D’une photographie qui a embrasé l’émotion du monde entier jusqu’à un mouvement d’éveil juif balayant des milliers de cœurs, de Césarée jusqu’aux confins glacés de la Sibérie, quelque chose d’inédit s’est produit : comment la mise des Téfilines dans le bureau du Premier ministre est-elle devenue une sanctification du Nom de D.ieu poussant des Juifs éloignés à demander « moi aussi, je veux faire comme lui » ? Le Chalia’h du Rabbi, le Rav Or Ziv, livre dans cet entretien fascinant le récit des coulisses de cet événement, les Téfilines de soldats tombés qui ont traversé l’enfer, et le moment précis où cet acte spirituel est devenu un véritable tournant — sans oublier la déclaration qui restera gravée pour toujours : « Le Rabbi n’a jamais eu tort. »

 

Kfar Habad

 

Soixante ans d’une campagne qui a changé le monde

À la fin du mois d’Iyar 5727 (1967), lors d’un Farbrenguen de Chabbat Bamidbar — qui tombait cette année-là le 24 Iyar, au cœur des jours de tension précédant la Guerre des Six Jours, deux jours à peine avant son déclenchement — le Rabbi affirma que la Mitsva des Téfilines avait le pouvoir d’inspirer la crainte à l’ennemi et de mener à la victoire, en s’appuyant sur le verset : « Et tous les peuples de la terre verront que le Nom de l’Éternel est proclamé sur toi, et ils te craindront » — et nos Sages d’expliquer : « Ce sont les Téfilines de la tête. »

Dans quelques jours, nous entrerons dans la soixantième année de l’Opération Téfilines, première des dix campagnes proclamées par le Rabbi au fil des années. Cette opération a depuis longtemps débordé les frontières de la communauté ‘Hassidique de Habad-Loubavitch, et l’on trouve aujourd’hui des stands de Téfilines de tous horizons, invitant les Juifs à accomplir la Mitsva à laquelle, selon nos Sages, toute la Torah est assimilée.

Qui saurait dire combien de millions de Juifs ont mis les Téfilines depuis lors ? Combien se sont rapprochés d’une vie de Torah et de Mitsvot grâce à ce seul commandement ? Et combien ont décidé de les poser à la suite du Premier ministre Binyamin Netanyahou ?

Si la mise des Téfilines de n’importe quel Juif revêt une importance immense pour l’avenir du peuple et du monde — car « accomplir une seule Mitsva, c’est faire pencher la balance de tout l’univers vers le mérite » — combien plus encore la mise des Téfilines d’un homme qui représente des millions de Juifs de la Terre Sainte, et dont la figure est admirée par des millions de non-Juifs. À plus forte raison en ces temps de guerre où les ennemis d’Israël ont ouvert les hostilités avec la volonté déclarée d’anéantir le peuple juif.

La réticence d’un chef d’État

Lors du dernier Jour du Souvenir, le bureau du Premier ministre a diffusé une vidéo et des photographies montrant Binyamin Netanyahou enveloppé dans un Talith et orné des Téfilines. Une image déjà devenue une tradition, puisque c’est la troisième année consécutive que Netanyahou choisit de poser les Téfilines en ce jour solennel.

Celui qui se tient derrière cette image est le Chalia’h du Rabbi pour la région, le Rav Or Ziv, qui a confié à Kfar Habad ce qui s’est passé dans les coulisses, révélant quelques secrets et dévoilant l’influence considérable que cet événement en apparence intime exerce dans des cercles bien plus larges.

« Depuis déjà de nombreuses années, confie le Rav Or Ziv, j’avais pris sur moi — ou plutôt, j’avais eu l’intention d’une manière ou d’une autre — de faire en sorte que le Premier ministre pose les Téfilines en public. À travers ma connaissance de son entourage très proche, j’avais appris pour la première fois qu’il ne le faisait pas en public pour une raison qui lui paraissait sincère : il ne voulait pas que cela devienne quelque chose de cynique, de politique. »

