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Trois clichés officiels viennent d'être dévoilés par le Beth Loubavitch d'Île-de-France, fixant pour la mémoire collective le séminaire d'étude européen 5786-2026 qui se tient à la station des 2 Alpes. Des centaines de participants, adultes, familles, Ba'hourim et enfants, y posent devant le décor massif des sommets de l'Oisans. Ces images résument à elles seules ce qu'est devenu, au fil d'un demi-siècle, le grand rendez-vous estival du judaïsme francophone en montagne.

 

Photos : David Karseny

 

Il y a des photographies qui valent tous les comptes rendus. Celles qui viennent d'être diffusées à l'issue de la deuxième semaine du séminaire d'étude du Beth Loubavitch appartiennent à cette catégorie. Sur la première, la plus imposante, plusieurs centaines de personnes s'étagent sur la pente herbeuse qui domine la station, adossées aux balcons de bois d'un chalet alpin, avec pour arrière-plan les crêtes minérales qui ferment l'horizon. Chapeaux noirs, chemises blanches, tee-shirts bleus des colonies : toutes les générations sont là, serrées les unes contre les autres, dans cette composition patiemment orchestrée qui constitue chaque année l'un des moments forts du séjour.

En haut à gauche, le logo bleu du Beth Loubavitch Île-de-France. En haut à droite, le portrait du Rabbi de Loubavitch, assis à son bureau, qui veille sur l'assemblée comme il veille sur chacune des institutions nées de son impulsion. Entre les deux, le titre bilingue, en français et en hébreu : "Séminaire 5786 - 2026, Les 2 Alpes - Beth Loubavitch". Rien n'est laissé au hasard dans cette mise en scène qui, d'une année sur l'autre, reconduit le même protocole visuel et transforme un simple souvenir de vacances en document d'archives.

Trois semaines d'étude à 1 650 mètres d'altitude

Le séminaire européen d'été du Beth Loubavitch de Paris se déroule cette année du 2 au 23 août 2026 à l'Hôtel Panorama, aux 2 Alpes. Pendant trois semaines, l'établissement et ses abords se muent en un véritable centre d'étude à ciel ouvert : cours du matin, Sedarim de l'après-midi, offices dans la synagogue aménagée pour l'occasion, Farbrenguen du soir. La station savoyarde, habituée aux skieurs l'hiver et aux randonneurs l'été, voit ainsi s'installer une vie juive complète, avec ses horaires, ses rythmes et sa liturgie.

La formule, éprouvée depuis des décennies, tient dans une idée simple : ne pas opposer le repos et l'étude, mais les faire coïncider. Les journées combinent l'approfondissement des textes et les activités de plein air, les randonnées en altitude et les ateliers thématiques. Les participants viennent de toute l'Europe, et pas seulement de France. Un rayon cacher est mis à leur disposition dans la station, permettant de se fournir en produits frais et en plats préparés pour le Chabbat, détail logistique qui conditionne en réalité la possibilité même d'un tel rassemblement en pleine montagne.

Une équipe rodée autour du Rav Mendel Azimov

L'organisation générale du séminaire relève du Beth Loubavitch de Paris, dirigé par le Rav Mendel Azimov, directeur du Beth Loubavitch. Le programme d'étude destiné aux adultes est dirigé par son frère, le Rav Levi Azimov, tandis que la Yechivat Kaïtz réservée aux Ba'hourim est placée sous la direction du Rav Chmouel Lubecki. L'encadrement du Gan Israël, la colonie destinée aux enfants, est assuré par Levi Laskar et le Rav Levi Maimoun.

Cette répartition n'a rien d'anecdotique : elle traduit la conviction, constamment réaffirmée par le mouvement Habad-Loubavitch, qu'un séminaire ne peut réussir que s'il s'adresse simultanément à toutes les tranches d'âge. Le père qui étudie le matin doit savoir ses enfants pris en charge ; les adolescents doivent trouver un cadre à leur mesure ; les mères doivent pouvoir suivre les cours qui leur sont destinés. C'est cette architecture d'ensemble qui explique la longévité du rendez-vous et le nombre de familles qui y reviennent d'une année sur l'autre.

