Au nom du Rabbi précédent

Lorsque le Rabbi est arrivé à Berlin le mardi 3 Tevet 5688, 27 décembre19271, la conférence internationale de l’Agudas Israël se déroulait. Le lendemain serait la première session générale. Le Rabbi a participé à la conférence en tant que représentant du Rabbi précédent.

Après la première journée de la conférence, le Rabbi a écrit un rapport détaillé au Rabbi précédent décrivant les séances de la journée précédente : « Barou’h Hachem, je suis arrivé sain et sauf hier soir… le président, le Dr. Kohn [a parlé]… Il a commencé par lire la bénédiction qui a été reçue du Rabbi de Loubavitch… » Dans les jours suivants, le Rabbi a écrit un autre rapport au Rabbi précédent sur la suite de la conférence.

Au séminaire Rabbiner

À cette époque, Berlin avait un « Beth Midrash L’Rabbanim » bien connu, ou le « Rabbinerseminar zu Berlin », dirigé par le Rav Yechiel Yaakov Weinberg (1884-1966) (Photo). (Le Rav Weinberg a occupé ce poste après la Première Guerre mondiale jusqu’à ce que la Yéchiva soit détruite pendant les pogroms de Kristallnacht en 5698 – 9 et 10 novembre 1938.)
Beaucoup de talmidim du Rav Weinberg ont plus tard rappelé et relaté leurs souvenirs du Rabbi de ces années-là. Le Rabbi venait fréquemment au Beth Midrash pour apprendre ou pour écouter des Chiourim donnés par le Rav Weinberg et par le Rav Haïm Heller (1979-1960), restant souvent après le shiur, participant à de longues discussions de Torah.

Pour être admis à la bibliothèque du gouvernement à l’université Friedrich William de Berlin, il fallait présenter un certificat2 attestant de son éducation.

À cette fin, le Rabbi rendit visite au Rav Yechiel Yaakov Weinberg, alors directeur du séminaire Hildisheimer pour les Rabbins, dont l’ordination semi’ha – d’une institution qui enseignait à la fois la Torah et les matières laïques – suffirait comme le document dont le Rabbi avait besoin.

Afin de se qualifier pour la semi’ha, le Rabbi proposa d’emporter chez lui n’importe quel livre du choix du Rav Weinberg et de revenir le lendemain pour être testé dessus.

L’un des talmidim du Rav Weinberg, le Rav Haïm Na’hman Kovalsky, a raconté l’échange entre le Rabbi et le Rav Weinberg tel qu’il l’a entendu du Rav Weinberg lui-même : Lorsque le Rabbi a demandé à être testé pour la Semi’ha, le Rav Weinberg lui a demandé dans quel domaine de la Torah il pouvait être testé. « Partout où le Rav Weinberg le souhaiterait », a répondu le Rabbi.

Le Rav Weinberg a remis au Rabbi l’un de ses propres ouvrages. « J’ai pensé que je le testerais sur quelque chose que j’ai écrit moi-même, alors je lui ai donné un Kountress que j’avais publié. Le Rabbi a emmené le Kountress chez lui et l’a étudié toute la nuit, revenant le lendemain matin pour être testé. Il connaissait tout le Kountress, avec tous les détails par cœur ! »

Dans les Réchimot du Rabbi,3 la première entrée écrite à Berlin4 est datée, « Tevet. 88. Berlin. » et est intitulée  » « He’arot al [ ] de Harav R. Y.Y. Weinberg », contenant des remarques sur des questions que le Rav Weinberg soulève dans son Kountres intitulé ‘Pinui Atzmos Meisim’ sur le sujet du transfert des restes d’un tombeau à un autre. Bien que ce soit un sujet assez obscur et difficile, le Rabbi l’a maîtrisé avec succès en une nuit, à l’étonnement du Rav Weinberg. (Il convient de noter que, des années plus tard, lorsque les talmidim du Rav Weinberg ont réimprimé son sefer, Chéélot Outechouvot Sridei Eish, ils ont inclus ces notes des Réchimot.)

