mena’hot quant à la manière d’accomplir la mitsva d’attacher les téfilines : Rabbeinou Eliyahou de Londres estimait que « l’homme doit attacher ses téfilines chaque jour », tandis que Rabbeinou Tam estimait qu’il n’était pas nécessaire de renouveler le nœud quotidiennement. Ainsi, en ouvrant et en refermant la lanière des téfilines de la main qui passe à l’intérieur du nœud, on accomplit la mitsva d’attacher même selon l’avis de Rabbi Eliyahou, sans pour autant encourir les réserves halakhiques soulevées par Rabbeinou Tam. Il en va de même dans le noussa’h du ktav STaM de Rabbeinou Hazaken, qui veilla à ce que la forme des lettres convienne aux divers avis des décisionnaires et des kabbalistes, et ainsi dans bien d’autres domaines.
À mon sens, outre la volonté d’écrire un noussa’h dont la grammaire convienne à toutes les méthodes autant que possible, Rabbeinou poursuivait un but éducatif manifeste en créant la grammaire hassidique. À son époque, le mouvement de la Haskala commençait à se répandre parmi les Juifs d’Europe, et l’un des domaines de prédilection des maskilim était l’étude de la langue sacrée et de sa grammaire ; en conséquence, ils proposèrent des « corrections » et des modifications prétendument progressistes dans le noussa’h de la prière. L’un des plus marquants d’entre eux fut Yitzchak Satanov, qui imprima un Siddour complet intitulé « VaYe’tar Yitzchak », au noussa’h nettement haskilique, en 5545 (1785), et qui parvint parfois à abuser des Juifs craignant D.ieu et intègres. Au fil des générations, les grands d’Israël affrontèrent les maskilim par divers moyens, dont celui de composer des ouvrages rendant superflu le recours à leurs propres œuvres, où se dissimulaient des propos d’hérésie. C’est ainsi qu’agit plus tard le Malbim en rédigeant son grand commentaire sur le Tanakh, afin d’offrir un commentaire complet dans l’esprit du judaïsme authentique, sans avoir à puiser à une source étrangère.
Il semble que Rabbeinou Hazaken agit lui aussi dans cet esprit et créa la grammaire hassidique pour arracher les épines plantées par les grammairiens maskilim. Cela concorde avec un récit savoureux que rapporte le Rabbi Rayatz de Loubavitch au sujet d’un maskil nommé Chimon (« Chimon l’hérétique »), qui se rendit dans les communautés des ‘hassidim et à la cour de Rabbeinou, dans la bourgade de Liozna, afin de tenter de rallier des adeptes à sa voie. Le Rabbi Rayatz décrit comment ce Chimon louait et vantait le Siddour de la prière de Rabbeinou — qui n’était pas encore imprimé mais s’était déjà répandu en manuscrit parmi les ‘hassidim — et avait coutume de dire que, quant au noussa’h et à son ordonnance, il ne pouvait rien affirmer, n’ayant pas affaire aux secrets de la Torah, mais qu’en matière de grammaire il pouvait affirmer pleinement qu’il n’existait rien d’aussi précis. Lorsqu’il entra en ye’hidout auprès de Rabbeinou Hazaken, il lui raconta qu’il était précepteur d’enfants et sollicitait la recommandation du Rabbi pour enseigner le Tanakh par la voie de la grammaire et des langues. Rabbeinou perça aussitôt sa nature et lui dit : « Dans l’académie céleste, il existe des palais distincts pour chaque étude, et entre les deux palais de la science de la grammaire et de la science de la langue se trouve un palais réservé à ceux qui dévoilent dans la Torah des faces contraires à la Halakha » ; et il le réprimanda vivement pour son dessein de détourner et d’égarer les enfants d’Israël.
Des découvertes merveilleuses
Pourriez-vous partager avec les lecteurs quelques-unes des découvertes faites au cours de votre étude du Siddour de Rabbeinou ?
