Le projet Gaaguim Nigounim vient de dévoiler un Nigoun inédit attribué au célèbre ‘hassid Rav Hillel Paritcher, figure emblématique du mouvement ‘hassidique. Cette mélodie, répertoriée sous le numéro 39 dans le Sefer HaNigounim, constitue le titre de clôture du nouvel album Gaaguim 9. Une nouvelle contribution précieuse à la sauvegarde du patrimoine musical de Habad-Loubavitch.

 

 

Un trésor mélodique préservé pour les générations futures

Le projet Gaaguim Nigounim, consacré depuis plusieurs années à la préservation et à la diffusion des nigounim authentiques de Habad, vient de publier un enregistrement inédit d’un nigoun attribué au célèbre ‘hassid Rav Hillel Paritcher. Plusieurs nigounim de Rav Hillel figuraient déjà dans les albums précédents du projet ; les organisateurs présentent aujourd’hui une nouvelle mélodie émouvante tirée de son répertoire. Ce nigoun, classé sous le numéro 39 dans le Sefer Hanigounim, constitue le titre de clôture du dernier album paru, Gaaguim 9.

Le nigoun, pilier fondamental de la vie ‘hassidique

La ‘Hassidout accorde une importance capitale au nigoun, qu’elle considère comme l’un des piliers essentiels de la vie ‘hassidique. Lors d’un discours prononcé par le Rabbi précédent (le Friediker Rabbi) lors de la première nuit de Chavouot 5708 (1948), il enseigna qu’un ‘hassid reçoit de son père ou de son maître quatre éléments fondamentaux : un enseignement ou une histoire rapportés au nom du Rabbi, un nigoun entendu en son nom, la pratique de transmettre ce que l’on a vu ou entendu, et les enseignements ou la conduite d’un ‘hassid ancien. Ces quatre éléments, expliqua-t-il, forment les « quatre murs de la Soukkah ‘hassidique ».

Rav Hillel Paritcher : l’homme qui vivait par le nigoun

Le lien profond qui unissait Rav Hillel au nigoun a été immortalisé par une parole célèbre de son ami Rav Aizik Homiler : « Moi, j’ai vécu ma vie par la compréhension intellectuelle, tandis que Rav Hillel, lui, a vécu sa vie par le nigoun et la danse. » Ce témoignage illustre avec force la dimension spirituelle et existentielle que revêtait le chant ‘hassidique pour cette grande figure de Loubavitch.

Une production musicale soignée

L’enregistrement met en valeur la voix du Rav Mena’hem Mendel Amar, avec des arrangements signés Rav Ovad Monis, le violon et la production musicale assurés par Rav Mordekhaï Broutski, le tout réalisé sous la direction du Rav ‘Haïm Weiss.

À ce jour, le projet Gaaguim a publié quatre-vingt-onze nigounim. Les travaux pour le prochain album, Gaaguim 10, sont déjà en cours et sa sortie est attendue prochainement.

Qui était Rav Hillel Paritcher ?

Rav Hillel HaLevi Malisov de Paritch (1795-1864) est considéré comme l’un des plus grands ‘hassidim de l’histoire de Habad-Loubavitch. Né en 1795 à Khometz, en Ukraine, il manifesta dès son plus jeune âge des dons intellectuels exceptionnels : à treize ans, il maîtrisait l’ensemble du Talmud et des œuvres halakhiques, et à quinze ans, il s’était déjà plongé dans les écrits kabbalistiques de l’Ari zal. C’est la découverte fortuite d’un exemplaire du Tanya — sans page de titre — qui l’orienta définitivement vers la ‘Hassidout de Habad et vers l’enseignement de Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, l’Alter Rabbi, qu’il ne rencontra pourtant jamais en personne.

À partir de 1815, il se rendit régulièrement à Loubavitch auprès du Mitteler Rabbi (Rabbi DovBer), dont il devint l’un des disciples les plus proches, puis continua sous la direction du Tsema’h Tsedek (Rabbi Mena’hem Mendel). Nommé Rav et Machpia à Paritch, puis à Bobroisk, il fut mandaté par le Mitteler Rabbi pour parcourir les colonies agricoles juives de la région de Kherson, soutenir les soldats cantonnistes et renforcer la vie juive dans ces communautés isolées. Son autorité halakhique était telle que les rabbins de nombreuses villes venaient lui soumettre leurs questions les plus complexes, lui valant le titre de « rav des rabbins ».

Surnommé le « demi-Rabbi », Rav Hillel occupait une place unique dans l’histoire de Habad : bien qu’il ne fût pas Rabbi au sens dynastique du terme, il était universellement reconnu comme un Tsaddik accompli, prodiguant bénédictions et guidance spirituelle à des milliers de ‘hassidim. Son œuvre principale, le Péla’h HaRimon, un commentaire philosophique ‘hassidique sur plusieurs livres de la Torah, fut publiée à titre posthume par son petit-fils en 1881. Il s’éteignit le Chabbat 11 Av 5624 (1864), à Kherson, au cours de l’une de ses tournées annuelles, et y fut inhumé.