Le doyen du Rabbiner Seminar à cette époque était le Rav Dr. Yossef Wohlgemuth. Dans une lettre5 à son fils des années plus tard, le Rabbi a dit qu’il avait visité la maison de son père un soir de Chabbat, où il donnait un cours sur le Rambam. Le Rabbi a également dit à la fille du Rav Wohlgemuth, « Ses talmidim lui étaient dévoués comme des ‘hassidim à un Rabbi! »

Rencontre lors d’une journée ordinaire

Le Rav Azriel Zelig Slonim a raconté qu’alors qu’il vivait à Jérusalem, à l’annonce que le Rabbi précédent avait quitté l’URSS et s’était installé à Riga, il a décidé de se rendre à Riga pour Chavouot 5688-1928.

Cependant, à ce moment-là, on ne pouvait pas obtenir de visa d’entrée pour la Lettonie sans une invitation d’un citoyen letton. Néanmoins, il a commencé son voyage et est allé à Berlin, où il chercherait l’aide du Rabbi. (Il avait déjà rencontré le Rabbi quelques années plus tôt lors d’une visite à Yekaterinoslav.)

Le Rav Slonim a relaté :
« Quand je suis arrivé à la maison où le Rabbi séjournait, un après-midi ordinaire pendant le mois de Iyar, on m’a dit ‘il jeûne aujourd’hui’, sous-entendant que c’était une comportement habituel.
« J’ai frappé à la porte, puis en entrant, j’ai vu le Rabbi assis et étudiant le Talmud Yerushalmi tout en portant les Tefillines de Rabbeinu Tam. Le Rabbi m’a reconnu et m’a fait signe de m’asseoir et d’attendre qu’il finisse un certaine passage. »

Après que le Rabbi ait enlevé ses Téfilines, il a accueilli le Rav Slonim avec un chaleureux ‘Chalom Alei’hem’. Le Rav Slonim a expliqué son problème, après quoi le Rabbi est sorti avec lui à la poste et a envoyé un télégramme au Rabbi précédent demandant qu’une invitation soit envoyée, ce qui est arrivé peu de temps après.

Admission à l’université

Les archives de l’Université Friedrich William de Berlin, (connue aujourd’hui sous le nom d’Université Humboldt de Berlin) montrent que le Rabbi est d’abord inscrit en tant qu’étudiant visiteur à l’université, daté du vendredi 27 avril 1928 (7 Iyar 5688).

Dans les registres ultérieurs de l’université, l’adresse que le Rabbi a donnée est « Hansa-Ufer 7, chez [le Dr] Wilensky ». Le Rabbi a écrit dans une lettre concernant le livre Harikma du Dr. Wilensky : « Je connaissais l’auteur ; un homme de talents remarquables, il était extrêmement méticuleux. Quand j’étais à Berlin, il faisait des recherches sur ce livre. Je l’ai vu totalement immergé dedans, transformant la nuit en jour pour ce travail. »8

Pendant ses études universitaires

Vivant à Berlin à la même époque que le Rabbi, le Rav Yossef Ber Soloveitchik a formé une relation qui durerait des années. Le Rav Soloveitchik a rappelé que pendant son séjour à Berlin, souvent quand il avait une question ou un problème à résoudre, que ce soit dans ses études universitaires ou lehavdil dans l’étude de la Torah, il demandait fréquemment de l’aide au Rabbi. Il a noté que chaque fois qu’il visitait le Rabbi, il voyait le Rabbi étudier soit le nigleh soit le Chassidus.

Le Rav Soloveitchik a raconté9 :
« Le Rabbi avait une mémoire exceptionnelle. Dans toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une telle mémoire ».

« Il y avait des juifs d’autres communautés, étudiant à l’université en même temps. Certains d’entre eux sont aujourd’hui considérés comme de célèbres Gedolei Torah. À l’université, ils se comportaient comme les autres étudiants universitaires. Mais lui [le Rabbi] se comportait comme un juif de Varsovie ou de Russie. Berlin n’a absolument fait aucune impression sur lui ! »
« A l’université, le Rabbi marchait toujours avec un Guemara à la main. Chaque fois qu’une discussion se présentait en classe, le Rabbi consultait se Guemara ».
« Une fois pendant un cours, le professeur se promenait dans la salle et a remarqué que le Rabbi étudiait la Guemara. Le professeur a crié ‘Jeune homme, quel genre de comportement est-ce ?’ et il a défié le Rabbi de répéter ce qu’il venait d’enseigner, ce que le Rabbi a fait parfaitement. »

Nousa’h Ari

Berlin à cette époque était une ville pleine de vie juive. Dans une seule rue, il pouvait y avoir plus de 10 Shuls. La plupart du temps, le Rabbi était à Berlin, il priait au Dombrover Shtiebel, situé à plus d’une heure de marche de l’endroit où le Rabbi et la Rabbitzin vivaient. La raison de cela, semble-t-il, était que la grande majorité des juifs à Berlin priait le Nousa’h Ashkenaz, et le Dombrover Shtiebel priait le Nousa’h Ari.