Il est des ‘hidouchim merveilleux à chaque pas, tant dans les finesses de la langue que dans les innovations halakhiques des Piskei HaSiddour. Ainsi, une loi intéressante du Siddour concerne la prière de Moussaf de Chemini Atséret, où l’on commence à dire « Machiv haroua’h oumorid haguéchem », le gabaï ayant coutume de l’annoncer avant la prière. Rabbeinou écrit à ce sujet qu’il ne suffit pas d’annoncer « Machiv haroua’h », mais qu’il faut dire aussi « Morid haguéchem ». Au début, je n’en saisissais pas le sens : que nous importent les mots exacts annoncés par le gabaï, puisque tout le monde en comprend l’intention ? Mais en examinant les sources, je découvris que Rabbeinou écrivit cela conformément à sa méthode, exprimée ailleurs dans son commentaire des propos du Talmud de Jérusalem, selon laquelle il est interdit à un individu de mentionner la pluie avant que ne la mentionne le ‘hazan : il est ainsi interdit à tous les fidèles de dire « Machiv haroua’h oumorid haguéchem » avant que le ‘hazan ou le gabaï ne l’ait annoncé à voix haute. Dès lors, on comprend qu’il faut annoncer aussi les derniers mots, afin que le public puisse les dire dans la prière.
Le Siddour est, d’une part, bâti avec un génie et une rigueur hors du commun, et d’autre part ordonné de manière « égale pour toute âme » : on n’y a introduit ni kavanot kabbalistiques ni propos qui ne conviendraient pas à l’ordre de la prière dans sa simplicité. On peut le remarquer jusque dans de menus détails. Ainsi, dans la prière ‘Ana Bekhoa’h’, la première impression du Siddour faisait apparaître des points entre chaque paire de mots (Ana bekhoa’h. Guedoulat yeminekha. Et ainsi de suite). Cela tenait à ce qui est expliqué dans les écrits de l’Arizal : chaque ligne de cette prière est composée de six mots correspondant aux six ailes des anges, et il faut donc les séparer deux par deux, à l’image de ces ailes. Mais dans l’édition suivante, tous ces points furent supprimés — à mon avis intentionnellement — car ils ne s’accordaient pas avec le sens simple, égal pour toute âme.
Une autre conclusion à laquelle je suis parvenu après une longue recherche est que Rabbeinou fut le premier à composer un noussa’h des « six souvenirs » (chech zekhirot) à réciter chaque jour : six sujets que la Torah nous a ordonné de nous rappeler et qui, selon Rabbeinou, constituent une obligation permanente, quotidienne — la sortie d’Égypte, la station du mont Sinaï, la guerre d’Amalek, l’épisode du Veau, l’épisode de Miriam et la mitsva du Chabbat. Rabbeinou disposa les termes des versets concernés en un noussa’h à réciter chaque jour après la prière, n’en apportant parfois que des fragments, malgré la règle halakhique voulant que tout verset que Moché Rabbeinou n’a pas séparé, il nous soit interdit de n’en dire qu’une partie. En pratique, toutefois, de nombreux fragments de versets se trouvent dans diverses prières, et j’ai rassemblé plus de dix explications différentes rédigées sur la question par les grands décisionnaires : certains distinguent entre la mention d’un verset à des fins de récitation et sa mention pour évoquer une idée ou un thème, d’autres tiennent qu’il est permis de dire un verset partiel dans le cadre d’une prière ou d’une supplication.
Lorsqu’on compare de manière systématique les divers noussa’ot de la prière, on accède parfois à une compréhension nouvelle du sens des mots, et l’on saisit comment un changement de noussa’h emporte un changement de sens. Dans la plupart des Siddourim répandus, on dit dans le Birkat HaMazon : « HaMélekh hatov vehametiv lakol, chebekhol yom vayom Hou hetiv lanou, Hou metiv lanou, Hou yetiv lanou. » Le problème est que ces mots ne s’agencent pas bien : comment dire « chebekhol yom vayom Hou hetiv » au passé ? De fait, dans le Siddour séfarade imprimé à Venise en 5284 (1524) — celui que Rabbi ‘Hayim Vital établit comme Siddour fondamental et auquel il ajouta des gloses de son maître l’Ari — figure un noussa’h plus clair : « chebekhol yom vayom Hou metiv lanou, Hou hetiv lanou, Hou yetiv lanou. » Mais Rabbeinou résolut la question au moyen d’une légère modification qui préserva le noussa’h Achkenaz tel quel : « HaMélekh hatov vehametiv lakol bekhol yom vayom, Hou hetiv lanou. »
Des sentiers dans le champ de la Chli’hout
Vous êtes l’adresse de questions halakhiques particulièrement délicates qui surgissent dans les communautés juives du monde entier, de nombreux Chlou’him du Rabbi venant vous consulter au sujet de leur communauté. Vos trois volumes de questions-réponses, intitulés « Netivim BeSdeh HaChli’hout », rassemblent d’ailleurs un large éventail de sujets halakhiques inhabituels de ce genre.
