Le président argentin Javier Milei a remis au Premier ministre israélien un tableau extraordinaire représentant sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch. Cette œuvre artistique, créée spécialement pour commémorer l’anniversaire du Rabbi, illustre un moment spirituel unique. Le geste symbolique témoigne des liens profonds entre les deux hommes et de l’influence du mouvement Habad sur la scène politique internationale.
Une initiative artistique née de la dévotion
L’histoire de ce tableau remarquable débute avec Daniel Benion, un hassid de Habad résidant à Buenos Aires. À l’occasion de l’anniversaire du Rabbi, ce passionné d’art a eu l’idée de créer une œuvre représentant le président Milei en audience avec le vénéré dirigeant spirituel. Cette initiative artistique reflète la vénération particulière que porte le mouvement Habad à son Rabbi dont l’influence spirituelle perdure.
L’émotion du président face à l’œuvre
Lorsque le président Milei a découvert le tableau, son émotion fut immédiate et profonde. Conquis par cette représentation artistique de sa rencontre spirituelle avec le Rabbi, il a exprimé le souhait d’offrir une œuvre similaire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Cette réaction spontanée révèle la sensibilité spirituelle du dirigeant argentin et son attachement aux valeurs véhiculées par le mouvement Habad.
Les émissaires du Rabbi orchestrent la remise
Rav Tzvi Grinblatt et son gendre Rav Haïm Oirechman, émissaires du Rabbi en Argentine, ont joué un rôle crucial dans cette démarche symbolique. Ils ont facilité la remise du tableau au président Milei et coordonné la création de l’œuvre destinée à Netanyahou. Leur implication souligne l’importance du réseau mondial des émissaires de Loubavitch dans le rayonnement spirituel du mouvement.

Un moment de recueillement avant la remise
Selon le témoignage du Rav Oirechman, avant d’offrir le tableau à Netanyahou, le président Milei a souhaité visionner les images de la véritable rencontre entre le Premier ministre israélien et le Rabbi. Cette démarche lui a permis de s’imprégner de l’émotion et de la spiritualité de ce moment historique. « Après avoir reçu le tableau destiné à Netanyahou, il a demandé à voir la vidéo de cette visite pour ressentir pleinement l’intensité de cet instant avant de remettre le présent au Premier ministre », explique l’émissaire.
Cette attention aux détails et ce souci d’authenticité témoignent de la sincérité de la démarche présidentielle. Le Rav Oirechman conclut avec une formule saisissante : « À la fois président et hassid ! », résumant parfaitement la double dimension de Javier Milei, homme d’État et disciple spirituel.
Première rencontre (1984)
Netanyahu arrive à cette rencontre par l’intermédiaire d’un ancien soldat qui avait servi sous ses ordres lorsqu’il était capitaine de la Sayeret Matkal, le commando d’élite de Tsahal, devenu depuis hassid Loubavitch. Cet homme l’invite en lui annonçant qu’il va y avoir « un événement extraordinaire chez le Rabbi ».
La rencontre se déroule dans une atmosphère spirituelle intense : plus de 5000 hassidim se pressent dans la synagogue pour le Farbrenguen de Sim’hat Torah, où se succèdent les discours du Rabbi et les chants des fidèles jusqu’aux « Hakafot » tardives. Malgré ses réticences initiales à déranger le Rabbi, Netanyahu est encouragé par l’entourage à s’approcher.
L’échange révèle immédiatement la perspicacité du Rabbi. Quand Netanyahu lui dit simplement « Rabbi, je suis venu te voir », le Rabbi répond avec finesse : « Me voir seulement ? Pas discuter ? » Cette répartie lance une conversation exceptionnelle de trois quarts d’heure.
Le conseil central du Rabbi sur « la petite flamme dans l’obscurité » s’inscrit dans un contexte géopolitique précis : l’ONU était alors particulièrement hostile à Israël, au point que les Israéliens la surnommaient « beït ha’hochekh » (la maison de l’obscurité). Le Rabbi ne cherche pas à enjoliver la réalité difficile que Netanyahu devra affronter, mais lui donne une vision spirituelle de sa mission : même dans les ténèbres les plus épaisses, une petite lumière peut éclairer très loin.
Le Rabbi insiste également sur l’importance de l’identité : Netanyahu doit se souvenir « de qui il est et de ce qu’il représente : Israël, le peuple juif » et adopter « une position ferme et fière ». Cette rencontre marque profondément Netanyahu, qui témoigne que les paroles du Rabbi « ont pénétré son âme » et qu’il s’est « efforcé d’agir dans cet esprit pendant ses années à l’ONU ».
Conseil politique
Après quatre années à l’ONU, Netanyahu prend la décision de rentrer en Israël pour entrer en politique. Il retourne consulter le Rabbi, qui manifeste d’abord une opposition claire à ce projet. Le Rabbi considère que Netanyahu « remplit une fonction importante » dans son poste diplomatique et préférerait qu’il y reste.
Cependant, face à la détermination de Netanyahu qui exprime clairement son désir de « rentrer au pays », le Rabbi cède : « Bon, si tu le veux vraiment… » Mais il accompagne son accord d’un avertissement prophétique : « Rappelle-toi que tu devras te battre contre 119 membres de la Knesset. »
Cette prédiction apparaît alors à Netanyahu comme « bien exagérée » ou comme « une plaisanterie ». Le chiffre de 119 fait référence au fait que la Knesset compte 120 membres : le Rabbi suggère donc que Netanyahu devra affronter la quasi-totalité du parlement israélien.
Avec le recul de son expérience de Premier ministre, Netanyahu reconnaît que cette prophétie constitue « une très bonne définition de la fonction de premier ministre ». Cette remarque révèle la solitude du pouvoir exécutif face au législatif et les défis permanents auxquels fait face un chef de gouvernement dans le système parlementaire israélien, où les coalitions sont fragiles et l’opposition constante.
La relation entre les deux hommes se poursuit au-delà de cette consultation politique : Netanyahu continue de rendre visite au Rabbi lors de ses passages aux États-Unis, et reçoit même une lettre de bénédiction personnalisée lors de la naissance de son fils Yaïr, dans laquelle le Rabbi fait un jeu de mots sur le prénom (Yaïr vient de « Or », la lumière) en bénissant l’enfant pour qu’il « illumine la vie » de son père.
















