Plus de quatre-vingts ans après le décès de l’oncle du Rabbi, son identité, sa photographie et jusqu’à son nom viennent enfin d’être révélés. Beau-frère aîné du père du Rabbi, Rav Levi Its’hak, ce personnage était demeuré presque entièrement inconnu, jusqu’à ce qu’un Chalia’h du New Jersey découvre l’une de ses arrière-petites-filles au sein de sa propre communauté. Une techoura éditée à l’occasion du mariage Zaklikovsky-Shemtov, vient aujourd’hui éclairer une branche entière, jusqu’ici ignorée, de la famille du Rabbi.

 

 

 

 

Plus de quatre-vingts ans après son décès, l’oncle du Rabbi sort enfin de l’ombre : son identité, son visage et même son nom nous sont aujourd’hui connus.

Rav Zoussil (Zoussim) Kazatzkov, beau-frère aîné du père du Rabbi, Rav Levi Its’hak, était jusqu’à présent demeuré dans un oubli presque total. À ce jour, aucune mention de lui n’avait été retrouvée dans la littérature ‘habad publiée.

Une découverte au cœur d’une communauté

La percée s’est produite lorsqu’un Chalia’h du New Jersey s’est aperçu qu’une femme de sa communauté était l’arrière-petite-fille de Rav Zoussim. C’est elle qui a permis l’identification du prénom de son aïeul, grâce au témoignage familial transmis par sa grand-mère, Haya Rima, l’une des filles de Rav Zoussim. Cette découverte a ouvert la voie à une prise de contact avec la famille, au rassemblement de photographies, de souvenirs et de documents historiques, puis à l’identification de cette figure depuis longtemps oubliée.

Les informations ainsi mises au jour ont été réunies et publiées dans une techoura, révélant un nouveau rameau, jusqu’alors inconnu, de la famille du Rabbi.

Une sœur connue, un époux effacé

À la différence de son mari, la Rabbanit Radzya Sima Schneerson-Kazatzkov (5637-5684 / 1877-1924) est évoquée à plusieurs reprises dans les sources ‘habad. Elle était l’aînée des enfants de Rav Barou’h Chnéour Schneerson, parmi lesquels figuraient Rav Levi Its’hak, père du Rabbi, ainsi que Rav Chalom Chlomo et Rav Chmouel. Selon la techoura, elle aurait vraisemblablement reçu son nom en hommage à des générations antérieures de la famille Schneerson, perpétuant ainsi les traditions familiales en matière de transmission des prénoms.

Son nom apparaît dans plusieurs sources historiques et archives familiales. Dans une lettre du Rabbi datée du 7 Kislev 5708 (1947) — figurant dans les Igrot Kodech, vol. 2, p. 272 — et contenant des corrections au Toldot Michpa’hat HaRav MiLadi, le Rabbi écrit : « Madame Radia Kazatzkov, de Dobrinka. »

Elle apparaît également à plusieurs reprises dans les Rechimot HaRabach, où son père, Rav Barou’h Chnéour Schneerson, consignait ses entretiens avec le Rabbi Rachab. À la page 81, rapportant une conversation tenue à l’issue du Chabbat, Parachat Vayigach, le 9 Tévet 5675 (1914), il écrit : « J’ai parlé… au sujet de mes affaires… et au sujet de ma fille. »

À la page 114, relatant un entretien du mercredi de la Parachat Michpatim, le 26 Chevat 5675 (1915), il note : « …des questions concernant ma fille Radzya Shima. »

À la page 141, rapportant une conversation tenue à l’issue du Chabbat, Parachat Ki Tissa, le 20 Adar 5675 (1915), il écrit : « Je lui ai parlé au sujet de ma fille, afin qu’il la bénisse pour que D.ieu fasse prospérer sa boutique. »

Quatre générations à Podobranka

Pendant au moins quatre générations, la famille a vécu à Podobranka, dans la région de Gomel, alors au sein de l’Empire russe, aujourd’hui en Biélorussie. Rav Levi Its’hak, fils de Rav Barou’h Chalom et petit-fils du Tséma’h Tsédek, y exerça les fonctions de Rav de la localité. Son fils, Rav Barou’h Chnéour, grand-père du Rabbi, y vécut lui aussi, puis sa fille Radzya Sima et son époux Rav Zoussim, qui y fondèrent à leur tour leur foyer.

Rav Zoussim, érudit accompli et véritable talmid ‘hakham, occupait à Podobranka la charge de Roch Yechiva et prenait souvent ses repas dans la maison de Rav Barou’h Chnéour et de la Rabbanit Zelda Ra’hel, les grands-parents du Rabbi. Vers 5656 (1896), il épousa leur fille, Radzya Sima, et ensemble ils élevèrent leurs cinq enfants dans la petite ville de Podobranka, jusqu’au décès prématuré de l’épouse, à l’âge de quarante-sept ans.

Le récit d’une arrière-petite-fille

Dans la techoura imprimée cette semaine à l’occasion du mariage Zaklikovsky-Chemtov, l’arrière-petite-fille de Rav Zoussim, Anastasia, livre de nombreux récits sur son bien-aimé aïeul, tels qu’elle les tient de sa grand-mère, la babouchka Haya Rima Kazachkov. Elle décrit la fuite dramatique de la famille durant la guerre civile russe, après l’effondrement de l’Empire : demeurée à Podobranka jusqu’aux pogroms de 1921, la famille dut alors quitter la localité pour gagner la ville voisine de Gomel.

Elle rapporte également ce que l’on sait — et ce qui demeure inconnu — du sort réservé au reste de la famille, notamment la chronologie présumée et les circonstances entourant la mort prématurée de Rav Zoussim durant la Choa.

Un visage retrouvé

Surtout, elle a confié une photographie de Rav Zoussim, dévoilant ainsi pour la première fois le visage de l’oncle du Rabbi — un membre de la famille du Rabbi dont, jusqu’à ce jour, on ne savait pratiquement rien.

Une révélation à l’honneur d’un mariage

Cette photographie inédite et les recherches qui l’accompagnent offrent un rare aperçu d’une branche peu connue de la famille paternelle du Rabbi et préservent des détails restés jusqu’alors largement ignorés. L’ensemble a été publié à l’occasion du mariage de Mendel, fils des Chlou’him du New Jersey Rav Eliézer et Hanié Zaklikovsky, de Monroe, avec Moussia, fille de Rav Moché et Léa Chemtov, de Stamford, dans le Connecticut.