J’éprouve un élan particulier à aider les Rabbanim Chlou’him par un bon conseil et une décision halakhique, car j’ai moi-même « manqué » l’occasion d’une Chli’hout pour la diffusion du judaïsme. Après mon mariage, je résidais à Londres et souhaitais étudier dans un kollel d’avrekhim, selon l’usage ; j’écrivis à ce sujet au Rabbi et reçus une lettre : « En réponse à sa question, qu’il étudie dans le kollel qui convient à sa ville, ce qui présente aussi l’avantage qu’il pourra poursuivre le tRavail sacré dans les institutions Habad de sa ville ; je le mentionnerai au tsion. » Quelques années plus tard, on me demanda d’occuper le poste de dayan dans la communauté et d’assister mon beau-père, le Gaon hassidique le Rav Na’hman Soudak de mémoire bénie, qui était à la tête de la communauté Habad et de ses institutions en Grande-Bretagne. Mais la nomination fut retardée, et à un certain moment je reçus une proposition de partir en Chli’hout du Rabbi vers l’Estonie ; nous étions même déjà partis pour Tallinn, sa capitale, lorsqu’on me demanda de revenir à Londres pour y exercer le rabbinat. Pourtant, ma conscience me pousse à aider les Chlou’him autant qu’il m’est possible.
Ces ‘hassidim et hommes d’action, partis avec un grand dévouement vers des contrées reculées pour rapprocher les Juifs de notre Père céleste, se heurtent à de nombreuses questions inédites, jamais soulevées dans la littérature toranique, car la situation actuelle dans le monde de la Chli’hout diffère de toutes les conventions du passé. Durant la plupart des générations, il existait deux cas de figure : des Juifs observant les mitsvot selon la loi, ou des Juifs qui s’étaient éloignés de la voie, que D.ieu préserve. À notre époque, en revanche, après l’immense déclin spirituel des dernières générations, le Rabbi suscita un mouvement inverse : ramener les Juifs à leur source. Les Chlou’him sont ainsi en contact quotidien avec de nombreux Juifs qui n’observent pas encore pleinement la Torah et les mitsvot, mais dans le cœur desquels s’est déjà ouverte une brèche « comme la pointe d’une aiguille », et plus encore.
L’approche du Rabbi consistait à tout faire pour rapprocher ces Juifs et élargir cette ouverture du cœur, sans pour autant renoncer, à D.ieu ne plaise, aux Halakhot tranchées. Cela exige une décision halakhique à la fois fine et complexe, car il est très facile d’interdire et de se montrer rigoureux dans tout cas de doute ; mais lorsqu’un tel Juif sait que le Rav répond toujours par l’interdit, il cesse bien vite de poser des questions. Le but est de trouver, dans toute la mesure du possible, des solutions halakhiques qui aident les Juifs à cheminer davantage dans la voie de la Halakha.
L’une des questions principales est une question de principe qui touche presque tous les domaines : comment se comporter face à un Juif qui commet une transgression, que D.ieu préserve ? Un Juif arrive à la synagogue le Chabbat, et nous avons de bonnes raisons de penser qu’il est venu en voiture ; n’accomplirons-nous pas à son égard la mitsva de « Tu réprimanderas certes » (Hokhéa’h tokhia’h) ?
Cette question nous ramène précisément au Siddour. Il s’y trouve un recueil de lois intitulé « Seder Hakhnassat Chabbat », dans lequel Rabbeinou Hazaken avertit qu’il faut veiller à allumer les bougies de Chabbat avant le coucher du soleil et à n’accomplir aucune mélakha, car en ces jours-là il était d’usage de suivre l’avis de Rabbeinou Tam, pour qui la sortie des étoiles est très tardive ; aussi considérait-on le temps suivant le coucher du soleil comme un « supplément de Chabbat » (toussefet Chabbat), où l’on se relâchait parfois. Dans ses propos, Rabbeinou traite également de la question de savoir quand réprimander celui qui accomplit une mélakha, car on dit parfois qu’« il vaut mieux qu’ils transgressent par inadvertance que sciemment ». Dans mon livre, j’ai développé ce sujet et expliqué qu’il existe en réalité une controverse entre les Richonim : la mitsva de tokha’ha consiste-t-elle dans l’acte même de signaler à autrui qu’il transgresse un interdit, ou bien à réussir à l’influencer pour qu’il ne transgresse pas ? Il semble que Rabbeinou Hazaken parvint à la conclusion que la tokha’ha réside dans la nécessité d’amener l’homme à changer effectivement de voie, et qu’il ne s’agit pas d’une mitsva que l’on accomplirait par la seule parole. Mon beau-père, de mémoire bénie, disait que la répétition de l’expression « Hokhéa’h tokhia’h » ne relève pas seulement du langage de la réprimande (tokha’ha), mais aussi du langage de la démonstration (hokha’ha) : il faut apporter des preuves et convaincre l’homme de changer.
