Moshe « Mousa » Horn, 85 ans, a été abattu lundi matin dans sa voiture sur la route 66, près du carrefour Tishbi à proximité de Yokneam. L’attaque, perpétrée par un citoyen arabo-israélien originaire de Wadi Ara, a également blessé légèrement le fils de la victime qui se trouvait à ses côtés dans le véhicule.
Vers 10h00, l’assaillant a d’abord percuté avec sa voiture un soldat qui attendait à un arrêt de bus sur la route 66. Il est ensuite sorti de son véhicule, a poignardé un soldat de 20 ans, lui a dérobé son arme de service, puis a ouvert le feu sur la voiture où se trouvaient Moshe Horn et son fils.
L’intervention rapide d’une unité de la police aux frontières (Magav), qui se trouvait fortuitement sur place en route vers un entraînement à Beit Shean, a permis de neutraliser le terroriste. « Nous avons identifié un terroriste armé au milieu de la route. J’ai crié aux gars de descendre aussi vite que possible », a témoigné l’un des soldats ayant participé à la neutralisation.
Une figure respectée du kibboutz Hazorea
Natif et résident du kibboutz Hazorea, Moshe Horn était une personnalité éminente de sa communauté. Selon un communiqué du kibboutz, il « était un homme de famille dévoué dont l’enfance et la vie sont intimement liées à la communauté où il est né et a vécu toute sa vie ».
Durant de nombreuses années, Horn a dirigé le secteur agricole du kibboutz, contribuant à en faire « l’un des plus performants du pays ». Jardinier passionné et menuisier talentueux, il était connu pour ses « mains d’or » et son « sourire éternel ».
Fils de fondateurs du kibboutz Hazorea, Moshe Horn laisse derrière lui son épouse Betty, quatre enfants et dix petits-enfants.
Réactions des autorités
Le commissaire de police Danny Levi s’est rendu sur les lieux et a salué l’action de ses forces. « C’est une collaboration réussie entre la police régulière et la police aux frontières qui a permis d’éliminer un terroriste parti en mission meurtrière », a-t-il déclaré.
S’adressant à la communauté arabo-israélienne, le commissaire a ajouté : « Je dis aux Arabes israéliens : allez prier, respectez le mois du Ramadan et n’essayez pas de faire ce qui a été fait ici. C’est une période difficile, mais nous restons engagés. »
Le porte-parole de Tsahal a confirmé qu’un « soldat a été grièvement blessé lors de l’attentat » et qu’il « a été évacué pour recevoir des soins médicaux à l’hôpital et sa famille a été informée ».
Témoignages des survivants
Gideon Shalom, un résident de Yokneam présent à l’arrêt de bus au moment de l’attaque, a rapporté : « J’étais assis à l’arrêt quand un jeune homme au regard effrayant est arrivé. Il a commencé à poignarder, a pris l’arme d’un jeune soldat et a commencé à tirer. J’ai crié aux gens de fuir. »
Une sous-officière présente dans l’unité qui a neutralisé l’assaillant a raconté : « J’ai vu un terroriste sur la route pointant une arme longue vers nous et j’ai crié de descendre du véhicule. » Après avoir neutralisé l’assaillant, elle s’est précipitée vers le soldat blessé : « Il m’a crié ‘dis-moi que je suis dans un rêve’. Il était confus et je l’ai aidé à reprendre conscience. Je lui ai demandé combien de frères et sœurs il avait, où il habitait, l’essentiel était qu’il reste avec moi jusqu’à l’arrivée des secours. »
Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues et rappelle la persistance des menaces sécuritaires dans la région, même dans des zones habituellement calmes comme les environs de Yokneam.