« J’étais très sceptique. Je ne l’acceptais pas. Au début, je n’y croyais même pas. Je pensais que c’était peut-être une simple manière de se dérober. Mais en réalité, en rencontrant de plus en plus de personnes de son entourage et en m’approchant davantage du cœur de la « ruche », j’ai compris que c’était authentique : il ne pose vraiment pas les Téfilines en public, et précisément parce qu’il les considère avec un profond respect. Il y voit quelque chose de très précieux et de sacré, et il ne veut pas que cela soit avili par son intermédiaire. Il ne veut pas que la mise des Téfilines soit interprétée comme une manipulation politique pour gagner quelques voix. D’un côté, j’admirais cette façon de penser ; de l’autre, je me disais qu’il fallait trouver un moyen d’y parvenir malgré tout, d’une manière qui soit pleinement acceptable. »

 

 

La demande à Sharon Gal

Le Rav Or Ziv entretient depuis longtemps des relations étroites avec diverses personnalités des médias, notamment avec le journaliste Yinon Magal, ainsi qu’avec le présentateur Sharon Gal. C’est par ce dernier que l’histoire allait prendre son tournant décisif.

« Il y a un peu plus de deux ans, quelque part en Hechvan 5784 (octobre-novembre 2023), je me trouvais chez Sharon Gal lors de notre Farbrenguen hebdomadaire. Au cours de la conversation, il me dit qu’il allait rencontrer le Premier ministre trois jours plus tard pour une réunion de briefing en tête-à-tête, et me demanda quel message je souhaitais lui transmettre. Je lui répondis : « Sharon, tu sais quoi, au-delà des messages évidents dont nous avions parlé — ce que le Rabbi dit sur les questions de sécurité — peut-être pourrions-nous faire en sorte qu’il pose enfin les Téfilines en public ? » Sharon releva le défi et demanda comment faire. »

Les Téfilines de Moushiko

« Je lui parlai alors d’une mère endeuillée qui me tient très à cœur et dont j’ai eu le mérite de perpétuer la mémoire du fils — le sergent-chef Moushiko Dvino, que son sang soit vengé, tombé lors de l’opération Tzuk Eitan. Il est né et a grandi à Qatamon. Sa mère s’appelle Rou’hama, et à chaque fois que je me rends chez eux, je ne peux m’empêcher de voir les Téfilines de son fils, posées dans la vitrine du salon. Les membres de la famille m’avaient raconté que de tous ses effets personnels, les Téfilines avaient survécu à l’énorme incendie qui s’était déchaîné à l’intérieur du D9 dans lequel Moushiko est tombé. La mère, Rou’hama, est une femme de grande foi et de grande force. Cet événement n’avait fait que renforcer encore davantage sa foi. »

« J’ai pensé qu’il serait juste de prendre ces Téfilines, avec toute leur histoire et leur charge symbolique, et de les apporter au Premier ministre. Si elle lui écrivait une lettre en tant que mère endeuillée et que Sharon les apportait ensemble, il y aurait là un élément émotionnel susceptible de porter ses fruits et d’amener le Premier ministre à les poser. Sharon fut d’accord, et ce soir-là même, malgré l’heure tardive, j’essayai de joindre Rou’hama. Pour abréger le récit, disons que le lendemain, elle avait déjà écrit une lettre au Premier ministre — une lettre du fond du cœur, une lettre qui fut publiée par la suite. »

« Quelques jours plus tard, lorsque Sharon rencontra le Premier ministre à la Kirya, après une conversation d’environ une heure, il sortit soudainement les Téfilines de son sac et les tendit à Netanyahou. Bibi fut très ému. Il chaussa ses lunettes et lut en silence la lettre de Rou’hama, puis leva les yeux et dit à Sharon : « Dis-lui que je les poserai. » J’avais prévu cette réaction et avais préparé Sharon en conséquence. Il lui dit : « Monsieur le Premier ministre, pour la mémoire de son fils et pour son âme, fais cela en public — c’est ce qu’elle veut plus que tout, que tout le monde voie et se renforce grâce à cela. » Netanyahou réfléchit quelques instants avant de répondre : « D’accord, dis-lui que je le ferai. » »

Pourtant, des jours s’écoulèrent et, pour diverses raisons, la chose ne se concrétisait pas. Une fois, les Téfilines disparurent purement et simplement et les collaborateurs du bureau ne parvinrent pas à les retrouver. À chaque tentative, un nouvel obstacle surgissait. L’élan semblait passé.

