
L’étrog est sans doute l’élément le plus complexe à choisir parmi les Quatre Espèces.
a) Pureté :
La pureté génétique de l’étrog est primordiale. Il doit provenir d’un cédratier non greffé. Cette exigence nécessite une surveillance rabbinique stricte des vergers, car les agriculteurs greffent souvent les cédratiers avec d’autres agrumes pour améliorer leur résistance et leur productivité. Un rabbin qualifié doit inspecter chaque arbre pour garantir son authenticité.
b) Entièreté :
Un étrog doit être complet. Le pitom, cette petite excroissance au sommet du fruit, doit idéalement être intact. Cependant, pour les étroguim de Calabre, le pitom tombe souvent naturellement durant la croissance. Dans ce cas, l’étrog reste cachère. Il est crucial que cette chute soit naturelle et non due à une manipulation humaine.
c) Beauté :
La beauté de l’étrog est à la fois objective et subjective. Voici les critères généralement admis :
– Absence ou minimum de taches, d’égratignures ou de marques
– Forme allongée et symétrique
– Présence de rainures et de bosses (un étrog parfaitement lisse n’est pas idéal)
– Taille minimale d’un œuf moyen
– Couleur jaune ou tendant vers le jaune (un étrog totalement vert n’est pas cachère)
Il est important de noter que de légères imperfections n’affectent pas la cacherout de l’étrog, tant qu’elles ne compromettent pas son intégrité.
La production et la surveillance rabbinique des étroguim de Calabre
Les étroguim, ces cédrats utilisés lors de la fête juive de Souccot, font l’objet d’une attention particulière en matière de production et de surveillance rabbinique, notamment en Calabre, région italienne réputée pour ses étroguim. Cette rigueur s’explique par la nécessité de garantir la cacheroute de ces fruits essentiels à l’accomplissement de la mitsva des Quatre Espèces.

1. Le défi des étroguim greffés
L’un des principaux enjeux de la récolte des étroguim est d’éviter les fruits issus d’arbres greffés, appelés « mourkavim ». Bien que visuellement identiques aux étroguim cachères, ces fruits ne sont pas aptes à l’accomplissement de la mitsva. L’utilisation d’un étrog greffé rendrait non seulement la mitsva invalide, mais transformerait également la bénédiction prononcée en « bénédiction en vain ».
2. Les raisons de la greffe
Les agriculteurs ont recours à la greffe pour plusieurs raisons. La principale est la fragilité des cédratiers non greffés, qui ont une durée de vie limitée à une dizaine d’années et une production de fruits réduite. En revanche, un cédratier greffé sur un citronnier peut vivre plus de vingt ans et offrir une meilleure productivité. Cette pratique permet aux exploitants de réduire les coûts et la charge de travail liés au renouvellement fréquent des arbres.

3. Une surveillance rabbinique renforcée
Pour garantir la cacheroute des étroguim, une surveillance rabbinique stricte est mise en place lors de la récolte. Le Rabbi de Loubavitch a institué la présence obligatoire de deux témoins experts, et non d’un seul comme le permettrait la loi juive traditionnelle en matière d’interdits alimentaires.
Cette exigence s’explique par la complexité de la situation sur le terrain. Les surveillants doivent non seulement vérifier l’apparence des arbres, mais aussi détecter d’éventuelles manipulations visant à dissimuler la nature greffée de certains arbres. Par exemple, la greffe peut être pratiquée à la base de l’arbre et recouverte de terre pour la rendre invisible.
Le travail des deux surveillants est complémentaire : pendant que l’un examine minutieusement chaque étrog, l’autre s’assure que les fruits proviennent bien des arbres cachères du champ et non d’une source extérieure.
Cette surveillance renforcée est essentielle pour maintenir la confiance des consommateurs juifs dans la cacheroute des étroguim de Calabre, permettant ainsi la perpétuation d’une tradition agricole unique au service d’une importante pratique religieuse.
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