La première bougie de Hanouka a été allumée en parfaite synchronisation devant la Tour Eiffel, au Kotel et au siège mondial du mouvement Loubavitch. Un événement sans précédent réunissant trois continents dans une même flamme, symbole puissant d’unité du peuple juif en ces temps troublés.

 

 

Paris, Jérusalem, New York : trois flammes, un seul message universel

La cérémonie d’allumage de la première bougie de Hanouka s’est tenue ce soir au pied de la Tour Eiffel, transformant l’esplanade du Trocadéro en un lieu de rassemblement spirituel d’envergure mondiale. Dans le cadre d’un événement intercontinental sans précédent, cette célébration parisienne s’est déroulée en parfaite synchronisation avec l’allumage au Kotel HaMa’aravi à Jérusalem et celui effectué dans le bureau historique du Rabbi de Loubavitch, au 770 Eastern Parkway à Brooklyn.

Cette coordination entre trois sites emblématiques du judaïsme mondial a conféré à l’événement une dimension symbolique exceptionnelle, illustrant l’unité du peuple juif par-delà les frontières et les océans. La flamme de la Hanoukia, allumée simultanément sur trois continents, portait un message universel de lumière face à l’obscurité.

Le Rav Mendel Azimov, directeur du Beth Loubavitch de Paris et de la région Île-de-France, figure incontournable de la vie juive française depuis plusieurs décennies, a présidé cette cérémonie empreinte de solennité et d’émotion.

 

 

Un parterre exceptionnel de personnalités officielles et communautaires

L’événement a rassemblé un parterre remarquable réunissant les plus hautes instances de la communauté juive française et des représentants éminents du gouvernement. Rachida Dati, ministre de la Culture, a honoré la cérémonie de sa présence, témoignant de l’importance accordée par les autorités françaises à cette célébration et à la communauté juive du pays.

Joël Mergui, président du Consistoire central, et Élie Korchia, président du Consistoire de Paris, ont participé à ce moment de communion aux côtés d’Ariel Goldmann, président du Fonds Social Juif Unifié (FSJU), et de Yonathan Arfi, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF). Cette présence conjointe des principales organisations juives françaises soulignait la portée unitaire de l’événement, au-delà des sensibilités et des appartenances diverses.

Le Grand Rabbin de Paris, Rav Michel Gugenheim, autorité rabbinique majeure de la capitale, a apporté sa caution spirituelle à cette célébration, renforçant son caractère solennel et fédérateur.

 

 

Une ambiance musicale festive sous le signe de la tradition

L’orchestre de Yossef Brami, réputé pour ses interprétations de musique juive traditionnelle et hassidique, a assuré l’accompagnement musical de la soirée. Les mélodies de Hanouka, entonnées avec ferveur, ont résonné dans le ciel parisien, créant une atmosphère à la fois recueillie et joyeuse, fidèle à l’esprit de cette fête qui célèbre le miracle de la lumière.

Le chanteur Shmil, voix appréciée de la scène musicale juive, a participé à ce moment musical, contribuant à l’émotion collective qui a saisi l’assemblée lors de l’allumage de la flamme.

 

 

Un dispositif sécuritaire renforcé face aux menaces

Un dispositif de sécurité conséquent avait été déployé sur le site et ses abords. Forces de l’ordre et services de sécurité communautaires ont travaillé de concert pour garantir le bon déroulement de l’événement, dans un contexte où la protection des rassemblements juifs demeure une préoccupation majeure.

Cette mobilisation sécuritaire, devenue hélas habituelle lors des manifestations communautaires, n’a cependant pas entamé la détermination des participants à célébrer publiquement leur foi et leur identité.

 

 

Plusieurs milliers de personnes unies dans la lumière malgré le drame de Sydney

Malgré le terrible attentat perpétré à Sydney quelques heures plus tôt contre la communauté juive australienne, qui a plongé le monde juif dans l’effroi et le deuil, plusieurs milliers de personnes ont tenu à se rassembler au pied de la Dame de fer. Cette mobilisation exceptionnelle, dans un contexte de tension extrême, constituait en elle-même un acte de résistance et de courage face à la terreur.

Familles, jeunes, personnes âgées, pratiquants et sympathisants se sont retrouvés dans une même communion autour des lumières de Hanouka, refusant de céder à la peur et affirmant avec force leur attachement aux valeurs de vie et d’espérance.

 

 

Le message éternel de Hanouka plus actuel que jamais

La fête de Hanouka commémore le miracle survenu il y a plus de deux mille ans, lorsqu’une petite fiole d’huile, suffisante pour une seule journée, a brûlé pendant huit jours dans le Temple de Jérusalem reconquis par les Maccabées. Ce miracle de la lumière, symbole de la victoire du spirituel sur le matériel, du petit nombre sur la multitude, résonne avec une acuité particulière en cette période troublée.

L’initiative d’allumer simultanément la Hanoukia à Paris, Jérusalem et New York s’inscrit pleinement dans l’enseignement du Rabbi de Loubavitch, qui a œuvré toute sa vie pour diffuser la lumière de la Torah et encourager chaque Juif à accomplir une Mitsva supplémentaire. Les allumages publics de Hanouka, initiés par le mouvement Habad-Loubavitch dans les années 1980, sont aujourd’hui devenus une tradition mondiale, illuminant les places publiques des plus grandes métropoles.

En cette première nuit de Hanouka 5786, alors que l’ombre de la haine antisémite plane encore sur le monde au lendemain du drame australien, la flamme allumée devant la Tour Eiffel a rejoint celles de Jérusalem et de New York dans un message universel : la lumière finit toujours par triompher de l’obscurité, et l’union du peuple juif demeure sa plus grande force face à l’adversité.

 

Photos : Thierry Guez