L’heure que Biden a déclenchée

C’est alors que survint l’interview du président Biden sur CBS dans l’émission 60 Minutes, au cours de laquelle il annonça qu’il imposerait un embargo sur les armes à Israël si Tsahal entrait à Rafah. Cette déclaration fit les manchettes pendant le week-end précédant le Jour du Souvenir de l’année 5784 (2024).

« Dès le jeudi, raconte le Rav Or Ziv, j’appelai un ami proche au bureau du Premier ministre et lui dis : « Tu vois les gros titres ? Dis à Netanyahou que c’est le moment. Il n’y a pas de jour plus approprié pour poser les Téfilines d’un soldat tombé que celui-ci. Et il n’y a pas de message plus fort adressé aux nations du monde — et à Biden en particulier — que celui-ci : ‘Et tous les peuples de la terre verront qu’ils te craindront.’ Dis au Premier ministre de poser les Téfilines et, avec l’aide de D.ieu, cet acte accomplira son œuvre. » Il fut d’accord et en parla à Netanyahou. »

Le Rav Or Ziv contacta également Yinon Magal pour lui demander de l’aide. « Je lui racontai, mais il ne comprenait pas vraiment l’enjeu. « Je ne saisis pas très bien ce qu’il y a là de si important, si ça arrive — bien. Si non — tant pis », me dit-il. Aujourd’hui, il voit les choses bien différemment, et on peut observer son rapport à tous les sujets de Torah et de Mitsvot, ainsi que son approche du Machia’h et de la Guéoula. »

Dimanche arriva et le message tomba : cela s’était produit. Netanyahou avait posé les Téfilines. La couverture médiatique fut immédiate et prodigieuse. Yinon Magal lui-même en parla dans son émission Les Patriotes et reconnut publiquement avoir eu tort de douter : « Le Rav Or avait raison. Il avait dit que cet acte provoquerait une grande sanctification du Nom de D.ieu et une vague de réveil — et c’est exactement ce qui s’est produit. »

L’onde de choc jusqu’en Sibérie

« Le lendemain et les jours suivants, mon téléphone fut submergé d’appels et de messages de personnes souhaitant partager l’influence que la mise des Téfilines du Premier ministre avait eue sur elles. Je me souviens en particulier du message que m’envoya le Chalia’h à Tioumen, en Sibérie, le Rav Garlik. Il m’écrivit que plusieurs Juifs étaient venus à la synagogue — des Juifs qui n’y venaient presque jamais, certains qu’il n’avait jamais vus auparavant. Ils demandaient à poser les Téfilines, comme l’avait fait le Premier ministre d’Israël. »

Deux semaines plus tard, le Rav Or Ziv fut convoqué avec Rou’hama au bureau du Premier ministre pour récupérer les Téfilines. « Nous avons rencontré le Premier ministre, qui m’a dit en ses propres mots : « Je n’aurais pas cru jusqu’où l’influence des Téfilines pouvait aller. » Je lui ai rapporté une partie des témoignages reçus, et notamment celui venu de Sibérie — et il fut ému, très ému. Il faut savoir que Bibi est un homme très froid et maître de ses émotions. Ce fut une rencontre chaleureuse et intime, lors de laquelle le Premier ministre promit à Rou’hama, la mère de Moushiko, qu’il poserait désormais les Téfilines chaque année. Ce qu’il a effectivement fait — il a tenu sa promesse, et c’est déjà la troisième année. »

Ce moment parut marquer un tournant plus profond dans la conduite de la guerre. Tsahal entra à Rafah. La guerre commença à changer de cap. Et quelque chose d’autre se produisit : Netanyahou commença à mentionner le Nom de D.ieu de plus en plus souvent, jusqu’à ce que cela devienne une composante intégrée de ses discours, aussi bien écrits que spontanés. Nombre de collaborateurs proches du bureau du Premier ministre furent en mesure d’identifier ce changement et d’en situer le point de départ.

