Le Talmud souligne l’importance d’enseigner la Torah aux enfants dès qu’ils sont en mesure de parler, même s’ils n’ont pas encore atteint un niveau de compréhension approfondi. Ce texte explique les raisons profondes de cette approche, en soulignant que la Torah est un héritage précieux appartenant à chaque Juif, indépendamment de son âge ou de sa capacité à comprendre. Il met également en lumière la coutume de jeter des bonbons lorsqu’un enfant entre dans le ‘Heder’ (école talmudique), symbolisant le mérite et la joie d’étudier la Torah. Ce texte nous encourage à transmettre avec enthousiasme cet héritage spirituel aux générations futures.

Extrait d’un discours du Rabbi de Loubavitch prononcé lors du Farbrenguen de Sim’hat Torah en 5720 (1959), publié dans Torat Mena’hem, volume 27, page 78

 

Il est écrit dans le Talmud : « Un enfant qui sait parler, son père lui enseigne la Torah ». Apparemment, quel est l’intérêt d’étudier la Torah avec un jeune enfant qui n’a pas encore atteint le niveau de compréhension et de perception ? Il vaut mieux attendre qu’il grandisse, et ensuite lui enseigner la Torah !

La réponse à cela est : « Moïse nous a prescrit la Torah, héritage de la communauté de Jacob ». Cela signifie que la Torah est comme un héritage, où l’état de l’héritier n’a pas d’importance. S’il est un fils, il hérite de tout. Bien qu’à ce stade, il n’a pas de compréhension des choses, il hérite de tout – et avec le temps, il les comprendra également. Il en va de même pour la Torah : elle appartient à chaque Juif, avant même qu’il ne soit capable de comprendre. C’est pourquoi on ne se contente pas du fait que la Torah appartienne à chaque Juif, mais on commence aussi à l’étudier avec lui – selon le principe que « on acquiert pour une personne [- on reçoit pour elle même sans conscience de sa part] ».

Cependant, apparemment, il y a matière à question : après tout, l’observance de la Torah et des commandements implique que « nous sommes assassinés à cause de Toi tous les jours », et « il n’y a pas de nation dans le monde qui soit assassinés pour la sanctification de Son Nom et qui se livre à la mort, sauf Israël ». En particulier, comme cela s’est produit dans la dernière génération, où des millions de Juifs ont été assassinés, que D.ieu venge leur sang, uniquement parce qu’ils étaient Juifs. Et non seulement cela, mais leur meurtre a été perpétré par des créatures inférieures aux animaux, et ce sont eux qui ont persécuté des Juifs pieux et intègres, qui sont l’élite de l’humanité.

Par conséquent, lorsque l’on dit « Tu nous as choisis parmi tous les peuples », un enfant juif proteste : quel est le mérite en cela ? Au contraire !

Cependant, le mérite d’observer la Torah et les commandements est ressenti par l’âme, et du fait de la connexion de l’âme avec le corps, cela devient un mérite, un bienfait et une joie même pour le corps, même s’il ne le ressent pas encore.

Et cela se reflète dans la coutume juive de jeter des bonbons lorsqu’un enfant juif entre au ‘Heder’ [école juive], et de dire à l’enfant que c’est l’ange Mi’hael qui jette les bonbons.

La particularité de l’ange Mi’hael par rapport aux autres anges est qu’il est « le grand prince qui se tient au-dessus de Tes enfants », « qui plaide pour les besoins d’Israël et parle en leur faveur… enseigne leur mérite ». Ainsi, il connaît la nature et les traits des enfants d’Israël plus que tous les autres anges.

Par conséquent, lorsqu’un enfant juif entre au ‘Heder’, pour une éducation générale à la Torah et aux commandements, l’ange Mi’hael soutient que la vérité est que l’observance de la Torah et des commandements sont des ‘bonbons’ – un mérite et un bienfait.

L’accent est mis sur le fait qu’il en est ainsi même pour un jeune enfant. À l’argument selon lequel il faut attendre que l’enfant grandisse et mûrisse, et qu’alors il comprendra et ressentira le mérite et le bienfait de la chose, l’ange Mi’hael répond que la vérité est que l’observance de la Torah et des commandements est une question de mérite et de bienfait même du point de vue du corps d’un jeune enfant qui n’a pas encore atteint le niveau de compréhension et de perception, comme en témoigne le fait que cela est associé à des bonbons.

L’enseignement à tirer de la coutume de jeter des bonbons lors de l’entrée de l’enfant au ‘Heder’ est que l’on doit ressentir la grandeur du mérite et du bienfait de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des Mitsvot, c’est pourquoi s’en occuper se fait avec vitalité et joie et avec l’aspiration d’ajouter et de s’élever d’un niveau à l’autre.