Telle est, au fond, l’approche générale du rapprochement des Juifs : comprendre que notre désir d’accomplir envers eux la mitsva de tokha’ha comme il se doit ne peut se réaliser que si nous les influençons d’une manière qui les rapproche, quitte à nous abstenir parfois de leur signaler les transgressions qu’ils commettent, car c’est précisément ainsi que nous parviendrons finalement à les amener à la Torah et aux mitsvot dans leur plénitude. Récemment est décédé le Rav Chraga Feivich Vogel de mémoire bénie, Chalia’h du Rabbi en Angleterre pendant plus de soixante ans, qui avait coutume de dire : « Il n’existe pas de chose telle qu’une fois pour toutes » ; il faut influencer avec patience, et c’est ainsi que l’on parvient à susciter un véritable changement.
Il existe en Halakha une notion appelée « selon ce que voient les yeux du sage » (kefi reout einei ha’hakham) : tantôt une approche plus douce est requise, tantôt une approche différente. Dans notre ville résidait un de mes parents, le Rav Moché Katzenelbogen, qui vivait en Russie et observait les mitsvot au péril de sa vie, jusqu’à ce qu’il en sortît pour Londres en 5731 (1971). En ces jours-là, il se rendit auprès du Rabbi et entra en ye’hidout ; le Rabbi lui dit : « On dit de toi que tu maîtrises les quatre parties du Choul’han Aroukh. » — « C’est une exagération », répondit-il avec modestie. Et le Rabbi de répliquer : « À cette table, on ne dit pas de paroles exagérées. » Une fois, il était assis en compagnie du Gaon Rabbi Yehouda Boutrachvili (Rabbi Yehouda de Koulachi), qui fut Rav de la communauté Habad de Moscou et, plus tard, Grand Rabbin des Juifs de Géorgie en Terre Sainte. Un couple se présenta devant lui avec une question : est-il permis de procéder à un pidyon haben sans brit ? Le Rav répondit : en aucun cas. Lorsqu’ils sortirent, le Rav Moché lui demanda pourquoi il avait tranché ainsi, puisqu’il s’agit de deux mitsvot indépendantes l’une de l’autre. « Ainsi ils feront aussi le brit », lui répondit Rabbi Yehouda, en homme connaissant l’âme du troupeau de son pâturage. Tout est selon ce que voient les yeux du sage.
Les questions émanant des Chlou’him sont nombreuses et variées ; je n’en apporterai que quelques exemples. Un Chalia’h actif dans l’une des universités m’interrogea au sujet d’un étudiant juif qui s’était engagé à mettre les téfilines chaque jour, mais qui n’observe pas encore le Chabbat. Un vendredi, l’étudiant lui téléphona : « Rabbi, je pars ce soir aux Pays-Bas pour dix jours ; dois-je emporter les téfilines, car là-bas je n’aurai aucun moyen de m’en procurer ? » Il est intéressant de noter que le ‘Hafets ‘Hayim traita de ce sujet dans un ouvrage qu’il composa pour les soldats juifs, intitulé ‘Ma’hané Israël’ ; mais il y est question de soldats contraints, de toute façon, de transporter avec eux des objets indispensables au titre du pikoua’h néfech, la question étant alors d’y adjoindre le transport des téfilines. Ici, en revanche, il s’agit d’un voyage constituant une profanation totale du Chabbat : comment dès lors pourrait-il transporter les téfilines ? J’ai tranché qu’il ne devait pas les emporter, afin qu’il ne perçoive aucune approbation ni aucun assentiment à son voyage du Chabbat, à D.ieu ne plaise. Mais sur le fond, il y aurait matière à débattre dans un sens comme dans l’autre.