Chli’hout du Rabbi précédent

Alors que le Rabbi précédent était à Riga, il a nommé le Rabbi, qui était à Berlin, pour superviser les efforts visant à sauver la bibliothèque Loubavitch détenue par l’URSS. Dans une lettre à M. Hans Goslar de Berlin, le Rabbi précédent a écrit :
« Je voudrais vous présenter mon gendre le Rav M. Schneerson, que j’ai nommé pour vous rencontrer concernant ma bibliothèque, l’héritage de [mes] saints ancêtres, qui malheureusement, est restée en Russie… »10

Le même jour, le Rabbi précédent a écrit une lettre au Rabbi, décrivant en détail la situation complexe, chargeant le Rabbi de rencontrer différentes personnes, avec des directives claires sur ce que devraient être les principaux points de discussion.

Le Rabbi précédent a également écrit au Rabbi lui demandant, et à certaines occasions à son frère Reb Israël Arié Leib11, de visiter la bibliothèque à Berlin afin de voir quels manuscrits hébraïques s’y trouvaient, de rechercher un livre ou un manuscrit spécifique, et si possible, de copier leurs catalogues de manuscrits écrits à la main. Le Rabbi et le Rabbi précédent ont maintenu une correspondance continue à ce sujet.12

Le Mikveh chaque jour

Un jour, le gardien du Mikveh est entré dans le Beth Midrash L’Rabbanim rapportant un ‘incident étrange’ qui s’était produit plus tôt ce matin. Il a dit qu’un jeune homme s’était approché de lui pour demander la permission d’utiliser le Mikveh (pour les Yidden Yekkishe, une telle coutume était inconnue, c’est pourquoi il a jugé nécessaire de le signaler). Après avoir appris qui était ce jeune homme, on a demandé au gardien de donner la clé du Mikveh au Rabbi. Le Rav Yossef Ber Soloveitchik (dont nous parlerons plus en détail ci-dessous), a une fois dit au Rav Fabian Schonfeld, l’un de ses talmidim, « Je peux témoigner que lui [le Rabbi] n’a jamais manqué un seul jour d’aller au Mikveh ! »

Correspondance

Le mardi 29 Tammuz 5688- 17 juillet 1928, le Rabbi a écrit une lettre en yiddish, adressée à sa future belle-mère, dans laquelle il décrit la vie alors à Berlin :

…Ici aussi, il a plu tout le temps jusqu’à ces derniers jours, où le temps s’est inversé avec une vague de chaleur inhabituelle. Seulement la nuit il fait plus frais.

Les Allemands se permettent de se promener dans la rue avec leur veste portée sur un bras, et dans l’autre main un mouchoir qu’ils utilisent pour essuyer leur sueur.

Au coucher du soleil, toutes les portes des maisons s’ouvrent. Celui qui se promène dans la rue, peut voir dans chaque maison une famille assise ensemble. Ils contemplent la lune, se sentant satisfaits du monde – et surtout d’eux-mêmes, de leurs femmes et de leurs enfants…

[Rabbi Meir] Hildisheimer6… m’a informé que lorsqu’il a traversé Berlin pendant deux jours, il a visité le Rabbi de Chortkov… J’ai pensé qu’il serait intéressant d’aller voir comment ils se comportent… Je me suis frayé un chemin à l’intérieur et j’ai pu tout voir… Tout le monde lui a dit ‘Chalom’… Ils ont sorti un tonneau de bière… Ils ont chanté et dansé. ‘Vu drei vochen, voss drei vochen, (le fait de se trouver pendant les trois semaines  ne préoccupait personne pour) der Rabbi iz gekumen!’ (le Rabbi est arrivé!)

