Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou livre une analyse détaillée de la stratégie militaire israélienne face à l’Iran, révèle l’existence d’une coordination étroite avec le président américain Donald Trump, et évoque ses projets d’extension des Accords d’Abraham. Il justifie les frappes contre l’Iran par l’urgence de la menace nucléaire et confirme qu’Israël était « à la 90e minute » avant une potentielle acquisition de l’arme atomique par Téhéran.
Interrogé sur les changements survenus depuis le 7 octobre, Netanyahou établit une continuité dans sa vision géostratégique. « Il y a une compréhension maintenant partagée par tous : nous avons un seul ennemi. Cet ennemi, c’est l’Iran », déclare-t-il. Le Premier ministre souligne que ce qu’Israël a observé avec le Hamas, le Hezbollah et les Houthis ne sont que des « tentacules de l’Iran ».
Cette analyse, Netanyahou affirme l’avoir développée il y a quarante ans : « J’ai dit il y a 40 ans que la plus grande menace à notre existence venait de la République islamique d’Iran, cette secte religieuse extrémiste fanatique qui menace le monde musulman, menace l’État juif, menace le monde entier. »
La stratégie des trois objectifs contre l’Iran
Le Premier ministre détaille la stratégie iranienne qu’Israël devait contrer. Selon lui, l’Iran avait « trois plans de destruction d’Israël » : premièrement, le plan de l’axe avec un étranglement et une attaque simultanée depuis le nord, le sud et tous les affiliés ; deuxièmement, un tir massif de missiles que l’État hébreu ne pourrait pas contrer ; troisièmement, l’acquisition de l’arme nucléaire.
« Nous avons brisé l’axe iranien », affirme Netanyahou, expliquant sa stratégie en étapes : d’abord porter un coup massif au Hamas, puis se tourner vers le nord pour « mettre le Hezbollah à genoux », notamment par l’élimination de Hassan Nasrallah qu’il qualifie d’« axe de l’axe ».
L’urgence de la menace nucléaire justifie l’action
Le moment choisi pour frapper l’Iran s’explique par l’imminence de la menace nucléaire. « Nous savions qu’en quelques mois, moins d’un an, elle pourrait atteindre l’arme nucléaire. C’est pourquoi il fallait agir à la 90e minute. Il n’y aura pas de 91e minute », explique le Premier ministre.
Cette urgence a motivé sa détermination face aux alliés : « Nous devions éliminer la menace iranienne durant notre mandat – car il n’est pas certain qu’il y en aura un après nous. » Netanyahou révèle avoir donné une directive claire il y a six mois à Tsahal et au Mossad pour « se préparer à l’élimination de ces deux menaces ».
Une coordination étroite avec Trump révélée
Contrairement aux spéculations médiatiques, Netanyahou confirme une coordination totale avec Donald Trump. « Nous parlons, le président et moi, presque quotidiennement », révèle-t-il, ajoutant que « tous ceux qui ont dit que Trump et moi n’étions pas amis ont rendu un grand service » à Israël.
Cette coordination s’est étendue aux opérations militaires : « Je n’ai pas été surpris par son action [contre les installations nucléaires]. J’étais parfaitement informé de son action. » Le Premier ministre confirme également avoir informé Trump de l’opération israélienne.
Les réalisations militaires qualifiées d’historiques
Netanyahou revendique des résultats exceptionnels : « C’est l’élimination ciblée la plus puissante de l’histoire », concernant l’élimination du commandement supérieur iranien et des scientifiques nucléaires « dans les premières minutes, nous parlons des deux premières minutes de cette opération ».
Le renseignement israélien et le Mossad ont selon lui « réalisé un travail exceptionnel pour éplucher toutes les couches de leur défense », tandis que l’armée de l’air a permis « d’éliminer leur commandement supérieur d’un coup ».
L’extension des Accords d’Abraham en perspective
Fort de ces succès militaires, Netanyahou envisage l’avenir avec optimisme concernant la normalisation avec d’autres pays arabes. « Quand vous êtes fort, on vient vers le fort. On ne vient pas vers le faible », analyse-t-il, confirmant que « certainement » de nouveaux Accords d’Abraham sont à prévoir.
Interrogé spécifiquement sur la normalisation avec l’Arabie saoudite, l’Indonésie ou la Malaisie, il répond : « J’ai noté toutes tes propositions et elles seront examinées sérieusement. Il y en a beaucoup d’autres auxquelles tu ne penses peut-être pas, mais elles sont notées. »
Gaza : les otages comme facteur de ralentissement
Concernant Gaza, Netanyahou assume une approche mesurée motivée par la présence d’otages. « Nous aurions pu raser Gaza d’un seul coup avec la force aérienne. Nous n’avons pas agi ainsi », explique-t-il, précisant que « la guerre a été retardée principalement à cause des otages ».
Le Premier ministre se dit « déterminé à les ramener tous, morts et vivants jusqu’au dernier », tout en maintenant les objectifs d’« écraser le Hamas » et de « garantir que Gaza ne constituera plus une menace pour Israël ».
Une vision pour l’avenir d’Israël
Au-delà des opérations militaires immédiates, Netanyahou dessine sa vision stratégique : « Éliminer la menace existentielle, élargir le cercle de paix avec nos voisins, propulser Israël économiquement et technologiquement vers des niveaux que nous n’imaginons même pas. »
Cette ambition s’appuie sur la conviction que « notre force est la clé de tout » – militaire, technologique et l’unité du peuple – des éléments qui selon lui « font une impression énorme sur les dirigeants arabes ».
Une épreuve personnelle assumée
Face aux critiques et aux procédures judiciaires, Netanyahou adopte une métaphore militaire : « Quand tu plonges sous l’eau, c’est calme, tu prends la boussole, tu vises la direction et tu plonges vers l’objectif, ignorant simplement les bruits de fond. »
Il défend également sa famille, particulièrement son épouse Sara, soulignant qu’elle « n’a pas choisi cela » mais « résiste de manière merveilleuse » aux « attaques si cruelles » qu’elle subit.
















