Le Rav Mendy Kotlarsky a pris la parole lors du 27e Congrès des Chlou’him de Paris, en présence du Rav Mendel Azimov, du Rav Levi Azimov et de l’ensemble des émissaires. Son discours était placé sous le signe du thème central du Kinous : Hatov Hachem Letovim — D.ieu est bon envers les bons. Dans une allocution à la fois intime et inspirante, il a rappelé que la plus grande bénédiction que le Rabbi nous ait accordée, c’est d’avoir les uns les autres.

 

 

 

Une chance et un privilège

Lé’haïm, mes frères. Pour moi, c’est un véritable privilège que d’avoir l’occasion d’être ici, au Kinous des Chlou’him de Paris, aux côtés du Rav Mendel Azimov, du Rav Levi Azimov et de tous les émissaires réunis ce soir. En vérité, cette assemblée est quelque chose qui procure au Rabbi une immense, une profonde satisfaction — Na’hat — lorsque l’on se retrouve ensemble, lorsque l’on fait un Farbrenguen ensemble. Ces kinousim régionaux, où tous se rassemblent en un seul lieu, c’est le Rabbi lui-même qui en a eu l’initiative. Pour nous, c’est un privilège que de pouvoir en faire partie, d’être témoins des succès extraordinaires, du développement et de toutes les grandes choses que les Chlou’him de Paris accomplissent, guidant une véritable mission dans le monde entier.

Je voudrais donc commencer par porter un Lé’haïm : que tout ce que nous avons vu, tout ce dont nous débattons ce soir, se réalise l’année prochaine à un niveau encore supérieur — lech’at’hila ariber — en nous appuyant sur tout ce que nous avons construit par le passé. Car nous vivons aujourd’hui dans une époque où tout ce que nous avons fait jusqu’ici n’est plus seulement une question de petits pas. Avec les outils dont nous disposons, avec tout ce que nous avons entre les mains, nous pouvons grandir, nous transformer et conduire notre mission de manière bien plus grande encore.

À la mémoire du Rav Moishy Voda

Avant tout, je souhaite mentionner la mémoire du Rav Moishy Voda, fils du Rav Tsvi Yossef, de mémoire bénie. S’il avait pu se rendre au Kinous de Paris, il aurait toujours cherché à être présent ici, aux côtés du Rav Chemouel, du Rav Mendel et du Rav Levi. Je leur adresse, ainsi qu’à vous tous, mes vœux de succès immense.

Et comme nous pouvons le lire dans le thème de ce Kinous : Hatov Hachem Letovim — D.ieu est bon envers les bons.

Le message fondateur : la confiance du Rabbi en ses émissaires

Nous connaissons tous la Si’ha célèbre que le Rabbi a prononcée sur ce sujet. Mais il faut savoir — et ressentir — que la toute première chose sur laquelle doit reposer tout ce que nous faisons, c’est la certitude que nous représentons les émissaires du Rabbi. Nous avançons avec la force du Rabbi, avec la confiance, les bénédictions et les capacités qu’il nous a transmises. Le Rabbi croit en nous. Le Rabbi nous a donné les moyens d’agir. Nous n’avons qu’à accomplir ce que Hatov Hachem Letovim nous appelle à faire.

Le sens profond de « D.ieu est bon envers les bons »

Qu’est-ce que cela signifie réellement, ce principe de Hatov Hachem Letovim ? C’est l’une des choses qui me touche le plus profondément. Lorsqu’on le voit à l’œuvre, lorsqu’on perçoit les bénédictions qu’il génère, on comprend : c’est quand un Chalia’h fait du bien à un autre Chalia’h. Voilà ce que c’est — la bonté, la bénédiction, le don que le Rabbi nous a offert : nous nous avons les uns les autres.

Hatov Hachem Letovim, c’est quand un émissaire voit son collègue voisin, celui qui se trouve à ses côtés, et qu’il se préoccupe de sa famille. On le voit au quotidien : un Chalia’h reçoit quelque chose d’inattendu — un don, une opportunité — et il ne le garde pas pour lui seul. Il le partage avec les Chlou’him de sa région. Il se rend à la Yéchiva et ne pense pas seulement à son propre fils : il veille aussi sur le fils d’un autre émissaire, celui qui n’a pas vu ses parents depuis longtemps.

Et l’on voit les bénédictions qui arrivent aux Chlou’him eux-mêmes.

Un récit : la bonté reçue comme une mission

Voici une histoire que j’ai entendue un jour, une histoire très particulière. Quelqu’un avait besoin d’un rendez-vous chez un médecin et se trouvait dans une situation difficile. Il ne connaissait pas personnellement le Rav concerné, mais il l’appela quand même. Et ce rav, au milieu de la nuit, décrocha son téléphone et lui rendit ce service. Lorsque cet homme se retrouva en audience avec le Rabbi et lui raconta l’histoire, le Rabbi lui dit : « Tu crois que tu as rendu service à quelqu’un d’autre — mais le Saint béni soit-Il t’a donné l’occasion de faire ce bien, parce que tu en es capable. Faire du bien à un autre émissaire, à un autre Juif, à une autre personne. »

La pratique concrète : commencer par ceux qui nous sont proches

Voilà donc la première chose : si tel est le thème de ce Kinous, chacun doit commencer par réfléchir à sa propre famille. Quel bien pouvez-vous faire pour la Chlou’ha qui travaille avec vous ? Pour vos enfants ? Pour le Chalia’h qui est votre voisin ?

50 ans de la révolution éducative du Rabbi

Ce soir, il nous faut également souligner le cinquantième anniversaire de l’Année de l’Éducation — Shnat Hachinuch — (5735 / 1974-1975) et de la campagne d’apprentissage des versets bibliques par cœur. Le Rabbi a transformé chacun de nous, les Chlou’him, et chaque Juif, et chaque enfant — non seulement pour savoir, non seulement pour faire, mais pour conduire, pour apprendre et pour enseigner tout ce que nous faisons. Cette révolution, c’est celle du Rabbi qui a cru en chaque Juif et en chaque enfant : si nous savons quelque chose, nous devons l’enseigner ; si nous avons quelque chose, nous devons le partager. Faire ce bien avec ce que nous possédons — voilà ce qui brisera, avec l’aide de D.ieu, tous les murs de l’exil.

L’espoir de Jérusalem

Avec l’aide de D.ieu, nous continuerons. Et lors du prochain Kinous Hachlouhim, que nous soyons ensemble — tous les émissaires qui doivent s’y trouver — à Jérusalem la sainte. Lé’haïm ! Lé’haïm !