Un ancien otage libéré après 491 jours de captivité à Gaza récite une bénédiction de gratitude dans une cérémonie émouvante. Or Levy témoigne de sa foi inébranlable devant une assemblée bouleversée à Brooklyn Heights. Cette rencontre illustre la résilience extraordinaire des survivants face à l’extrémisme.

 

 

Or Levy, libéré des tunnels du Hamas après plus de 16 mois d’emprisonnement, a prononcé une bénédiction traditionnelle de reconnaissance lors d’une cérémonie profondément émouvante organisée par Habad de Brooklyn Heights. Accompagné de son frère Tal, l’ancien otage a témoigné de sa foi devant une assemblée nombreuse réunie à la Congrégation B’nai Avraham.

Une épreuve de 491 jours dans l’enfer gazaoui

Enlevé le 7 octobre 2023 lors de l’attaque terroriste du Hamas, Or Levy a survécu à des souffrances inimaginables dans les tunnels souterrains de Gaza. Durant sa captivité de 491 jours, il a enduré des conditions extrêmes qui auraient pu briser n’importe qui. Pourtant, c’est avec une force remarquable qu’il s’est présenté devant l’assemblée new-yorkaise.

Or Levy, âgé de 34 ans, peine encore à tourner la page de cette période cauchemardesque. Amaigri, enchaîné et affamé, il a passé la quasi-totalité de cette période sous terre, dans des conditions qu’il qualifie d’inhumaines. « Vivre avec une seule pita par jour pendant près d’un an et demi… aucun être humain ne devrait endurer cela », confie-t-il lors d’interviews récentes.

La tragédie familiale au cœur de la survie

Le jour de sa libération marque un moment de joie mêlée d’amertume pour Or Levy. Il retrouve son fils Almog, âgé de seulement deux ans lors de l’enlèvement, mais découvre simultanément la confirmation de la mort de sa femme Einav, tuée lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Pendant toute sa détention, il avait espéré en silence, refusant de demander à ses geôliers si elle avait survécu.

C’est précisément la pensée de son fils qui l’a maintenu en vie, guidé par une phrase que lui avait confiée un autre otage, Hersh Goldberg-Polin, exécuté quelques mois plus tard par le Hamas : « Celui qui a un pourquoi peut supporter n’importe quel comment. » Or Levy se l’est répétée chaque jour, allant jusqu’à se la faire tatouer sur le bras à l’endroit exact où il l’imaginait durant sa détention.

Il a tenu sa promesse : il a fêté cette année les quatre ans d’Almog à la maison, entouré de proches. Mais le retour à la vie n’efface ni la douleur ni les questions. Son fils l’interroge sur ce « lieu lointain » où il était retenu, sur les blessures visibles sur son corps, sur la disparition de sa mère. Or Levy répond avec douceur, montrant chaque jour des photos d’Einav et racontant son histoire.

Une bénédiction chargée d’émotion à Brooklyn

Dans la synagogue de Brooklyn Heights, Or Levy a récité la bénédiction traditionnelle de reconnaissance à D.ieu pour sa libération miraculeuse. Ses mots, prononcés avec son frère Tal à ses côtés, ont touché profondément l’assistance. Cette Braha, généralement récitée après avoir échappé à un danger mortel, prenait ici une dimension particulièrement poignante.

L’émotion était palpable dans l’assemblée alors que le rescapé témoignait de sa foi inébranlable malgré l’horreur vécue. Sa voix portait « la puissance de la foi, de la résilience et de la survie », selon les témoins présents. Cette démonstration de force spirituelle face à l’adversité a profondément marqué les participants.

Un combat qui se poursuit pour les autres otages

Le Rav Aaron Raskin, dirigeant de Habad Brooklyn Heights avec son épouse Shternie, a qualifié ce moment d’authentique Kiddoush Hachem – sanctification du nom divin. « Accueillir Or ici, l’entendre bénir D.ieu après avoir émergé de souffrances si inimaginables, c’est l’essence même de la sainteté », a-t-il déclaré avec émotion.

La soirée s’est conclue par des chants et des prières empreints d’émotion, laissant une communauté profondément touchée par cette rencontre exceptionnelle. Ce témoignage illustre comment la tragédie peut se transformer en source d’inspiration, même si la libération personnelle reste incomplète tant que tous les otages ne seront pas rentrés chez eux.