La deuxième année : les Téfilines de Yossi Hershkovitz

« L’année suivante, raconte le Rav Or Ziv, le Premier ministre posa les Téfilines de Yossi Hershkovitz, que son sang soit vengé. Hershkovitz était directeur d’école, adoré de ses élèves — un homme d’éducation et un père de famille exemplaire. Un jour ou deux avant le Jour du Souvenir 5785 (2025), je m’adressai à l’un des membres du bureau et lui dis que je souhaitais que le Premier ministre pose les Téfilines de Yossi. Je me rendis au domicile des parents, à Goush Etsion, pour les récupérer. Il m’importe de souligner qu’à chaque fois que j’apportais des Téfilines au Premier ministre, je veillais à les faire vérifier au préalable afin de m’assurer de leur conformité. »

« Lorsque j’arrivai chez la famille Hershkovitz, il était déjà passé minuit. Je m’assis avec les enfants jusqu’à deux heures et demie du matin. Le lendemain, je me présentai chez le Premier ministre avec les Téfilines de leur père. Ce jour-là fut marqué par de nombreux obstacles et retards, et je fus contraint de repartir avant d’être rappelé au bureau dans l’après-midi. C’était une journée particulièrement chargée, car, comme vous vous en souvenez peut-être, d’immenses incendies s’étaient déclarés et se propageaient ce jour-là, entraînant des évacuations le long de la Route 1. La journée avançait, il était déjà deux heures, trois heures, et je commençais à craindre que cela ne se produise plus. »

« J’attendis, et après une nouvelle attente d’environ une heure, le téléphone sonna : « Le Premier ministre demande que vous entriez. » Il s’était auparavant rendu au poste de commandement avancé dans la région de Beth Chémech pour coordonner la lutte contre les incendies. De retour à son bureau, malgré tout le chaos ambiant, il m’y reçut avec chaleur et courtoisie. »

« Ce jour-là tombait le 2 Iyar. Je parlai avec lui du Rabbi Maharach et lui rappelai que trente-huit ans auparavant exactement, il s’était trouvé chez le Rabbi lors d’une distribution de dollars, et que le Rabbi lui avait dit qu’il aurait à se tenir face à cent dix-neuf personnes. Nous regardâmes cette vidéo ensemble. Il fut tellement ému, tellement impliqué, et il y eut quelque chose de très particulier dans cette rencontre. »

« J’avais cette fois veillé à apporter un Talith de Habad. La fois précédente, il avait posé les Téfilines sans Talith, mais j’avais insisté : en tant qu’homme marié, il lui revenait de s’en envelopper — et c’est ce qu’il fit. Tout cela se passait alors que tout le pays brûlait au sens propre. Dans les médias, on exprimait déjà la crainte d’une catastrophe comparable à celle du Mont Méron. Malgré cela, il demanda que la photo soit publiée. Certains membres du bureau estimaient que ce n’était pas opportun politiquement, mais il insista : « Publiez », dit-il. Il avait compris l’ampleur de l’influence que cela exercerait et il s’y tint. Après avoir compris ce qui l’avait autrefois empêché de poser les Téfilines en public, j’en admirais d’autant plus son insistance à faire paraître cette image. »

La troisième année : les Téfilines de Sean Carmeli

Pour la troisième année consécutive, le Rav Or Ziv apporta les Téfilines d’un soldat tombé : celles de Sean Carmeli, que son sang soit vengé. Soldat seul originaire du Texas, Sean était profondément lié aux Chlou’him de sa région. Le Chalia’h de là-bas raconta au Rav Or Ziv que l’une des choses qui avait fait naître en lui l’amour pour Eretz Israël était sa participation au camp Gan Israël. Combattant dans la brigade Golani, il tomba lui aussi lors de l’opération Tzuk Eitan. Vingt à trente mille personnes assistèrent à ses funérailles.

Un détail étonnant venait encore renforcer le sens de cet événement : Sean avait servi dans le même bataillon — le bataillon 13 de Golani — où le Rav Or Ziv lui-même avait servi avant son retour en Téchouva. En mémoire de Sean, le Rav Or Ziv a fondé l’initiative « Betsavta », dédiée à la prise en charge du linge des soldats seuls — un besoin qu’il avait constaté sans qu’aucune réponse n’y soit apportée.