Certaines questions, extrêmement complexes, se révèlent difficiles à trancher à partir de la littérature toranique. On me soumit le cas d’une jeune Juive ayant épousé un non-Juif chrétien, que D.ieu préserve, et dont naquit un fils ; elle voulait circoncire l’enfant, et le père y consentait à une seule condition : qu’à la fin du mois ils l’emmènent à l’église pour le baptiser, afin que « chaque partie reçoive le sien », faute de quoi ils ne feraient ni brit ni baptême. De même, à la période récente, de nombreux Juifs furent contraints de fuir l’Ukraine à cause de la guerre et d’errer dans diverses villes d’Europe ; je reçus la question de l’un des Rabbanim des communautés, qui devait loger quelques centaines de réfugiés sans disposer de place pour eux, alors qu’un local approprié se trouvait à proximité, avec un seul « petit » problème : ce local appartenait à une église.
Une question intéressante me parvint d’un Rav de communauté en France, qui œuvre selon une méthode de rapprochement originale. Il a coutume d’emmener des Juifs fins gourmets dans des restaurants cachères afin de leur démontrer qu’une nourriture cachère peut être des plus savoureuses. Lors de ces visites, ils commandent aussi des vins prestigieux, comme il est d’usage dans ces établissements ; or les fins palais ne boivent pas de vins cuits (mevouchal), qu’ils ne tiennent pas pour des vins de qualité suffisante, et ils commandent donc des vins non cuits. La coutume répandue, lorsqu’on boit du vin, est de trinquer les verres l’un contre l’autre ; mais ces Juifs profanent encore le Chabbat pour l’heure. Le Rav me demande donc : même si je veille à leur ouvrir la bouteille et à me servir d’abord du vin dans mon verre, lorsqu’ils trinqueront ils feront bouger mon vin ; pourrai-je le boire ensuite ? À cette question, j’ai tranché qu’il y a lieu d’être indulgent à l’égard d’un Juif, mais non à l’égard d’un non-Juif.
On pourrait dénombrer ainsi bien d’autres questions parmi celles qui affluent dans les lettres que je reçois, et notamment des interrogations plus courantes : faut-il inviter des personnes aux prières et aux repas du Chabbat et des fêtes lorsque cela risque d’entraîner une profanation du Chabbat ou de la fête ? Il faut toujours examiner les choses selon la voie de la Torah et chercher une solution dans la mesure du possible, celle-ci se trouvant parfois dans la « cinquième partie du Choul’han Aroukh » : la sagesse de la vie, qui permet de contourner les difficultés par des voies de douceur. Cela aussi fait partie du rôle d’un Rav et d’un dirigeant de communauté en Israël.
Un Siddour en trois volumes
L’œuvre monumentale du Rav Lévi Its’hak Raskin sur le Siddour de l’Admour Hazaken, l’auteur du Tanya, réunit plusieurs ouvrages. Le premier, ‘Guilyonei HaSiddour’, rassemble pour la première fois en un seul lieu les gloses et les commentaires des Admourim de Habad, au fil des générations, sur le noussa’h de la prière et les Piskei HaSiddour. Le second, ‘Iyounei HaSiddour’, comprend un immense recueil de sources et de comparaisons entre tous les noussa’ot de la prière, ainsi que des discussions sur chaque détail halakhique et grammatical ; l’auteur n’a pas laissé dans son livre une pierre qu’il n’ait retournée.
La troisième partie offre une vaste rubrique de compléments (milouïm), dans laquelle l’auteur élucide en profondeur, et de toute sa stature halakhique, quelque soixante sujets liés aux prières et aux Piskei HaSiddour : une discussion sur les dizaines d’explications de la littérature toranique concernant la mention, dans les prières, de demi-versets, contrairement à la règle voulant que « tout verset que Moché n’a pas séparé, nous ne le séparons pas » ; les lois et les moments de la récitation de la Tefilat HaDérekh ; la mitsva de tokha’ha envers celui qui n’observe pas la Torah et les mitsvot ; la manière de bénir le riz, et bien d’autres encore.
Pour les plus avertis, signalons qu’il y a plus de vingt ans parut une première édition de ce Siddour en un seul volume ; mais cette nouvelle parution présente un visage entièrement renouvelé et un enrichissement considérable, à l’image de l’ouvrage ‘Guilyonei HaSiddour’ évoqué plus haut, entièrement refondu, ainsi que des références et des sources pour de nombreuses prières absentes du Siddour de Rabbeinou Hazaken mais en usage parmi les ‘hassidim de Habad, une comparaison approfondie avec les anciens noussa’ot d’Achkenaz et de Sefarad, et des études comparatives portant sur les éditions anciennes du Siddour de Rabbeinou.
