« …J’ai entendu parler du Farbrenguen de Youd Beth Tamouz à Riga. Alors que je me tenais sur Unter Den Linden7 en attendant un bus, un jeune homme a soudainement couru vers moi en disant, ‘Chalom Ale’hem! Je viens de Riga!’ Il voyageait à Berlin et a dû me reconnaître de chez vous. Alors il m’a parlé du Farbrenguen de Youd Beth Tamouz… »

Dans une autre lettre, datée de « Erev Tishah B’Av—le jour où Machia’h Tsidkenou est né », le Rabbi a écrit :
« J’ai reçu votre invitation. Un grand merci pour votre aimable offre… Comment se passe tout chez vous ? Vous recevrez cette lettre après Tisha B’Av, comment s’est passé votre jeûne ? »
« Il n’y a pas de nouvelles particulières avec moi. La chaleur est devenue un peu plus douce, donc le jeûne sera plus facile. Comment les Juifs allemands vont gérer [demain], alors qu’il est interdit de se saluer avec ‘Gutten Tag’, je ne peux pas le comprendre. Cependant, après tout, Hachem est capable de tout ! »

Pendant qu’il était à Berlin, le Rabbi correspondait avec le Gaon Rogatchover.12

Les Professeurs

Pendant ses deux premières années à Berlin, le Rabbi a suivi les cours de physique du professeur Walther Nernst, considéré comme l’un des pères fondateurs de la chimie physique moderne et qui a également reçu un prix Nobel de chimie en 1920.

Le Dr. Yaakov Hanoka a rapporté quelque chose qu’il a entendu du Rabbi en Yé’hidout : « [Le Rabbi] a dit qu’au début, il ne comprenait pas pourquoi le professeur Nernst, qui était une personne si célèbre, enseignait un cours d’introduction. Le Rabbi m’a alors expliqué avec un sourire que, il s’est avéré qu’un enseignant était payé en fonction du nombre d’étudiants qu’il avait, et il y avait beaucoup plus d’étudiants qui suivaient le cours d’introduction que ceux qui suivaient les cours avancés… »

Un autre professeur que le Rabbi a connu à Berlin était le professeur Erwin Schrödinger. Une fois, lorsque le professeur Paul Rosenbloom était en Yé’hidout, il a évoqué un livre écrit par le professeur Schrödinger, à quoi le Rabbi a commenté : « C’était un très bon conférencier ».

Dans les Mots du Rabbi

Lorsque le Rabbi a rendu visite à son beau frère le  Rashag, Rav Shmaryahou Gurary, qui était en deuil après le décès de sa mère, une discussion a eu lieu concernant le minhag qu’un endeuillé devrait s’asseoir à un endroit différent dans la synagogue, sur quoi le Rabbi a commenté :
« En Russie, je n’avais pas vu ces minhagim, seulement en Allemagne. En Allemagne, il y avait aussi un minhag selon lequel, après la prière, les rabbins d’abord, suivis par toute la congrégation, passaient devant l’avel pour lui souhaiter ‘Gut Shabbos’ avec quelques mots de Ni’houm Aveilim qui sont permis le Chabbat. »13

Une fois, lors d’un repas de Yom Tov, une discussion a eu lieu concernant le chant de Ein Kelokeinu pendant la prière. Le Rabbi a noté : « En présence du Rabbi [précédent] , on ne le chantait pas. Lorsque j’étais à Berlin, je l’ai entendu être chanté pour la première fois. »14

À une autre occasion, lors du repas de Motsei Yom Kippour 5727-1967, une personne a mentionné que l’expression « Bon jeûne » ne concerne que Yom Kippour et  Tishah Béav, à quoi le Rabbi a répondu : « Quand j’habitais en Allemagne, j’ai entendu cette salutation utilisée également pour Tishah Béav. »15

Visites du Rabbi précédent

Pendant l’été de 5689-1929, le Rabbi précédent a effectué sa visite historique en Erets Israël puis aux États-Unis. Avant de quitter l’Europe, le Rabbi précédent a fait une escale à Berlin, où il a été accueilli par le Rabbi et la Rabbitzin. Le Rabbi précédent décrit dans son journal les événements de cette journée :

« Mercredi, 23 Tamouz, notre fille Haya Mouchka et son mari, mon gendre, nous ont rencontrés à l’arrêt à Berlin… La journée s’est passée en discussion… Il semble que la situation négative de son père le pèse ».
« A 22h50, nous voyageons à Vienne en train… nos enfants nous accompagnent. »

Lorsque le Rabbi précédent est rentré d’Amérique, il a de nouveau passé un certain temps à Berlin avec le Rabbi et la Rabbitzin, comme décrit dans son yoman.

