Un grave incident s’est produit ce vendredi matin à Rouen, où un individu armé d’un couteau et d’une barre de fer a mis le feu à la synagogue de la ville avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cet acte, qualifié « d’attaque antisémite intolérable » par les autorités, a semé l’émoi et le choc dans la capitale normande. Retour sur les faits et les premières réactions suite à ce drame évité de justesse.

 

 

Un drame a été évité de justesse ce vendredi 17 mai à Rouen. Selon les informations relayées par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, un individu armé a été neutralisé par les forces de l’ordre alors qu’il tentait de mettre le feu à la synagogue de la ville.

Les faits se sont déroulés aux alentours de 6h45 du matin. Les policiers, alertés par de la fumée s’échappant de l’édifice religieux, se sont rendus sur place. Ils ont alors été confrontés à un homme muni d’un couteau et d’une barre de fer qui s’est avancé vers eux de manière menaçante. Face à cette situation, l’un des agents a fait usage de son arme, blessant mortellement le suspect.

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Le Rav Chmouel Lubecki, Chalia’h du Rabbi à Rouen, a été interviewé par un journaliste de BFMTV :
Rav Chmouel Lubecki : « Grande frayeur, grande frayeur, on s’y attendait malheureusement. On avait cette crainte à l’intérieur de nous, mais quand ça arrive concrètement, c’est quand même choquant.  On  est prêt d’un côté mais on n’est pas prêt concrètement.
Depuis le 7 octobre, il y avait des menaces qui pesaient sur cet endroit. Vous aviez eu non?
Non, pas à ma connaissance, mais on était sous tension.
Et aujourd’hui, votre femme, comment va-t-elle?
Ça va, elle va bien, ça va.
Qu’est-ce que vous allez faire dans les prochains jours?
Et ben, c’est déjà réconforter la communauté, c’est l’essentiel, et voir comment elle va à la synagogue.
Est-ce que vous souhaitez faire passer un message pour les fidèles?
Oui, de continuer à pratiquer Chabbat . Ce soir, c’est Chabbat, et c’est important d’allumer les bougies de Chabbat pour justement montrer qu’on n’a pas peur et qu’on continue à pratiquer notre judaïsme malgré les circonstances.

 

Le parquet de Rouen a ouvert deux enquêtes distinctes : l’une pour incendie volontaire visant un lieu de culte et violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique, confiée à la Direction générale de la police nationale (DGPN), et l’autre sur les circonstances du décès de l’individu, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Le Parquet national antiterroriste évalue actuellement la possibilité de se saisir du dossier.

Natacha Ben Haïm, présidente de la communauté juive de Rouen, s’est dite « dépitée » face à cet événement catastrophique. Selon ses déclarations, l’incendie a causé d’importants dégâts matériels à l’intérieur de la synagogue, noircissant les murs et détruisant une partie du mobilier.

Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a apporté des précisions sur le déroulement des faits. D’après lui, le suspect aurait escaladé une poubelle pour accéder au premier étage de la synagogue, avant de jeter un engin incendiaire de type cocktail Molotov à l’intérieur. L’édile socialiste a tenu à remercier les forces de l’ordre, les pompiers et le SAMU pour leur intervention rapide qui a permis de maîtriser le départ de feu et d’éviter toute victime humaine.

Cet acte odieux rappelle tristement que l’antisémitisme reste une menace bien réelle dans notre société. Il est primordial que les autorités fassent toute la lumière sur cette affaire et que les responsables soient traduits en justice. La communauté juive de Rouen, comme toutes les communautés religieuses, doit pouvoir pratiquer son culte en toute sécurité et sérénité. La vigilance et la fermeté face à toute forme de haine et de discrimination doivent être de mise.