« Je contactai les parents de Sean et leur demandai s’ils souhaitaient que le Premier ministre pose les Téfilines de leur fils. Ils furent très émus. J’obtins ensuite l’accord du Premier ministre, qui fut lui aussi touché et répondit positivement. Ce qui est remarquable, c’est qu’il se souvenait de chaque détail concernant Sean — ses parents, les circonstances de sa chute, toute l’histoire. Il s’avéra en outre que les parents de Sean, qui avaient depuis lors regagné Eretz Israël, sont voisins de la famille Netanyahou à Césarée. »

« Cette fois, lorsque j’entrai chez lui avec les Téfilines de Sean, comprenez bien ceci : le Premier ministre n’est pas homme à manifester sa familiarité aisément. Et pourtant, cette fois, quand j’entrai, il se leva simplement et m’étreignit. Il attendait ce moment. Il attendait de poser les Téfilines. Son emploi du temps est lourd et chargé, mais il montra clairement que c’était important pour lui. Si lors des années précédentes la visite s’était terminée rapidement, cette fois la rencontre dura quarante minutes. »

« Lorsqu’il prononça le Chéma Israël, il le dit à voix haute. Ce fut un moment très émouvant. Il demanda qu’on lui prépare une photographie de Sean Carmeli pour la garder dans son bureau, et il pria avec une intention profonde et sincère. Soudain, il me dit son nom — « Binyamin ben Tsila » — et m’expliqua qu’il me demandait de le bénir. Je le bénis de tout mon cœur. »

« Je lui dis : « Certes, nous avons — grâce à D.ieu — des armes excellentes, des F-35 et de nombreuses avancées extraordinaires, mais ce que vous tenez en ce moment est l’arme la plus puissante du peuple d’Israël depuis trois mille trois cents ans. C’est elle qui nous maintient, qui remporte toutes les guerres et qui préserve l’éternité d’Israël. » Je lui rappelai qu’il parle toujours de victoire totale. « Je suis d’accord avec vous, lui dis-je, mais souvenez-vous que la victoire totale, c’est d’amener la vraie et complète Délivrance. » Je lui dis que la mort de Nasrallah n’est pas encore une victoire totale. Ni celle de Khamenei. Ce ne sont là que des victoires tactiques. La victoire ultime et définitive, c’est l’avènement de notre juste Machia’h et la Délivrance complète. »

« J’avais toujours voulu lui dire cela, et cette fois j’en eus enfin l’occasion — d’une manière telle qu’il écouta vraiment et s’en imprégna. Je dis encore ceci : dans le bureau du Premier ministre, les éléments sont peu nombreux mais chargés de sens. Il y a la photo de lui-même avec le Rabbi, la photo de son père, une photo de famille, et la photo d’un héros d’Israël qui a perdu ses jambes, Ari Chafits. »

Une surprise venue du passé

La rencontre touchait à sa fin lorsque le Rav Or Ziv dévoila une surprise préparée de longue date. « J’avais réussi, dans une remarquable Hachga’ha Pratit, à trouver un court extrait vidéo de vingt-quatre secondes montrant la rencontre du Premier ministre avec le Rabbi chez ce dernier, en 5748 (1988), pendant la période de la Sfira de l’Omer. On y voit le Rabbi réciter le compte de l’Omer, et Netanyahou apparaît à la toute dernière seconde. Cette rencontre avait eu lieu dans l’année même où le Rabbanith était décédée. »

« Au début, il regardait l’écran sans comprendre ce qu’il voyait. Puis soudainement il fut saisi d’émotion et réalisa la scène. « D’où as-tu ça ? » me demanda-t-il avec stupeur. Il se souvint du moment, et cela le bouleversa à nouveau. Il fut un instant comme figé. « Comment as-tu trouvé ça ? » insista-t-il. Il n’avait jamais vu cette vidéo et ne savait même pas qu’elle avait été filmée. »

« Je vis sur lui l’émotion, et il n’est pas du genre à s’émouvoir facilement. Je vis comment son lien intérieur avec le Rabbi se réveillait. Il me dit immédiatement : « Tu dois m’envoyer ça. Envoie-le moi, je t’en prie. » »

