photos de couverture : Mordehai Lubecki

 

Plusieurs sites emblématiques de la communauté juive parisienne ont été la cible d’actes de vandalisme dans la nuit de vendredi à samedi dans le quartier du Marais. Le mémorial de la Shoah, des synagogues et un restaurant casher ont été souillés à la peinture verte, suscitant une vive condamnation des autorités françaises et israéliennes. Une enquête a été ouverte pour retrouver les auteurs de ces dégradations à caractère antisémite.

Découverte matinale des dégradations

Une patrouille de police a découvert les actes de vandalisme vers 5h15 du matin samedi. Quatre sites ont été touchés : le mémorial de la Shoah, la synagogue de Tournelles de l’Association consistoriale israélite de Paris, un restaurant casher et un autre lieu de culte, tous situés dans le 4e arrondissement. Les façades ont été aspergées de peinture verte, symbole récurrent dans les actes antisémites récents.

La synagogue de Tournelles, institution centenaire du quartier historique du Marais, accueille une communauté orthodoxe ashkénaze et séfarade. Cet édifice religieux fait partie des plus anciens lieux de culte juifs de la capitale et revêt une importance particulière pour la communauté parisienne.

Enquête policière en cours

Les caméras de surveillance du mémorial de la Shoah ont filmé un individu vêtu de noir présent sur les lieux vers 4h35 du matin. Cette vidéo constitue un élément clé pour l’enquête menée par la police judiciaire. Une boîte de peinture verte ouverte a également été retrouvée au pied de la façade du restaurant vandalisé, confirmant la préméditation de ces actes.

Arthur Weil, maire du 1er arrondissement de Paris, a réagi sur le réseau X en déclarant : « Nous savons où commencent de tels actes ‘militants’, mais pas où ils se terminent », soulignant les inquiétudes quant à une possible escalade de la violence antisémite dans la capitale.

Condamnations politiques unanimes

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a exprimé son « dégoût » face à « ces actes abominables dirigés contre la communauté juive ». La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a également condamné fermement ces profanations : « La République ne permettra jamais que cela arrive. »

Cette dernière a confirmé avoir pris contact avec le commandant de la police de Paris pour s’assurer que « tout sera fait pour trouver les criminels ». Les autorités françaises multiplient les mesures de protection autour des sites sensibles de la communauté juive, particulièrement exposée aux actes antisémites depuis plusieurs mois.

Réaction internationale et solidarité communautaire

Le président israélien Its’hak Herzog s’est dit « choqué par l’attaque contre les institutions juives à Paris pendant le Chabbat ». Il a révélé un lien personnel avec l’une des synagogues vandalisées : « La synagogue historique du quartier du Marais a été fondée par mon arrière-grand-père, le Rav Yoel Herzog. »

Le dirigeant israélien a échangé avec la direction du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et les responsables communautaires pour leur exprimer « son soutien total et sa solidarité en cette heure difficile ». Its’hak Herzog a appelé les autorités françaises à « agir rapidement et avec détermination pour traduire en justice les agresseurs et protéger la communauté juive contre toute manifestation de haine ou de violence ».

Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des actes antisémites en France, particulièrement depuis les événements d’octobre 2023 au Proche-Orient. La communauté juive parisienne, forte de plusieurs dizaines de milliers de membres, demeure vigilante face à ces menaces répétées contre ses institutions et ses fidèles.