Madame Cheina Tema Gourary, fondatrice et rédactrice en chef de longue date du magazine « Di Yiddishe Heim » (La maison juive) et matriarche d’une grande famille Loubavitch, est décédée mercredi 28 ‘Hechvan. Figure emblématique de la vie communautaire, elle a consacré sa vie au service des femmes et filles de Habad à travers le monde. Son héritage spirituel et éditorial continue d’inspirer des générations.

 

 

Une enfance marquée par les rencontres avec le Rabbi précédent

Madame Gourary est née à Leningrad (Saint-Pétersbourg) le jour de Sim’hat Torah 5688 (1927), de parents ‘hassidim Loubavitch, le Rav ‘Haïm Eliezer et Madame Leah Karasik. Dès son plus jeune âge, elle eut le mérite d’entrer en Yé’hidout avec le précédent Rabbi à Otvotzk, en Pologne.

En 5695 (1935), elle déménagea avec sa famille en Terre d’Israël, s’installant à Tel Aviv, où une communauté Habad dynamique commençait à prendre forme. Suivant les instructions du précédent Rabbi, son père devint actif dans les affaires communautaires et servit plus tard comme directeur de l’Agoudat ‘Hassidei Habad en Terre Sainte.

En 5698 (1938), elle retourna à Otvotzk, en Pologne, et bénéficia d’une Yé’hidout avec le précédent Rabbi, une rencontre qui laissa une empreinte profonde et durable dans sa vie.

Un mariage béni par le Rabbi

Lorsqu’elle atteignit l’âge de se marier, elle se fiança à son cousin, le Rav Nosson Gourary, dans un Chiddou’h arrangé sous la directive et la bénédiction du précédent Rabbi. Le mariage eut lieu en 5709 (1949) en Terre d’Israël.

En Adar 5713 (1953), elle déménagea à New York avec deux jeunes enfants à bord d’un avion militaire, s’installant à Crown Heights après que le Rabbi ait personnellement demandé qu’elle vienne. Le Rabbi dit à son mari qu’il avait lu sa lettre exprimant ses hésitations – « les lignes et entre les lignes » – mais qu’il souhaitait l’avoir près de lui.

Une relation privilégiée avec la Rebbetzin

Ses premières années à New York furent difficiles. La Rebbetzin Haya Mouchka et sa sœur lui accordèrent chaleur et soutien personnels, l’emmenant faire des courses pour des articles ménagers et des vêtements. Elles l’emmenèrent même chez Barneys New York, où la Rebbetzin remarqua que c’était là qu’elle achetait les chemises du Rabbi.

Elle développa une relation exceptionnellement proche avec la Rebbetzin, s’entretenant avec elle la plupart des soirs de la semaine. Pourtant, elle refusa de parler publiquement de la Rebbetzin lors d’une interview avec JEM, affirmant que la Rebbetzin n’aurait pas voulu qu’elle le fasse – et la connaissant si bien, elle craignait de révéler quelque chose qui devait rester privé.

Lors de la Yé’hidout de 5698, le précédent Rabbi demanda aux filles de parler yiddish. Plus tard, lorsque l’un de ses garçons eut des difficultés à parler, le Rabbi demanda combien de langues ils parlaient à la maison. Lorsqu’il entendit trois, le Rabbi dit d’en abandonner une, et ils abandonnèrent l’hébreu.

Fondatrice du magazine Di Yiddishe Heim

Sur instruction du Rabbi, elle fonda le magazine Di Yiddishe Heim – le journal féminin phare et le plus ancien de Habad (plus de 45 ans !) – en 5719, servant comme rédactrice en chef. La publication, créée pour les femmes et filles de Habad à travers le monde, était publiée en yiddish et en anglais et bénéficiait d’une affection particulière du Rabbi. Le Rabbi examinait personnellement la majorité de la publication, marquant souvent, corrigeant et ajoutant des commentaires.

Elle fut également longtemps présidente de Nchei Ou’Bnot Habad, guidant l’organisation avec clarté et dévouement inébranlable. De manière générale, elle joua un rôle central dans le leadership féminin de Habad.

Une œuvre littéraire au service de la femme juive

Madame Gourary est l’auteure de deux publications influentes de Habad : Aura, A Reader on Jewish Womanhood (1984) et Kol Yemei ‘Hayeha (1990), un volume commémoratif en l’honneur de la Rebbetzin ‘Haya Mouchka.

Elle fut membre fondatrice du Machon Chana Women’s Institute, impliquée dès sa création en 5731 (1971).

À la demande du Rabbi, Madame Gourary accueillait les officiels VIP qui venaient pour une Yé’hidout, après quoi le secrétaire du Rabbi assurait un suivi pour connaître leurs impressions – parmi eux, la ministre israélienne Guéoula Cohen.

Une famille nombreuse et un héritage vivant

Elle laisse derrière elle ses enfants : le Rav Eliyahou Yo’hanan Gourary à ‘Holon, en Terre d’Israël ; le Rav Yossi Gourary à Crown Heights ; le Rav Motty Gourary à Crown Heights ; et Madame Sarah Labkowski à Crown Heights ; ainsi que des petits-enfants, arrière-petits-enfants et arrière-arrière-petits-enfants.