« Le Rabbi n’a jamais eu tort »

Évoquant le changement profond qui s’opère dans la personnalité du Premier ministre depuis le début de la guerre, le Rav Or Ziv partage une déclaration qui l’a marqué pour toujours : « La deuxième année, après qu’il eut posé les Téfilines de Hershkovitz, il me dit une phrase que je n’oublierai jamais. « Le Rabbi ne s’est pas trompé. Le Rabbi n’a jamais eu tort. Tout ce que le Rabbi a dit était juste. » Il ne l’a pas dit lors d’un discours filmé, le 19 Kislev à Kfar Habad. Il l’a dit en tête à tête, entre quatre yeux. »

« Netanyahou qui pose les Téfilines et insiste pour que cela soit publié est un Netanyahou plus croyant. Je remarque — et je ne suis pas le seul — le processus que traverse le peuple d’Israël depuis le 7 octobre. Il y a un rapprochement considérable, un lien bien plus fort avec le Saint-Béni-soit-Il. Je pense qu’il comprend pleinement la signification de la mise des Téfilines, et c’est pourquoi cela se répète pour la troisième année consécutive. Je ne pense pas qu’il se trouve aujourd’hui au même endroit spirituel où il était avant cette guerre. »

« Je ne suis pas du genre à exagérer. Je ne perds pas les proportions. Mais je pense que l’on voit un changement profond dans l’âme — une compréhension que le lien entre le sacré et le profane, entre la foi et la force militaire, est un lien réel et vivant. Quand il m’a dit que le Rabbi avait eu raison, il ne cherchait pas à m’impressionner. Il n’a pas besoin de m’impressionner. À mon sens, c’est un changement authentique, et je rends grâce à D.ieu d’avoir eu le mérite que le Premier ministre pose les Téfilines publiquement, trois fois, année après année. »

Un conseiller qui ne manque aucun cours

Le Rav Or Ziv ne cache pas qu’il entretient des liens étroits avec de nombreuses personnalités du bureau du Premier ministre, même s’il préfère rester discret à ce sujet. Il consent toutefois à évoquer sa relation avec Yonatan Uri’h, conseiller du Premier ministre, avec lequel il partage un cours de ‘Hassidout régulier auquel Uri’h ne renonce sous aucun prétexte.

« Le jour même où les restrictions qui pesaient sur lui furent levées et où il fut autorisé à reprendre ses fonctions au bureau du Premier ministre, il ne renonça pas au cours. « Une étude régulière est une étude régulière, et ces deux heures d’étude de Torah sont les plus importantes pour moi », me dit-il. Et en effet, même en ce jour chargé, nous nous sommes assis pour étudier. Sans son aide précieuse, je ne suis pas certain que j’aurais eu le mérite que le Premier ministre pose les Téfilines de cette manière, qui a réalisé une si grande sanctification du Nom de D.ieu. Tout le mérite lui en revient. »

Il convient également de mentionner que c’est le Rav David Na’hchon qui conduisit autrefois Netanyahou chez le Rabbi pour la première fois, et que le Rav Chmaria Harel — qui servit avec lui dans l’unité d’élite de la Sayéret Matkal — fut pendant des années le gardien du lien ‘Hassidique de Netanyahou avec Habad.

Le Rav Or Ziv rapporte aussi l’usage qui s’est installé : « Le Premier ministre conclut presque chaque discours, ces derniers temps, par les mots « avec l’aide de D.ieu ». Il emploie l’expression Siata DiChmaya. Ce ne sont pas des mots vides. Quand a-t-il posé les Téfilines ou s’est-il enveloppé dans un Talith autrefois ? Pour un clip électoral ? Non. Il y a ici un processus authentique. Et ce processus rayonne désormais bien au-delà des murs du bureau du Premier ministre — il se développe et s’amplifie de jour en jour, d’année en année. De plus en plus de Juifs posent les Téfilines, de plus en plus se rapprochent de D.ieu et de Sa Torah, de plus en plus aspirent à la vraie et complète Délivrance, promptement et en nos jours. Il ne fait aucun doute que les Chlou’him, parmi lesquels le Rav Or Ziv, y ont une très grande part. »