Le Gan Israël, la relève en tee-shirt bleu

La deuxième photographie diffusée est celle du Gan Israël du séminaire. Sur une prairie ouverte, dominée par une longue croupe herbeuse constellée de sapins, plus d'une centaine d'enfants en tee-shirts bleus frappés du logo de la colonie posent en rangs serrés, assis dans l'herbe rase de l'été. Derrière eux, debout ou assis sur des chaises, leurs moniteurs et responsables, jeunes gens en chemise blanche, encadrent le groupe.

Le réseau des colonies Gan Israël, fondé sous l'impulsion directe du Rabbi de Loubavitch au début des années 1950, est aujourd'hui l'un des plus vastes réseaux de camps de vacances juifs au monde. Aux 2 Alpes, sa déclinaison estivale offre aux enfants des participants un programme complet mêlant jeux, excursions, chants et études adaptées à leur âge. Sur l'image, le portrait du Rabbi occupe cette fois le centre exact de la bannière, encadré à gauche par le logo du Beth Loubavitch et à droite par l'écusson du Camp Gan Israël. Une manière de rappeler que ces enfants ne sont pas un supplément au séminaire : ils en sont l'une des raisons d'être.

Les 2 Alpes : les trois photos de groupe qui immortalisent le séminaire européen 5786 du Beth Loubavitch

La Yechivat Kaïtz, l'étude au sommet

Le troisième cliché est d'une tout autre tonalité. Une cinquantaine de Ba'hourim en costume sombre et chapeau noir posent sur un versant sec, brûlé par le soleil d'août, avec en contrebas la silhouette d'un grand chalet de bois. Assis au premier rang, les plus jeunes, en chemise claire. Derrière eux, les rangs de la Yechivat Kaïtz du séminaire 5786.

La Yechiva d'été occupe une place particulière dans le calendrier des jeunes gens du mouvement. Loin des grandes villes, elle permet plusieurs semaines d'immersion continue dans le Talmud et la ‘Hassidout, sans les sollicitations habituelles. Le choix de la haute montagne, à 1 650 mètres d'altitude, n'est pas seulement esthétique : il crée les conditions d'une concentration difficile à obtenir ailleurs. Ces Ba'hourim sont également les moniteurs, les meneurs de chants et les encadrants du séminaire ; leur présence structure la vie collective bien au-delà des heures d'étude.

Les 2 Alpes : les trois photos de groupe qui immortalisent le séminaire européen 5786 du Beth Loubavitch

Un rendez-vous inscrit dans l'histoire du judaïsme français

Le séminaire d'étude du Beth Loubavitch n'est pas une initiative récente. Les premières éditions remontent à la fin des années 1960, à une époque où le judaïsme français se recomposait après l'arrivée des communautés d'Afrique du Nord et où le Beth Loubavitch de Paris, installé rue Lamartine, commençait à déployer son activité. Depuis, la formule s'est déplacée de station en station avant de trouver aux 2 Alpes son point d'ancrage durable, et l'Hôtel Panorama son cadre habituel.

Au fil des années, le séminaire a vu naître des traditions propres : le Yar'hei Kalla du 20 Av, jour de la Hilloula de Rabbi Levi Its'hak Schneerson, père du Rabbi, qui rassemble aussi les vacanciers de passage dans la station ; les Farbrenguen de Tou Beav ; les Siyoumim retransmis en direct. Autant de rendez-vous qui font du séjour bien autre chose qu'une parenthèse estivale et l'inscrivent pleinement dans le calendrier communautaire.

À l'approche d'Elloul

Le calendrier de cette édition n'est pas indifférent. En s'achevant le 23 août, le séminaire conduit ses participants jusqu'aux premiers jours du mois d'Elloul, période traditionnellement consacrée au bilan spirituel et à la préparation des fêtes de Tichri. Dans l'enseignement hassidique, ce mois est décrit comme celui où "le Roi est dans le champ", où la proximité avec D.ieu se fait plus immédiate et plus accessible qu'à tout autre moment de l'année.

Il y a quelque chose de juste à ce que cette période commence pour des centaines de familles au milieu des alpages, loin des rythmes urbains, dans un environnement où l'étude occupe l'essentiel des journées. Les trois photographies dévoilées cette semaine en gardent la trace : des visages par centaines, des générations empilées sur une pente d'herbe sèche, et derrière eux la montagne, immobile, qui ne dit rien mais qui aura tout vu.

De la crèche du Gan Israël aux bancs de la Yechivat Kaïtz, ces trois clichés disent la même chose : une continuité qui se transmet, été après été, sur les hauteurs des 2 Alpes.

ALBUM PHOTOS