Le centre Habad de Katmandou a été la cible d’une violente intrusion durant le septième soir de Pessa’h. Un ressortissant norvégien s’est introduit par le toit avant de saccager les lieux, causant d’importants dégâts matériels. Les autorités locales et diplomatiques israéliennes suivent l’affaire de près.
C’est lors d’une soirée qui aurait dû être empreinte de recueillement et de célébration que le centre Habad de Katmandou, capitale du Népal, a été le théâtre d’un acte de vandalisme aux motifs présumés antisémites. Vendredi soir, durant le septième jour de Pessa’h, un homme norvégien d’une trentaine d’années a escaladé les toits adjacents avant de s’introduire dans l’établissement religieux.
« J’ai entendu un bruit fracassant venant de l’entrée principale. Quand je suis arrivé, j’ai vu un homme en train de renverser les tables et de briser les vitres, » témoigne Avi Cohen, un voyageur israélien présent sur les lieux au moment des faits. « Tout s’est passé très vite, mais heureusement personne n’a été blessé. »
Le suspect, dont l’identité n’a pas encore été révélée, s’est déchaîné à l’intérieur du bâtiment, détruisant mobilier et équipements, avant que les forces de l’ordre népalaises, rapidement alertées, ne parviennent à l’appréhender. Si les dégâts matériels sont considérables, on déplore fort heureusement aucune victime.
Une communauté ébranlée mais résiliente
Suite à cet incident grave, les mesures de sécurité ont été immédiatement renforcées autour du centre Habad et au domicile des émissaires Hezki et Hani Lifshitz, qui dirigent l’établissement depuis plusieurs années.
« Cet acte nous attriste profondément, mais notre mission reste inchangée, » déclare le rabbin Hezki Lifshitz, joint par téléphone après la fin du sabbat. « Notre porte reste ouverte à tous les voyageurs, comme elle l’a toujours été. Nous ne céderons pas à la peur. »
Le centre Habad de Katmandou représente un véritable refuge pour les nombreux routards israéliens qui parcourent l’Asie du Sud. Chaque année, il accueille l’un des plus grands seder de Pessa’h au monde, réunissant plus de 2 500 participants.
« C’est un lieu emblématique pour notre communauté voyageuse, » explique Sarah Levi, touriste israélienne fréquentant régulièrement le centre. « Pour beaucoup d’entre nous, c’est un petit morceau de chez nous en plein cœur du Népal, un endroit où l’on se sent en sécurité, loin de notre pays. »
Une enquête en cours sous surveillance diplomatique
L’ambassade d’Israël au Népal s’est immédiatement saisie de l’affaire et suit son évolution avec attention. « Nous sommes en contact permanent avec les autorités népalaises et les responsables du centre, » indique un porte-parole de la représentation diplomatique. « Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les motivations de cet acte et que son auteur réponde de ses actes devant la justice. »
Le suspect est actuellement en garde à vue et fait l’objet d’une enquête approfondie. Les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les potentielles motivations antisémites de son acte, mais plusieurs éléments semblent pointer dans cette direction.
« Nous avons recueilli des témoignages suggérant que l’individu aurait proféré des insultes à caractère antisémite pendant son intrusion, » révèle une source proche de l’enquête sous couvert d’anonymat. « Tous ces éléments sont pris très au sérieux dans notre investigation. »
Le ministre israélien des Affaires étrangères a également réagi à cet incident dans un communiqué, déclarant que « l’État d’Israël ne tolérera aucune forme d’antisémitisme où que ce soit dans le monde et exige des autorités népalaises qu’elles traitent cette affaire avec la plus grande fermeté. »
Un climat d’insécurité croissante pour les communautés juives
Cet incident s’inscrit malheureusement dans un contexte global d’augmentation des actes antisémites à travers le monde. Les centres Habad, présents dans plus de 100 pays, constituent souvent des cibles privilégiées en raison de leur visibilité et de leur symbolique forte.
« Ces dernières années, nous avons constaté une hausse inquiétante des menaces et des attaques visant nos centres, » déplore le rabbin Moshe Kotlarsky, vice-président de la branche éducative du mouvement Habad-Lubavitch. « Mais notre réponse à la haine restera toujours la même : plus de lumière, plus d’éducation, plus d’ouverture. »
Malgré cet événement traumatisant, les activités du centre Habad de Katmandou se poursuivent normalement. Les émissaires ont tenu à maintenir toutes les célébrations prévues pour la fin de Pessa’h, refusant de céder à l’intimidation.
« Notre mission est d’être une lumière dans l’obscurité, » conclut le rabbin Lifshitz. « Et c’est précisément dans ces moments difficiles que notre présence et notre résilience sont les plus importantes. »
Les détails supplémentaires concernant cette affaire devraient être communiqués dans les prochains jours, à mesure que l’enquête progresse et que les émissaires sur place pourront témoigner plus amplement des circonstances exactes de cette attaque.

















