Au lendemain de la frappe de Tsahal dans le quartier du Dahieh à Beyrouth, Israël se prépare à l’éventualité de tirs iraniens dirigés contre son territoire dans les prochaines heures. Le chef d’état-major mène des évaluations de situation continues, tandis que le commandement du front intérieur a durci ses consignes à la population. À Téhéran, les Gardiens de la révolution multiplient les menaces et promettent que « la frappe ne restera pas sans réponse ».

 

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Tsahal en état d’alerte

Israël se prépare à l’éventualité de tirs iraniens en réponse à la frappe menée dans le Dahieh à Beyrouth. Le porte-parole de Tsahal a confirmé dimanche soir que l’armée se tenait prête à la possibilité de tirs dirigés vers le territoire israélien dès les heures à venir.

Peu après la publication de ces évaluations, le porte-parole de Tsahal a fait savoir que le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, menait des évaluations de situation continues avec l’ensemble des commandants concernés, à la suite de la frappe conduite dans le Dahieh, à Beyrouth. Selon le communiqué officiel, et conformément à ces évaluations, Tsahal se prépare à l’éventualité de tirs vers le territoire de l’État d’Israël dans les prochaines heures.

Au sein de l’appareil de défense, on suit de près l’évolution de la situation dans la région, notamment à la lumière des menaces formulées tout au long de la journée par les Gardiens de la révolution et par d’autres hauts responsables à Téhéran. L’évaluation est qu’en cas de décision de riposte, celle-ci pourrait provenir directement du territoire iranien ou par l’intermédiaire de l’une des organisations supplétives de Téhéran dans la région.

Le durcissement des consignes à la population

À l’issue d’une évaluation de situation, le commandement du front intérieur a décidé de durcir ses consignes à compter de 18 h 00 et jusqu’au lendemain 20 h 00. Une activité complète demeure autorisée dans l’ensemble du pays, sous réserve d’une limitation des rassemblements à 5 000 personnes au maximum, tandis que dans la zone de la ligne de confrontation, les consignes restent inchangées.

Parallèlement au dispositif opérationnel, Tsahal a souligné qu’à cette heure il n’y avait pas de changement dans les consignes du front intérieur destinées au public. L’armée a néanmoins appelé les citoyens à faire preuve de vigilance, à agir de manière responsable et à continuer de suivre les communiqués officiels, en précisant que tout changement de la situation sécuritaire ou des consignes serait actualisé immédiatement.

Une journée de tension dans le nord

Ce communiqué intervient après une journée particulièrement tendue dans le secteur nord. Avant même la frappe dans le Dahieh, des alertes avaient été déclenchées pour l’intrusion d’un appareil aérien hostile dans plusieurs localités du nord, puis la chute d’une cible aérienne suspecte avait été identifiée à proximité de la frontière libanaise. En outre, deux drones lancés par les terroristes du parti de D.ieu sont tombés en territoire israélien, au lendemain des alertes déclenchées à Metula à la suite de tirs de roquettes depuis le Liban.

Selon Tsahal, l’ensemble de ces incidents s’est achevé sans faire de victimes, mais les habitants de la région ont critiqué la manière dont la situation était gérée, estimant que les violations répétées du parti de D.ieu ne recevaient pas une réponse suffisante.

Les menaces de Téhéran

Dans ce contexte, les Gardiens de la révolution iraniens ont publié une déclaration particulièrement virulente, menaçant d’une riposte imminente contre Israël. Le communiqué affirme que la banlieue sud de Beyrouth constitue une « ligne rouge » et que Téhéran avait par le passé mis en garde contre toute atteinte à ce secteur. Il y est également affirmé que « l’ère de l’action sans réponse est révolue » et qu’Israël se doit de « préparer ses abris », avec la menace explicite qu’une riposte iranienne débuterait « avant même l’aube de demain ».

Cette déclaration s’ajoute à d’autres propos tenus plus tôt dans la journée en Iran. Le commandant de l’état-major central de Khatam al-Anbiya a affirmé que « les crimes de l’entité sioniste ne resteront pas sans réponse », tandis que le porte-parole de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien a mis en garde contre une « erreur de calcul » de la part d’Israël. Selon lui, même si un accord ou une entente devait être conclu, le chemin qui y mène passe par « le châtiment du régime sioniste ».

La frappe dans le Dahieh

Les menaces venues de Téhéran sont intervenues peu après que Tsahal eut frappé des cibles du parti de D.ieu dans le Dahieh, à Beyrouth, en réaction aux tirs dirigés vers Israël et à la poursuite des violations de l’organisation terroriste. La frappe a été menée environ une semaine après qu’Israël eut clairement signifié que tout tir provenant du territoire libanais en direction d’Israël recevrait une réponse visant des cibles dans la capitale libanaise.

