Un sandwich acheté dans l’épicerie d’Aharon Cohen à Kfar Habad a fini par nourrir son propre fils, soldat en route vers Gaza. Cette histoire touchante illustre parfaitement le travail remarquable de l’association « Ezer L’Hayal » de Habad qui soutient les combattants de Tsahal. Une coïncidence qui dépasse l’entendement et rappelle que parfois, tout trouve sa destination.

L’association « Ezer L’Hayal » en action

L’équipe d' »Ezer L’Hayal », dirigée par le Rav Eliahou Goutman, s’active quotidiennement pour soutenir les soldats de Tsahal. Cette organisation basée à Kfar Habad a fait de l’aide aux combattants sa mission principale, particulièrement depuis l’intensification des opérations militaires. L’association achète régulièrement des sandwichs cacher dans l’épicerie d’Aharon Cohen pour les distribuer aux combattants se dirigeant vers les bases du sud et les zones de combat à Gaza.

« Nous faisons tout notre possible pour que nos soldats partent au combat avec de quoi se nourrir correctement », explique un membre de l’équipe. Cette mission, ils l’accomplissent avec dévouement, parcourant les routes pour rejoindre les convois militaires. Leur travail ne se limite pas à la simple distribution : ils organisent leurs tournées selon les mouvements de troupes, anticipent les besoins et s’adaptent aux contraintes sécuritaires.

« Chaque matin, nous chargeons nos véhicules avec des centaines de sandwichs frais », détaille un bénévole. « Nous connaissons les horaires de passage des convois, les points de rassemblement, les itinéraires habituels. Notre objectif est d’être là au bon moment, au bon endroit. » Cette logistique minutieuse permet à l’équipe d’intervenir efficacement sur le terrain.

Le choix de s’approvisionner chez Aharon Cohen n’est pas anodin. « Sa boutique propose une nourriture cacher de qualité, préparée selon nos exigences », précise le Rav Goutman. « Nous savons que nos soldats religieux peuvent manger en toute confiance. » Cette attention aux détails religieux reflète l’engagement profond de la communauté Habad envers ses membres servant dans l’armée.

L’association ne se contente pas de nourrir les corps : elle distribue également des livres religieux, notamment le Tanya, ouvrage fondamental du mouvement Habad. « Un soldat qui part au combat a besoin de force spirituelle autant que physique », souligne un responsable. Cette approche globale caractérise l’action d' »Ezer L’Hayal » sur le terrain.

Une rencontre providentielle sur la route

Après une journée particulièrement intense, l’équipe d' »Ezer L’Hayal » croise un convoi de combattants en route vers l’opération « Merkavot Gideon » à Khan Younes. Les véhicules militaires roulent en formation serrée, chargés d’équipements et de soldats déterminés. L’atmosphère est tendue, comme souvent avant une mission délicate.

Soudain, un soldat portant une barbe bondit du convoi et interpelle les bénévoles : « Auriez-vous par hasard un livre de Tanya et un sandwich cacher ? Je meurs de faim, je n’ai presque rien mangé depuis ce matin… » Sa demande surprend par sa spécificité. Demander à la fois un texte d’étude hassidique et de la nourriture cacher révèle immédiatement son appartenance à la communauté Habad.

« Nous avons tout de suite compris qu’il était des nôtres », se souvient un membre de l’équipe. « Sa barbe, sa façon de parler, sa demande pour le Tanya… tout nous disait qu’il s’agissait d’un jeune Habad. » La scène a quelque chose de surréaliste : au milieu des préparatifs militaires, un soldat recherche à la fois nourriture spirituelle et physique.

Les membres d' »Ezer L’Hayal » fouillent leur véhicule tout-terrain avec une certaine inquiétude. La journée a été longue, les distributions nombreuses. « Nous avions donné notre dernier livre de Tanya une heure plus tôt », explique l’un d’eux. Pour la nourriture, c’est encore plus préoccupant : les glacières semblent vides.

