Le Rav Yossef Itshak Blinov, dirigeant de la Yechiva centrale de Kfar Habad, a lancé un appel vibrant lors d’un rassemblement d’étudiants, dénonçant les mesures gouvernementales qui menacent la poursuite des études religieuses. Ses paroles passionnées reflètent l’inquiétude croissante de la communauté religieuse face aux nouvelles réglementations. Cette prise de position marque un tournant dans le débat sur l’avenir de l’enseignement traditionnel en Israël.

 

 

Dans une atmosphère électrique, la Yechiva centrale de Kfar Habad a été le théâtre d’un moment historique lors du rassemblement national « Yarhi Kallah ». Le Rav Yossef Itshak Blinov, figure respectée de l’enseignement religieux, a livré un discours poignant qui résonne bien au-delà des murs de l’établissement, soulevant des questions fondamentales sur l’avenir de l’éducation traditionnelle juive en Israël.

Un appel désespéré pour la préservation des études

« Je parle au nom de tous les étudiants d’Israël qui crient ‘Gevald’! Pourquoi nous empêche-t-on d’étudier comme nous l’avons fait jusqu’à présent ? », a déclaré le Rav Blinov devant une assemblée captivée. Sa voix, chargée d’émotion, portait le poids de milliers d’étudiants confrontés à un avenir incertain.

Le dirigeant de la Yechiva a particulièrement insisté sur la nécessité de laisser les étudiants terminer leurs cursus : « Nous voulons étudier ! Laissez-nous finir encore deux années, et ne nous forcez pas à signer quoi que ce soit. Laissez-nous étudier, vous vous occuperez de nous après ! »

Une vision théologique de la crise

S’appuyant sur les textes sacrés, le Rav Blinov a développé une argumentation profondément ancrée dans la tradition juive. Il a cité le Talmud, traité Chabbat, évoquant « le sixième jour » et expliquant que « tous les cieux et la terre dépendent de ce sixième jour ». Selon lui, si la Torah gouverne le monde, il est inconcevable que les autorités puissent empêcher ne serait-ce qu’un jour d’étude de moins.

« Si ce n’est mon alliance, les lois des cieux et de la terre », a-t-il poursuivi, établissant un lien direct entre l’étude de la Torah et l’équilibre cosmique. Cette perspective illustre la profondeur philosophique du débat, qui dépasse la simple question administrative pour toucher aux fondements mêmes de la foi.

Une solidarité communautaire affirmée

Le discours a pris une dimension particulièrement émouvante lorsque le Rav Blinov a évoqué la responsabilité mutuelle au sein de la communauté : « Il s’agit de nos frères, il s’agit de personnes pour lesquelles nous sommes garants, ils sont garants pour nous et nous pour eux. »

Cette déclaration souligne l’interconnexion profonde qui unit les différentes composantes de la société religieuse, où chaque individu porte une part de responsabilité collective. Le Rav Blinov a insisté sur le bénéfice que représenterait pour la société le maintien de ces études : « C’est un bienfait pour vous d’avoir le mérite d’avoir permis que des millions d’heures supplémentaires et des milliers d’étudiants n’aient pas à interrompre leurs études. »

Un refus catégorique de la stigmatisation

L’un des moments les plus saisissants du discours a été sa dénonciation véhémente de la manière dont les étudiants sont perçus : « Ici on fait une manifestation, est-il possible qu’on fasse des étudiants comme l’un des voleurs et des meurtiers du marché ?! » Cette comparaison choquante illustre le sentiment d’injustice ressenti par la communauté religieuse, qui refuse d’être assimilée à des éléments criminels de la société.

Le dirigeant a clairement exprimé son opposition à ce qu’il perçoit comme une discrimination : « Nous protestons contre cela, et nous voulons appliquer les paroles du Rabbi : l’affaire d’un étudiant, c’est uniquement l’étude de la Torah. »

L’héritage du Rabbi et l’espoir messianique

En conclusion de son intervention, le Rav Blinov a invoqué l’enseignement du Rabbi de Loubavitch, soulignant que l’essence même d’un étudiant réside dans l’étude de la Torah. Il a établi un lien entre cette mission éducative et l’espoir messianique : « Laissez étudier la Torah, et alors cela renforcera les cieux et la terre, renforcera la Terre sainte, et accélérera certainement la venue du Machiah. »

Cette dimension eschatologique confère au débat une portée qui transcende les considérations politiques immédiates, plaçant l’enjeu dans une perspective spirituelle globale où l’étude de la Torah devient un facteur déterminant pour la rédemption finale.

Les paroles du Rav Yossef Itshak Blinov ont trouvé un écho considérable bien au-delà de l’enceinte de la Yechiva, cristallisant les préoccupations d’une communauté qui voit dans l’étude traditionnelle non seulement un droit, mais un devoir sacré envers les générations futures.

 

 

Rav Yossef Yitzchak Belinov

Naissance : 11 Eloul 5721 (1961) à Paris, France
Résidence : Bnei Brak
Appartenance : Hassidisme Habad

  • Rosh Yeshiva de la Yeshiva centrale Tomchei Temimim à Kfar Habad
  • Rabbi du centre-ville de Bnei Brak
  • Rabbi de la communauté Habad de Bnei Brak
  • Président du tribunal rabbinique et du centre d’enseignement « Moreshet Moshe » à Bnei Brak
  • Directeur du Kollel et institut d’édition « Paamei Yaakov »

Parcours biographique

Famille : Fils de Sheina Rivka et du Rabbi Mordechai Belinov, président du tribunal rabbinique de l’assemblée des rabbins Loubavitch en France.

Formation :

  • Yeshiva Tomchei Temimim à Brunoy (influencé par le Rabbi Israel Noah Blinitzky)
  • Yeshiva centrale Tomchei Temimim 770

1983 : Mission au Maroc comme directeur principal de la grande Yeshiva Habad de Casablanca.

1985 : Mariage avec Nahama Dina, fille du Rabbi Moshe Yehuda Leib Lando. Études au Kollel Tsemach Tsedek à Jérusalem, éditeur de recueils talmudiques.

Été 1986 : Nomination comme directeur du Kollel « Paamei Yaakov » ouvert en mémoire du Rabbi Yaakov Lando.

Responsabilités communautaires

  • Supervision rabbinique du « Bureau de Halakha pratique »
  • Ancien directeur du système de certification casher du Rabbi Moshe Lando (jusqu’en 2013)
  • Rabbi d’une communauté Habad de centaines de familles avec institutions éducatives et caritatives
  • Directeur de la synagogue centrale Habad rue Rashi à Bnei Brak

2019 : Nomination comme Rosh Yeshiva de Tomchei Temimim à Kfar Habad, où il dirige avec emphasis sur l’étude fondamentale du Talmud selon les enseignements du Rabbi Rashab.