Enlevé par le Hamas lors du massacre du 7 octobre 2023, Bar Avraham Kupferstein a vécu deux années d’une captivité éprouvante avant d’être libéré le 13 octobre 2025, à l’occasion de Hochana Rabba 5786 (2025). Depuis sa délivrance, ce jeune Israélien de vingt-trois ans a entamé un chemin de reconstruction qui l’a conduit des salles de rééducation aux scènes publiques, des studios d’enregistrement aux rayons des librairies. Son parcours a culminé dans un moment d’une rare intensité : une visite au 770, quartier général mondial du mouvement Habad, où il est entré dans la chambre du Rabbi pour y revêtir ses Téfilines et offrir une prière de gratitude pour le miracle de sa délivrance.

 

 

Une jeunesse forgée dans l’épreuve

Bar Avraham Kupferstein est né le 1er avril 2002 à Holon, en Israël, fils aîné de Tal et Julie Kupferstein, entouré de quatre frères et sœurs cadets. Son enfance prend un tournant dramatique en 2019, lorsque son père est grièvement blessé dans un accident de la route alors qu’il effectuait du bénévolat au sein de l’organisation de secours Ichoud Hatsala. L’accident le laisse incapable de marcher et de parler : depuis lors, il se déplace en fauteuil roulant et dépend d’un aide soignant à domicile.

C’est à l’âge de seize ans que Bar prend en main les rênes du commerce familial de falafel pour subvenir aux besoins de la famille. Il va alors s’installer chez ses grands-parents, libérant ainsi une chambre dans la maison parentale pour accueillir le soignant de son père. Une maturité précoce, forgée dans l’adversité, qui sera mise à l’épreuve de façon encore plus radicale quelques années plus tard.

La nuit du 7 octobre : l’enlèvement au festival Nova

Incorporé en 2021 dans le 932e bataillon de la brigade du Na’hal, Kupferstein se trouve en permission de fin de service le matin du 7 octobre 2023, lorsque éclate l’offensive du Hamas. Au lieu de prendre la fuite, il choisit de rester sur place pour prêter main-forte à la police israélienne et aux équipes de sécurité du festival Nova, organisé non loin de Réim. En sa qualité de secouriste, il prodigue les premiers soins aux festivaliers blessés par les terroristes, jusqu’au moment où il est capturé et emmené de force à Gaza.

Ce même jour, sa famille découvre l’horreur dans une vidéo diffusée sur Telegram : on y voit Bar, les mains et les pieds liés, une corde passée autour du cou, criant son propre nom dans l’obscurité.

Deux ans de combat pour sa libération

L’enlèvement de Bar déclenche chez ses proches une lutte sans relâche. Son père, qui avait perdu l’usage de la parole lors de son accident, se soumet à une année entière de rééducation orthophonique dans le seul but de pouvoir à nouveau se battre publiquement pour la libération de son fils. Un geste d’un amour et d’une détermination qui bouleverse l’opinion publique.

Le 25 février 2025 arrive le premier signe de vie officiel. Le 1er avril 2025, pour son vingt-troisième anniversaire, sa famille se réunit sur la Place des Otages et des Disparus à Tel-Aviv pour marquer l’occasion dans la douleur et l’espoir. Le 5 avril 2025, le Hamas publie une nouvelle vidéo montrant Bar Kupferstein aux côtés de Maxim Herkin. Sa famille demande alors solennellement aux médias et au public de ne pas diffuser ces images.

La libération et le retour à la vie

Bar Kupferstein est finalement libéré le 13 octobre 2025, jour de Hochana Rabba 5786 (2025), dans le cadre de l’accord conclu entre le Hamas et Israël, soit près de deux ans jour pour jour après son enlèvement. Son retour est accueilli avec une émotion nationale intense.

À Bné Brak, une cérémonie d’hommage est organisée en sa présence dans la salle du conseil municipal, en présence du maire Hanokh Zeibert et des membres du conseil. À l’issue de la rencontre, une escorte de motards le raccompagne à travers les rues de la ville. Il est également reçu par le Rav Mochè Hillel Hirsch, figure de proue du public ‘Haredi lituanien, avec lequel il partage le récit de ses épreuves en captivité et du renforcement spirituel qu’il a vécu durant ces années de ténèbres.

Une nouvelle vie : entreprise, chanson et livre

En mars 2026, Bar rouvre sa société de transport de voitures et de motos, qu’il avait dû suspendre à cause de la guerre. Dans la foulée, il compose un texte poignant mis en musique et publié par le chanteur Alaytzer, dans lequel il relate en première personne le récit de son enlèvement et de sa survie.

Kupferstein signe également un livre intitulé Lo Nichbar — « Insoumis » —, publié aux éditions Yediot Sfarim en mars 2026, dans lequel il livre le témoignage intégral des événements qui ont marqué sa captivité.

La visite à 770 : fermer la boucle

Un moment d’une puissante émotion spirituelle a eu lieu dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn, lorsque Bar Kupferstein, rescapé des geôles du Hamas, s’est rendu en visite au 770 — le centre mondial du mouvement Habad. Au fil de cette visite empreinte de recueillement et de gratitude, il a parcouru les lieux emblématiques du bâtiment : la chambre du Rabbi, le studio de diffusion WLCC et la grande synagogue centrale.

La visite s’est déroulée sous l’hospitalité du Rav Mendy Kotlarsky, du siège mondial de Habad, dont les liens avec Kupferstein remontent aux premiers jours qui ont suivi sa libération. Le Rav Kotlarsky lui avait alors rendu visite au centre médical où il se remettait, puis, environ un mois plus tard, l’avait accompagné dans un pèlerinage au Ohel.

C’est dans la chambre du Rabbi que le moment le plus solennel s’est produit. Bar Kupferstein y a revêtu ses Téfilines et s’est recueilli dans une prière vibrante d’émotion, rendant grâce à D.ieu pour le miracle de sa délivrance personnelle. Un instant suspendu, au carrefour de la mémoire et de la foi, qui marquait à la fois la fin d’un cauchemar et le commencement d’une vie reconstruite.

 

https://youtu.be/oU2KOfa-BJ0