Puis, comme par miracle, ils dénichent un dernier sandwich, caché au fond d’une glacière. Un seul, comme s’il attendait son destinataire. « C’était incroyable », raconte un témoin. « Nous étions convaincus d’avoir tout distribué, et voilà qu’apparaît ce sandwich solitaire, exactement au moment où ce jeune soldat Habad en avait besoin. »

L’identité révélée du soldat affamé

Le soldat affamé se présente : « Je suis Its’hak Cohen, le fils du Rav Aharon Cohen de Kfar Habad », déclare-t-il en prenant le sandwich. Un silence stupéfait s’abat sur le groupe. Its’hak Cohen… le fils du propriétaire de l’épicerie de Kfar Habad où ont été achetés tous les sandwichs de la journée, y compris celui-là même qu’il s’apprête à déguster.

Les membres d' »Ezer L’Hayal » se regardent, médusés. « Nous n’arrivions pas à y croire », raconte l’un d’eux. « De tous les soldats que nous croisons chaque jour, de tous les convois que nous rencontrons sur les routes du pays, c’est le fils d’Aharon Cohen qui nous demande à manger, et c’est justement le dernier sandwich de son père que nous avons à lui offrir. »

L’émotion gagne tout le groupe. Certains sourient, d’autres restent bouche bée devant cette coïncidence extraordinaire. « Its’hak ne savait même pas que nous nous fournissions chez son père », poursuit un bénévole. « Il cherchait juste de quoi se nourrir avant de partir au combat, et c’est la nourriture préparée dans sa propre maison familiale qui lui parvient. »

Le jeune soldat, lui aussi surpris par cette révélation, éclate de rire : « Mon père va avoir du mal à croire cette histoire quand je la lui raconterai. Un sandwich de la maison qui me rattrape en pleine mission militaire ! » L’atmosphère se charge d’une émotion particulière, mêlant joie, surprise et une profonde reconnaissance envers cette providence qui semble orchestrer les événements.

« Quand nous avons réalisé qui il était, nous avons tous été saisis par l’émotion », raconte un témoin de la scène. Le sandwich préparé dans l’épicerie familiale avait traversé tout le pays pour revenir nourrir le fils de son fabriquant, au moment où il en avait le plus besoin.

Une leçon de providence divine

Cette anecdote dépasse la simple coïncidence pour les membres de la communauté Habad. Elle illustre parfaitement leur conviction que rien n’arrive par hasard et que chaque acte de bonté trouve sa destination finale. Dans la philosophie hassidique, chaque événement, même le plus anodin, s’inscrit dans un plan divin plus vaste où tout s’orchestre avec une précision remarquable.

« Cela nous rappelle que nos efforts ne sont jamais vains », confie un responsable d' »Ezer L’Hayal ». « Même quand nous ne savons pas qui recevra notre aide, la providence s’en charge. » Cette conviction profonde anime quotidiennement les bénévoles de l’association, qui voient dans chaque distribution un maillon d’une chaîne invisible reliant les âmes.

Pour la communauté de Kfar Habad, cette histoire résonne comme un enseignement vivant. « Nous parlons souvent de ‘hashgaha pratit’, la providence particulière », explique un habitant du village. « Mais voir concrètement un sandwich partir de chez Aharon Cohen le matin pour nourrir son propre fils le soir, au moment précis où il en avait besoin, c’est extraordinaire. »

L’histoire de ce sandwich devenu légendaire à Kfar Habad continue d’encourager les bénévoles dans leur mission quotidienne auprès des soldats. « Quand nous doutons, quand la fatigue nous gagne, nous repensons à Its’hak et à son sandwich », témoigne un membre d' »Ezer L’Hayal ». « Cela nous redonne la force de continuer. »

Au-delà de l’anecdote touchante, cette histoire révèle la vision Habad du monde : un univers où chaque geste compte, où chaque acte de bonté trouve son chemin vers celui qui en a besoin. « Le Rebbe nous enseignait que même un simple sourire peut changer une vie », rappelle le Rav Goutman. « Cette histoire nous montre que même un simple sandwich peut accomplir des miracles. »

Cette histoire résume parfaitement la philosophie Habad : tout a sa place et sa destination dans ce monde, même un simple sandwich acheté dans une épicerie de village. Une leçon d’humilité et d’espoir qui transcende les circonstances dramatiques de la guerre pour révéler la beauté cachée des connexions humaines.