Dans un communiqué conjoint publié au moment de la frappe, le Premier ministre et le ministre de la Défense ont déclaré : « Tsahal a frappé à l’instant, dans le quartier du Dahieh à Beyrouth, des cibles terroristes de l’organisation terroriste du parti de D.ieu, et ce en réponse aux tirs de cette dernière vers le territoire israélien. Israël ne tolérera pas de tirs sur son territoire. » Selon Tsahal, c’est un poste de commandement du parti de D.ieu qui a été frappé, lequel servait à l’organisation pour faire avancer des projets terroristes contre les citoyens israéliens et contre les forces de Tsahal opérant dans le sud du Liban. D’après le ministère libanais de la Santé, la frappe a fait deux morts et quatre blessés.

En toile de fond, un éventuel accord américano-iranien

La frappe dans le Dahieh s’inscrit dans le contexte d’informations parues au Liban et en Iran faisant état d’un accord possible entre les États-Unis et l’Iran. Selon le quotidien libanais Al-Akhbar, les ententes en cours d’élaboration porteraient également sur des mesures concernant la scène libanaise, parmi lesquelles un arrêt total des combats, un retrait israélien du sud du Liban et la libération de prisonniers libanais. Israël n’a pas réagi officiellement à ces informations.

Pour mémoire, le ministre de la Défense Israël Katz avait déclaré la semaine dernière qu’Israël ne se retirerait pas des zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza. Selon lui, les forces de Tsahal continueront de protéger les frontières de l’État et ses citoyens face aux différentes menaces dans la région.

Dans le même temps, Tsahal poursuit une activité de grande ampleur dans le sud du Liban. La semaine dernière encore, ses forces ont achevé une opération d’envergure dans le village de Dabin, à une profondeur d’environ douze kilomètres en territoire libanais. Au cours de cette opération, l’aviation a frappé plus de cinquante cibles terroristes, des dizaines d’infrastructures du parti de D.ieu ont été détruites, des dépôts de moyens de combat ont été localisés et plus de trente terroristes ont été éliminés. Tsahal a souligné qu’il continuerait d’agir pour écarter toute menace pesant sur l’État d’Israël.

La réaction de Donald Trump

Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est exprimé dimanche soir au sujet de la frappe de Tsahal dans le Dahieh, exprimant une réserve inhabituelle à l’égard de cette opération. Selon lui, « l’attaque contre Beyrouth ce matin n’aurait pas dû avoir lieu », en particulier à un moment où, à l’en croire, les parties sont très proches d’un accord de paix avec l’Iran.

Trump a précisé qu’il reconnaissait le droit d’Israël à se défendre face aux menaces sécuritaires, mais il a estimé que l’incident ayant conduit à la riposte israélienne était « très mineur et insignifiant ». Selon lui, personne n’a été blessé lors de cet incident, et il n’y avait donc pas lieu d’engager une démarche susceptible de compromettre les avancées des pourparlers diplomatiques. « Nous sommes très proches d’un accord qui apportera la paix à la région, y compris au Liban », a-t-il affirmé, appelant l’ensemble des parties à « apaiser la situation ».

Trump a appelé à cesser toute frappe supplémentaire, en provenance du Liban comme d’Israël, et a averti qu’une nouvelle escalade pourrait mettre en péril ce qu’il a qualifié de « début d’une paix longue et magnifique ».

L’avertissement d’un ancien officier de Tsahal

Le colonel de réserve ‘Hézi Na’hama a mis en garde contre un retour à une politique de « rounds et de contention », appelant le gouvernement à mener jusqu’au bout la décision face au Hamas et au parti de D.ieu. Dans un entretien accordé dimanche à Dana Veron, il a adressé un message direct au gouvernement israélien : « Après deux ans et demi durant lesquels nous avons agi de manière remarquable, nous commençons à revenir à des signes de rounds et de contention, et cela ne doit pas se produire ! »

Selon lui, « nous devons, en tant que public, exiger du Premier ministre et du ministre de la Défense qu’ils tiennent les engagements qu’ils ont pris : une décision complète face au parti de D.ieu et au Hamas. C’est le moment d’atteindre ces objectifs. »

Au cours de l’entretien, ‘Hézi Na’hama a également mis en garde contre l’accord en cours d’élaboration avec l’Iran : « Il se peut que des considérations comme l’économie mondiale ou des événements internationaux influent sur la prise de décision. À mon sens, il est interdit de signer un accord sans qu’au minimum l’uranium enrichi sorte d’Iran. Si un accord est signé sans cette clause, ce sera une erreur stratégique. »

Il a enfin abordé la scène libanaise et souligné qu’Israël ne devait pas établir de lien entre les développements face à l’Iran et le combat contre le parti de D.ieu : « De notre point de vue, ce lien ne doit pas exister. »