Il y a des rencontres que rien ne laisse présager, et qui pourtant semblaient écrites d’avance. En route vers le mariage de la famille Liberov, Chlou’him à Barranquilla, le Rav Levi Ouanounou, Chalia’h du Rabbi à Medellín, montait à bord d’un vol intérieur colombien comme on prend n’importe quel avion, sans imaginer un instant ce qui l’attendait. Car à des milliers de mètres au-dessus des nuages, une simple voix dans les haut-parleurs allait tout changer.

 

 

 

Une voix venue du ciel

Le vol LATAM 4328 s’était élevé sans histoire au-dessus de la Colombie. Les moteurs ronronnaient, les passagers somnolaient, et le Rav Ouanounou voyageait paisiblement avec sa famille, l’esprit tourné vers la fête qui l’attendait. Puis, soudain, la voix du commandant de bord emplit la cabine : « Bonjour, ici votre commandant de bord. Je m’appelle Elad Levi. »

Un prénom. Un nom. Et dans le cœur du Chalia’h, une petite étincelle.

Le doute d’un instant

Il se tourna vers son épouse, presque incrédule. « Quelles sont les chances que, sur un vol intérieur au fin fond de la Colombie, le pilote soit juif ? » lui glissa-t-il. « Nous avons sûrement mal entendu. » La raison lui soufflait d’oublier, de se rendormir au bercement de l’appareil. Mais quelque chose, en lui, refusait de laisser filer ce nom.

Deux mots devant le poste de pilotage

L’avion touchait à peine la piste que le Rav Ouanounou s’était déjà levé. Il s’avança jusqu’à la porte du cockpit, le cœur battant, et posa la seule question qui comptait : « Elad Levi ? » La réponse tomba, limpide, dans un hébreu parfait : « Oui. » Le commandant de bord était bel et bien juif. L’étincelle venait de devenir flamme.

Des Téfilines entre ciel et terre

Un Chalia’h ne laisse jamais passer un tel instant. Là, à peine descendu des nuages, le Rav Ouanounou veilla à ce que le pilote accomplisse la Mitsva de la pose des Téfilines. Les lanières s’enroulèrent, les mots antiques furent murmurés, et l’espace d’un moment, l’aéroport tout entier sembla s’effacer.

Ce qui n’était qu’un vol de routine s’était mué en rendez-vous du ciel. Sur la route d’un mariage, un Juif de plus avait renoué avec ses racines.

Car pour un Chalia’h, aucune altitude n’est trop haute, aucun hasard n’est vraiment un hasard : chaque vol, chaque rencontre, est une occasion d’atteindre encore une âme.