Une main chaleureuse

Reb Its’hak Meir Ferstenberg, un Hassid de Gur, qui étudiait à Berlin à la même époque, a raconté l’histoire suivante :

Le Rabbi de Belz est venu à Berlin pour voir un ophtalmologue pour un problème qu’il avait avec sa vue. Pendant qu’il était à Berlin, le Rabbi, accompagné de Reb Itche Meir, est allé voir le Rabbi de Belz.

Le Rabbi de Belz, ne pouvant pas voir facilement, se tenait les yeux fermés, tandis que les gens faisaient la queue pour lui dire ‘Chalom’ l’un après l’autre. Le Rabbi de Belz avait la main dans une serviette et c’est ainsi qu’il disait Chalom. Quand le Rabbi lui a tendu la main, il a levé les yeux, a enlevé la serviette et lui a dit Chalom avec sa main, et a demandé « Ver iz der yungerman – Qui est ce jeune homme ? » en commentant : « Une main chaleureuse ». Tout le monde présent a été étonné et ils ont demandé à Reb Itche Meir, « Qui est-ce ? » À quoi il a répondu, « Il est le gendre du Rabbi de Loubavitch. »

La montée au pouvoir des nazis

Au cours de l’hiver de 5693-1933, le Rabbi précédent s’est rendu à Berlin pour recevoir des soins médicaux. Le Rabbi précédent a alors écrit :
« La nouvelle coutume de ne pas recevoir de lettres est le résultat de mon état de santé fragile… Pendant plus de deux mois, j’étais seul dans un sanatorium à Berlin, avec seulement mon gendre qui venait me voir tous les jours à une heure fixe… »

Pendant ce temps, des nuages sombres commençaient à couvrir le ciel de l’Allemagne. Le parti nazi montait au pouvoir, et le lundi 3 Chevat 5693 – 30 janvier 1933, Adolf Hitler, yema’h shemo, a été nommé chancelier de l’Allemagne. Immédiatement, une nouvelle vague d’antisémitisme a balayé les villes et les villages d’Allemagne. Pour les juifs qui y vivaient, la situation devenait désespérée.

Des années plus tard, lors d’un Farbrenguen, le Rabbi a raconté ce que c’était à ce moment-là à Berlin :
« L’Holocauste n’était pas le résultat d’un individu mentalement déséquilibré qui a contraint les autres à l’aider. Tous ceux qui étaient là, moi y compris, ont vu avec quelle enthousiasme les gens l’acceptaient, exprimant l’espoir qu’il réaliserait leur désir ardent de voir ‘Deutschland über alles’ (l’Allemagne avant tout). »

Le Rabbi et la Rebbetzin ont décidé qu’il était temps de partir, et à l’hiver de 5693-1933 ils ont quitté l’Allemagne pour la France, où ils passeraient les quelques années suivantes, avant d’émigrer finalement aux États-Unis.

A Chassidisher Derher


Notes :

  1. Comme indiqué dans le passeport russe du Rabbi.
  2. Il existe différentes versions de ce qu’était exactement l’échange. Pour l’histoire telle que racontée par d’autres, voir le film Early Years de JEM.
  3. Beaucoup d’entre eux ont été écrits à Berlin. Pour en savoir plus sur les Réchimot en détail, voir le Derher Tammuz 5775.
  4. ‘Hoveret 127.
  5. Iguerot Kodesh vol. 5, p. 187.
  6. Le Rav Hildisheimer était l’un des principaux rabbanim à Berlin à cette époque. Il a joué un rôle clé dans la libération miraculeuse du Rabbi précédent de prison, le Youd-Beth Tammuz de l’année précédente. Après que le Rabbi précédent a quitté la Russie, il a rencontré le Rav Hildesheimer à plusieurs reprises.
  7. Une rue principale de Berlin où se trouve l’université Friedrich William.
  8. Iguerot Kodesh vol. 14 page 369
  9. Ce qui suit a été raconté par le Rav Shalom Ber Kowalsky, un ami proche du Rav Soloveitchik, dans le film Early Years de JEM. Chabad.org/454547.
  10. Iguerot Kodesh Admur HaRayyatz, vol.15, page 116.
  11. Reb Israël Arié Leib vivait également à Berlin à cette époque.
  12. Ces correspondances sont principalement imprimées dans Iguerot Kodesh du Rabbi précédent, vol. 15
  13. Si’hot Kodesh 5730 vol. 1, p. 714
  14. Si’hot Kodesh 5730 vol. 2, p. 542
  15. Torat Menachem 5727 vol. 1, p. 77.